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Afrique

Point de Presse de la MINUSMA du 12 avril – mars 2018

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Bonjour et bienvenue à toutes et à tous, chers confrères journalistes, chers auditrices et auditeurs de la radio de la Paix, MIKADO FM, merci de nous être fidèles à ce rendez-vous bimensuel.

C’est avec plaisir que nous recevons une nouvelle fois M. Guillaume Ngefa, qui est le Directeur de la division des droits de l'homme de la MINUSMA et qui donnera une présentation de la situation actuelle des droits de l’homme au Mali, et plus particulièrement dans le centre du pays, et qui répondra également à vos questions sur ce sujet.

Mais avant de lui laisser la parole, je commence ce point de presse avec l’actualité de la MINUSMA de ces derniers jours.

 ACTIVITÉS du QG de la MINUSMA

  •  Hier, le Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la MINUSMA M. Mahamat Saleh Annadif a présenté le dernier rapport du Secrétaire général sur la situation au Mali, datant du 29 mars 2018,  au Conseil de Sécurité des Nations Unies. A cette occasion, M. Annadif a souligné la dynamique positive dans la mise en œuvre de l’Accord durant la période couverte par le rapport (de janvier au 31 mars 2018), qui « se caractérise par le renforcement de la confiance entre les parties signataires de l’Accord dont la visite du Premier Ministre malien dans les régions du Nord en est une parfaite illustration en ce sens qu’elle concrétise le retour progressif de l’Etat dans ces régions, notamment à Kidal. » Le Chef de la MINUSMA a salué certaines avancées dans le processus de paix comme l’adoption par le gouvernement d’un projet de loi sur les collectivités territoriales des régions de Ménaka et Taoudénit ainsi que de la signature le 22 Mars 2018 de la feuille de route pour la mise en œuvre du chronogramme d’actions prioritaires. M. Annadif a ajouté qu’en cette année électorale, « les acteurs maliens ne doivent pas oublier que la mise en œuvre de l’Accord doit également demeurer une priorité, et ne surtout pas devenir un enjeu politique. » Il a aussi appelé le Conseil de Sécurité à « appeler la classe politique malienne au respect du calendrier adopté mais aussi les encourager à aller vers des élections consensuelles, apaisées et surtout crédibles. Le contraire, serait ajouter une crise à la crise et c’est le camp des ennemis de la paix qui en sortirait vainqueur. Il ne mérite pas un tel cadeau. »
  •  Le 10 avril, à la base opérationnelle de la MINUSMA à Bamako, un dernier hommage a été rendu aux trois Casques bleus tchadiens et nigérien tués au Mali suite aux attaques des derniers jours sur lesquelles je reviendrai à la fin de ce point de presse. Présents lors de ce dernier hommage, le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général, en charge du pilier politique de la MINUSMA, M. Koen Davidse et le Commandant de la Force de la MINUSMA, le Général de division Jean-Paul Deconinck ont présenté leurs condoléances aux familles des disparus en les assurant de tout leur soutien. Ces derniers s’étaient rendus à Aguelhok le 7 avril pour exprimer leur soutien aux Casques bleus déployés sur le terrain et rappeler la nécessité de poursuivre l’action de notre Mission au Mali. Depuis juillet 2013, 102 Casques bleus ont été victimes d’actes hostiles au Mali, sur un bilan total de Casques bleus morts au Mali depuis le début de la Mission s’approchant de 170. 
  • A l’occasion de la Journée internationale de la lutte antimines le 4 avril dernier, le service de lutte Antimine des Nations Unies (UNMAS) et les partenaires ont salué le travail accompli par les acteurs internationaux et nationaux de la lutte antimines au Mali sous le thème « Agir pour la protection des civils, la paix et le développement ». Au Mali, la menace explosive reste constante et depuis 2012, UNMAS a enregistré 123 incidents liés aux restes explosifs de guerre (REG), causant 228 victimes civiles, dont 64 % sont des enfants. De plus, 569 incidents par engins explosifs improvisés (EEI) ont fait plus de 1280 victimes depuis 2013, dont 25% étaient des civiles. Présente à l’évènement,  la Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général des Nations Unies et Coordonnatrice Humanitaire et Coordonnatrice Résidente du Système des Nations Unies, Mme Mbaranga Gassarabwé a précisé qu’ « avec l’appui de la MINUSMA, les Forces de Défense et de Sécurité du Mali, les institutions nationales et les organisations de la société civile ont vu leurs capacités d’action renforcées dans la lutte antimines, et plus largement la gestion de la menace explosive. Néanmoins, face à ce fléau, la réponse se doit d’être multidimensionnelle pour des résultats probants et durables : nous ne devons pas uniquement traiter les conséquences mais également en prévenir les effets ». 
  • Suite à l’annonce du Gouvernement malien le 6 avril de faire toute lumière sur les dernières allégations de violations des droits de l’homme dans le centre du Mali, la MINUSMA a salué, dans un communiqué publié le 10 avril, cette déclaration et s’est dite prête à appuyer les autorités maliennes pour mener des enquêtes indépendantes et transparentes dans les régions de Ségou et Mopti. Le 30 mars, la MINUSMA avait également publié un communiqué faisant part de sa vive préoccupation au regard du nombre de plus en plus élevé d’incidents violents et d’attaques armées survenus ces derniers temps, principalement dans les régions de Ségou et Mopti. S’exprimant à ce sujet, le chef de la MINUSMA M. Annadif avait déclaré que « ce constat nous interpelle tous et met en exergue la nécessité d’une réponse multidimensionnelle, seule susceptible de prendre en charge la complexité de la situation ». Vous pouvez retrouver nos communiqués en ligne et M. Guillaume Ngefa va vous donner plus de détails sur cette situation.
  • Durant ces dernières semaines, la Division des Affaires Electorales de la MINUSMA a rencontré les divers organes de gestions des élections nationales pour coordonner l’appui aux prochaines élections présidentielles de juillet 2018. Ces rencontres ont résulté dans l’élaboration conjointe d’une ébauche de plan logistique et opérationnel, devant intégrer à terme les besoins des différents cercles et communes, et une articulation réaliste du plan de déploiement du matériel, du personnel et des documents électoraux. Il est prévu que ce plan soit finalisé d’ici la semaine prochaine.

    La section Médiation de la MINUSMA participe à la préparation de la 24ème session du Comité de Suivi de l’Accord, qui est prévue les 23 et 24 avril 2018 et les sous-comités thématiques se réuniront selon leurs calendriers respectifs avant ou après la session du CSA.

    Je voudrais partager avec vous quelques chiffres révélateurs des efforts de la Mission pour apporter paix et stabilisation au Mali depuis son déploiement en 2013:

     Depuis 2013, à travers sa section de Stabilisation et Relèvement, la MINUSMA a mené à bien 373 projets à impact rapide ou QIPs pour un total de 16 million de dollars américains, soit environ 8,5 milliards de FCFA dans les domaines de la sécurité, approvisionnement de l’eau et assainissement, infrastructures des communautés et des municipalités et éducation ;
     Quant au Fonds Fiduciaires en soutien à la Paix et la Sécurité au Mali (Trust Fund), il a permis depuis 2013 de mettre en place 143 projets pour un coût de 52,2 million de dollars américains, pour apporter un soutien aux Forces de défense et de sécurité maliennes et assister le Gouvernement dans ses efforts pour assurer une paix durable et le retour de l'autorité de l'Etat et de l'ordre constitutionnel.

  • ACTIVITÉS DE LA POLICE ONUSIENNE

    Voici quelques chiffres récents concernant les activités de la composante police de la MINUSMA. Du 1er  janvier au 31 mars 2018, la Police onusienne a effectué 4215 patrouilles, dont 590 patrouilles conjointes. Au total, les officiers d’UNPOL ont mené 7842 activités, chiffre qui comprend les opérations, les escortes, les patrouilles, mais aussi les sessions de sensibilisation, les formations et les sessions de mentoring.

    Dans la ville de Gao, depuis des mois des attaques à main armée ont été commises. Le vol de véhicules semble être le mobile commun de ces faits, le mode opératoire étant similaire d’un incident à l’autre. Certaines de ces attaques ont eu des conséquences dramatiques se soldant par des homicides, le dernier du vendredi 6 avril ayant causé la mort d’un Casque bleu au cours de l’attaque. Selon des renseignements obtenus par les Forces de Sécurité maliennes, les auteurs présumés de l’attaque et de l’homicide avaient trouvé refuge dans le quartier Château de Gao au siège de l’ONG Tassagh. Une opération des Forces de Sécurité Maliennes a été menée mardi 10 avril dans l’après-midi avec l’appui et des moyens spécialisés d’UNPOL, afin d’agir avec le maximum de sécurité pour les personnes. Le site était sécurisé pas les FAMas. Des indices ont été saisis lors de cette opération, y compris des plaques d’immatriculation et le responsable de l’organisation a été entendu par la police à Gao. Toute l’opération a été conduite dans le cadre du droit, du mandat de la mission et dans le respect des procédures internationales d’intervention professionnelle.

     Le 29 mars, la Police onusienne a lancé un projet d'appui opérationnel du Trust Fund en fourniture de carburant  aux Forces de Sécurité maliennes de la région de Mopti, dans le cadre du Plan Intégré de Sécurité des Régions du Centre (PISRC). Le projet, d'une valeur totale de 26 millions FCFA, concerne les cercles de Mopti, Djenné, Douentza, Koro et Bandiagara.

    Le 4 avril dernier, près de 200 policiers sénégalais ont été décorés pour leur contribution au retour de la sécurité et de la paix au Mali. Présents au Mali au sein de la composante Police de la MINUSMA, depuis septembre 2017, les 175 éléments de l’Unité de Police Constituée sénégalaise ont reçu la médaille d’honneur des Nations Unies et ce, le jour de la fête de l’indépendance du Sénégal.

  • ACTIVITÉS DE LA FORCE

    Hier, le 11 avril 2018, a eu lieu la réunion de la Commission Technique de Sécurité (CTS) élargie à la base opérationnelle de la MINUSMA à Bamako. La CTS, qui est un des organes du CSA, est présidée par le Commandant de la Force de la MINUSMA et les parties signataires de l’Accord pour la paix y participent pour décider certaines mesures sécuritaires. Lors de la réunion d’hier, des décisions majeures ont été prises, notamment concernant le prochain lancement des MOCs de Kidal et de Tombouctou, la validation des besoins en armement lourd pour les trois MOCs selon une répartition validée en séance.

    Le 4 avril, le Général de division et Commandant de la Force de la MINUSMA, Jean-Paul Deconinck, et son adjoint le Général de Division Amadou Kane, se sont rendus à Gao pour procéder à la remise de la médaille des Nations Unies aux gardiens de la paix du Sénégal ainsi qu’à ceux de l’Egypte.

  • ACTIVITÉS EN RÉGIONS

    MOPTI

    Le 28 mars, dans le cadre d’une opération menée par la Force de la MINUSMA, une délégation du bureau de la MINUSMA à Mopti, s’est rendue à Dioungani dans le Cercle de Koro pour rencontrer les communautés qui ont souligné la situation précaire notamment en ce qui concerne la sécurité, l'accès à l'eau potable et la fermeture des écoles. Les leaders communautaires ont plaidé pour le redéploiement des Forces de défense et de sécurité maliennes comme prévu par le Plan de Sécurisation Intégrée des Régions du Centre (PSIRC) pour un retour de la sécurité dans la localité.

     Le 3 avril, la Division des droits de l’homme et de la protection de la MINUSMA a effectué une mission de trois jours à Diabaly, dans le Cercle de Niono, pour enquêter sur les allégations de violations des droits de l’homme dans les communes de Sokolo et Dioura au mois de février. La mission a aussi enquêté sur le site d’une présumée fosse commune qui contiendrait les corps des victimes d’exécutions sommaires.

    KIDAL

    Du 7 au 8 avril, la Division des Affaires Civiles de la MINUSMA a rencontré les populations d’Assikade et Tissakadawene, à l’ouest d’Aguelhok, sur les tensions intracommunautaires liées à l’accès à l’eau en période de sécheresse ainsi que sur les axes d’interventions et le mandat de la MINUSMA. Selon les chefs de fractions locaux, l’accès à l’eau est le problème principal pour les populations dans ces localités.

     Le 9 avril, la Division des droits de l’homme de la Mission a effectué une mission conjointe au village d'Intachdayt, dans région de Kidal, avec plusieurs autres composantes du bureau de la MINUSMA à Kidal. La mission a d'enquêter sur sept présumés cas d’abus des droits de l'homme commis en 2017 par les groupes armés signataires.

    INCIDENTS

    Le 28 mars, lors d’une patrouille à Diougani dans le cercle de Koro, région de Mopti, une force d’intervention rapide ou QRF de la MINUSMA a arrêté cinq individus suspectés d’actes criminels qu’ils ont remis au poste de gendarmerie de Sévaré le lendemain.

    Comme évoqué en début de point de presse, le 5 avril 2018, suite à une attaque indirecte aux mortiers de la base de la MINUSMA à Aguelhok, dans la région de Kidal, deux Casques bleus ont été tués et une dizaine blessés, dont certains grièvement. Un communiqué avait été émis à ce moment-là. 

A Gao, le 6 avril 2018, deux hommes armés non-identifiés ont ouvert le feu sur un véhicule de la MINUSMA dans la ville de Gao, tuant le Casque bleu au volant.

Le 9 avril, un convoi logistique de la Force de la MINUSMA a heurté un engin explosif improvisé sur l’axe Gao-Kidal. Un Casque bleu a été légèremment blessé et le véhicule a subi des dommages importants.

SESSIONS QUESTIONS/REPONSES

Radio Mikado : La semaine passée, on a appris qu’il y a eu un incident dans la zone de Tarkint, dans la région de Gao. Est-ce un incident vérifié par la Mission ?

Myriam Dessables : Contrairement à ce qui a été annoncé dans certains médias, le convoi de ravitaillement en question n’était pas un convoi de la MINUSMA. La MINUSMA présente ses sincères condoléances aux familles des victimes qui ont été tuées dans une attaque sur un convoi dans la zone de Tarkint.

Derniers développements en matière de droits de l’homme dans le Centre et à Ménaka

Mesdames et messieurs les journalistes,

  1. Je vous remercie d’avoir fait le déplacement pour participer à ce point de presse de la MINUSMA.
  2.  La MINUSMA a publié récemment le 30 mars et le 10 avril 2018, des communiqués de presse exprimant ses préoccupations sur la dégradation de la situation des droits de l’homme particulièrement dans le centre du pays en raison du nombre de plus en plus élevé d’incidents violents et d’attaques armées dont 85 incidents majeurs violents et confrontations armées ayant occasionné au moins 180 victimes civiles dans 65 localités des régions de Mopti et Ségou depuis janvier 2018.
  3.  Aussi, nous avons reçu depuis le 8 février 2018 des rapports inquiétants sur la dégradation de la situation des droits de l’homme à Ménaka.
  4.  A cet égard, j’ai mené une mission spéciale dans la région de Ménaka cette semaine du 9 au 11 avril afin de soutenir les efforts de notre équipe des droits de l’homme et de la protection qui est sur place à travers une équipe mobile depuis  2014 et depuis 2016 en tant que Bureau régional qui suit la situation des droits de l’homme à travers son engagement auprès des populations de la région de Ménaka.
  5.  La mission que j’ai entreprise à Ménaka s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du mandat général du Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme et du mandat de la MINUSMA conformément à la Résolution 2364 (2017) qui visent notamment à aider les autorités maliennes dans leur entreprise de promotion et de défense des droits de l’homme, en particulier en ce qui concerne la justice et la réconciliation, et à surveiller les violations du droit international humanitaire et des droits de l’homme et atteintes à ces droits y compris les violence sexuelle et sexiste et les violations contre les femmes et les enfants sur tout le territoire du Mali, à concourir aux enquêtes et à contribuer aux activité de prévention de ces violations.
  6.  Cette mission à Ménaka m’a permis de m’enquérir de la situation des droits de l’homme dans cette région et d’établir un dialogue critique et ouvert avec les autorités et l’ensemble des acteurs de la région, suite aux allégations de violations et abus graves des droits de l’homme et de violations du droit international humanitaire qui seraient en train d’être commis dans le cadre des attaques terroristes dans la région et des opérations anti-terroristes en cours sur la frontière nigéro-malienne.
  7.  Au cours de mon séjour à Ménaka, j’ai pu m’entretenir avec des représentants des communautés et des victimes du terrorisme et des opérations anti-terroristes dans 8 localités à savoir, Akabar, Akabar II, Awagamane, Hamagata, Inarabane, Mahayou, Tabankort et Zongodey. J’ai pu également échanger avec les acteurs de la société civile, les leaders religieux, les associations de femmes, de jeunes, les leaders des mouvements armés MSA-GATIA-CMA, les Forces Armées maliennes, les représentants de l’Exécutif, les acteurs chargés de l’application de la loi, et les forces internationales opérant dans la région de Ménaka.
  8.  Les allégations de violations et abus des droits de l’homme et de violations du droit international humanitaire à l’origine de ma mission dans la région de Ménaka sont d’une particulière gravité. Elles font état d’atteintes au droit à la vie des populations civiles, d’exécutions sommaires d’au moins 95 personnes qui seraient accusées de terrorisme ou de banditisme et qui auraient été tuées lors des opérations menées par une coalition de groupes armés, d’atteintes à l’intégrité physique (y compris des femmes et des enfants), de disparitions forcées, de pillage et d’actes de destruction des biens civils (privés et publics) appartenant à des communautés qui seraient ciblées, des injonctions de déplacement forcés données à des villages entiers en vue de les relocaliser et de les soumettre au contrôle effectif de certains mouvements armés. 
  9.  Au cours de ma mission, je me suis également penché sur la surveillance des droits économiques, sociaux et culturels et particulièrement des biens indispensables à la survie des populations.
  10.  Les populations de Ménaka ont rappelé au cours de nos échanges leur accès limité à l’eau potable, à la santé – seul un centre de santé de référence est fonctionnel dans toute la région –, et à l’éducation avec la fermeture de plusieurs écoles depuis le début de la crise en 2012. (Sur 145 écoles, seules 65 sont ouvertes dont 1 seul lycée dans la ville de Ménaka).
  11.  Cette situation contribue à renforcer la vulnérabilité de ces populations, qui ont exprimé leur crainte de basculer dans l’urgence humanitaire, si la situation des droits de l’homme ne s’améliorait pas dans la région.

Mesdames et Messieurs de la presse,

  1. Vous avez certainement reçu nos derniers communiqués des 30 mars et 10 avril dans lesquels la MINUSMA a exprimé ses vives préoccupations face au nombre de plus en plus élevé d’incidents violents et d’attaques armées.
  2. Depuis le 30 mars, d’autres allégations de violations et d’abus des droits de l’homme ont été rapportées, en particulier dans les communes de Dialloubé, Dioura et Bimbéré-Tama (dans la région de Mopti) et la commune de Sokolo (dans la région de Ségou).
  3. La MINUSMA à travers sa Division des droits de l’homme et de la protection est en train de mener des enquêtes sur les allégations d’exécution sommaire d’au moins 27 civils, et des cas de disparitions forcées, dans le cadre des opérations anti-terroristes conduites par les Forces de défense et de sécurité maliennes (FDSM). Ces chiffres comprennent les 14 cas d’allégations d’exécutions sommaires imputées  aux Forces armées maliennes lorsque ces personnes auraient tenté de s’évader le 6 avril, à Dioura.
  4. A cette occasion, je salue les déclarations faites par le Gouvernement du Mali, le 27 février, et le 31 mars, de diligenter des enquêtes appropriées de manière à faire toute la lumière sur les incidents de Sokolo et Dioura.
  5. Nous réitérons notre disponibilité à appuyer les autorités maliennes conformément à la Résolution 2364 (2017) pour mener des enquêtes indépendantes et transparentes sur les dernières allégations de violations des droits de l’homme dans les régions de Mopti, Ségou et Ménaka, aussi bien que celles enregistrées lors de nos différentes missions.
  6. Les échanges entre la MINUSMA et le Ministre de la Défense et avec le Chef d’Etat-Major des Général des Armées a permis d’identifier la localisation d’une vingtaine de personnes qui avaient été arrêtées il y a plusieurs jours par les forces de défense et de sécurité maliennes et dont on n’arrivait pas à retrouver les traces. Ces personnes sont désormais localisées. Nous saluons la bonne collaboration du Chef d’Etat-major General des armées.
  7. La Division des droits de l’homme et de la protection a aussi effectué une mission de terrain à Diabaly et Sokolo du 3 au 6 avril, afin de corroborer des allégations de mort suspecte d’au moins sept personnes, le 21 février, dans le cadre des opérations anti-terroristes conduites par les Forces Armées Maliennes dans la commune de Sokolo. La mission nous a permis de corroborer l’existence d’une fosse commune et à cet égard nous nous sommes adressés aux autorités maliennes pour faire le suivi de ce cas. Le Gouvernement a annoncé que le procureur de la République près le tribunal de Mopti et près le Tribunal Militaire de Mopti va conduire les enquêtes appropriées.
  8. Nous suivons de très près l’évolution des opérations anti-terroristes et invitons les parties prenantes au respect des règles du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme.
  9. Je vous remercie de votre attention et me tiens à votre disposition pour d’éventuelles questions.

SESSIONS QUESTIONS/REPONSES

Morgane Le Cam, Le Monde : M. Ngefa, vous parlez d’exécutions sommaires d’au moins 94 personnes accusées de terrorisme et de banditisme. De quelle période parlons-nous et de quels groupes armés ?

Guillaume Ngefa : Nous parlons effectivement des évènements qui se sont passées dans la région de Ménaka et j’ai bien dit que la Division des droits de l’homme surveille de près la situation des opérations antiterroristes, pour nous assurer que ces opérations sont en conformité avec le droit international humanitaire et les règles du droit international des droits de l’homme. Depuis le 8 février, dans la région de Ménaka, il y a des opérations antiterroristes qui sont conduites par la coalition MSA-GATIA et vous avez certainement vu les différents communiqués de presse qui ont été publiés par ces groupes armés qui mentionnent des terroristes et des bandits. Nous avons effectivement des allégations qui nous indiquent des inquiétudes quant à la légalité de ces opérations, surtout dans le respect des droits de l’homme. C’est pour cela que nous demandons à ce qu’il y ait une enquête de conduite à cet égard.

Distribué par APO Group pour United Nations Multidimensional Integrated Stabilization Mission in Mali (MINUSMA).

Source: APO

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Afrique

La Banque africaine de développement réaffirme son engagement avec l’Alliance Sahel

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Une importante délégation de l’Unité de coordination de l’Alliance Sahel (UCA) a entamé, mercredi 18 juillet 2018, une visite de travail de deux jours dans les locaux de la Banque africaine de développement à Abidjan, en Côte d’Ivoire. L’Alliance Sahel, un partenariat lancé en juillet 2017 à Paris par plusieurs bailleurs de fonds, vise à atteindre plus rapidement des résultats de développement dans les pays du G5 Sahel : Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad.

Actuellement en phase opérationnelle, cette plateforme de partenariat nécessite que le dialogue s’intensifie afin que les acteurs impliqués dans la mise en œuvre s’approprient au mieux les objectifs. La Banque africaine de développement s’engage et entretient un échange constructif et constant avec ses partenaires de l’Alliance Sahel pour promouvoir le développement des synergies au bénéfice des opérations dans les États du G5 Sahel.

Composée de Jean-Marc Gravellini et de Margaux Lombard, la mission de l’Alliance Sahel comprend des entretiens avec le vice-président principal de la Banque africaine de développement, Charles Boamah, le vice-président en charge du Développement régional, de l’intégration régionale et de la prestation de services, Khaled Sherif, le vice-président chargé de l’Énergie, du climat et de la croissance verte, Amadou Hott, la vice-présidente en charge de l’Agriculture et du développement humain et social, Jennifer Blanke, ainsi que le directeur du Bureau de coordination des États en transition (RDTS), Sibry Tapsoba.

Les représentants de l’UCA prendront également part à une table ronde dédiée aux enjeux de l’Alliance Sahel, à son mode opératoire, puis à une analyse du portefeuille de l’Alliance afin de parvenir à une meilleure compréhension des paramètres de redevabilité des partenaires au développement et des pays du G5 Sahel.

Des séances de travail sont prévues, jeudi 19 juillet 2018, avec l’administrateur de la Banque africaine de développement pour la Belgique, la France, et l’Espagne, Dominique Lebastard, et son homologue pour l’Allemagne, le Luxembourg, le Portugal et la Suisse, Catherine Cudré-Mauroux.

« C’est avec un immense plaisir que nous accueillons aujourd’hui la mission de l’UCA. Cette visite nous permettra de faire un point d’étape sur le chemin parcouru, mais aussi d’envisager ensemble les perspectives de ce partenariat. Je suis sûr que nos échanges conduiront à des résultats fructueux », a déclaré le directeur du Bureau de coordination des États en transition (RDTS) de la Banque africaine de développement, Sibry Tapsoba.

Plusieurs aspects en lien avec la fragilité, la vulnérabilité et la résilience tels que le développement de l’agriculture et la sécurité alimentaire, le rôle du genre dans la mise en œuvre de l’Alliance, l’emploi des jeunes ainsi que les services de base, comme l’eau et électricité, seront abordés lors des échanges entre la délégation de l’UCA et la Banque.

Un portefeuille de six milliards d’euros

Outre le Bureau de coordination des États en transition (RDTS), la mission comprend des discussions bilatérales avec des membres du département du Genre, des femmes et de la société civile (AHGC), celui de la Mobilisation des ressources (FIRM) ainsi que le département du Capital humain, de la jeunesse et du développement des compétences (AHHD).

La Banque conduit au titre de son programme spécifique en faveur des États en transition des opérations au Mali, Niger et au Tchad, trois des cinq Etats membres du G5 Sahel. Elle met également en œuvre ses programmes habituels au profit de ses pays membres régionaux au Burkina Faso et en Mauritanie, les deux autres pays membres du G5 Sahel qui n’entrent pas dans la catégorie des États en transition.

« Au Sahel, l’enjeu de nos interventions est d’être au plus près des populations au bas de l’échelle en leur apportant, notamment, des services essentiels de base tels que l’eau et l’électricité. Pour la Banque, il est important que les communautés qui vivent dans des zones déjà difficiles ne soient pas davantage fragilisées. C’est pour cela que nous les aidons à renforcer leur résilience », a ajouté Sibry Tapsoba.

L’accès des communautés les plus pauvres et vulnérables aux services de base est une condition sine qua non du renforcement de la résilience dans le G5 Sahel.

Alliance Sahel est une plateforme de partenariat lancée en 2017 à Paris par l’Allemagne, la France et l’Union européenne, avec le soutien de la Banque africaine de développement et de la Banque mondiale. Le partenariat, qui a ensuite enregistré l’adhésion de l’Italie, de l’Espagne et du Royaume-Uni, vise à construire des synergies d’action entre partenaires au développement afin d’accélérer les résultats des interventions au profit des États du G5 Sahel.

Le portefeuille actuel de l’Alliance représente près de six milliards d’euros repartis dans l’emploi des jeunes et l’éducation, le développement rural, l’agriculture et la sécurité alimentaire, l’énergie et le climat, la décentralisation et les services de base, ainsi que la gouvernance et la sécurité intérieure.

 

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Sénégal

Des militants de Greenpeace ont protesté devant les locaux de l’ANAM pour exiger le re-jaugeage complet des navires de pêche au Sénégal

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Aujourd’hui, des militantes et militants de Greenpeace ont pacifiquement protesté devant les locaux de l’Agence Nationale des Affaires Maritimes (ANAM) du Sénégal pour exiger la publication de l’état d’avancement du processus de re-jaugeage des navires de pêche industrielle au Sénégal. Cinq d’entre eux ontété arrêtés par la police.

Les militants ont brandi des banderoles sur lesquelles étaient inscrits « Légitimer la fraude au tonnage des navires, c’est compromettre la pêche » ou encore « Re-jaugeage des navires : ANAM où en êtes-vous ? »

Entamé depuis 2016, le processus de re-jaugeage des navires de pêche industrielle traîne toujours, et ceci malgré les engagements pris par le Ministère de la pêche et de l’économie maritime ainsi que les lourdes conséquences financières, sociales et écologiques que la fraude au tonnage continue d’engendrer au Sénégal.

« Nous demandons au gouvernement du Sénégal de faire le point sur l’état d’avancement de ce processus et de publier les résultats de l’enquête interne diligentée à ce sujet, conformément aux engagements internationaux et régionaux pris par le pays. Sous-déclarer le tonnage brut d’un navire constitue une infraction à la législation du Sénégal et aux conventions internationales », a déclaré Ahmed Diamé, chargé de campagne océans à Greenpeace Afrique.

La présentation d’un nouveau certificat de jauge était une condition pour l’obtention de la licence de pêche à partir de 2017. En 2016, les autorités de l’ANAM et le Ministre de la Pêche et de l’Economie Maritime avaient promis devant tous les sénégalais que leurs services allaient prendre en charge le problème de la fraude au tonnage et que cette question serait résolue avant la fin de l’année 2016.

“Deux ans après, les promesses faites devant les médias n’ont pas été tenues. Outre les pertes financières pour le gouvernement sénégalais, cette fraude a un impact négatif sur les communautés côtières, les écosystèmes et les ressources marines », a ajouté Diamé.

Les éléments de l’existence d’une fraude massive sur la déclaration du tonnage brut de certains navires de pêche industrielle ont été révélés au grand public en mai 2015 par Greenpeace dans son rapport “Arnaque sur les Côtes Africaines : La face cachée de la pêche chinoise et des sociétés mixtes au Sénégal, en Guinée Bissau et en Guinée1. Dans ce rapport, Greenpeace avait révélé que des navires de pêche opérant dans les Zones Économiques Exclusives (ZEE) de ces trois pays présentaient des tonnages bruts sous-déclarés.

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Afrique

Déclaration du premier ministre à l’occasion de la Journée internationale Nelson Mandela

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Le premier ministre Justin Trudeau a fait aujourd’hui la déclaration suivante à l’occasion de la Journée internationale Nelson Mandela :

« Aujourd’hui, à l’occasion de la Journée internationale Nelson Mandela, nous nous joignons aux gens à travers le monde pour réfléchir à la vie et à l’héritage du révolutionnaire antiapartheid et ancien président de l’Afrique du Sud. Alors que nous soulignons le centenaire de la naissance de Nelson Mandela, nous célébrons sa contribution à la paix et à la justice, en faisant écho à son appel pour l’égalité et la liberté.

« Nelson Mandela a consacré sa vie au mouvement de libération en Afrique du Sud. Face à la brutale oppression et à la profonde discrimination de l’apartheid, il était une voix inébranlable pour la justice. En raison de ses efforts, il a passé 27 années en prison. Pendant ce temps, il y a amené la résistance, continuant de diriger le mouvement contre l’apartheid même en tant que prisonnier politique. Au moment de sa libération, il était déjà le symbole des mouvements de libération partout dans le monde.

« Grâce à son leadership, Nelson Mandela a joué un rôle déterminant pour mettre fin à l’apartheid. En 1993, il a reçu le prix Nobel de la paix en reconnaissance de son travail pour faire avancer les droits civils et jeter les bases de la nouvelle démocratie en Afrique du Sud. Il a continué à promouvoir la démocratie et la justice pour les Sud-Africains à titre de premier président noir du pays de même que par la suite, et ce, jusqu’à la fin de sa vie.

« Le Canada est fier de son amitié historique avec Nelson Mandela. Notre pays a joué un rôle de premier plan dans la lutte internationale contre l’apartheid en contribuant à l’imposition de sanctions économiques contre le régime. Nous avons d’ailleurs eu l’honneur d’accueillir M. Mandela lorsqu’il a pris la parole devant une séance conjointe spéciale de la Chambre des communes et du Sénat peu après sa libération. En 2000, il est devenu le premier dirigeant étranger à être investi au sein de l’Ordre du Canada à titre de Compagnon honoraire. En 2001, il a été fait citoyen honoraire du Canada, la première personne vivante à avoir reçu cette distinction.

« En tant que Canadiens, nous savons que la réussite de notre pays repose sur l’égalité, l’inclusion et la justice. Nelson Mandela nous a montré ce que cela signifie de consacrer sa vie à la défense de ces idéaux. Il nous a enseigné qu’une seule personne peut faire une différence extraordinaire et qu’il ne revient qu’à nous de transformer notre monde pour le mieux.

« Aujourd’hui, j’invite tout le monde à célébrer l’héritage que nous a légué Nelson Mandela, inspirant tous ceux qui luttent pour la liberté et la justice à travers le monde. Il revient à chacun d’entre nous de faire suite aux efforts de Nelson Mandela. Nous devons lutter contre les injustices, défendre les opprimés et bâtir un avenir où la liberté sera une réalité pour tous. »

 

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