Lactalis: après Leclerc, d'autres enseignes reconnaissent des failles - LaMinuteInfo

Lactalis: après Leclerc, d'autres enseignes reconnaissent des failles

“Un trou dans la raquette”: Leclerc a tenté d’expliquer comment des laits Lactalis qui auraient dû être retirés de leurs rayons ont finalement été vendus, un raté qu’ont subi d’autres enseignes, qui annonçaient mercredi l’une après l’autre des failles dans le rappel.

De son côté, la Répression des fraudes a indiqué qu’elle était en train de procéder à des contrôles partout en France pour vérifier que les produits avaient bien été retirés des rayons et des stocks dans toute la chaîne de la distribution, des magasins aux hôpitaux en passant par les pharmacies.

“Je ne peux que constater et confirmer l’existence de défaillances dans les opérations de retrait effectuées par certains magasins de notre enseigne”, a écrit sur son blog mardi soir le patron de l’enseigne, Michel-Edouard Leclerc, reconnaissant un “bug inadmissible”.

En dépit du rappel de produits lancé en décembre à la suite de la découverte d’une contamination aux salmonelles dans une de ses usines, 984 produits Lactalis ont échappé à la procédure et ont été vendus dans plusieurs magasins Leclerc.

Mercredi, c’était au tour de Système U d’annoncer avoir vendu 384 boîtes de lait qui auraient dû être retirées de ses rayons, alors qu’Auchan a annoncé la vente de 52 boîtes de lait infantile Lactalis concernées par le rappel.

“Il s’avère que 384 boîtes de lait ont échappé à cette procédure de rappel mise en ?uvre dès le 21 décembre, et ont été vendues dans les jours qui ont suivi”, a annoncé Système U, qui a “instantanément procédé à l’appel des clients identifiés”.

Tous les groupes concernés ont présenté leurs excuses.

“Il faudra déterminer les responsabilités et ça sera fait avec la plus grande – je l’espère – rapidité et sévérité si les responsabilités sont avérées”, a déclaré sur RTL Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement.

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) est l’autorité qui supervise le rappel et le retrait de produits.

“A la date d’aujourd’hui, nous avons effectué plus de 2.000 contrôles”, a souligné Virginie Beaumeunier, directrice générale de la DGCCRF, mercredi lors d’une déclaration à la presse, en insistant sur le fait que “chacun est responsable à son niveau” de la mise en oeuvre de ce retrait, et que ne pas l’effectuer constituait une “infraction pénale”.

Après le loupé de Leclerc, d’autres distributeurs, comme Système U, ont décidé de renforcer leurs contrôles, voire de cesser “définitivement” de commercialiser des laits infantiles produits par Lactalis.

C’est le cas d’Intermarché, dont le président Thierry Cotillard a tiré à boulets rouges sur Lactalis, dénonçant auprès de l’AFP une “gestion chaotique de sa crise”. A ce stade, deux produits ont été remontés dans le réseau, qui effectue des vérifications pour établir si d’autres produits sont passés entre les mailles du filet.

“L’incident chez Leclerc a attiré notre attention donc on mène actuellement des investigations, sous forme d’audit interne, pour vérifier que les procédures de rappel ont bien été appliquées dans chacun de nos magasins”, a précisé à l’AFP un porte-parole de Système U.

– Destruction des stocks –

Carrefour, qui dit avoir “été très vigilant sur cette question” du retrait des produits, a parallèlement décidé de “la mise en place d’un plan de contrôle renforcé pour s’assurer de la destruction des stocks des produits concernés dans nos magasins”, a déclaré une porte-parole à l’AFP.

Pour expliquer le dysfonctionnement, Leclerc évoque “à ce stade” des difficultés liées à la succession de rappels et à une opération promotionnelle, décidée trois mois en amont et dont “les stocks seraient arrivés en magasin avec un étiquetage différent”.

Pour sa part, Monoprix a annoncé la mise en place d’un blocage des codes-barre: “S’il en reste, ce qu’on ne pense pas, ils ne peuvent pas être encaissés”, a indiqué une porte-parole.

Le 21 décembre, Lactalis a procédé au rappel de l’ensemble de ses laits et autres produits infantiles élaborés dans son usine de Craon depuis février 2017 après la découverte d’une contamination aux salmonelles.

Au 20 décembre, Santé publique France avait recensé 35 nourrissons atteints de salmonellose en France depuis mi-août, dont 31 ayant consommé un lait infantile de l’usine de Craon.

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Source: AFP

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