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Mes chers jeunes compatriotes,

Ces dernières années n’ont pas été faciles pour notre pays. Il a dû relever simultanément plusieurs défis importants :

–     faire face à la menace de Boko Haram dans nos régions septentrionales, à celle de bandes armées à notre frontière orientale ;

–     accueillir des dizaines de milliers de réfugiés et de déplacés ;

–     gérer les troubles qui se sont développés au Nord-Ouest et au Sud-Ouest, et qui ont parfois donné lieu à des actes de violence ;

–     lutter contre les conséquences de la baisse des cours du pétrole et des matières premières afin de retrouver le chemin de la croissance.

De ces combats que nous avons menés sur différents fronts, nous pouvons, je crois, dresser les premiers bilans :

–     la capacité de nuisance de Boko Haram a été considérablement réduite, grâce à l’action conjuguée des forces de défense et des populations camerounaises ;

–     des mesures d’accompagnement ont permis à de nombreux déplacés et réfugiés de rentrer chez eux ;

–      la situation se stabilise dans le  Sud-Ouest et le Nord-Ouest, ce qui devrait permettre à la Commission pour la Promotion du Bilinguisme et du Multiculturalisme de s’attaquer au cœur du problème ;

–     les dernières estimations laissent entrevoir une embellie de notre économie, avec une relance de l’activité dans divers domaines.

Pour tout dire, la « résilience » qui caractérise le peuple camerounais mérite encore une fois d’être saluée. Car les résultats auxquels nous sommes parvenus, il faut bien le dire, sont à mettre à son actif.  Il n’a pas baissé les bras et a soutenu le gouvernement dans son action.

Nos compatriotes, dans leur ensemble, quelle que soit leur place dans la société, sont restés solidaires dans les épreuves. Et c’est à cela que l’on reconnaît une grande nation.

Vous me permettrez  de souligner, une nouvelle fois, l’héroïsme de nos forces de défense et de sécurité – des jeunes pour la plupart – dont le sens du devoir et des responsabilités a été au-dessus de tout éloge.

Mes chers jeunes compatriotes,

Vous êtes fortement interpellés par la Nation. Car c’est vous en effet qui, dans les décennies à venir, serez en charge de la conduite de notre pays. Il convient donc que vous soyez à la hauteur de l’enjeu, en disposant de compétences et de l’expérience requises.

Mais il faut d’abord que vous sachiez que le « nouveau monde », qui se prépare sous nos yeux, pourrait être plus dur et plus instable que l’ancien. Les règles auxquelles celui-ci obéissait depuis plus d’un demi-siècle – rôle des Nations Unies dans le maintien de la paix, régulation des échanges internationaux, solidarité à travers l’aide au développement, etc. – s’imposeront peut-être plus difficilement. En revanche, le nationalisme, le protectionnisme, l’isolationnisme risquent de gagner du terrain.

Dans un monde plus rigoureux et moins ouvert, les pays en développement pourraient connaître plus de difficultés pour protéger leurs intérêts et assurer leur progrès économique et social.

C’est pourquoi il convient de se féliciter de la tenue d’événements comme le récent sommet Union Africaine/Union  Européenne d’Abidjan qui a mis au centre des discussions l’éducation et la formation des jeunes en Afrique, et en particulier l’acquisition des nouvelles technologies et la modernisation de l’agriculture.

Ces orientations rejoignent les objectifs des « nouvelles routes de la soie » présentés par la Chine et les projets d’aide au développement de pays asiatiques comme l’Inde, le Japon et la Corée du Sud. Il y a donc des raisons de ne pas céder au pessimisme.

Si le Cameroun peut compter sur la solidarité de ses partenaires extérieurs, ainsi que sur la compréhension des grandes organisations internationales, il n’en reste pas moins que l’effort principal lui revient naturellement.

Ce n’est pas en effet seulement l’affaire du gouvernement, mais bien celle de chacun et chacune d’entre nous. Et, à ce propos, je reprendrai à mon compte la formule célèbre : « Ne  vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais plutôt ce que vous pouvez faire pour votre pays ».

Cet appel à l’effort auquel je vous exhortais il y a tout juste un an dans les mêmes circonstances, je le renouvelle aujourd’hui. Plutôt que de céder à la tentation du mirage de l’émigration clandestine et d’entreprendre un voyage périlleux dont l’issue est souvent malheureuse, je vous invite à participer activement à notre grand projet qui vise à accéder à l’émergence à l’horizon 2035.

Je crois pouvoir dire que l’Etat a beaucoup fait au cours des dernières années pour vous préparer à cette tâche exaltante.

Au plan budgétaire, les dotations confondues des trois départements ministériels chargés de l’enseignement représentent environ 15 % de la dépense publique. Qu’il s’agisse des infrastructures, des équipements scolaires, de l’offre d’enseignement, de grands progrès ont été accomplis ou sont en cours.

La carte scolaire et universitaire s’étoffe progressivement, les deux exemples les plus récents étant l’ouverture d’une faculté de médecine à Garoua et d’une école normale supérieure à Bertoua.

Désormais, chacune de nos dix régions est dotée d’un établissement public d’enseignement supérieur. De plus, dès cette année, nos universités seront connectées au cyberespace universitaire mondial.

Le programme de don d’ordinateurs à nos étudiants, qui va se poursuivre activement, leur permettra de s’y arrimer plus facilement et d’accéder à toujours plus de connaissances et de ressources.

L’option gouvernementale, orientée vers l’enseignement des métiers et les formations pratiques et techniques, commence à porter des fruits en favorisant l’auto-emploi et l’insertion socio-économique des jeunes.

Quatre cent soixante-treize mille trois cent trois (473.303) emplois jeunes ont été recensés au 31 décembre 2017. C’est mieux que l’objectif de quatre cent mille (400.000) que nous nous étions fixé. Mais nous sommes conscients qu’il en faut plus pour résorber le chômage des jeunes.

D’autre part, malgré le ralentissement de la croissance dû à des facteurs exogènes, nous avons poursuivi notre marche en avant dans différents secteurs de notre développement. 2018 sera l’année de l’achèvement de nos grands projets de première génération tels que :

–     les barrages hydroélectriques bientôt complétés par des infrastructures de transport de l’énergie ;

–     les projets routiers comme les entrées est et ouest de Douala, le deuxième pont sur le Wouri et divers axes routiers auxquels viendront s’ajouter les autoroutes en cours de construction ;

Déjà, une série de projets, dits de deuxième génération, ont été lancés ou sont en préparation. Ils concernent la production d’énergie, de nouvelles infrastructures de transport routier et surtout l’extension de notre réseau ferroviaire vers N’Djamena et Limbe. Il nous restera à élaborer une stratégie ambitieuse de construction de logements sociaux à la hauteur de nos besoins.

Notre programme de développement basé sur le DSCE se poursuivra, de même que le plan triennal « spécial jeunes » qui a comme priorités, depuis son lancement l’année dernière, l’accès des jeunes à l’agriculture, l’industrie, l’artisanat, l’économie numérique et l’innovation. Près de 500.000 jeunes se sont déjà inscrits auprès de l’Observatoire National de la Jeunesse pour y participer. Les financements étant déjà disponibles, la mise en œuvre de ce programme va s’accélérer en 2018.

2018 sera aussi une année décisive pour la préparation de la CAN 2019. L’Etat y a injecté des moyens considérables. Il reviendra par la suite à nos footballeurs d’être à la hauteur de leur réputation et du palmarès élogieux de leurs illustres devanciers. Ils ont montré par le passé qu’ils en sont capables.

Mes chers jeunes compatriotes,

De ma position de chef de l’Etat, j’aperçois les signes d’un frémissement qui prouvent que vous vous intéressez de plus en plus aux affaires publiques.

Les réseaux sociaux vous offrent à cet égard un champ d’expression de prédilection. Chaque fois qu’en un clic, vous empruntez ces autoroutes de la communication qui vous donnent une visibilité planétaire, il vous faut vous souvenir que vous n’êtes pas pour autant dispensés des obligations civiques et morales, telles que le respect de l’autre et des institutions de votre pays. Soyez des internautes patriotes qui œuvrent au développement et au rayonnement du Cameroun, non des followers passifs ou des relais naïfs des pourfendeurs de la République.

Le Cameroun de demain, qui se construit sous nos yeux, n’aura plus grand-chose à voir avec celui d’hier. Vous en serez les premiers bénéficiaires. Il faudra vous en montrer dignes.

Le monde est à la veille d’une mutation extraordinaire. La plupart des pays développés voient leur population vieillir. L’Afrique, au contraire, sera un continent majoritairement jeune vers la moitié du siècle.

C’est à la fois une chance et un défi. Saisissons cette chance et relevons ce défi. Je crois que notre jeunesse est capable de le faire.

Un dernier mot. Comme vous le savez, 2018 sera une importante année électorale. Tous ceux d’entre vous qui auront 20 ans ou plus, pourront – je devrais dire devront – exercer leur droit de vote. En votant, vous accomplirez un acte de citoyenneté responsable. Vous deviendrez ainsi les acteurs de votre destin.

Bonne Fête de la Jeunesse à toutes et à tous !

Vive la jeunesse camerounaise !

Vive le Cameroun !

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Le Washingtonpost prédit une guerre civile au Cameroun

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(c) getty images

Le 20 mai, journée nationale du Cameroun, les citoyens de la capitale de Yaoundé ont défilé en parade, et le président Paul Biya a félicité les membres des forces armées pour leur engagement en faveur de la paix et de la sécurité. Dans le même temps, dans les régions anglophones instables du pays, des séparatistes ont enlevé un maire, tué deux policiers et intimidé des personnes qui tentaient de célébrer la fête.

De tels incidents ont inquiété des militants des droits de l’homme qui craignaient que le Cameroun puisse bientôt être en proie à une guerre civile en Afrique.

Nous y arrivons graduellement progressivement“, a déclaré Agbor Nkongho, un avocat anglophone des droits de l’homme et directeur du Centre pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique. “Je ne vois pas la volonté du gouvernement d’essayer de trouver et d’aborder la question d’une manière que nous n’obtiendrons pas là.”

Depuis fin 2016, le Cameroun fait face à un soulèvement de plus en plus violent dans les régions anglophones minoritaires du pays bilingue, où les anglophones disent avoir été marginalisés par la majorité francophone depuis des décennies. Lorsque les manifestations pacifiques ont commencé il y a 18 mois, les forces gouvernementales ont ouvert le feu sur les manifestants et ont pillé et incendié des villages. Aujourd’hui, un mouvement séparatiste armé prend de l’ampleur, kidnappant des responsables gouvernementaux et tuant des gendarmes.

Certains observateurs disent que la situation a déjà atteint un point où elle pourrait être considérée comme une guerre civile.

Si vous regardez ce qui se passe maintenant, vous pouvez l’appeler une guerre civile“, a déclaré John Mukum Mbaku, professeur à l’Université d’Etat de Weber (Utah) et membre non résident de la Brookings Institution. “Le gouvernement abat des villageois sans défense, et beaucoup ont décidé de se défendre et ripostent“.

À la fin de la Première Guerre mondiale, la Société des Nations a divisé la colonie allemande de Kamerun entre la France et la Grande-Bretagne. Le territoire sous contrôle français a gagné l’indépendance en 1960, et les territoires britanniques qui composent maintenant les régions du sud-ouest et du nord-ouest du pays ont rejoint l’année suivante.

Sur le papier, le Cameroun est maintenant le seul pays au monde autre que le Canada où le français et l’anglais sont des langues officielles. Mais seulement un cinquième des 22 millions d’habitants du pays sont anglophones. Biya, qui a gouverné pendant 35 ans, est francophone, tout comme la plupart des élites du pays.

Le fait est que, si vous ne parlez pas français, vous ne pouvez pas survivre dans le pays“, a déclaré M. Mbaku.

Les anglophones disent qu’ils sont obligés de s’assimiler à la culture francophone et leurs frustrations ont atteint un point d’ébullition en 2016.

Un mouvement de protestation a été lancé avec des enseignants et des avocats au premier rang, attaquant la «francophonisation» de leurs villes natales. Une plainte particulière a été le nombre croissant d’enseignants non anglophones envoyés dans des régions anglophones.

Ce n’est pas seulement une question de langue“, a déclaré Nkongho. “C’est une culture, c’est un mode de vie, c’est la façon dont ils ont été élevés.

L’armée camerounaise a répondu aux protestations par la force brutale. Des vidéos ont vu le jour où les forces de sécurité ont frappé des étudiants et les ont traînées dans la boue. Ils ont également ouvert le feu sur les manifestants, tuant certains d’entre eux. Alors que le mouvement prenait de l’ampleur et que les preuves de la brutalité policière circulaient sur les réseaux sociaux, le gouvernement a coupé Internet dans les régions anglophones.

Julie Owono, directrice exécutive d’Internet Sans Frontières, a déclaré que la fermeture de plusieurs mois “a convaincu les gens que, en effet, les anglophones sont traités différemment“.

Le soutien aux séparatistes armés, qui veulent établir une nouvelle nation anglophone appelée Ambazonie, a commencé à se développer. “Vous parlez à des gens qui étaient très modérés, mais ils soutiennent maintenant le mouvement séparatiste“, a déclaré M. Nkongho.

La semaine dernière, a-t-il dit, les civils comptaient environ 40 cadavres dans les régions anglophones du pays – dont au moins 27 auraient été tués dans une impasse avec les forces gouvernementales. Cela a été l’une des semaines les plus sanglantes depuis le début des troubles il y a 18 mois. Le colonel Didier Badjeck, un porte-parole de l’armée camerounaise, a déclaré que les troupes gouvernementales se livraient à un échange de tirs avec des séparatistes et que “plusieurs terroristes étaient neutralisés“.

Selon un récent rapport de l’International Crisis Group, au moins 120 civils et 43 membres des forces de sécurité ont été tués depuis le début du conflit. Quelque 20 000 personnes ont fui vers le Nigeria en tant que réfugiés, et 160 000 personnes sont maintenant déplacées à l’intérieur du Cameroun, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des États-Unis.

Une élection présidentielle se profile en octobre, et Biya devrait se présenter à nouveau. Akere Muna, un candidat à la présidence anglophone et un éminent avocat, espère qu’une meilleure gouvernance pourrait garder le pays unifié. Mais il a dit que le gouvernement n’a fait qu’engendrer des tensions et a rejeté les appels anglophones pour plus d’autonomie.

Muna a indiqué qu’il a récemment visité un village anglophone qui abrite normalement 6 000 personnes. Il ne restait plus qu’une poignée de personnes. “Si [Biya] est réélu, le pays deviendra ingouvernable”, a déclaré Muna. “À la journée, ça devient pire.”

Article répéré sur le Washingtonpost

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Trois condamnés à mort pour l’attaque de Mogadiscio

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Un tribunal militaire somalien a  condamné à mort trois hommes par un peloton d’exécution pour l’attaque d’octobre 2017 dans laquelle 20 personnes ont été tuées, rapporte le site Internet Goobjoog basé en Somalie.

Les hommes auraient fait partie d’un groupe de combattants qui ont attaqué l’hôtel Nasa Hablod Two dans la capitale Mogadiscio le 28 octobre 2017.

Le tribunal a déclaré que les hommes faisaient partie du groupe extrémiste des militants, al-Shabab, qui constituent une menace pour le gouvernement.

Le juge Hassan Ali Noor Shute a déclaré que les trois hommes – Farhan Mohamed Samatar, Abdinasir Daqane Hassan et Abshir Mohamed Hajji Bule – ont plaidé coupables devant le tribunal militaire de première division de l’armée nationale somalienne.

Le juge a condamné les trois hommes à mort par un peloton d’exécution. Cependant, l’affaire est toujours ouverte à l’appel.

L’attaque de l’hôtel Nasa Hoblod Two a fait 20 morts et 40 blessés.

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Belgique: quatre morts dans un fusillade à Liège

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Un homme a abattu deux policiers et un passant dans la ville de Liège, dans l’est de la Belgique, rapporte les médias belges.

La police a déclaré à la BBC que l’agresseur avait été “neutralisé” et que la situation était maintenant sous contrôle.

Deux autres policiers ont été blessés et l’homme a également pris une femme en otage, selon les rapports.

L’incident s’est produit mardi matin mais les détails sont toujours en train d’émerger et il n’y a aucune indication de motif.

La Belgique reste en état d’alerte après les attentats en 2016 revendiqués par le groupe État islamique qui ont fait 32 morts. Des militants basés à Bruxelles ont également été impliqués dans les attentats de Paris en 2015.

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