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Le Festival de Cannes a demandé à Téhéran et à Moscou de laisser les réalisateurs Jafar Panahi et Kirill Serebrennikov se rendre sur la Côte d’Azur le mois prochain pour dévoiler le line-up de la 71ème édition du meilleur film du monde.

Les dernières œuvres des réalisateurs font partie des 17 films qui se disputeront le prix le plus convoité du cinéma lors du festival des stars, qui se déroulera du 8 au 19 mai dans le sud de la France.

Le directeur du festival, Thierry Frémaux, a déclaré jeudi que les autorités françaises soutenaient l’appel de Cannes à Téhéran pour permettre à Panahi de présenter son nouveau film “Trois visages”, puis de le “laisser rentrer chez lui”. Le directeur dissident de “Taxi”, qui a remporté l’Ours d’Or à Berlin il y a trois ans, est interdit de quitter son pays.

Frémaux a dit qu’un plaidoyer semblable serait fait concernant “Leto” de Serebrennikov (“Été”). Le réalisateur russe risque jusqu’à 10 ans de prison pour des accusations de fraude qui, selon les critiques, sont la récompense du Kremlin pour ses opinions franches.

Panahi et Serebrennikov affronteront Matteo Garrone (“Dogman”) et Spike Lee, qui fera son retour à Cannes pour la première fois en 20 ans. Le “BlacKkKlansman” de Lee racontera l’histoire de Ron Stallworth, un policier noir du Colorado infiltré en 1978 pour infiltrer le Ku Klux Klan.

Cinquante ans après avoir participé à la mutinerie du festival de Cannes en 1968, le légendaire Jean-Luc Godard est de retour avec son dernier film expérimental “Le Livre d’image”, décrit comme un ” chanson révolutionnaire en cinq chapitres “. Une photo d’un autre classique de Godard, “Pierrot le Fou”, a été choisie pour l’affiche de cette année.

Les critiques espérant voir plus de réalisatrices sélectionnées dans le sillage des campagnes #MeToo et #TimesUp seront déçues que seules trois d’entre elles aient fait l’affaire: la libanaise Nadine Labaki (“Capharnaüm”), l’italienne Alice Rohrwacher (“Lazzaro Felice”) et la Française Eva Husson avec “Les Filles du soleil”, une représentation de combattantes kurdes luttant contre le groupe État islamique (IS).

Le contingent français (relativement petit) est Stéphane Brizé, qui retrouve Vincent Lindon, le meilleur acteur de Cannes, dans “En guerre”, et Christophe Honoré avec “Plaire, aimer et courir vite”. “).

Les habitués de la Palme d’Or sont Jia Zhang-Ke («Ash is Purest White»), Kore-Eda Hirokazu («Shoplifters») et Asghar Farhadi, dont le premier album en espagnol «Everybody Knows», mettant en vedette Penelope Cruz et Javier Bardem, fournira le lever de rideau glamour.

Bien que les stars d’Hollywood soient plus minces que d’habitude, Marion Cotillard, Adam Driver et Andrew Garfield se promèneront sur le fameux tapis rouge. Et le dernier spin-off de Star Wars, “Solo: A Star Wars Story”, sera également projeté sur la Croisette, même hors compétition.

Netflix no-show

Les annonces de jeudi ont été éclipsées par le dernier rebondissement de la dispute entre Netflix et le festival, qui survient quelques heures après que le géant du streaming ait annoncé qu’il retirait tous ses films de Cannes.

Le retrait de Netflix – qui semblait devoir perturber le plus possible la sélection de dernière minute du festival – est venu en représailles à une nouvelle règle de Cannes interdisant les films qui ne sortent pas dans les salles françaises de la Palme d’Or.

Dans une interview cinglante avec le magazine “Variety” mercredi, Ted Sarandos, Chief Operating Officer de Netflix, n’a pas caché son irritation face au prestigieux festival du film, dont il a dit qu’il avait besoin de “se moderniser”.

“Ce n’est pas une coïncidence si Thierry a également banni les selfies cette année”, a plaisanté Sarandos, se référant à la décision très controversée de Frémaux d’interdire le selfie sur le tapis rouge. Il a ajouté: “Je ne sais pas quelles autres avancées dans les médias Thierry aimerait aborder.”

Les productions de Netflix que l’on croyait être en lice pour Cannes comprenaient la “Roma” d’Alfonso Cuaron et la “Norvège” très attendue de Paul Greengrass, à propos du massacre d’Utoya en 2010 par le suprématiste blanc Anders Behring Breivik.

Mais le plus grand coup porté au cinéphile directeur du festival sera sans doute la perte d’une restauration financée par Netflix du dernier film inachevé d’Orson Welles, “L’autre face du vent”, qui aurait sans doute été le point d’orgue de l’album de Cannes Classics .

Dans une autre tournure, la fille de Welles, Beatrice, est entrée dans la rivalité jeudi, suppliant Sarandos de reconsidérer. Elle a détaillé le soutien que Cannes avait accordé à son père au cours des années, et le conflit de studio qui a paralysé sa carrière.

“J’ai vu comment les grandes sociétés de production ont détruit sa vie, son travail et, ce faisant, un peu l’homme que j’aimais tant”, écrit-elle dans un courriel à Sarandos, qui a été mis à la disposition de “Vanity Fair”. “Je détesterais tellement voir Netflix être encore une de ces entreprises.”

 

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Cinéma

Demande en mariage, Fonzie sacré, les temps forts des 70e Emmy Awards

Un vainqueur qui fait une demande en mariage: il avait déjà remporté 13 Emmys, mais jusqu’ici, le réalisateur de télévision Glenn Weiss était quasiment inconnu hors du sérail d’Hollywood.

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Ce n’est pas une série ou un téléfilm, un acteur ou une actrice qui auront marqué la 70e cérémonie des Emmy Awards, les récompenses de la télévision américaine, mais une demande en mariage en direct. Voici quelques-uns des temps forts de la soirée.

– Un vainqueur qui fait une demande en mariage: il avait déjà remporté 13 Emmys, mais jusqu’ici, le réalisateur de télévision Glenn Weiss était quasiment inconnu hors du sérail d’Hollywood.

Il a suffi d’une demande en mariage en direct, au moment de recevoir sa 14ème statuette (pour sa réalisation de la dernière cérémonie des Oscars), lundi, pour que le metteur en scène de 57 ans devienne une vedette mondiale.

“Tu te demandes pourquoi je n’aime pas t’appeler ma copine?”, a lancé Glenn Weiss a son amie, présente dans la salle. “Parce que je veux t’appeler ma femme.”

Le réalisateur a conclu la séquence alors que plusieurs actrices écrasaient une larme, en offrant à sa future épouse l’alliance de sa mère, décédée deux semaines plus tôt.

Quelques minutes plus tard, Matthew Rhys, récompensé pour son rôle dans la série “The Americans”, a expliqué que sa partenaire à l’écran et dans la vie, Keri Russell, lui avait confié, avant qu’il ne monte sur scène: “si tu me demandes en mariage, je te mets un coup de poing dans les dents”.

– Premier Emmy pour “Fonzie”: A 72 ans, celui qui reste, pour toute une génération, Arthur Fonzarelli, dit “Fonzie”, personnage emblématique de la série “Happy Days”, a décroché lundi le premier Emmy de sa carrière.

Henry Winkler a été sacré meilleur second rôle dans “Barry”, une série de comédie, où il joue un professeur de théâtre croisant la route d’un tueur à gages solitaire qui se prend de passion pour la comédie.

L’avocat “Skip Brittenham m’a dit, il y a longtemps: si tu fais ça assez longtemps, tu finiras par emporter la mise”, a commenté Henry Winkler en recevant sa récompense.

– Quelques touches de féminisme: loin des cérémonies de récompenses vues depuis un an et l’éclatement de l’affaire Weinstein, la cause féminine n’a été évoquée lundi que brièvement. En recevant son prix de meilleure actrice dans une série de comédie, Rachel Brosnahan a expliqué que “La fabuleuse Mme Maisel” évoquait “une femme qui trouve sa voix. C’est quelque chose qui arrive partout dans le pays en ce moment”. Sur un ton plus léger, la comédienne britannique Thandie Newton, meilleur second rôle dans une série dramatique pour “Westworld”, a lâché: “je ne crois pas en Dieu, mais je vais quand même la remercier.”

– Un peu de politique, en chantant: omniprésentes depuis deux ans, les interventions à message ont été très peu nombreuses lundi soir. Ni le président Donald Trump, ni aucune de ses mesures phares n’ont été mentionnés durant la soirée, une première depuis sa victoire à l’élection.

Lors de l’allocution de lever de rideau, Kate McKinnon et Kenan Thompson, deux des piliers de l’émission satirique “Saturday Night Live” ont évoqué sur le ton de l’humour les changements en cours à Hollywood, poussé à s’ouvrir aux minorités, devant et derrière la caméra.

“We solved it!”, ont-ils chanté (“nous avons réglé le problème” de la diversité), tout en soulignant que les avancées étaient encore timides et largement symboliques.

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Cinéma

Le 44e festival de cinéma américain de Deauville ouvre ses porte vendredi

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Le monument d’Hollywood Morgan Freeman et l’héroïne de Sex and the city Sarah Jessica Parker sont attendus à Deauville qui ouvre vendredi son 44e festival de cinéma américain pour une sélection qui renvoie une image sombre des Etats-Unis.

Le festival démarrera vendredi avec la projection du film “Le secret des Kennedy” de John Curran avec l’Australien Jason Clarke, 49 ans, à qui le festival rendra hommage en sa présence. Le film qui “très certainement ne sortira pas en salles”, selon Ace Entertainment mais uniquement en payTV ou VOD, revient sur un drame qui mis fin aux chances de Ted Kennedy d’accéder à la Maison blanche.

Samedi, Elle Fanning vient présenter avec Mélanie Laurent, 35 ans, le premier film américain de l’actrice et réalisatrice française, “Galveston” qui doit sortir le 10 octobre en France.

“Elle Fanning est un phénomène hollywoodien parce qu’à 20 ans, elle a déjà tourné 31 films. Elle a tourné avec Sofia Coppola, avec Francis Ford Coppola, avec Woody Allen”, dit Bruno Barde, le directeur du festival.

Autre temps fort, Morgan Freeman, l’acteur oscarisé à la voix de velours, est attendu sur les planches le 7 septembre pour un hommage. Ses 134 films ont généré autant de recettes que les films d’Al Pacino et Robert De Niro réunis, selon Bruno Barde.

La star noire américaine de 81 ans “est un acteur immense qui dans sa carrière a manifesté des choix artistiques et politiques qui honorent l’homme”, a estimé Bruno Barde.

L’acteur, producteur et réalisateur avait été accusé en mai de harcèlement sexuel par huit femmes interrogées par la chaîne CNN dans la foulée de l’affaire Weinstein. “Je n’ai pas agressé de femmes”, avait répondu la star. Certaines des dizaines de personnes interrogées par CNN avaient également décrit un comportement irréprochable.

A la question de savoir s’il pensait que l’ombre de l’affaire Weinstein allait planer sur le festival, M. Barde a répondu: “je m’en fous complètement. Je fais un festival de cinéma. Discuter de faits d’actualité politique, ce n’est pas mon rôle. Je laisse la justice faire son travail.”

Mais des rapports hommes/femmes, il sera sans doute question à l’occasion de la venue de Sarah Jessica Clarke, 53 ans, l’héroïne de “Sex and the city”.

“C’est une icône, un précurseur car +Sex and the city”, c’est la première fois que l’Amérique a parlé à l’écran expressément et artistiquement d’une sexualité féminine”, poursuit Bruno Barde.

La série affiche “six saisons, 94 épisodes, 200 millions de spectateur dans le monde, 10 millions en France sur le dernier épisode”, selon lui.

Plusieurs autres stars sont attendues pour cette 44e édition: la Britannique Kate Beckinsale, une des accusatrices de Weinstein, les Américains John C. Reilly, Joaquin Phoenix, ou la star du film pour adolescents “Divergente”, Shailene Woodley.

Une vision sombre de l’Amérique

Derrière les paillettes se profile toutefois une image beaucoup plus sombre de l’Amérique.

“Les films en compétition sont assez tournés vers la réalité sociale. Il n’y a pas de film pamphlétaire contre Trump mais il y a des inquiétudes, des jeunes, des communautés, qui montrent à quel point les Américains ne sont pas rassurés sur l’avenir”, a résumé Bruno Barde.

Le jury présidé par Sandrine Kiberlain devra trancher entre quatorze longs métrages, dont huit premiers films.

Parmi ceux qui ont une date de sortie en France, “Leave no trace” de Debra Granik encensé par certains critiques américains (19 septembre), “Blindspotting”, un premier film de Carlos Lopez Estrada (le 3 octobre), qui a également reçu de bonnes critiques. Seront en compétition également “Friday’s child”, de A.J. Edwards, avec Tye Sheridan (qui a joué dans “Mud” de Jeff Nichols), “The Tale” de Jennifer Fox, avec Laura Dern, “The Kindergarten teacher”, de Sara Colangelo, avec Maggie Gyllenhaal, ou “Puzzle” de Marc Turtletaub, le producteur de “Little Miss Sunshine”.

L’an passé, le festival qui affiche environ 60.000 spectateurs par an, a couronné “The Rider” de Chloé Zhao.

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Cinéma

Le cinéaste franco-grec Costa Gavras dément son propre décès

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Le cinéaste franco-grec Costa Gavras, 85 ans, a dû démentir jeudi son propre décès, annoncé par plusieurs médias internationaux, sur la foi d’un faux tweet, qui serait une nouvelle action d’un journaliste italien souhaitant dénoncer la fragilité des réseaux sociaux.

Joint au téléphone par la télévision publique grecque Ert, Costa Gavras a indiqué qu’il s’agissait “d’une blague de mauvais goût”.

La fausse nouvelle a été publiée jeudi vers 12H00 GMT sur un compte twitter présenté comme celui de la nouvelle ministre grecque de la Culture Myrsini Zorba, et a été repris immédiatement par de nombreux médias dans le monde entier.

Le ministère de la Culture, joint au téléphone avant l’intervention de M. Gavras à Ert, avait démenti la nouvelle à l’AFP, en soulignant que la ministre “n’a fait aujourd’hui aucun tweet sur son compte personnel ou officiel”.

Mme Zorba a ensuite démenti elle-même à l’agence de presse grecque ANA : “Ce n’était pas mon compte, je n’ai pas publié cette nouvelle”. Elle a indiqué avoir saisi la police.

“Ce compte est un faux, créé par le journaliste italien Tommasso Debenedetti”, a dans la foulée indiqué un nouveau tweet du faux compte @MZorbaGR, avant que le compte disparaisse.

M. Debenedetti, s’il est bien l’auteur de toute cette affaire, est un récidiviste: en 140 caractères, il a déjà “tué” l’écrivaine JK Rowling, Mikhaïl Gorbatchev, Fidel Castro ou le pape, présentant ses tweets fallacieux comme un outil pour dénoncer les “points faibles” des médias et “la fragilité des réseaux sociaux”.

“Je ne m’en prends qu’à des personnalités de premier plan qui ont tout à fait les moyens de démentir très vite. Je n’annoncerais jamais la mort d’un écrivain de second rang ou celle de ma voisine de palier”, avait-il indiqué en 2013 dans une interview à l’AFP.

Il avait alors souligné avoir l’habitude de démentir la fausse nouvelle dans l’heure qui suit le premier tweet, ce qui a été le cas jeudi.

Costa Gavras a semblé faire écho à ces préoccupations dans son intervention sur Ert: il y a “cette situation bizarre avec les nouvelles, partout dans le monde il y a ce genre de canulars qui deviennent instantanément la vérité pour certains”, a-t-il relevé.

Il a indiqué avoir été averti de l’affaire par l’appel d’une journaliste. “Elle était très contente que je sois vivant, nous sommes tous très contents”, a-t-il plaisanté, tandis qu’en arrière-fond de la conversation son portable ne cessait de sonner.

Figure du cinéaste engagé, à l’oeuvre nourrie par les convulsions politiques de l’histoire grecque, le réalisateur, de son vrai nom, Konstantinos Gavras, a accédé à la notoriété avec ses films “Z” et “l’Aveu”.

A 85 ans, il s’est lancé dans un nouveau projet, une adaptation d’un livre de l’iconoclaste ancien ministre grec des Finances, pourfendeur de l’Europe libérale, Yanis Varoufákis.

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