Connect with us

Europe

L'édition française trempe l'orteil dans le grand bain de l'Inde

Publié

le

Du roman de David Foenkinos, ne dites plus “La délicatesse” mais “Nazakat” en hindi. Avec un taux d’alphabétisme en hausse dans le pays, les promesses du marché du livre indien attirent les éditeurs français, qui viennent progressivement tâter le terrain.

“Avant de parler de débouchés, il s’agit simplement de planter quelques petites graines”, résume à l’AFP Antoine Gallimard, président des éditions éponymes, rencontré à la Foire internationale du livre de New Delhi qui se tient jusqu’à dimanche.

Traditionnellement chasse gardée des poids lourds du monde de l’édition anglophone, le géant démographique d’Asie du Sud offre en effet des perspectives alléchantes pour le livre.

Estimé à 6,76 milliards de dollars en 2016, le secteur est tiré par le nombre croissant d’Indiens sachant lire et écrire. D’environ 70% de la population en 2011, cette part devrait passer à 90% d’ici 2020 selon l’institut Nielsen.

Davantage un sous-continent qu’un pays, l’Inde est composée d’une diversité culturelle et linguistique vertigineuse, au point qu’aucune langue n’est partagée par tous ses citoyens. Ce qui, pour les éditeurs, multiplie les portes d’entrées en fonction des régions.

“L’Inde présente des caractéristiques assez uniques, c’est un territoire mais une vingtaine de marchés du livre différents”, explique Judith Oriol, responsable des droits étrangers chez Gallimard. “Il y a le marché de langue anglaise, il y a aussi le marché de langue en hindi, en malayalam, en tamoul…”

Les droits mondiaux anglais des ouvrages français étant généralement détenus par des éditeurs britanniques ou américains, les maisons françaises se frottent aux langues vernaculaires, parlées par des dizaines voire des centaines de millions de personnes.

Gallimard a ainsi récemment accompagné la sortie en hindi chez l’éditeur Rajpal & Sons de deux romans du prix Nobel Patrick Modiano et un de David Foenkinos.

“À chaque fois c’est une émotion de voir la couverture, de voir la langue, de voir une typographie… Ça me paraît un peu surréel d’ailleurs”, témoigne auprès de l’AFP ce dernier, venu à Delhi promouvoir la version indienne de “La délicatesse” (paru en français en 2009).

– Du français au… malayalam –

Malgré le 1,25 milliard d’habitants, les volumes de ces ouvrages restent extrêmement modestes: les meilleurs tirages ne dépassent pas les 3-4.000 exemplaires. Nation lointaine et mal connue en France, environnement d’affaires notoirement compliqué, l’Inde peut effrayer.

À l’heure actuelle, seule “une petite centaine” de titres français (fiction et non-fiction) y sont publiés chaque année, selon Nicolas Roche, directeur général du Bureau international de l’édition française.

Des textes de Grasset, Stock ou L’Association ont ainsi récemment trouvé preneurs, dit-il, des traductions plutôt au “coup par coup” que fruits d’une “politique de développement”.

Dans un monde de l’édition indienne écrasé par les manuels scolaires, qui représentent 70% du marché, les acteurs locaux estiment cependant que le créneau de la littérature étrangère non-anglophone est appelé à se développer.

“Des gens viennent nous voir pour demander quand sort le prochain Modiano” en hindi, relate Pranav Johri de la maison Rajpal & Sons. “Un titre seul ne fait pas la différence, vous devez publier en série. Une fois que vous avez un éventail (d’un même auteur) en place, alors cela commence à avoir un impact.”

Tous les interlocuteurs français s’en font l’écho: l’un des débouchés les plus porteurs en Inde est non pas le hindi – pourtant parlé par 40% des Indiens – mais le… malayalam, langue du petit État du Kerala (sud). Une singularité qui s’explique par le haut niveau d’éducation et la forte culture politique de cette région traditionnellement communiste.

Manque de moyens des éditeurs locaux, faiblesse du réseau de distribution, difficulté à trouver des traducteurs: dans l’édition comme ailleurs, l’Inde reste pour l’heure encore loin de l’eldorado parfois fantasmé – mais avec un potentiel indéniable.

“En ce qui me concerne en tant qu’écrivain, je ne vais pas écrire mon prochain livre en me disant, waouh, j’ai peut-être le marché indien qui frémit!”, lance l’auteur David Foenkinos avec un sourire.

Source: AFP

Europe

L’affaire Maassen relancée, le SPD remet en cause le compromis

AFP

Published

on

By

La dirigeante du Parti social-démocrate allemand, Andrea Nahles, a demandé vendredi à Angela Merkel de renégocier le compromis trouvé avec les conservateurs sur le sort de Hans-Georg Maassen, ancien chef du renseignement intérieur mis en cause pour ses propos sur les violences de Chemnitz.

Réagissant à cette demande, le porte-parole de l’Union chrétienne-sociale (CSU), la très droitière alliée bavaroise de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) de Merkel, a jugé possibles de nouvelles discussions “si un consensus est possible”. “Nous y réfléchissons”, a-t-il dit.

Maassen, qui a douté de l’existence de “chasse aux migrants” en marge de manifestations d’extrême droite à Chemnitz, dans l’ex-Allemagne de l’Est, a été relevé mardi de ses fonctions à la tête de l’Office fédéral de protection de la Constitution (BfV) et muté au ministère de l’Intérieur, à un poste mieux rémunéré.

“Les réactions très majoritairement négatives de citoyens montrent que nous avons commis une erreur”, écrit la présidente du SPD à la chancelière et à Horst Seehofer, ministre de l’Intérieur et dirigeant de la CSU.

“Nous avons perdu la confiance au lieu de la rétablir. Cela devrait nous donner toutes les raisons de suspendre et de reconsidérer cet accord”, ajoute-t-elle.

Selon un sondage mené par l’institut Infratest Dimap pour ARD DeutschlandTrend et publié vendredi, le bloc conservateur CDU-CSU recueillerait 28% des voix si des élections étaient organisées aujourd’hui, devant le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), crédité de 18% des suffrages. Le SPD recueillerait 17% des voix.

D’après un sondage INSA, près de la moitié des Allemands sont favorables à des élections législatives anticipées.

Lors du scrutin de septembre dernier, le bloc CDU-CSU a obtenu 32,9% des voix, devant le SPD, 20,5%. L’AfD a fait son entrée au Bundestag avec 12,6% des suffrages.

Lire la suite

Europe

Election invalidée pour fraude dans la région de Vladivostok

Reuters

Published

on

By

La commission électorale de la région de Primorski, où se trouve la ville de Vladivostok, dans l’Extrême-Orient russe, a invalidé jeudi le résultat d’un scrutin régional en raison de soupçons de fraude au bénéfice du candidat du Kremlin.

La présidente de la Commission électorale nationale russe s’était elle-même prononcée mercredi en faveur de la tenue d’un nouveau scrutin.

Le candidat au poste de gouverneur de la région de Primorski soutenu par le président Vladimir Poutine, Andreï Tarassenko, a été proclamé vainqueur de l’élection organisée dimanche dernier alors qu’il était devancé de plus de deux points par son adversaire communiste, Andreï Ichtchenko, après dépouillement de près de 99% des bulletins de vote.

Des manifestations de protestation étaient organisées depuis lundi à Vladivostok.

Le nouveau scrutin aura lieu d’ici trois mois.

Lire la suite

Europe

Suède : un Français clame son innocence au premier grand procès #MeToo

AFP

Published

on

By

Le Français Jean-Claude Arnault arrive au tribunal de Stockholm, le 19 septembre 2018 / © TT NEWS AGENCY/AFP / Fredrik SANDBERG

Un Français au coeur du premier grand procès #MeToo : Jean-Claude Arnault, astre déchu de l’élite culturelle suédoise, a clamé son innocence mercredi à Stockholm à l’ouverture de son procès pour le viol d’une jeune femme en 2011.

Le scandale a éclaté en novembre 2017, un mois après les révélations sur les viols et les autres agressions sexuelles imputés au producteur de cinéma américain Harvey Weinstein.

Un cataclysme qui a fait imploser l’Académie suédoise – avec laquelle M. Arnault, marié à l’un de ses membres, entretenait des liens étroits -, contrainte de reporter à 2019 l’annonce du prix Nobel de littérature 2018.

Le visage fermé, écharpe grise nouée autour du cou, lunettes de vue à monture noire, veste sombre, Jean-Claude Arnault n’a fait aucune déclaration à son arrivée au tribunal.

“Il conteste les accusations”, a annoncé devant les juges son conseil, Björn Hurtig, dont le client encourt une peine de deux à six ans de prison.

Comme souvent dans les affaires d’agressions sexuelles, le tribunal a ensuite ordonné le huis clos à la demande de la partie civile et les journalistes ont été priés de sortir.

Absente à l’ouverture des débats, la victime présumée, dont l’identité n’a pas été dévoilée, est allée déposer après la décision de huis clos, protégeant de ses mains son visage face au mur de caméras et d’appareils photo.

“Je suis satisfaite. On ne peut rêver meilleure déposition de la part d’une partie civile”, a déclaré à la fin de l’audience son conseil, Elisabeth Massi Fritz, un ténor du barreau suédois et une avocate spécialisée dans la défense des femmes.

L’audience de jeudi sera consacrée à l’audition de témoins indirects qui ont recueilli les confidences de la plaignante.

“Il est toujours difficile de prouver des faits survenus entre deux personnes dans une pièce fermée (…) et dont des personnes extérieures vont venir nous parler sept ans après”, a prévenu l’avocat de la défense.

“Peur intense”

Jean-Claude Arnault, 72 ans, était le directeur artistique de Forum, un club très sélect qu’il avait créé en 1989, et où se côtoyaient éditeurs, écrivains, dramaturges ou musiciens en vue, mais également de nombreuses jeunes femmes.

En novembre 2017, le quotidien Dagens Nyheter publiait le témoignage anonyme de 18 d’entre elles affirmant avoir été violentées ou harcelées par Jean-Claude Arnault dont le comportement, selon elles, était notoire.

Plusieurs plaintes ont été classées faute de preuves ou frappées par la prescription, mais le parquet a estimé disposer de suffisamment d’éléments à charge dans un dossier remontant à 2011.

A Lire également – Suède: ouverture du procès d’un Français jugé pour deux viols
Le 5 octobre de cette année-là, dans un appartement stockholmois, Jean-Claude Arnault, violent selon la victime qui se trouve quant à elle dans un état “de peur intense”, la contraint à des relations sexuelles, selon l’acte de mise en accusation consulté par l’AFP.

Les faits se seraient répétés dans la nuit du 2 au 3 décembre 2011, dans le même appartement, tandis que la victime dormait.

Plusieurs experts ont évoqué l’hypothèse d’un acquittement, au bénéfice du doute.

Académie en ruine

Une enquête interne a établi que plusieurs académiciennes, conjointes ou filles d’académiciens, avaient elles aussi subi “l’intimité non désirée” et les comportements “inappropriés” de l’accusé.

Selon une enquête du quotidien Svenska Dagbladet, Jean-Claude Arnault est né en 1946 à Marseille de parents réfugiés russes. Il serait arrivé en Suède à la fin des années 1960 pour étudier la photographie.

Dans un entretien avec Dagens Nyheter en 2006, il affirmait être monté sur les barricades parisiennes en mai 1968. “L’étincelle a été l’interdiction faite aux étudiants de partager les chambres des étudiantes”, se souvenait-il.

Il se vantait d’être le “19e membre” de l’Académie. Selon des témoins, il soufflait le nom des futurs lauréats du Nobel à ses amis.

L’affaire a mis au jour le fonctionnement opaque de l’Académie, une riche institution privée fondée en 1786 sur le modèle de son homologue française, ses conflits d’intérêts, ses jeux d’influence et la “culture du silence” qui y régnait.

Huit académiciens se sont mis en congé provisoire ou définitif, dont la secrétaire perpétuelle Sara Danius. L’attribution du Nobel de littérature 2018 a été reportée à l’année suivante et le prestigieux conclave, en ruine, s’efforce depuis de se reconstruire.

L’Académie doit élire dans les mois à venir de nouveaux membres, qui devront lire des dizaines d’auteurs parmi lesquels ils désigneront deux lauréats de ce prix Nobel, 2018 et 2019.

Le procès se poursuit jeudi et lundi, toujours à huis clos. Le jugement devrait être mis en délibéré.

Lire la suite

Facebook




cinéma

Advertisement