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Europe

Le Pakistan relativise l'impact du gel d'aides américaines sur son économie

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Le Pakistan a réagi avec réserve à la récente annonce du gel d’aides américaines: pour les analystes, ces montants sont limités et son économie aurait bien plus à craindre si Washington lui retirait son soutien auprès des grandes institutions financières.

Tous les interlocuteurs contactés par l’AFP, économistes et hauts responsables, ont qualifié de “marginal” l’impact à court ou moyen terme de la récente décision américaine.

Exaspérés par ce qu’ils considèrent comme du laxisme en matière de lutte anti-terrorisme, les Etats-Unis ont annoncé jeudi la suspension de l’assistance sécuritaire à Islamabad, pour des montants pouvant atteindre 2 milliards de dollars, selon un responsable américain.

“Les Etats-Unis ont bêtement donné 33 milliards de dollars d’aide au Pakistan ces 15 dernières années”, a tweeté le président Donald Trump. “Ils abritent les terroristes que nous chassons en Afghanistan, sans grande aide. C’est fini!”, a-t-il lancé.

Mais pour un diplomate basé à Islamabad, “le Pakistan, c’est la sixième population et la quarantième économie du monde. Ce n’est pas un PMA” ou pays les moins avancés, une classification regroupant 48 Etats très pauvres.

“L’aide internationale, ce n’est pas lourd par rapport à l’économie du pays, ce n’est pas vital. Les moyens de pression sont limités”, poursuit-il.

Le PIB (produit intérieur brut) est estimé à 300 milliards de dollars. D’après l’OCDE, le Pakistan a obtenu près de 1,8 milliard de dollars d’aide au développement en 2016, soit 300 millions de plus que l’Inde. Mais près de moitié moins que son voisin l’Afghanistan, pourtant six fois moins peuplé.

– Problème de liquidités –

A Islamabad, on relativise à ce stade les menaces américaines.

Alors qu’entre 2001 et 2010, les Etats-Unis pouvaient donner “3 à 4 milliards de dollars par an” au Pakistan en assistance militaire, ce montant a ensuite “décliné de manière abrupte” à 750 millions en 2016, affirme à l’AFP l’ancien ministre des Finances Hafeez Pasha.

“Un nouveau recul ne fera plus beaucoup de différence par rapport au PIB”, ajoute-t-il, se déclarant inquiet en revanche d’éventuels effets “indirects”.

Si l’économie pakistanaise est “stable”, continue de croître avec une inflation contenue et une dette “vraiment gérable”, elle souffre en effet d’un problème structurel majeur, le déficit de sa balance commerciale, renchérit Muhammad Waheed, économiste à la Banque mondiale.

“Malgré la croissance, le Pakistan exporte beaucoup moins qu’il n’importe, notamment du pétrole”, ce qui lui pose des problèmes de liquidités, remarque-t-il.

Sa réserve de devises étrangères, qui lui permet d’acheter des produits importés, est ainsi en forte baisse, ce qui force le pays à emprunter pour continuer à se développer.

Mais le pays se finance aussi via la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) ou encore la Banque asiatique de développement, autant d’institutions dans lesquelles Washington a une position dominante.

– ‘Menace indirecte’ –

“Les ressources et l’influence des Etats-Unis” constituent une “menace indirecte” pour le Pakistan en cas de nouvel emprunt international, souligne néanmoins Rahimallah Yousufzai, un analyste pakistanais.

“Le Pakistan a besoin du soutien des Etats-Unis quand il traite avec les institutions financières internationales”, note Ashfaque Hasan, un universitaire membre du conseil économique du gouvernement pakistanais.

Il rappelle qu’en 1998, le FMI avait imposé une amende de 20 millions de dollars au Pakistan, frappé d’un gel des crédits après ses essais nucléaires. Quelques semaines après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, le même FMI débloquait 135 millions en faveur du Pakistan, qui allait devenir un allié majeur de Washington dans la guerre en Afghanistan.

“Nous étions le plus allié des alliés à un moment et le plus sanctionné de tous les Etats sanctionnés à un autre”, ironise Khalid Mahmood, président de l’Institut d’études stratégiques, un centre de recherche proche du gouvernement.

“Si les Etats-Unis commencent à nous intimider, à nous rendre responsables, à nous menacer, nous avons d’autres options”, souligne de son côté le sénateur Mushahid Hussain Sayed, dans une allusion à la Chine, plus proche allié du Pakistan.

La Chine a apporté son soutien à Islamabad face aux accusations de Washington et s’apprête à investir quelque 60 milliards de dollars en infrastructures au Pakistan, même si rien ne garantit à ce stade qu’elle soit prête à faire davantage.

Source: AFP

Europe

L’Aquarius et les 58 migrants à bord débarqueront à Malte

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Le gouvernement maltais a annoncé mardi 25 septembre qu’il autorisera le débarquement sur son territoire des 58 migrants secourus en Méditerranée par le navire humanitaire Aquarius et que ces derniers seront «immédiatement répartis» dans d’autres pays, dont le Portugal, l’Espagne et la France.

«Les 58 migrants à bord de l’Aquarius seront transbordés sur un navire maltais dans les eaux internationales et conduits à Malte», a écrit le Premier ministre maltais Joseph Muscat sur son compte Twitter.

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Europe

Abus sexuels sur mineurs: l’Eglise catholique allemande sommée d’agir

AFP

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Des participants à la conférence épiscopale allemande, le 24 septembre 2018 à Fulda / © dpa/AFP / Arne Dedert

L’Eglise catholique allemande est sur la sellette mardi à l’occasion de la publication d’un rapport révélant des abus sexuels sur quelque 3.600 enfants depuis des décennies mais qui ne fait qu’effleurer la réalité, selon les victimes.

Réunie jusqu’à vendredi à Fulda, la conférence épiscopale allemande doit présenter ce document accablant commandé par l’Eglise il y a quatre ans, portant sur la période 1946-2014. Son président Reinhard Marx a déjà exprimé la “honte” de son institution.

Mais cela est loin de suffire pour les victimes: “le nombre réel des personnes, qui ont subi des sévices sexuels (…) se situe dans une toute autre dimension que ce que les chiffres suggèrent”, a dénoncé l’association des victimes “Eckiger Tisch”, jugeant “superficiel” ce rapport basé sur des archives incomplètes et qui ne cite aucun responsable par leur nom.

L’Eglise catholique-romaine, qui représente la première confession chrétienne d’Allemagne devant le protestantisme avec plus de 23 millions d’adeptes fin 2017, n’en est pas à son premier scandale de ce type et les pressions se multiplient pour qu’elle s’y attaque réellement.

Le pouvoir politique est intervenu, par la voix de la ministre de la Justice Katarina Barley, pour exiger que l’Eglise collabore avec les autorités judiciaires afin que les coupables soient identifiés et punis.

Ouvrir les archives’

“Les abus (sexuels) forcent l’Eglise à prendre un nouveau chemin”, a déclaré mardi le cardinal Reinhard Marx au cours de la messe d’ouverture.

Pour l’association “Eckiger Tisch”, le seul moyen de faire toute la lumière sur les sévices passe par la mise en place d’une commission d’enquête indépendante sous l’égide de l’Etat. “Pour cela l’Eglise doit être prête à ouvrir ses archives”, a-t-elle réclamé, exigeant aussi des “dédommagements appropriés” pour les victimes.

Le document de 356 pages, dont le contenu a fuité dans la presse mi-septembre, fait état d’au moins 3.677 victimes, en majorité des garçons âgés de moins de 13 ans, qui ont été les proies de quelque 1.670 membres du clergé.

Le consortium de chercheurs des universités de Mannheim, Heidelberg et Giessen, qui a réalisé l’enquête, n’a toutefois pas eu d’accès direct aux archives des 27 diocèses allemands. En effet, il n’a examiné que 38.000 dossiers et manuscrits sélectionnés et transmis par l’Eglise.

Selon les auteurs de l’étude, l’Eglise a aussi “détruit ou manipulé” systématiquement pendant des décennies de nombreux documents relatifs à des suspects et “minimisé” sciemment la gravité des faits.

“Nous demandons à l’Eglise de s’occuper enfin du problème”, déclare auprès de l’AFP Jörg Schuh, porte-parole du centre d’accueil des victimes d’abus sexuels Tauwetter, qualifiant d'”organisation criminelle” une institution qui couvre les crimes commis par ses cadres.

L’étude parle “quand même de 4 à 5% du clergé allemand”, s’emporte-t-il.

Des scandales partout

Seul le tiers des suspects a fait face à des procédures en vertu du droit canonique mais les sanctions étaient minimes, voire inexistantes. Ils étaient souvent transférés sans que les fidèles ne soient avertis du danger potentiel pour les enfants.

Pire, pour les auteurs du rapport, rien ne permet de penser que cette thématique “appartienne au passé”.

Australie, Chili, Etats-Unis, Allemagne… Partout dans le monde des accusations circonstanciées de viols, d’abus sexuels, de pédophilie et de sévices physiques visent l’Eglise catholique et ses dignitaires.

Le pape François, qui n’a pas échappé aux critiques pour sa gestion des scandales, a récemment convoqué pour février 2019 une réunion au Vatican de tous les présidents des conférences épiscopales dans le monde sur le thème de “la protection des mineurs”.

L’Allemagne a déjà été secouée par plusieurs affaires. L’une des plus retentissantes concerne le choeur catholique de Ratisbonne où, selon un rapport de juillet 2017, au moins 547 enfants ont subi des sévices physiques et des abus sexuels, allant jusqu’au viol, entre 1945 et 1992.

Le frère de l’ancien pape Benoît XVI avait été accusé d’avoir fermé les yeux. Mais Mgr Georg Ratzinger, qui a dirigé de 1964 à 1994 ce chœur millénaire de petits chanteurs, avait assuré n’avoir pas eu connaissance de sévices sexuels.

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Europe

Comcast remporte l’enchère sur Sky pour 30 milliards de livres sterling face à Fox

Reuters

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Le groupe de médias américain Comcast a remporté samedi l’enchère pour l’acquisition de l’opérateur britannique de télévision par satellite Sky pour lequel il a accepté de débourser environ 30 milliards de livres sterling (33,4 milliards d’euros).

Comcast était en compétition avec le groupe Twenty-First Century Fox de Rupert Murdoch pour cette acquisition qui s’est décidée suivant une procédure inhabituelle.

Le câblo-opérateur américain a proposé 17,28 livres sterling par action pour prendre le contrôle de Sky tandis que Fox offrait 15,67 livres par action, a indiqué le comité chargé de gérer les offres des deux repreneurs.

Cette acquisition constitue un revers pour Murdoch dont le groupe contrôle 39% de Sky. Le magnat tentait de prendre les rênes de l’opérateur britannique depuis décembre 2016.

Cela constitue également un revers pour le géant américain du divertissement Disney qui souhaitait acquérir pour 71 milliards de dollars (60 milliards d’euros) la majeure partie des avoirs cinématographiques et télévisuels de Fox, y compris Sky, si celle-ci était tombée dans le giron de Murdoch.

L’offre finale de Comcast était nettement supérieure à son entrée dans les enchères à 14,75 dollars par action et par rapport à la valeur du titre, à 15,85 livres, vendredi.

Cette attribution met fin à une bataille transatlantique qui faisait rage depuis le mois de février pour prendre le contrôle de Sky. Comcast avait lancé à cette date une offre d’acquisition de 31 milliards de dollars sur Sky face à celles de Fox et Disney.

La prise de contrôle de Sky va faire de Comcast le plus grand opérateur mondial de télévision à péage avec quelque 52 millions d’abonnés.

“C’est un grand jour pour Comcast”, a commenté Brian Roberts, patron de l’opérateur américain qui cherche à élargir ses activités à l’étranger au moment où sa croissance se ralentit sur le marché intérieur.

“Cette acquisition va nous permettre d’accroître rapidement, efficacement et de manière significative la base de notre clientèle et de nous développer internationalement”, a-t-il ajouté.

Comcast, qui possède la chaîne NBC et les studios Universal, a appelé les actionnaires de Sky à accepter son offre, souhaitant boucler la reprise avant la fin octobre.

 

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