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Afrique

Togo : Discours de l’Ambassadeur Gilmour à la Conférence sur l’Entreprise Sociale

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Excellences Messieurs les Ministres
Monsieur le PDG d’Ecobank
Messieurs les Chefs des industries et des affaires
Honorables Invités

Mesdames et Messieurs

C’est devenu presque une banalité de dire que nous traversons une période de défis sans précédent. Les changements climatiques, les inégalités économiques croissantes et les migrations de masse figurent parmi les problèmes qui pèsent comme un fardeau sur les systèmes sociaux. Ceux-ci ont déjà du mal á fournir des services de base comme les soins de santé, les infrastructures et l’éducation.

Au cours des 50 dernières années, la tâche de s’attaquer à ces grands problèmes sociétaux a été confiée aux gouvernements, tandis que le secteur privé se préoccupait de la maximisation de profits. Aujourd’hui, alors que les défis se multiplient et que les ressources gouvernementales sont devenus de plus en plus minces ou rares, je crois qu’il est indispensable de réévaluer cette approche.

Imaginez plutôt que les secteurs public et privé deviennent des partenaires pour s’attaquer à des problèmes complexes et créer des impacts sociaux en utilisant des stratégies commerciales. Ce modèle d’entreprise sociale est ce que nous sommes réunis ici aujourd’hui pour discuter.

Contrairement à la croyance populaire, la rentabilité et l’impact social positif ne s’excluent pas mutuellement. Il est en effet possible de bâtir une entreprise prospère et en même temps faire du bien social.

La plupart des organisations à but non lucratif font du bien tout en perdant de l’argent. Ils se préoccupent seulement de l’impact. Beaucoup d’entreprises gagnent de l’argent sans trop se préoccuper de la société dans son ensemble. Chacun se préoccupe d’une seule espèce de rendement: soit l’impact social, soit les profits. En revanche, une entreprise sociale fixe des objectifs pour ses priorités d’impact, de la même manière qu’elle le fait pour ses objectifs de ventes et de marketing. Elle suit les deux méthodes de valorisation.

Ainsi, la mission sociale fait partie intégrante du modèle économique d’une entreprise sociale. Faire le bien ou du social doit être au cœur de l’entreprise, et pas seulement ce qui arrive en cours de route.

Je crois que le modèle de l’entreprise sociale est celui de l’avenir, un modèle qui a un potentiel inimaginable pour apporter le développement et la prospérité au Togo et au reste du monde.

Il y a deux raisons principales pour cela. Premièrement, les entreprises sociales sont plus durables que les organisations à but non lucratif ou les organismes de bienfaisance qui doivent compter uniquement sur des subventions, des dons ou de l’aide gouvernementale. Puisqu’ils sont avant tout des entreprises, elles se financent elles-mêmes. Mohammad Yunus, le lauréat du prix Nobel qui a créé l’industrie du microcrédit et qui a été le pionnier du concept de l’entreprise sociale, a déclaré, je cite : « Un dollar de charité a une vie; un dollar d’affaires sociales a des vies sans fin! »

Deuxièmement, les entreprises sociales peuvent évoluer de manière différente que d’autres organisations. Les incitations de l’entreprise sont conçues de telle sorte qu’un impact plus important soit directement lié à un grand profit. Regardez l’exemple d’Alaffia ici au Togo. Alaffia a énormément grandi au cours de ces 15 dernières années, ce qu’elle a fait, en n’abandonnant pas sa mission sociale fondamentale, mais parce qu’elle est restée fidèle à celle-ci.

Enfin, j’ajouterai que le modèle d’entreprise sociale n’est pas une invention occidentale imposée aux peuples d’Afrique. En fait, la philosophie de l’entreprise sociale est à certains égards nettement africaine. L’archevêque Desmond Tutu, qui a nourri des entrepreneurs sociaux africains pendant plus d’une décennie grâce à son organisation, « The African Leadership Institute », a popularisé le cadre éthique appelé « Ubuntu », un terme bantou qui peut être traduit par « inter connectivité ». Tutu a dit, je cite :

« Nous nous considérons beaucoup trop souvent comme de simples individus, séparés les uns des autres, alors qu’en réalité vous êtes connectés et que ce que vous faites; affecte le monde entier, quand vous faites bien, cela s’étend sur toute l’humanité ».

Nous avons besoin d’un nouveau cadre d’économie qui reconnait Ubuntu et qui permet aux gens de travailler ensemble pour surmonter les énormes obstacles qui nous attendent.

Le premier élément de ce nouveau cadre doit consister à intégrer les entreprises sociales en tant que partie même de la structure économique. Et parce que nous avons tant de décideurs de tout genre dans la salle avec nous ce matin, je saisirai donc cette occasion pour faire quelques recommandations simples au sujet de ce que le Togo pourrait faire pour faciliter la croissance des entreprises sociales.

D’abord, rendre disponible les données publiquesEn ouvrant les données au public et en les rendant partageables et réutilisables, les gouvernements peuvent permettre un débat éclairé, une meilleure prise de décision et le développement de nouveaux services innovants. De nombreuses entreprises sociales dépendent des données ouvertes pour identifier leurs marchés et mesurer les résultats. Avec les données publiques, nous pouvons évaluer la performance des entreprises sociales par rapport aux solutions fournies par les organismes de bienfaisance ou les programmes d’aide gouvernementaux, ainsi nous pouvons commencer à comprendre dans quels domaines les entreprises peuvent travailler ensemble pour créer des synergies. 

Deuxièmement, fournir une reconnaissance juridique aux entreprises sociales

Plusieurs différentes structures juridiques légales existent pour les entreprises sociales, et il peut être difficile de choisir la bonne structure lors du démarrage d’une nouvelle entreprise sociale. Le meilleur véhicule juridique pour une entreprise sociale est celui qui combine les avantages fiscaux et de capitalisation des deux entités à savoir; but lucratif et but non lucratif. Au Royaume-Uni, il existe ce qu’on appelle une Community Interest Company. Aux États-Unis, nous avons un nouveau type d’entreprise appelée Benefit Corporation. Ici au Togo, J’encourage les autorités à examiner le cadre juridique qui existe et envisager de le réviser si nécessaire pour faciliter le démarrage, le fonctionnement et l’expansion d’une entreprise sociale.

Troisièmement, maximiser les ressources grâce au regroupement.

Le gouvernement et le secteur privé devraient réfléchir pour voir de quelle manière ils peuvent soutenir les entreprises sociales. Lorsqu’une entreprise sociale se porte bien, des investissements supplémentaires; qu’ils proviennent du monde philanthropique, du secteur privé ou du gouvernement, peuvent l’aider à croître, à atteindre plus de personnes et à créer un impact beaucoup plus grand.

Je crois qu’en suivant ces étapes, elles montreront au Togo d’être un leader dans la région et même dans le monde en reconnaissant et en nourrissant d’énormes potentiels d’entreprises sociales.

Merci pour votre attention. Merci à tous nos merveilleux panélistes et modérateurs aujourd’hui. Merci à toute l’équipe de Ecobank et surtout à M. Ayeyemi pour le soutien apporté à cette assise.

Je souhaite à vous tous une conférence très productive et fructueuse.

Distribué par APO Group pour Ambassade de France à Lomé, Togo.

Source: APO

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Afrique

La Banque africaine de développement réaffirme son engagement avec l’Alliance Sahel

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Une importante délégation de l’Unité de coordination de l’Alliance Sahel (UCA) a entamé, mercredi 18 juillet 2018, une visite de travail de deux jours dans les locaux de la Banque africaine de développement à Abidjan, en Côte d’Ivoire. L’Alliance Sahel, un partenariat lancé en juillet 2017 à Paris par plusieurs bailleurs de fonds, vise à atteindre plus rapidement des résultats de développement dans les pays du G5 Sahel : Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad.

Actuellement en phase opérationnelle, cette plateforme de partenariat nécessite que le dialogue s’intensifie afin que les acteurs impliqués dans la mise en œuvre s’approprient au mieux les objectifs. La Banque africaine de développement s’engage et entretient un échange constructif et constant avec ses partenaires de l’Alliance Sahel pour promouvoir le développement des synergies au bénéfice des opérations dans les États du G5 Sahel.

Composée de Jean-Marc Gravellini et de Margaux Lombard, la mission de l’Alliance Sahel comprend des entretiens avec le vice-président principal de la Banque africaine de développement, Charles Boamah, le vice-président en charge du Développement régional, de l’intégration régionale et de la prestation de services, Khaled Sherif, le vice-président chargé de l’Énergie, du climat et de la croissance verte, Amadou Hott, la vice-présidente en charge de l’Agriculture et du développement humain et social, Jennifer Blanke, ainsi que le directeur du Bureau de coordination des États en transition (RDTS), Sibry Tapsoba.

Les représentants de l’UCA prendront également part à une table ronde dédiée aux enjeux de l’Alliance Sahel, à son mode opératoire, puis à une analyse du portefeuille de l’Alliance afin de parvenir à une meilleure compréhension des paramètres de redevabilité des partenaires au développement et des pays du G5 Sahel.

Des séances de travail sont prévues, jeudi 19 juillet 2018, avec l’administrateur de la Banque africaine de développement pour la Belgique, la France, et l’Espagne, Dominique Lebastard, et son homologue pour l’Allemagne, le Luxembourg, le Portugal et la Suisse, Catherine Cudré-Mauroux.

« C’est avec un immense plaisir que nous accueillons aujourd’hui la mission de l’UCA. Cette visite nous permettra de faire un point d’étape sur le chemin parcouru, mais aussi d’envisager ensemble les perspectives de ce partenariat. Je suis sûr que nos échanges conduiront à des résultats fructueux », a déclaré le directeur du Bureau de coordination des États en transition (RDTS) de la Banque africaine de développement, Sibry Tapsoba.

Plusieurs aspects en lien avec la fragilité, la vulnérabilité et la résilience tels que le développement de l’agriculture et la sécurité alimentaire, le rôle du genre dans la mise en œuvre de l’Alliance, l’emploi des jeunes ainsi que les services de base, comme l’eau et électricité, seront abordés lors des échanges entre la délégation de l’UCA et la Banque.

Un portefeuille de six milliards d’euros

Outre le Bureau de coordination des États en transition (RDTS), la mission comprend des discussions bilatérales avec des membres du département du Genre, des femmes et de la société civile (AHGC), celui de la Mobilisation des ressources (FIRM) ainsi que le département du Capital humain, de la jeunesse et du développement des compétences (AHHD).

La Banque conduit au titre de son programme spécifique en faveur des États en transition des opérations au Mali, Niger et au Tchad, trois des cinq Etats membres du G5 Sahel. Elle met également en œuvre ses programmes habituels au profit de ses pays membres régionaux au Burkina Faso et en Mauritanie, les deux autres pays membres du G5 Sahel qui n’entrent pas dans la catégorie des États en transition.

« Au Sahel, l’enjeu de nos interventions est d’être au plus près des populations au bas de l’échelle en leur apportant, notamment, des services essentiels de base tels que l’eau et l’électricité. Pour la Banque, il est important que les communautés qui vivent dans des zones déjà difficiles ne soient pas davantage fragilisées. C’est pour cela que nous les aidons à renforcer leur résilience », a ajouté Sibry Tapsoba.

L’accès des communautés les plus pauvres et vulnérables aux services de base est une condition sine qua non du renforcement de la résilience dans le G5 Sahel.

Alliance Sahel est une plateforme de partenariat lancée en 2017 à Paris par l’Allemagne, la France et l’Union européenne, avec le soutien de la Banque africaine de développement et de la Banque mondiale. Le partenariat, qui a ensuite enregistré l’adhésion de l’Italie, de l’Espagne et du Royaume-Uni, vise à construire des synergies d’action entre partenaires au développement afin d’accélérer les résultats des interventions au profit des États du G5 Sahel.

Le portefeuille actuel de l’Alliance représente près de six milliards d’euros repartis dans l’emploi des jeunes et l’éducation, le développement rural, l’agriculture et la sécurité alimentaire, l’énergie et le climat, la décentralisation et les services de base, ainsi que la gouvernance et la sécurité intérieure.

 

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Sénégal

Des militants de Greenpeace ont protesté devant les locaux de l’ANAM pour exiger le re-jaugeage complet des navires de pêche au Sénégal

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Aujourd’hui, des militantes et militants de Greenpeace ont pacifiquement protesté devant les locaux de l’Agence Nationale des Affaires Maritimes (ANAM) du Sénégal pour exiger la publication de l’état d’avancement du processus de re-jaugeage des navires de pêche industrielle au Sénégal. Cinq d’entre eux ontété arrêtés par la police.

Les militants ont brandi des banderoles sur lesquelles étaient inscrits « Légitimer la fraude au tonnage des navires, c’est compromettre la pêche » ou encore « Re-jaugeage des navires : ANAM où en êtes-vous ? »

Entamé depuis 2016, le processus de re-jaugeage des navires de pêche industrielle traîne toujours, et ceci malgré les engagements pris par le Ministère de la pêche et de l’économie maritime ainsi que les lourdes conséquences financières, sociales et écologiques que la fraude au tonnage continue d’engendrer au Sénégal.

« Nous demandons au gouvernement du Sénégal de faire le point sur l’état d’avancement de ce processus et de publier les résultats de l’enquête interne diligentée à ce sujet, conformément aux engagements internationaux et régionaux pris par le pays. Sous-déclarer le tonnage brut d’un navire constitue une infraction à la législation du Sénégal et aux conventions internationales », a déclaré Ahmed Diamé, chargé de campagne océans à Greenpeace Afrique.

La présentation d’un nouveau certificat de jauge était une condition pour l’obtention de la licence de pêche à partir de 2017. En 2016, les autorités de l’ANAM et le Ministre de la Pêche et de l’Economie Maritime avaient promis devant tous les sénégalais que leurs services allaient prendre en charge le problème de la fraude au tonnage et que cette question serait résolue avant la fin de l’année 2016.

“Deux ans après, les promesses faites devant les médias n’ont pas été tenues. Outre les pertes financières pour le gouvernement sénégalais, cette fraude a un impact négatif sur les communautés côtières, les écosystèmes et les ressources marines », a ajouté Diamé.

Les éléments de l’existence d’une fraude massive sur la déclaration du tonnage brut de certains navires de pêche industrielle ont été révélés au grand public en mai 2015 par Greenpeace dans son rapport “Arnaque sur les Côtes Africaines : La face cachée de la pêche chinoise et des sociétés mixtes au Sénégal, en Guinée Bissau et en Guinée1. Dans ce rapport, Greenpeace avait révélé que des navires de pêche opérant dans les Zones Économiques Exclusives (ZEE) de ces trois pays présentaient des tonnages bruts sous-déclarés.

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Afrique

Déclaration du premier ministre à l’occasion de la Journée internationale Nelson Mandela

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Le premier ministre Justin Trudeau a fait aujourd’hui la déclaration suivante à l’occasion de la Journée internationale Nelson Mandela :

« Aujourd’hui, à l’occasion de la Journée internationale Nelson Mandela, nous nous joignons aux gens à travers le monde pour réfléchir à la vie et à l’héritage du révolutionnaire antiapartheid et ancien président de l’Afrique du Sud. Alors que nous soulignons le centenaire de la naissance de Nelson Mandela, nous célébrons sa contribution à la paix et à la justice, en faisant écho à son appel pour l’égalité et la liberté.

« Nelson Mandela a consacré sa vie au mouvement de libération en Afrique du Sud. Face à la brutale oppression et à la profonde discrimination de l’apartheid, il était une voix inébranlable pour la justice. En raison de ses efforts, il a passé 27 années en prison. Pendant ce temps, il y a amené la résistance, continuant de diriger le mouvement contre l’apartheid même en tant que prisonnier politique. Au moment de sa libération, il était déjà le symbole des mouvements de libération partout dans le monde.

« Grâce à son leadership, Nelson Mandela a joué un rôle déterminant pour mettre fin à l’apartheid. En 1993, il a reçu le prix Nobel de la paix en reconnaissance de son travail pour faire avancer les droits civils et jeter les bases de la nouvelle démocratie en Afrique du Sud. Il a continué à promouvoir la démocratie et la justice pour les Sud-Africains à titre de premier président noir du pays de même que par la suite, et ce, jusqu’à la fin de sa vie.

« Le Canada est fier de son amitié historique avec Nelson Mandela. Notre pays a joué un rôle de premier plan dans la lutte internationale contre l’apartheid en contribuant à l’imposition de sanctions économiques contre le régime. Nous avons d’ailleurs eu l’honneur d’accueillir M. Mandela lorsqu’il a pris la parole devant une séance conjointe spéciale de la Chambre des communes et du Sénat peu après sa libération. En 2000, il est devenu le premier dirigeant étranger à être investi au sein de l’Ordre du Canada à titre de Compagnon honoraire. En 2001, il a été fait citoyen honoraire du Canada, la première personne vivante à avoir reçu cette distinction.

« En tant que Canadiens, nous savons que la réussite de notre pays repose sur l’égalité, l’inclusion et la justice. Nelson Mandela nous a montré ce que cela signifie de consacrer sa vie à la défense de ces idéaux. Il nous a enseigné qu’une seule personne peut faire une différence extraordinaire et qu’il ne revient qu’à nous de transformer notre monde pour le mieux.

« Aujourd’hui, j’invite tout le monde à célébrer l’héritage que nous a légué Nelson Mandela, inspirant tous ceux qui luttent pour la liberté et la justice à travers le monde. Il revient à chacun d’entre nous de faire suite aux efforts de Nelson Mandela. Nous devons lutter contre les injustices, défendre les opprimés et bâtir un avenir où la liberté sera une réalité pour tous. »

 

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