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Une percée historique des forces antisystème, eurosceptiques et d’extrême droite, majoritaires en voix et en sièges après les législatives dimanche, bouleverse la donne et plonge l’Italie dans l’incertitude politique.

Avec un vote marqué à la fois par le rejet de la vieille classe politique, l’exaspération face au marasme économique et les tensions autour des migrants, l’Italie s’inscrit ainsi dans la lignée du Brexit, de la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis et de la poussée de l’extrême droite ailleurs en Europe.

“Pour la première fois en Europe, les forces antisystème l’emportent”, a résumé l’éditorialiste du quotidien La Stampa.

La coalition formée par Forza Italia de Silvio Berlusconi, la Ligue de (extrême droite) et le petit parti Fratelli d’Italia (Frères d’Italie), obtient certes quelque 37% des voix, selon des résultats partiels portant sur 73% des bureaux de vote.

Mais à l’intérieur de cette , c’est la formation eurosceptique et anti-immigration de M. Salvini, proche du Front national (FN) français, qui est en tête, ce qui pourrait obliger le vieux milliardaire à se ranger derrière son jeune allié s’il y avait moyen de former un gouvernement.

Mais cette perspective est mise à mal par la percée historique du (M5S, antisystème), qui devient le premier parti du pays avec un score dépassant pour l’instant les 31%.

Désormais, “tout le monde devra parler avec nous”, s’est réjoui Alessandro Di Battista, l’un des responsables du mouvement, après une campagne dirigée contre la corruption et la “caste” politique italienne.

– ‘Les Italiens d’abord’ –

M. Salvini, qui a transformé l’ancienne Ligue du Nord sécessionniste en une formation souverainiste, a martelé de son côté un discours anti-immigration et méfiant à l’égard de Bruxelles, qui semble avoir porté dans un pays en proie à l’euroscepticisme et qui a vu débarquer près de 700.000 migrants depuis 2013.

“Les Italiens d’abord”, “Stop à l’invasion”, …les affiches électorales au siège de la Ligue à Milan (nord) rappelaient dimanche ces grands thèmes d’une campagne qui a aussi vu l’affirmation de mouvements néofascistes et des tensions, parfois même des violences, avec des militants d’extrême gauche.

“Mon premier commentaire: merci!”, a tweeté vers minuit M. Salvini, qui aura 45 ans vendredi. Il a prévu de s’exprimer devant la presse lundi en fin de matinée.

Silvio Berlusconi, qui s’était présenté à Bruxelles comme le seul rempart contre les populistes et les forces anti-euro, a donc perdu son pari.

A l’étranger, Marine Le Pen, présidente du FN, a adressé via Twitter ses “chaleureuses félicitations” à M. Salvini, estimant que sa “progression spectaculaire” était “une nouvelle étape du réveil des peuples”.

Nigel Farage, ex-chef de l’Ukip, parti pro-Brexit en Grande-Bretagne, a pour sa part félicité sur Twitter ses “collègues” du M5S.

Ce mouvement, fondé par le comique Beppe Grillo en 2009, avait déjà créé la surprise en raflant 25% des voix aux dernières législatives de 2013, et s’assure une position centrale dans le futur Parlement.

– ‘Aucune forme de gouvernabilité’ –

Le Parti démocrate (PD, centre gauche) de Matteo Renzi et du gouvernement sortant a de son côté enregistré dans les urnes une baisse plus forte que redouté, avec environ 19% des voix, selon les résultats partiels, soit moins de la moitié des 40% obtenus aux élections européennes de 2014.

“Il est clair que pour nous il s’agit d’une défaite évidente”, a commenté Maurizio Martina, un des plus hauts responsables du PD.

C’est d’ailleurs l’ensemble de la gauche qui boit la tasse. Les frondeurs de Liberi e uguali (libres et égaux, gauche), sont à peine au-dessus du seuil des 3% nécessaires pour entrer au Parlement.

L’absence probable de majorité pour la coalition de droite comme pour le M5S contraint les leaders politiques italiens à des calculs et des tractations, qui s’annoncent longs et complexes.

Une alliance “antisystème” entre le M5S et la Ligue semble la seule susceptible d’obtenir une majorité parlementaire. Mais les dirigeants des deux formations ont jusqu’à présent catégoriquement rejeté cette éventualité, et une partie de leurs troupes pourraient avoir du mal à suivre s’ils changent d’avis.

“Les vainqueurs de cette bataille électorale sont Matteo Salvini et “, le chef de file du M5S, mais “tout cela ne conduit à aucune forme de gouvernabilité”, assure ainsi l’éditorialiste de La Stampa.

A la Bourse de Milan, les marchés financiers ont cependant pris la nouvelle avec une relative sérénité: l’indice FTSE Mib a ouvert en baisse de 2% avant de se reprendre autour de -0,5% en 20 minutes.

Il appartiendra donc au président italien, Sergio Mattarella, de démêler l’écheveau dans les semaines qui suivent pour de confier un “mandat exploratoire” à celui ou celle qui lui paraîtra en mesure d’obtenir une majorité.

Mais ces consultations politiques officielles ne s’ouvriront pas avant la fin du mois au plus tôt, après l’élection des présidents des deux chambres, ouvrant une nouvelle période d’instabilité en Italie, qui pourrait déboucher à terme sur de nouvelles élections.

Europe

L’Aquarius et les 58 migrants à bord débarqueront à Malte

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Le gouvernement maltais a annoncé mardi 25 septembre qu’il autorisera le débarquement sur son territoire des 58 migrants secourus en Méditerranée par le navire humanitaire Aquarius et que ces derniers seront «immédiatement répartis» dans d’autres pays, dont le Portugal, l’Espagne et la France.

«Les 58 migrants à bord de l’Aquarius seront transbordés sur un navire maltais dans les eaux internationales et conduits à Malte», a écrit le Premier ministre maltais Joseph Muscat sur son compte Twitter.

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Europe

Abus sexuels sur mineurs: l’Eglise catholique allemande sommée d’agir

AFP

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Des participants à la conférence épiscopale allemande, le 24 septembre 2018 à Fulda / © dpa/AFP / Arne Dedert

L’Eglise catholique allemande est sur la sellette mardi à l’occasion de la publication d’un rapport révélant des abus sexuels sur quelque 3.600 enfants depuis des décennies mais qui ne fait qu’effleurer la réalité, selon les victimes.

Réunie jusqu’à vendredi à Fulda, la conférence épiscopale allemande doit présenter ce document accablant commandé par l’Eglise il y a quatre ans, portant sur la période 1946-2014. Son président Reinhard Marx a déjà exprimé la “honte” de son institution.

Mais cela est loin de suffire pour les victimes: “le nombre réel des personnes, qui ont subi des sévices sexuels (…) se situe dans une toute autre dimension que ce que les chiffres suggèrent”, a dénoncé l’association des victimes “Eckiger Tisch”, jugeant “superficiel” ce rapport basé sur des archives incomplètes et qui ne cite aucun responsable par leur nom.

L’Eglise catholique-romaine, qui représente la première confession chrétienne d’Allemagne devant le protestantisme avec plus de 23 millions d’adeptes fin 2017, n’en est pas à son premier scandale de ce type et les pressions se multiplient pour qu’elle s’y attaque réellement.

Le pouvoir politique est intervenu, par la voix de la ministre de la Justice Katarina Barley, pour exiger que l’Eglise collabore avec les autorités judiciaires afin que les coupables soient identifiés et punis.

Ouvrir les archives’

“Les abus (sexuels) forcent l’Eglise à prendre un nouveau chemin”, a déclaré mardi le cardinal Reinhard Marx au cours de la messe d’ouverture.

Pour l’association “Eckiger Tisch”, le seul moyen de faire toute la lumière sur les sévices passe par la mise en place d’une commission d’enquête indépendante sous l’égide de l’Etat. “Pour cela l’Eglise doit être prête à ouvrir ses archives”, a-t-elle réclamé, exigeant aussi des “dédommagements appropriés” pour les victimes.

Le document de 356 pages, dont le contenu a fuité dans la presse mi-septembre, fait état d’au moins 3.677 victimes, en majorité des garçons âgés de moins de 13 ans, qui ont été les proies de quelque 1.670 membres du clergé.

Le consortium de chercheurs des universités de Mannheim, Heidelberg et Giessen, qui a réalisé l’enquête, n’a toutefois pas eu d’accès direct aux archives des 27 diocèses allemands. En effet, il n’a examiné que 38.000 dossiers et manuscrits sélectionnés et transmis par l’Eglise.

Selon les auteurs de l’étude, l’Eglise a aussi “détruit ou manipulé” systématiquement pendant des décennies de nombreux documents relatifs à des suspects et “minimisé” sciemment la gravité des faits.

“Nous demandons à l’Eglise de s’occuper enfin du problème”, déclare auprès de l’AFP Jörg Schuh, porte-parole du centre d’accueil des victimes d’abus sexuels Tauwetter, qualifiant d'”organisation criminelle” une institution qui couvre les crimes commis par ses cadres.

L’étude parle “quand même de 4 à 5% du clergé allemand”, s’emporte-t-il.

Des scandales partout

Seul le tiers des suspects a fait face à des procédures en vertu du droit canonique mais les sanctions étaient minimes, voire inexistantes. Ils étaient souvent transférés sans que les fidèles ne soient avertis du danger potentiel pour les enfants.

Pire, pour les auteurs du rapport, rien ne permet de penser que cette thématique “appartienne au passé”.

Australie, Chili, Etats-Unis, Allemagne… Partout dans le monde des accusations circonstanciées de viols, d’abus sexuels, de pédophilie et de sévices physiques visent l’Eglise catholique et ses dignitaires.

Le pape François, qui n’a pas échappé aux critiques pour sa gestion des scandales, a récemment convoqué pour février 2019 une réunion au Vatican de tous les présidents des conférences épiscopales dans le monde sur le thème de “la protection des mineurs”.

L’Allemagne a déjà été secouée par plusieurs affaires. L’une des plus retentissantes concerne le choeur catholique de Ratisbonne où, selon un rapport de juillet 2017, au moins 547 enfants ont subi des sévices physiques et des abus sexuels, allant jusqu’au viol, entre 1945 et 1992.

Le frère de l’ancien pape Benoît XVI avait été accusé d’avoir fermé les yeux. Mais Mgr Georg Ratzinger, qui a dirigé de 1964 à 1994 ce chœur millénaire de petits chanteurs, avait assuré n’avoir pas eu connaissance de sévices sexuels.

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Europe

Comcast remporte l’enchère sur Sky pour 30 milliards de livres sterling face à Fox

Reuters

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Le groupe de médias américain Comcast a remporté samedi l’enchère pour l’acquisition de l’opérateur britannique de télévision par satellite Sky pour lequel il a accepté de débourser environ 30 milliards de livres sterling (33,4 milliards d’euros).

Comcast était en compétition avec le groupe Twenty-First Century Fox de Rupert Murdoch pour cette acquisition qui s’est décidée suivant une procédure inhabituelle.

Le câblo-opérateur américain a proposé 17,28 livres sterling par action pour prendre le contrôle de Sky tandis que Fox offrait 15,67 livres par action, a indiqué le comité chargé de gérer les offres des deux repreneurs.

Cette acquisition constitue un revers pour Murdoch dont le groupe contrôle 39% de Sky. Le magnat tentait de prendre les rênes de l’opérateur britannique depuis décembre 2016.

Cela constitue également un revers pour le géant américain du divertissement Disney qui souhaitait acquérir pour 71 milliards de dollars (60 milliards d’euros) la majeure partie des avoirs cinématographiques et télévisuels de Fox, y compris Sky, si celle-ci était tombée dans le giron de Murdoch.

L’offre finale de Comcast était nettement supérieure à son entrée dans les enchères à 14,75 dollars par action et par rapport à la valeur du titre, à 15,85 livres, vendredi.

Cette attribution met fin à une bataille transatlantique qui faisait rage depuis le mois de février pour prendre le contrôle de Sky. Comcast avait lancé à cette date une offre d’acquisition de 31 milliards de dollars sur Sky face à celles de Fox et Disney.

La prise de contrôle de Sky va faire de Comcast le plus grand opérateur mondial de télévision à péage avec quelque 52 millions d’abonnés.

“C’est un grand jour pour Comcast”, a commenté Brian Roberts, patron de l’opérateur américain qui cherche à élargir ses activités à l’étranger au moment où sa croissance se ralentit sur le marché intérieur.

“Cette acquisition va nous permettre d’accroître rapidement, efficacement et de manière significative la base de notre clientèle et de nous développer internationalement”, a-t-il ajouté.

Comcast, qui possède la chaîne NBC et les studios Universal, a appelé les actionnaires de Sky à accepter son offre, souhaitant boucler la reprise avant la fin octobre.

 

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