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Europe

Les occupants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes: une grande hétérogénéité

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Éleveurs de père en fils, “néo-ruraux”, militants anticapitalistes et “anti-système”: les occupants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes présentent une hétérogénéité rare, aussi bien dans leurs profils et leurs situations que dans leurs modes d’action.

Soudés dans une même détermination à défendre “coûte que coûte” cette zone bocagère de 1.650 hectares vue comme un “camp retranché” par les autorités, zadistes et paysans “résistants” pourraient voir leur unité voler en éclats au lendemain de la décision du gouvernement sur l’avenir du projet d’aéroport, notamment dans l’attitude à adopter vis-à-vis de l’État.

Entre 150 et 400 personnes vivent en permanence sur la ZAD, selon les saisons, dont “un noyau dur d’une cinquantaine d’individus radicaux et violents”, estime le rapport d’experts remis le 13 décembre au gouvernement. Cette minorité, moins visible hors situation conflictuelle, inquiète les autorités. Surtout si des activistes radicaux venus de toute l’Europe leur prêtaient main forte contre une opération d’évacuation.

– Des profils très variés –

Les habitants et exploitants agricoles dits “historiques”, nés dans ce coin de bocage nantais ou arrivés sur le territoire avant l’accélération du projet de transfert de l’aéroport, ont été rejoints par des militants issus de mouvements écologistes et altermondialistes. Occupée, la “zone d’aménagement différé” dédiée à la plateforme aéroportuaire devient “zone à défendre”.

La population de la ZAD et le nombre de squats s’accroissent au fur et à mesure des rassemblements sur le site: d’abord dans la foulée du “camp action climat”, à l’été 2009, puis lors du campement anticapitaliste anti-G8 “No G”, à l’été 2011, et, enfin, à l’hiver 2012-2013, à l’issue de la tentative d’évacuation massive des squats par les forces de l’ordre, baptisée “opération César”.

Jeunes et moins jeunes, venant des villages alentours ou de l’autre bout du monde, ils viennent “du milieu militant, étudiant, paysan, de squats. Certains ont connu la rue, la prison. Des gens ont fait de hautes études, Polytechnique, l’EHESS, même Saint-Cyr, d’autres n’ont pas fait d’études du tout”, a livré à l’AFP un occupant installé depuis plusieurs années.

Si “les sensibilités, les looks, les formes d’action sont différents”, tous ont en commun, outre leur opposition à l’aéroport, “une critique des rapports marchands et des formes de consommation classiques, une méfiance vis-à-vis des modèles sociaux hiérarchisés et une volonté de s’émanciper de tout ça”, explique un autre zadiste. “En venant vivre ici, tu acceptes d’être en résistance, en conflit. Ça dresse le profil…”

Accusant les autorités de les “diaboliser” pour mieux les “diviser” et les “réprimer”, les occupants mettent l’accent sur les activités et la vie de village qui s’y est créée: élevage et maraîchage, tannerie, forge, bibliothèque ou studio de hip-hop. Une crèche y a même vu le jour.

– une même détermination –

Depuis une quinzaine d’années, la “résistance” contre l’aéroport est protéiforme. Outre l’occupation du terrain et la multitude de recours judiciaires visant à empêcher le projet, les opposants ont mené des actions ciblées contre les porteurs du projet. Blocages de chantiers, “entartage” d’élus, “vigie citoyenne” devant le conseil départemental, chaîne humaine ou encore grève de la faim. Les nombreuses manifestations, à Nantes ou dans le bocage, ont pu donner lieu à de violents affrontements avec les forces de l’ordre.

Les plus marquantes restent celles de l’automne 2012, où en réaction à la mobilisation de 2.000 CRS et gendarmes mobiles sur la ZAD pour déloger les squatteurs, les opposants avaient fait usage d’engins incendiaires et projectiles divers, érigé des barricades, grimpé dans des cabanes dans les arbres, s’étaient allongés sur les routes ou avaient entouré maisons et fermes de tracteurs. Mettant ainsi en échec “l’opération César”.

Cinq ans plus tard, tous réaffirment une détermination semblable pour empêcher leur expulsion. Mais en cas d’abandon du projet, leurs intérêts pourraient diverger et tous ne semblent pas prêts à négocier avec l’exécutif.

Les zadistes ont réactivé un “numéro d’urgence”, pour signaler la présence des forces de l’ordre ou de pelleteuses autour du site, et appellent d’ores et déjà leurs soutiens à venir massivement sur la ZAD ou à “viser” les lieux de pouvoir partout en France en cas d’intervention policière.

Source: AFP

Europe

L’affaire Maassen relancée, le SPD remet en cause le compromis

AFP

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La dirigeante du Parti social-démocrate allemand, Andrea Nahles, a demandé vendredi à Angela Merkel de renégocier le compromis trouvé avec les conservateurs sur le sort de Hans-Georg Maassen, ancien chef du renseignement intérieur mis en cause pour ses propos sur les violences de Chemnitz.

Réagissant à cette demande, le porte-parole de l’Union chrétienne-sociale (CSU), la très droitière alliée bavaroise de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) de Merkel, a jugé possibles de nouvelles discussions “si un consensus est possible”. “Nous y réfléchissons”, a-t-il dit.

Maassen, qui a douté de l’existence de “chasse aux migrants” en marge de manifestations d’extrême droite à Chemnitz, dans l’ex-Allemagne de l’Est, a été relevé mardi de ses fonctions à la tête de l’Office fédéral de protection de la Constitution (BfV) et muté au ministère de l’Intérieur, à un poste mieux rémunéré.

“Les réactions très majoritairement négatives de citoyens montrent que nous avons commis une erreur”, écrit la présidente du SPD à la chancelière et à Horst Seehofer, ministre de l’Intérieur et dirigeant de la CSU.

“Nous avons perdu la confiance au lieu de la rétablir. Cela devrait nous donner toutes les raisons de suspendre et de reconsidérer cet accord”, ajoute-t-elle.

Selon un sondage mené par l’institut Infratest Dimap pour ARD DeutschlandTrend et publié vendredi, le bloc conservateur CDU-CSU recueillerait 28% des voix si des élections étaient organisées aujourd’hui, devant le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), crédité de 18% des suffrages. Le SPD recueillerait 17% des voix.

D’après un sondage INSA, près de la moitié des Allemands sont favorables à des élections législatives anticipées.

Lors du scrutin de septembre dernier, le bloc CDU-CSU a obtenu 32,9% des voix, devant le SPD, 20,5%. L’AfD a fait son entrée au Bundestag avec 12,6% des suffrages.

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Europe

Election invalidée pour fraude dans la région de Vladivostok

Reuters

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La commission électorale de la région de Primorski, où se trouve la ville de Vladivostok, dans l’Extrême-Orient russe, a invalidé jeudi le résultat d’un scrutin régional en raison de soupçons de fraude au bénéfice du candidat du Kremlin.

La présidente de la Commission électorale nationale russe s’était elle-même prononcée mercredi en faveur de la tenue d’un nouveau scrutin.

Le candidat au poste de gouverneur de la région de Primorski soutenu par le président Vladimir Poutine, Andreï Tarassenko, a été proclamé vainqueur de l’élection organisée dimanche dernier alors qu’il était devancé de plus de deux points par son adversaire communiste, Andreï Ichtchenko, après dépouillement de près de 99% des bulletins de vote.

Des manifestations de protestation étaient organisées depuis lundi à Vladivostok.

Le nouveau scrutin aura lieu d’ici trois mois.

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Suède : un Français clame son innocence au premier grand procès #MeToo

AFP

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Le Français Jean-Claude Arnault arrive au tribunal de Stockholm, le 19 septembre 2018 / © TT NEWS AGENCY/AFP / Fredrik SANDBERG

Un Français au coeur du premier grand procès #MeToo : Jean-Claude Arnault, astre déchu de l’élite culturelle suédoise, a clamé son innocence mercredi à Stockholm à l’ouverture de son procès pour le viol d’une jeune femme en 2011.

Le scandale a éclaté en novembre 2017, un mois après les révélations sur les viols et les autres agressions sexuelles imputés au producteur de cinéma américain Harvey Weinstein.

Un cataclysme qui a fait imploser l’Académie suédoise – avec laquelle M. Arnault, marié à l’un de ses membres, entretenait des liens étroits -, contrainte de reporter à 2019 l’annonce du prix Nobel de littérature 2018.

Le visage fermé, écharpe grise nouée autour du cou, lunettes de vue à monture noire, veste sombre, Jean-Claude Arnault n’a fait aucune déclaration à son arrivée au tribunal.

“Il conteste les accusations”, a annoncé devant les juges son conseil, Björn Hurtig, dont le client encourt une peine de deux à six ans de prison.

Comme souvent dans les affaires d’agressions sexuelles, le tribunal a ensuite ordonné le huis clos à la demande de la partie civile et les journalistes ont été priés de sortir.

Absente à l’ouverture des débats, la victime présumée, dont l’identité n’a pas été dévoilée, est allée déposer après la décision de huis clos, protégeant de ses mains son visage face au mur de caméras et d’appareils photo.

“Je suis satisfaite. On ne peut rêver meilleure déposition de la part d’une partie civile”, a déclaré à la fin de l’audience son conseil, Elisabeth Massi Fritz, un ténor du barreau suédois et une avocate spécialisée dans la défense des femmes.

L’audience de jeudi sera consacrée à l’audition de témoins indirects qui ont recueilli les confidences de la plaignante.

“Il est toujours difficile de prouver des faits survenus entre deux personnes dans une pièce fermée (…) et dont des personnes extérieures vont venir nous parler sept ans après”, a prévenu l’avocat de la défense.

“Peur intense”

Jean-Claude Arnault, 72 ans, était le directeur artistique de Forum, un club très sélect qu’il avait créé en 1989, et où se côtoyaient éditeurs, écrivains, dramaturges ou musiciens en vue, mais également de nombreuses jeunes femmes.

En novembre 2017, le quotidien Dagens Nyheter publiait le témoignage anonyme de 18 d’entre elles affirmant avoir été violentées ou harcelées par Jean-Claude Arnault dont le comportement, selon elles, était notoire.

Plusieurs plaintes ont été classées faute de preuves ou frappées par la prescription, mais le parquet a estimé disposer de suffisamment d’éléments à charge dans un dossier remontant à 2011.

A Lire également – Suède: ouverture du procès d’un Français jugé pour deux viols
Le 5 octobre de cette année-là, dans un appartement stockholmois, Jean-Claude Arnault, violent selon la victime qui se trouve quant à elle dans un état “de peur intense”, la contraint à des relations sexuelles, selon l’acte de mise en accusation consulté par l’AFP.

Les faits se seraient répétés dans la nuit du 2 au 3 décembre 2011, dans le même appartement, tandis que la victime dormait.

Plusieurs experts ont évoqué l’hypothèse d’un acquittement, au bénéfice du doute.

Académie en ruine

Une enquête interne a établi que plusieurs académiciennes, conjointes ou filles d’académiciens, avaient elles aussi subi “l’intimité non désirée” et les comportements “inappropriés” de l’accusé.

Selon une enquête du quotidien Svenska Dagbladet, Jean-Claude Arnault est né en 1946 à Marseille de parents réfugiés russes. Il serait arrivé en Suède à la fin des années 1960 pour étudier la photographie.

Dans un entretien avec Dagens Nyheter en 2006, il affirmait être monté sur les barricades parisiennes en mai 1968. “L’étincelle a été l’interdiction faite aux étudiants de partager les chambres des étudiantes”, se souvenait-il.

Il se vantait d’être le “19e membre” de l’Académie. Selon des témoins, il soufflait le nom des futurs lauréats du Nobel à ses amis.

L’affaire a mis au jour le fonctionnement opaque de l’Académie, une riche institution privée fondée en 1786 sur le modèle de son homologue française, ses conflits d’intérêts, ses jeux d’influence et la “culture du silence” qui y régnait.

Huit académiciens se sont mis en congé provisoire ou définitif, dont la secrétaire perpétuelle Sara Danius. L’attribution du Nobel de littérature 2018 a été reportée à l’année suivante et le prestigieux conclave, en ruine, s’efforce depuis de se reconstruire.

L’Académie doit élire dans les mois à venir de nouveaux membres, qui devront lire des dizaines d’auteurs parmi lesquels ils désigneront deux lauréats de ce prix Nobel, 2018 et 2019.

Le procès se poursuit jeudi et lundi, toujours à huis clos. Le jugement devrait être mis en délibéré.

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