Tournée Barbarians français: Michalak-Poitrenaud, les retrouvailles barbares - LaMinuteInfo

Tournée Barbarians français: Michalak-Poitrenaud, les retrouvailles barbares

La boucle est presque bouclée. Un peu plus de seize ans après leurs débuts professionnels avec le Stade Toulousain, Frédéric Michalak et Clément Poitrenaud se retrouvent sous le maillot des Barbarians français, en tournée actuellement en Afrique du Sud.

Pour l’AFP, ils ont raconté leurs souvenirs communs et leur expérience à Durban, où le second termine sa carrière aux Natal Sharks, imitant ainsi le premier, qui y a joué trois saisons.

+ Les Français, “mojo” des Sharks

Michalak (34 ans, 77 sél.) a tenté une première fois l’aventure sud-africaine en 2008. Un peu par défaut. D’une part parce qu’initialement son rêve, comme Poitrenaud (35 ans, 47 sél.), était “de jouer en équipe première au Stade Toulousain et d’y rester toute notre vie”. D’autre part parce que, lorsqu’il a décidé de rejoindre le Super Rugby, il voulait plutôt “aller en Nouvelle-Zélande ou Australie”. Mais seuls les Sharks lui ont proposé un contrat. “Et l’aventure a été tellement belle que trois ans après j’y suis retourné.”

L’ouvreur ou demi de mêlée, sous contrat pour encore un an avec Lyon, a donc été imité par Poitrenaud cette saison, sa dernière qui s’achèvera dans quelques semaines. Mais précédé par les internationaux Thierry Lacroix et Olivier Roumat, qui ont remporté avec les Sharks en 1996 la “Currie Cup”, le championnat domestique. “Ils ont laissé une empreinte indélébile. Du coup, les Français sont un peu leur “mojo”, ceux qui vont leur apporter quelque chose d’un peu différent. Ils aiment notre rugby”, explique Michalak.

+ Soleil et singes dans les arbres

Les Français aiment aussi la vie au bord de l’océan Indien où, dixit Poitrenaud, “il y a du soleil toute l’année, il fait rarement moins de 20 degrés, même l’hiver. Et il y a cette proximité avec la nature, le bush, tu peux voir des animaux. Des choses primaires, simples et saines, sont accessibles assez facilement”. Une nature “très verte”, alors que “bêtement j’avais l’image de l’Afrique des documentaires, un peu aride. Je m’étais fantasmé l’Afrique du Roi Lion”.

“Ce qui est génial c’est que tu habites Durban, mais qu’il y a des singes dans les arbres”, a abondé Michalak. Il a également apprécié d’entraîner “les gamins dans les townships (bidonvilles)” ainsi que “la richesse des cultures zoulous et xhosas”. “Et j’y ai rencontré ma femme, mon enfant y est né”. Moins les “bunny chows”, pains indiens (Durban compte une forte communauté indienne) farcis. Et très épicés: “Bonne chance pour le manger, moi je n’ai pas pu!”

+ La préparation physique, ‘l’enfer’

Ils sont aussi venus tenter une aventure de joueurs. “Le Super Rugby c’est un show, il faut faire le spectacle. Tu n’as pas la pression de la relégation, ce ne sont que des matches internationaux. C’est un jeu rapide qu’on aime bien avec Clément: quand on a commencé en jeunes au Stade Toulousain, on avait interdiction de taper au pied”, souligne Michalak. “Oui, enfin j’allais vite avant, maintenant c’est un peu plus dur”, répond l’arrière.

Comme est difficile la préparation physique d’avant saison, qui dure… “deux mois et demi”. “C’est l’enfer, j’en ai vraiment bavé”, avoue Poitrenaud.

+ Champions à 18 ans et pour 3.500 francs

Trente ans en arrière, les deux amis faisaient connaissance. A l’école. Avant de franchir toutes les étapes de leur vie ensemble. “On était ensemble au collège, au lycée… il me suivait partout”, taquine Michalak.

Puis ils sont entrés, avec fracas en 2001, dans le vestiaire du grand Stade Toulousain, “avec des mecs bardés de sélections, qu’on +badait+”, se souvient-il. Pour décrocher au bout de six mois et comme titulaires, le titre de champion de France. “Soulever le Bouclier… C’est un peu le Graal. Des mecs courent après toute leur carrière, nous on l’a eu après trois mois en équipe première… On avait un contrat Espoirs à 3500 francs! On avait 18 ans et on s’en foutait”, embraye Poitrenaud.

“On était comme dans un rêve mais on ne s’en rendait pas compte. Davantage maintenant, avec l’âge. On réalise que c’était énorme”, ajoute Michalak. Cinq mois plus tard, les deux amis honoraient ensemble leur première sélection. Avant de décrocher plusieurs autres titres, avec Toulouse et le XV de France, au fil d’une carrière enrichie par cette expérience sud-africaine.

Source: AFP

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