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Le cinéaste chinois Wong Kar-wai / (c) droits réservés

Il a forgé une oeuvre poétique à “l’imprévisible minutie créatrice”: le cinéaste chinois Wong Kar-wai a reçu vendredi soir à Lyon le 9e Prix Lumière pour l’ensemble de sa carrière.

A 59 ans, il est le premier réalisateur chinois à se voir décerner ce prix, succédant à l’actrice Catherine Deneuve, récompensée en 2016.

“Je voudrais dédier cet honneur qui m’est fait à mon épouse et ma muse, Esther. Il y a des éclats d’elle dans chacun des personnages féminins de mes films”, a-t-il déclaré en recevant son prix des mains d’Isabelle Adjani.

Lors d’une d’une masterclasse dans l’après-midi face aux cinéphiles du Festival Lumière, Wong Kar-wai a commenté sa méthode de travail qu’il n’a de cesse “de remettre en question”.

“J’ai horreur de l’écriture car c’est la phase la plus solitaire du processus créatif. J’ai tendance à la repousser le plus possible”, a expliqué le réalisateur.

Pour ce cinéaste reconnu comme l’un des plus fascinants stylistes du cinéma contemporain, le tournage constitue l’étape la plus “appréciable” de la réalisation d’un film car “c’est à ce moment-là qu’il prend vie”.

Minutieux et souvent indécis – un trait de caractère qui l’a toujours empêché de collaborer avec un scénariste -, Wong Kar-wai a également évoqué son rapport aux acteurs, qu’il aime d’abord “observer” pour imaginer “un espace d’expression” dans lequel ils peuvent ensuite “créer leur propre partition”.

C’est dans cette logique qu’il a un jour supprimé lors d’un tournage les dialogues destinés à son actrice fétiche, Maggie Cheung, estimant que “les mouvements de son corps traduisait parfaitement l’esprit de la scène”. “Je reste cependant leur garde-fou”, précise-t-il.

Né en 1958 à Shanghaï, Wong Kar-wai n’a que 5 ans lorsqu’il quitte la Chine, en proie à la révolution culturelle, pour immigrer à Hong Kong.

Grandissant sous l’influence culturelle de la colonie britannique, il apprend l’anglais et s’intéresse au 7e Art grâce à sa mère, qui l’immerge chaque jour dans les salles obscures.

Profitant de l’essor de la production cinématographique, il réalise son premier long métrage, “As Tears Go By” (1988. Un polar au casting duquel figure déjà Maggie Cheung et dans lequel il esquisse son goût pour le montage et un cinéma toujours en mouvement, foisonnant de couleurs, de mélancolie et d’amours impossibles.

“J’ai eu la chance de débuter au cours de l’âge d’or du cinéma hongkongais. La ville était devenue un studio à ciel ouvert. Il y flottait un air de liberté”, se remémore-t-il.

Épaulé par le chef-opérateur Christopher Doyle, le cinéaste assoit progressivement son style et sa science du récit dans “Nos années sauvages” (1990). Suivent “Chungking Express” (1994), “Les cendres du temps” (1994) et “Les anges déchus” (1995).

Si “Happy Together” (1997, Prix de la mise en scène à Cannes) lui vaut la reconnaissance de la critique internationale, c’est grâce à “In The Mood For Love” (2000), drame amoureux romanesque qu’il accède définitivement à la notoriété.

“C’est au travers du regard des spectateurs que l’on peut prendre la mesure du travail accompli”, juge-t-il.

Wong Kar-wai se fera ensuite plus rare, signant trois films en dix ans: “2046” (2003), “My Blueberry Nights” (2007) et “The Grandmaster” (2013).

AFP

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Cinéma

Palmarès du 71e Festival de Cannes

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Palmarès du 71e Festival de Cannes dévoilé ce samedi soir.

– Palme d’or: “Une affaire de famille” du Japonais Hirokazu Kore-Eda

– Grand Prix: “BlacKkKlansman” de l’Américain Spike Lee

– Prix du jury: “Capharnaüm” de la Libanaise Nadine Labaki

– Palme d’or spéciale: le réalisateur Franco-Suisse Jean-Luc Godard, qui était en compétition avec “Le livre d’image”

– Prix de la mise en scène: le Polonais Pawel Pawlikowski pour “Cold War”

– Prix du scénario ex aequo: la réalisatrice italienne Alice Rohrwacher pour “Lazzaro Felice” et les Iraniens Jafar Panahi et Nader Saeivar pour “Trois visages”

– Prix d’interprétation féminine: la Kazhake Samal Esljamova pour son rôle dans “Ayka”

– Prix d’interprétation masculine: l’Italien Marcello Fonte pour son rôle dans “Dogman”

– Camera d’or: “Girl”, du Belge Lukas Dhont

– Palme d’or du court métrage: “All these Creatures” de l’Australien Charles Williams

– Mention spéciale du court métrage: “Yan Bian Shao Nian” du Chinois Wei Shujun

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A la une

Le Japonais Kore-Eda reçoit la Palme d’or de Cannes

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Jean-Luc Godard, figure de la nouvelle vague, s’est vu décerner une Palme d’or “spéciale” pour son film “Le livre d’image”, une récompense inhabituelle imaginée pour cet “artiste qui a repoussé les limites du cinéma”, selon les mots de la présidente du jury, Cate Blanchett.

Spike Lee a quant à lui obtenu le Grand Prix du festival pour Blackkklansman, qui retrace le parcours d’un policier infiltré au sein du Ku Klux Klan sur fond de lutte pour les droits civiques dans l’Amérique des années 1970.

Le prix du jury est allé à “Capharnaüm”, de la libanaise Nadine Labaki.

Le prix d’interprétation féminine a été décerné à la kazakhe Samal Yeslyamova pour son rôle dans le film “Ayka”, de Sergey Dvortsevoy, et le prix d’interprétation masculine à l’italien Marcello Fonte pour Dogman, de Matteo Garrone.

Les films “Trois visages” de Jafar Panahi et “Heureux comme Lazzaro”, de la réalisatrice Alice Rohrwacher, ont tous deux obtenu le prix du scénario et Cold War, de Pawel Pawlikowski, celui de la mise en scène.

La 71e édition a été marquée par les enjeux liés à la place des femmes dans le cinéma, quelques mois après l’onde de choc de l’affaire Weinstein, du nom d’un magnat du cinéma américain accusé d’agression par de nombreuses comédiennes.

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Whitney Houston a été «abusée sexuellement»

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Un nouveau documentaire sur la chanteuse défunte Whitney Houston allègue que sa cousine, Dee Dee Warwick, l’a abusée sexuellement.

Le demi-frère de Houston, Gary Garland-Houston, et son assistante, Mary Jones, ont tous deux porté plainte contre Dee Dee, décédée en 2008.

Le film, Whitney, est réalisé par le cinéaste écossais Kevin Macdonald.

Dee Dee Warwick est la petite sœur de la chanteuse de soul Dionne Warwick et était la nièce de la mère de Houston.

Whitney a fait ses débuts à Cannes mercredi soir.

Houston, qui a vendu des millions de disques et a eu des succès avec des chansons comme je t’aimerai toujours et je veux danser avec quelqu’un, est morte en 2012 à l’âge de 48 ans.

Elle s’est noyée dans sa salle de bain dans un hôtel, tuée par la cocaïne et les maladies cardiaques.

Houston a mis fin à son mariage instable de 15 ans avec le chanteur Bobby Brown en 2007.

Leur fille, Bobbi Kristina Brown, est décédée dans un hospice en 2015 à l’âge de 22 ans, six mois après avoir été retrouvée morte dans son bain.

Owen Gleiberman, critique de cinéma à Variety, a écrit: “Nous n’avons pas besoin d’un autre documentaire pour nous rappeler ce qu’est une chanteuse puissante et transformatrice, Whitney Houston, Whitney fait quelque chose de plus essentiel: elle plonge dans le” Pourquoi? ” et arrive avec une réponse bruyante convaincante.

Tom Grierson, écrit dans Screen Daily: “Whitney est plus forte quand elle relie Houston à l’histoire plus large de l’Amérique noire, illustrant comment cette artiste glamour a grandi dans la pauvreté et n’a jamais complètement échappé à l’obligation d’aider ses membres défavorisés.

Ed Potton du Times lui a donné une critique quatre étoiles tandis que Tim Robey du Telegraph était plus tiède, lui donnant trois étoiles et écrit: “Le film est curieusement immobile comme un mémorial, mais comme avec Amy Winehouse, il inspire un mea culpa collectif pour la frénésie alimentaire du jugement public qui ne s’est transformée en sympathie que lorsqu’il était trop tard.

David Rooney, un critique pour The Hollywood Reporter, a écrit: “C’est un récit captivant, et même ceux qui ne sont pas parmi les fans les plus passionnés de Houston trouveront une expérience émotionnellement déchirante.

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