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Amérique Latine

Nicaragua: recrudescence des violences, dialogue au point mort

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Un manifestant actionne un mortier artisanal au cours d'affrontements avec la police anti-émeutes à Masaya, à 35 km de Managua, le 9 juin 2018 / © AFP / INTI OCON

Tirs, routes coupées, villes semi-paralysées: le Nicaragua s’enfonçait mardi dans une spirale de violence, avec une recrudescence des combats de rue entre milices paramilitaires et opposants au régime de Daniel Ortega, pour l’heure sourd aux appels au dialogue malgré un bilan de 148 morts.

Dès le lever du jour, des fusillades nourries ont éclaté dans divers points de Managua ainsi que dans les villes voisines d’El Crucero et Jinotepe, au sud de la capitale nicaraguayenne. Cette dernière était largement désertée mardi, les habitants craignant d’être pris entre deux feux.

A Jinotepe, à 56 km de Managua, des milices pro-gouvernementales ont attaqué les manifestants retranchés sur leurs barricades, a raconté à la presse le prêtre Juan García. Il a sonné les cloches de l’église pour alerter la population, qui est sortie en brandissant des bâtons ou des poêles et en soufflant dans des sifflets pour soutenir les étudiants, a-t-il ajouté.

“Ces groupes armés de (fusils) AK ou Galil tirent sur les gens, il y a des impacts de balles sur les murs des maisons”, s’est-il indigné. “Il y a eu plusieurs blessés parmi les jeunes (manifestants) et un mort côté milice, touché par une balle tirée par l’un de ses compagnons”.

Traversé par une profonde crise économique et sociale, le pays a connu un regain de violences ces dernières 24 heures après que les forces de sécurité ont tenté de démanteler les barricades dressées sur plusieurs routes du pays.

Au moins quatre personnes ont été tuées depuis lundi, portant le bilan à 148 morts et 1.000 blessés depuis le début des manifestations, le 18 avril, selon le Centre nicaraguayen des droits de l’homme (Cenidh).

– “Le temps d’Ortega est compté” –

Armés de frondes et de mortiers artisanaux face aux fusils des policiers anti-émeutes, les manifestants ont bloqué en plusieurs points les axes routiers, paralysant largement l’approvisionnement du pays. Des milliers de camions sont bloqués et la population des villes les plus touchées a commencé à faire des stocks par crainte de pénuries.

Pour sortir de l’impasse, les évêques catholiques qui tentent depuis plusieurs semaines de jouer les médiateurs ont présenté jeudi au président Daniel Ortega, dont les manifestants demandent le départ, une proposition de démocratisation du pays. Il n’y avait toujours pas répondu mardi, au grand dam des pays voisins, soucieux de l’impact de la crise sur l’économie régionale.

Se disant “profondément préoccupé” par la situation, le Mexique a ainsi appelé à “l’arrêt immédiat des violences” et encouragé les deux camps à reprendre le dialogue sous l’égide de l’épiscopat.

Une tentative de médiation américaine, menée samedi par un représentant du sénateur républicain Bob Corker et révelée mardi par l’ambassade des Etats-Unis à Managua, n’a pas été suivie d’effet.

A la tête du pays depuis 2007 après un premier mandat de 1979 à 1990, Daniel Ortega est accusé par ses détracteurs de brider les libertés et de confisquer le pouvoir. De son côté, le dirigeant sandiniste dénonce une “conspiration de l’opposition” visant à le renverser.

Les deux mois de crise ont donné un coup de frein à l’économie, menacée de voir sa croissance amputée d’un point de pourcentage en 2018, selon le Conseil pour le développement entreprenarial (Copade), qui craint désormais une possible grève générale.

Mardi, la ville de León, à 90 kilomètres au nord-est de Managua, a ainsi décrété une grève pour protester contre la “répression”. Les rues étaient désertes, les commerces et les banques fermés, les transports publics interrompus et les habitants sont restés chez eux, portes closes, selon des images diffusées à la télévision.

“Le temps est compté pour Daniel Ortega”, a estimé Aníbal Toruño, directeur de la radio locale Darío, incendiée par des militants pro-gouvernementaux en avril.

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Dix-sept morts dans une salle des fêtes à Caracas

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Dix-sept personnes, dont huit mineurs, sont mortes samedi à l’aube dans une salle des fêtes de Caracas après qu’une bagarre a éclaté et qu’une personne a lancé une grenade lacrymogène qui a provoqué une bousculade, a annoncé le ministre vénézuélien de l’Intérieur et de la Justice, Nestor Reverol.

“Une bagarre a éclaté aux premières heures du matin, et une des personnes impliquées a lancé une bombe lacrymogène qui a entraîné un mouvement de foule parmi les 500 personnes qui se trouvaient dans le club (…), entraînant la mort de 17 d’entre elles”, a déclaré à la télévision M. Reverol.

Les victimes sont mortes par asphyxie et à cause de traumatismes multiples, ont précisé les autorités.

Le drame s’est produit lors d’une fête organisée pour célébrer la remise de diplômes de jeunes lycéens dans la paroisse civile d’El Paraiso.

Le ministre a annoncé que sept personnes avaient été arrêtées dans la foulée, dont deux mineurs, l’un d’eux étant celui qui aurait lancé la grenade lacrymogène.

Le responsable de l’établissement a également été arrêté pour ne pas avoir respecté “les mesures qui doivent être mises en place (…) pour éviter l’entrée d’armes à feu et de munitions” dans les lieux publics, a encore indiqué M. Reverol.

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Amérique Latine

Deux envoyés du pape au Chili pour “demander pardon” aux victimes de prêtres pédophiles

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Deux émissaires du pape François sont arrivés mardi au Chili pour une nouvelle mission auprès d’une Eglise chilienne en crise à la suite d’un énorme scandale de pédophilie.

Le pape a accepté lundi la démission de trois évêques chiliens, dont le controversé Mgr Juan Barros qu’il avait d’abord défendu, sanctionnant ainsi une hiérarchie de l’Eglise accusée d’omerta par des victimes de prêtres pédophiles.

Le souverain pontife a par ailleurs demandé à l’archevêque de Malte Charles Scicluna et au prêtre espagnol Jordi Bertomeu, déjà dépêchés en février au Chili, de revenir dans le pays pour recueillir de nouveaux témoignages de victimes et leur exprimer la compassion du Vatican.

“Nous sommes venus demander pardon en son nom”, a brièvement déclaré à son arrivée à Santiago le père Bertomeu, un proche du pape François, qui avait reconnu de “graves erreurs” de jugement dans cette affaire.

Interrogé sur la possibilité de nouvelles démissions dans le clergé chilien, le père Bertomeu a déclaré que cette décision était “dans les mains” du pape.

L’ensemble de l’épiscopat chilien avait présenté sa démission en bloc le 18 mai dernier après une série de dures rencontres avec le pape argentin au Vatican, une démarche inédite dans l’histoire récente de l’Eglise catholique.

Au Chili, les envoyés du pape doivent également apporter aux membres du clergé “une aide technique et juridique” pour que ces derniers répondent de manière “adéquate à chaque cas d’abus sexuel de mineurs commis par des prêtres ou des religieux”, a ajouté l’archevêche de Malte.

Ils se rendront aussi en fin de semaine dans le diocèse d’Osorno, à quelque 900 kilomètres au sud de Santiago, dont Mgr Juan Barros était l’évêque.

C’est le pape François lui-même qui l’avait nommé à cette fonction en janvier 2015, alors que Mgr Barros était déjà soupçonné d’avoir fermé les yeux sur les abus sexuels répétés d’un vieux prêtre dont il était proche.

Envoyés une première fois au Chili en février dernier pour enquêter sur les accusations portées contre des prêtres, les deux émissaires avaient remis au pape un rapport décrivant “une culture d’abus” au sein de l’Eglise chilienne.

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Amérique Latine

Panama : l’ex-président, extradé lundi, hospitalisé en soins intensifs

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L'ex-président panaméen Ricardo Martinelli, qui a été extradé des Etats-Unis, de retour au Panama le 11 juin 2018 / © AFP /

L’ex-président du Panama Ricardo Martinelli, extradé lundi des Etats-Unis pour répondre d’accusations d’espionnage dans son pays, a été hospitalisé d’urgence mardi matin pour une crise d’hypertension.

“Nous l’avons placé en soins intensifs. Il est dans un état stable et des médicaments lui ont été prescrits pour contrôler son hypertension”, a précisé à la presse Ángel Cedeño, le directeur de l’hôpital public Santo Tomás, à Panama City. “Il avait tous les symptômes justifiant une hospitalisation”, a-t-il souligné.

Accusé d’avoir détourné des fonds publics pour créer un réseau d’espionnage étatique lorsqu’il était à la tête du Panama, entre 2009 et 2014, M. Martinelli a été transporté de sa prison à l’hôpital en pleine nuit, sur décision du juge chargé du dossier.

Il était arrivé la veille dans son pays, après le feu vert du département d’Etat américain à la demande d’extradition présentée par le Panama, pour y être emprisonné.

Au cours d’une première audience lundi, l’ancien chef de l’Etat de 66 ans avait clamé que tous ses droits avaient été violés et exigé d’être hospitalisé en raison de “sérieux problèmes cardiaques”, ce qui lui avait été refusé.

M. Martinelli, qui se dit victime d’une “vendetta” de la part de l’actuel président panaméen Juan Carlos Varela, est soupçonné d’avoir placé sur écoute téléphonique plus de 150 personnes, dont des hommes politiques et des journalistes. Il est également impliqué dans une vingtaine de dossiers de corruption.

Lundi, des victimes d’actes d’espionnage et des organisations non gouvernementales ont exprimé la crainte que l’ancien président ne bénéficie d’une forme d’immunité.

“Ricardo Martinelli dispose toujours de moyens financiers et d’un soutien politique au Panama qui pourraient lui permettre d’échapper à la justice si les autorités n’agissent pas avec toute la force permise par la loi”, a estimé Olga de Obaldia, la directrice exécutive de la branche panaméenne de Transparency International.

Le retour de M. Martinelli dans son pays intervient dans une période politique agitée, à moins d’un an des élections programmées pour mai 2019.

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