Pérou: un Canadien lynché pour meurtre présumé - LaMinuteInfo

Pérou: un Canadien lynché pour meurtre présumé

Sebastian Woodroffe, photo prise sur son compte facebook

Des fonctionnaires au Pérou enquêtent sur le lynchage d’un Canadien dans une région amazonienne reculée du Pérou.

La police a retrouvé le corps de Sebastian Woodroffe, 41 ans, enterré samedi près d’un endroit où un guérisseur spirituel indigène avait été tué des jours auparavant.

Les enquêteurs disent que les habitants soupçonnaient Woodroffe du meurtre de Olivia Arévalo, 81 ans, qui a été abattu jeudi.

Les fonctionnaires ont dit qu’ils ne se reposeraient pas jusqu’à ce que les deux meurtres aient été résolus.

Qui était Sebastian Woodroffe?

Woodroffe était un citoyen canadien de la ville de Courtenay, sur la côte est de l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique.

Le radiodiffuseur canadien CBC a cité un ami de Woodroffe disant que l’homme de 41 ans s’était rendu au Pérou à plusieurs reprises pour expérimenter l’ayahuasca, un médicament hallucinogène.

Yarrow Willard a décrit Woodroffe comme une personne douce sur un voyage pour trouver l’illumination et «une signification plus profonde».

Selon le portail d’information canadien Canoe.com, Woodroffe s’est rendu dans la région de Ucayali, dans la forêt tropicale du Pérou, dans l’espoir de faire un apprentissage auprès d’un guérisseur du groupe autochtone Shipibo.

Son but était de changer de carrière pour devenir un conseiller en toxicomanie en utilisant la médecine hallucinogène.

Que lui est-il arrivé?

La police a lancé une recherche sur le Canadien après qu’une vidéo a été diffusée sur les médias sociaux montrant un homme identifié par les procureurs péruviens comme Woodroffe gisant dans une flaque d’eau alors qu’un autre lui met une corde autour du cou et le traîne.

Un groupe de locaux se tient à côté et regarde tandis que l’homme avec la corde autour de son cou semble devenir mou.

Le corps de M. Woodroffe a été retrouvé dans une fosse banalisée peu profonde samedi.

Les autorités péruviennes affirment que des tests médico-légaux effectués sur son corps montrent qu’il est mort par strangulation et qu’il a reçu plusieurs coups sur son corps.

Pourquoi a-t-il été tué?

Le procureur local, Ricardo Palma Jimenez, affirme que les autorités enquêtent toujours sur plusieurs raisons pour lesquelles Woodroffe a été tué, mais les médias locaux affirment que certains villageois l’ont blâmé pour le meurtre d’Olivia Arévalo.

Woodroffe n’avait pas été désigné comme suspect dans le meurtre de Mme Arévalo, mais les villageois le soupçonnaient parce qu’il était prétendument l’un des clients de la guérisseuse spirituelle.

Qui était Olivia Arévalo?

Mme Arévalo était membre du groupe autochtone Shipibo-Conibo, connue comme guérisseuse spirituel et chaman dans sa communauté locale.

Elle était également un avocat vocal pour la culture et les droits du groupe.

Elle a été abattue devant chez elle jeudi. Son assassinat a suscité l’indignation parmi la communauté locale qui a vu un certain nombre de chefs indigènes tués au cours des dernières années.

En tant que guérisseuse spirituelle, Mme Arévalo aurait eu des connaissances approfondies sur l’ayahuasca, le médicament hallucinogène que Woodroffe est allé étudier en Amazonie.

Les Shipibo utilisent l’ayahuasca depuis des siècles dans le cadre de leurs “cérémonies de guérison”.

Qu’est-ce que l’ayahuasca?

L’ayahuasca est considérée comme l’une des drogues psychédéliques les plus fortes au monde.

Aussi connu sous le nom d’yage, c’est un mélange de deux plantes – la vigne de l’ayahuasca (Banisteriopsis caapi) et un arbuste appelé chacruna (Psychotria viridis), qui contient la drogue hallucinogène diméthyltryptamine (DMT).

Le DMT – et donc l’ayahuasca – est illégal au Royaume-Uni, aux États-Unis et dans de nombreux autres pays.

Il a été utilisé par les chamans, ou guérisseurs, en Amazonie pendant des siècles à des fins médicales et spirituelles.

Il est devenu de plus en plus populaire auprès des randonneurs qui participent aux cérémonies de l’ayahuasca dans la forêt tropicale.

Un certain nombre de décès ont été attribués à la drogue, y compris celui de l’étudiant britannique de l’année sabbatique Henry Miller en Colombie en 2014 et celui du Néo-Zélandais Matthew Dawson-Clarke l’année dernière.

Dans au moins un cas, un Britannique a été poignardé à mort lors d’une cérémonie de l’ayahuasca alors qu’il aurait attaqué un Canadien qui participait également à la cérémonie.

Les lynchages sont-ils communs dans la région?

Les zones reculées de l’Amazonie ont une présence policière très mince et les crimes restent souvent impunis.

Les communautés contournent parfois complètement la police, choisissant de punir celles qu’elles soupçonnent de commettre elles-mêmes des crimes.

Les médias locaux rapportent que les villageois ont été indignés par le meurtre de Mme Arévalo, qui était une figure influente.

Cependant, on ne sait pas très bien pourquoi leur colère s’est concentrée sur les Canadiens, comme d’autres chefs autochtones ont été ciblés par le passé par les propriétaires fonciers.

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *