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Europe

Syrie: forte résistance des jihadistes au régime à Idleb

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Les jihadistes opposaient une forte résistance jeudi aux forces du régime syrien qui tentent de reprendre une base militaire stratégique dans la province d’Idleb, dans le nord-ouest du pays en guerre.

Des dizaines de milliers de personnes ont fui depuis début décembre les combats aux limites d’Idleb puis dans le sud-est de la province où le régime a progressé à la faveur d’une offensive lancée le 25 décembre.

C’est dans le sud-est que se trouve l’aéroport militaire d’Abou Douhour où les troupes du président Bachar al-Assad ont réussi mercredi soir à entrer, avec l’appui crucial de l’aviation syrienne et de celle de l’allié russe.

L’aéroport est tenu par Hayat Tahrir al-Cham, groupe jihadiste dominé par l’ex-branche d’Al-Qaïda qui contrôle la province d’Idleb. Sa reprise permettrait au régime de disposer d’une base militaire dans cette province, la seule à lui échapper entièrement.

Mais les jihadistes aidés de groupes rebelles opposent une “résistance féroce” à l’aéroport, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Hayat Tahrir al-Cham et ses alliés ont en outre lancé une contre-offensive visant les bases arrières des prorégime, dans le sud-est d’Idleb et le nord-est de la province voisine de Hama, a ajouté l’ONG.

Jeudi, les affrontements sur ce front ont coûté la vie à 26 jihadistes et 15 combattants prorégime, a indiqué l’OSDH.

– Déplacés ‘sans abri’ –

Les jihadistes, qui ont lancé leur contre-offensive pour “soulager la pression sur le front de l’aéroport”, ont néanmoins de nouveau perdu plusieurs villages au sud de cette base au profit du régime.

En reprenant le sud-est de la province d’Idleb, le pouvoir cherche à “sécuriser” une route qui relie Alep, deuxième ville du pays, à la capitale Damas, deux fiefs du régime.

Ce dernier a perdu le contrôle de l’aéroport d’Abou Douhour fin 2015 au profit des jihadistes. Depuis, sa présence dans la province se limitait aux villages de Foua et Kafraya.

Des groupes rebelles maintiennent une présence à Idleb, et malgré leurs divergences avec les jihadistes, les deux protagonistes se sont alliés pour lutter contre le régime.

Quelque 96 civils, dont 27 enfants, sont par ailleurs morts depuis le 25 décembre dans les frappes syriennes ou russes à Idleb, selon l’OSDH.

Depuis le début des combats en décembre, près de 100.000 personnes ont été déplacées, selon le bureau des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha).

Ces déplacés sont souvent installés dans “des tentes de fortune” ou encore “dans des maisons abandonnées ou à moitié construite”, selon l’ONG International Rescue Committee.

Le responsable de l’ONU chargé des Affaires humanitaires, Mark Lowcock, qui achevait jeudi une visite en Syrie, s’est dit “profondément préoccupé” par le sort “des civils touchés par la recrudescence des violences à Idleb”.

– Colère d’Ankara –

La guerre en Syrie a coûté la vie depuis mars 2011 à plus de 340.000 personnes et déclenché une grave crise humanitaire avec des millions de déplacés et de réfugiés.

Frontalière de la Turquie, Idleb est l’une des quatre “zones de désescalade” décidées par les parrains internationaux des belligérants pour obtenir des cessez-le-feu dans le pays.

L’offensive du régime a provoqué la colère de la Turquie, parrain des rebelles, qui a demandé à la Russie et à l’Iran, un autre allié de M. Assad, d'”assumer leurs responsabilités” et de stopper l’assaut.

“Le régime est en train d’avancer dans Idleb”, a protesté le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu.

Les tensions jettent un voile d’incertitude sur la réunion que le président russe Vladimir Poutine espère tenir les 29 et 30 janvier à Sotchi pour trouver une issue au conflit syrien.

Déclenché par la répression de manifestations pacifiques prodémocratie dans le sillage du Printemps arabe, la guerre en Syrie a été rendue complexe par l’intervention de multiples acteurs régionaux et internationaux et la montée en puissance des jihadistes.

Depuis l’intervention militaire russe en septembre 2015, le régime syrien, alors en difficulté, a renversé la donne en remportant une série de victoires face aux jihadistes et rebelles et en reprenant plus de la moitié du territoire.

“Les victoires importantes de l’armée en coopération avec la Russie et ses autres alliés (…) renforcent les efforts pour une solution pacifique qui rétablira la stabilité en Syrie”, a estimé jeudi M. Assad dans un communiqué de la présidence.

Source: AFP

Europe

L’affaire Maassen relancée, le SPD remet en cause le compromis

AFP

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La dirigeante du Parti social-démocrate allemand, Andrea Nahles, a demandé vendredi à Angela Merkel de renégocier le compromis trouvé avec les conservateurs sur le sort de Hans-Georg Maassen, ancien chef du renseignement intérieur mis en cause pour ses propos sur les violences de Chemnitz.

Réagissant à cette demande, le porte-parole de l’Union chrétienne-sociale (CSU), la très droitière alliée bavaroise de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) de Merkel, a jugé possibles de nouvelles discussions “si un consensus est possible”. “Nous y réfléchissons”, a-t-il dit.

Maassen, qui a douté de l’existence de “chasse aux migrants” en marge de manifestations d’extrême droite à Chemnitz, dans l’ex-Allemagne de l’Est, a été relevé mardi de ses fonctions à la tête de l’Office fédéral de protection de la Constitution (BfV) et muté au ministère de l’Intérieur, à un poste mieux rémunéré.

“Les réactions très majoritairement négatives de citoyens montrent que nous avons commis une erreur”, écrit la présidente du SPD à la chancelière et à Horst Seehofer, ministre de l’Intérieur et dirigeant de la CSU.

“Nous avons perdu la confiance au lieu de la rétablir. Cela devrait nous donner toutes les raisons de suspendre et de reconsidérer cet accord”, ajoute-t-elle.

Selon un sondage mené par l’institut Infratest Dimap pour ARD DeutschlandTrend et publié vendredi, le bloc conservateur CDU-CSU recueillerait 28% des voix si des élections étaient organisées aujourd’hui, devant le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), crédité de 18% des suffrages. Le SPD recueillerait 17% des voix.

D’après un sondage INSA, près de la moitié des Allemands sont favorables à des élections législatives anticipées.

Lors du scrutin de septembre dernier, le bloc CDU-CSU a obtenu 32,9% des voix, devant le SPD, 20,5%. L’AfD a fait son entrée au Bundestag avec 12,6% des suffrages.

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Europe

Election invalidée pour fraude dans la région de Vladivostok

Reuters

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La commission électorale de la région de Primorski, où se trouve la ville de Vladivostok, dans l’Extrême-Orient russe, a invalidé jeudi le résultat d’un scrutin régional en raison de soupçons de fraude au bénéfice du candidat du Kremlin.

La présidente de la Commission électorale nationale russe s’était elle-même prononcée mercredi en faveur de la tenue d’un nouveau scrutin.

Le candidat au poste de gouverneur de la région de Primorski soutenu par le président Vladimir Poutine, Andreï Tarassenko, a été proclamé vainqueur de l’élection organisée dimanche dernier alors qu’il était devancé de plus de deux points par son adversaire communiste, Andreï Ichtchenko, après dépouillement de près de 99% des bulletins de vote.

Des manifestations de protestation étaient organisées depuis lundi à Vladivostok.

Le nouveau scrutin aura lieu d’ici trois mois.

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Europe

Suède : un Français clame son innocence au premier grand procès #MeToo

AFP

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Le Français Jean-Claude Arnault arrive au tribunal de Stockholm, le 19 septembre 2018 / © TT NEWS AGENCY/AFP / Fredrik SANDBERG

Un Français au coeur du premier grand procès #MeToo : Jean-Claude Arnault, astre déchu de l’élite culturelle suédoise, a clamé son innocence mercredi à Stockholm à l’ouverture de son procès pour le viol d’une jeune femme en 2011.

Le scandale a éclaté en novembre 2017, un mois après les révélations sur les viols et les autres agressions sexuelles imputés au producteur de cinéma américain Harvey Weinstein.

Un cataclysme qui a fait imploser l’Académie suédoise – avec laquelle M. Arnault, marié à l’un de ses membres, entretenait des liens étroits -, contrainte de reporter à 2019 l’annonce du prix Nobel de littérature 2018.

Le visage fermé, écharpe grise nouée autour du cou, lunettes de vue à monture noire, veste sombre, Jean-Claude Arnault n’a fait aucune déclaration à son arrivée au tribunal.

“Il conteste les accusations”, a annoncé devant les juges son conseil, Björn Hurtig, dont le client encourt une peine de deux à six ans de prison.

Comme souvent dans les affaires d’agressions sexuelles, le tribunal a ensuite ordonné le huis clos à la demande de la partie civile et les journalistes ont été priés de sortir.

Absente à l’ouverture des débats, la victime présumée, dont l’identité n’a pas été dévoilée, est allée déposer après la décision de huis clos, protégeant de ses mains son visage face au mur de caméras et d’appareils photo.

“Je suis satisfaite. On ne peut rêver meilleure déposition de la part d’une partie civile”, a déclaré à la fin de l’audience son conseil, Elisabeth Massi Fritz, un ténor du barreau suédois et une avocate spécialisée dans la défense des femmes.

L’audience de jeudi sera consacrée à l’audition de témoins indirects qui ont recueilli les confidences de la plaignante.

“Il est toujours difficile de prouver des faits survenus entre deux personnes dans une pièce fermée (…) et dont des personnes extérieures vont venir nous parler sept ans après”, a prévenu l’avocat de la défense.

“Peur intense”

Jean-Claude Arnault, 72 ans, était le directeur artistique de Forum, un club très sélect qu’il avait créé en 1989, et où se côtoyaient éditeurs, écrivains, dramaturges ou musiciens en vue, mais également de nombreuses jeunes femmes.

En novembre 2017, le quotidien Dagens Nyheter publiait le témoignage anonyme de 18 d’entre elles affirmant avoir été violentées ou harcelées par Jean-Claude Arnault dont le comportement, selon elles, était notoire.

Plusieurs plaintes ont été classées faute de preuves ou frappées par la prescription, mais le parquet a estimé disposer de suffisamment d’éléments à charge dans un dossier remontant à 2011.

A Lire également – Suède: ouverture du procès d’un Français jugé pour deux viols
Le 5 octobre de cette année-là, dans un appartement stockholmois, Jean-Claude Arnault, violent selon la victime qui se trouve quant à elle dans un état “de peur intense”, la contraint à des relations sexuelles, selon l’acte de mise en accusation consulté par l’AFP.

Les faits se seraient répétés dans la nuit du 2 au 3 décembre 2011, dans le même appartement, tandis que la victime dormait.

Plusieurs experts ont évoqué l’hypothèse d’un acquittement, au bénéfice du doute.

Académie en ruine

Une enquête interne a établi que plusieurs académiciennes, conjointes ou filles d’académiciens, avaient elles aussi subi “l’intimité non désirée” et les comportements “inappropriés” de l’accusé.

Selon une enquête du quotidien Svenska Dagbladet, Jean-Claude Arnault est né en 1946 à Marseille de parents réfugiés russes. Il serait arrivé en Suède à la fin des années 1960 pour étudier la photographie.

Dans un entretien avec Dagens Nyheter en 2006, il affirmait être monté sur les barricades parisiennes en mai 1968. “L’étincelle a été l’interdiction faite aux étudiants de partager les chambres des étudiantes”, se souvenait-il.

Il se vantait d’être le “19e membre” de l’Académie. Selon des témoins, il soufflait le nom des futurs lauréats du Nobel à ses amis.

L’affaire a mis au jour le fonctionnement opaque de l’Académie, une riche institution privée fondée en 1786 sur le modèle de son homologue française, ses conflits d’intérêts, ses jeux d’influence et la “culture du silence” qui y régnait.

Huit académiciens se sont mis en congé provisoire ou définitif, dont la secrétaire perpétuelle Sara Danius. L’attribution du Nobel de littérature 2018 a été reportée à l’année suivante et le prestigieux conclave, en ruine, s’efforce depuis de se reconstruire.

L’Académie doit élire dans les mois à venir de nouveaux membres, qui devront lire des dizaines d’auteurs parmi lesquels ils désigneront deux lauréats de ce prix Nobel, 2018 et 2019.

Le procès se poursuit jeudi et lundi, toujours à huis clos. Le jugement devrait être mis en délibéré.

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