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Un mineur artisanal se déplace dans une mine de cassérite au sud-ouest de Bukavu, le 28 mars 2017, dans l’est de la République démocratique du Congo. / © AFP/Archives / GRIFF TAPPER

La République démocratique du Congo, qui regorge de matières premières, s’apprête à réviser son code minier jugé trop favorable aux capitaux étrangers, pour que son économie profite aussi de l’envolée des cours du cobalt et du cuivre.

Le boom mondial des batteries de smartphones et de voitures électriques a provoqué une flambée des prix du cobalt à 75.000 dollars la tonne (+127% en un an). Premier producteur mondial: la République démocratique du Congo.

La RDC est aussi le premier producteur africain de cuivre, qui s’échange sur le marché des métaux à Londres à plus de 7.000 dollars la tonne pour la première fois depuis trois ans et demi.

La production congolaise de cuivre a explosé de 27.000 tonnes en 2002 à plus d’un million de tonnes en 2016, indique le préambule du nouveau code minier. Du Katanga (sud-est) aux régions du Kivu (est) en passant par le Kasaï (centre), le sous-sol offre aussi à l’économie mondiale de l’or, du diamant, du coltan…

L’ex-Zaïre est souvent comparé à un “scandale” d’abondance géologique qui côtoie un autre scandale, la pauvreté d’une grande partie de ses 80 millions d’habitants.

Après bien des péripéties, le gouvernement congolais a présenté en décembre au parlement une révision du code minier datant de 2002 pour “faire des mines un véritable moteur de développement du pays”, a déclaré le ministre des Mines Martin Kabwelulu, chargé du dossier depuis février 2007.

“L’ancien code de 2002 se voulait attractif pour les investisseurs parce que nous étions dans une situation de guerre”, explique à l’AFP Henri Muhiya, du très influent épiscopat congolais. Une référence aux conflits qui ont ravagé la RDC de 1997 à 2003, notamment les régions minières de l’est.

“Nous nous sommes rendus compte que les investisseurs sont effectivement venus, mais que les bénéfices n’ont pas été répartis de façon équilibrée entre eux et le pays. On va essayer d’équilibrer”, ajoute le secrétaire de la commission “ressources naturelles” de la conférence épiscopale, qui a amendé le texte.

– Patriotisme économique –

Le texte, adopté par l’Assemblée et en discussion au Sénat, prévoit “l’élargissement de l’assiette et le relèvement des taux de la redevance minière”. Il prévoit des taux allant jusqu’à 5% pour les “métaux stratégiques” (dont probablement le cobalt) et 6% pour les pierres précieuses. La loi fixe actuellement un taux de 1% mais qui a été relevé à 2,5% dans certaines entreprises.

Kinshasa abat aussi la carte du patriotisme économique: relèvement de la participation de l’État dans le capital des sociétés minières et sous-traitance exclusivement réservée “aux seules sociétés dont la majorité du capital est détenue par des Congolais”.

La RDC veut enfin la mise en œuvre effective du rapatriement de 40% des recettes des ventes de minerais à l’exportation.

Les multinationales ont estimé que ce nouveau code minier allait “affaiblir significativement la confiance des investisseurs”, dans une lettre aux présidents des deux chambres.

Les signataires sont les filiales congolaises des géants du secteur, China Molybdenum, le Suisse Glencore, Rangold, l’Australo-Chinois MMG.

“Nos partenaires depuis quinze ans nous ont – le mot n’est pas fort – trompés et nous ont volés. Cela doit s’arrêter”, avait tempêté en novembre le PDG de la toute puissante société publique congolaise Générale des carrières et des mines (Gécamines, capital 100% étatique), Albert Yuma.

Distributeur automatique de billets

La RDC doit contrôler ses minerais comme “nos frères arabes avaient profité du contrôle du pétrole”, avait ajouté M. Yuma, à la tête du patronat congolais et proche du président Joseph Kabila.

Dans l’esprit du nouveau code minier, la Gécamines annonce aussi des nouveaux partenariats avec une “répartition actionnariale plus égalitaire” en augmentant la part de l’Etat, actuellement de 17%, et l'”implication réelle et croissante des cadres congolais”.

Ce nouveau code et ces nouveaux partenariats suffiront-il pour que les richesses de la République démocratique du Congo soulagent la pauvreté des Congolais, qui se demandent parfois résignés : “Mais où va l’argent du pays?”

En juillet, l’ONG britannique Global Witness avait qualifié le secteur minier congolais de “distributeur automatique de billets” pour le régime de Joseph Kabila, dont le deuxième et dernier mandat constitutionnel a pris fin le 20 décembre 2016.

Début novembre, une ONG américaine, le Centre Carter, a estimé que 750 millions de dollars, générés par la production minière entre 2011 et 2014, n’avaient pu être retracés de “manière fiable” dans la comptabilité de la Gécamines.

“Une idiotie, un mensonge”, avait réagi son PDG, M. Yuma.

Les enquêtes des “Paradise Papers” ont révélé en novembre que le Suisse Glencore avait mis la main à moindre coût en 2007 sur une mine congolaise par l’intermédiaire de l’homme d’affaires israélien Dan Gertler.

Ce proche du président Kabila est sous le coup depuis décembre aux États-Unis d’une loi qui sanctionne “des cleptocrates et des acteurs corrompus”.

AFP

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Afrique

Qualification africaine pour la Coupe du Monde de Rugby : Le Kenya bat le Maroc samedi à Casablanca durant la Rugby Africa Gold Cup

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Ce samedi 23 juin, les Lions de l’Atlas marocains ont joué contre les Simbas Kényans lors de la Coupe d'Afrique de Rugby 2018, la Rugby Africa Gold Cup, qualificatif pour la Coupe du Monde de Rugby 2019 au Japon. Au cours d’un match engagé, le Kenya a battu son adversaire 28 à 24.

Télécharger le b-roll et les photos: https://we.tl/6RyqXekGJs

A la vitesse des Kényans qui ont ouvert le score sur un joli mouvement des 3/4, les Marocains ont répondu par un jeu recentré sur les fondamentaux avec une mêlée dominatrice et des groupés pénétrants incisifs.

Cependant, dès que le jeu accélérait, et que les fautes de main se faisaient moins nombreuses, le Kenya devenait alors bien plus dangereux.

Les Marocains pourront regretter les points qu’ils ont laissé en route au cours de cette première mi-temps. A la pause, le Maroc menait 10 à 7.

La seconde mi-temps reprend sur le même faux rythme de la première mi-temps avec toujours un combat de tous les instants dans les phases de contact.

Les Marocains marquent alors à nouveau un essai en force suite à une mêlée à 10 mètres de la ligne d’en-but du Kenya.

Les Simbas sont alors menés 17 à 7 et sont au pied du mur.

Le Kenya tente d’accélérer le jeu, et sur deux actions éclairs marquent deux essais. Ils passent donc devant les locaux et mènent alors 21 à 17 à la 57ème minute.

Malheureusement pour le Maroc, la révolte ne viendra qu’après le 3e essai Kényan.

L’intensité du combat augmente encore et les contacts deviennent très rudes. Si en première mi-temps les locaux dominaient les mêlées, en 2e mi-temps ce sont clairement les joueurs d’Afrique de l’Est qui prennent l’ascendant.

Dans les 10 dernières minutes, le Maroc marque l’essai de l’espoir, et la fin de match devient alors étouffante. Le Maroc progresse, mais échoue de peu à inscrire l’essai de la victoire.

Au final, le Kenya a échappé de peu à une cuisante défaite face à de valeureux Marocains qui se sont battus avec leurs armes. Le combat au cours de ce match a laissé des traces sur les organismes des deux équipes qui ont joué les derniers instants du match au mental plus que sur le physique.

Au coup de sifflet final, les Kényans ont manifesté une joie toute mesurée, tant leur victoire, bien que méritée, fut difficile à conquérir.

A la fin du match, le capitaine du Kenya, Chenge Davis Musungu s’est avoué soulagé : « C’était un match difficile, les Marocains nous ont beaucoup accrochés et le combat a été intense ». Nous avons fait beaucoup d’erreurs car le Maroc nous a mis la pression ».

« Nous devons corriger ces erreurs si nous voulons aller au Japon l’année prochaine », à ajouter le capitaine de l’équipe Kényane.

Hocine Arabat, capitaine des Lions de l’atlas, qui avait conscience d’être passé tout près de l’exploit a déclaré : « Il faut toujours un gagnant et un perdant, aujourd’hui nous avons perdu sur des détails. Mais au haut niveau, ce sont les détails qui comptent. Nous devons maintenant nous concentrés sur l’avenir et nous tourner vers le prochain match ».

« Quel match passionnant pour terminer cette deuxième journée de la Rugby Africa Gold Cup ! Je suis vraiment satisfait de la performance des deux équipes, de la qualité de l'accueil et de l'enthousiasme des fans ! Le rugby africain est définitivement en pleine croissance », a déclaré Abdelaziz Bougja, le président de l'association africaine de World Rugby, Rugby Africa (www.RugbyAfrique.com).

Pour le Maroc, il va falloir très rapidement mettre cette défaite encourageante derrière eux pour préparer le choc du 30 Juin prochain à domicile contre la Namibie.

Pour le Kenya, il s’agira de bien récupéré avant d’affronter à Nairobi le week-end prochain le Zimbabwe.

« Je pense que le match entre la Namibie et le Maroc le 30 juin va être vraiment très intéressant », a déclaré Nicolas Pompigne-Mognard, le fondateur et PDG d’APO Group, le Partenaire Officiel principal de Rugby Africa.
 

Distribué par APO Group pour Rugby Africa.

Contact presse : rugby@apo-opa.org

Source: APO

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Afrique

Le Rugby Club Okapi de Goma (province du Nord-Kivu) invité à prendre part au tournoi international du mémorial de Génocide du Rwanda édition 2018 à Kigali

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Le Rugby Club Okapi de Goma est invité à prendre part au tournoi international du mémorial de Génocide du Rwanda édition 2018 qui aura lieu ce samedi 23 juin au stade Amahoro de Kigali à partir de 9 heures du matin.

Compte tenu de sa proximité géographique avec le Rwanda, le club du Nord-Kivu est régulièrement invité à participer à des compétitions dans ce pays. Leur participation successive à ce genre de compétition permet aux jeunes joueurs congolais d’acquérir de l’expérience et de grandir tactiquement.

La Fécorugby suit de près les activités rugbystiques dans ce coin du pays où un tournoi Get Into Rugby est prévu au mi – juillet 2018. On y reviendra.

Distribué par APO Group pour Fédération Congolaise de Rugby (FECORUGBY).

Contact presse : rugby@apo-opa.org

Source: APO

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Afrique

Ethiopie : explosion meurtrière dans le centre d’Addis Abeba

Ange Poireau

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Le nouveau Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a déclaré que plusieurs personnes avaient été tuées dans une explosion qui avait frappé un rassemblement samedi dernier.

Il l’a décrit comme une “tentative infructueuse par des forces qui ne veulent pas voir l’Ethiopie unie”.

Abiy a été emmené immédiatement après l’explosion, probablement à partir d’une grenade lancée au milieu de milliers de personnes sur la place Meskel de la capitale.

L’Éthiopie a été déchirée par des années de manifestations parfois violentes.

Abiy n’est devenu Premier ministre qu’après la démission inattendue de son prédécesseur, Hailemariam Desalegn, en février.

Il est le premier dirigeant du groupe ethnique Oromo, qui a été au centre de près de trois années de manifestations antigouvernementales qui ont fait des centaines de morts.

L’une de leurs principales plaintes est qu’ils ont été politiquement, économiquement et culturellement marginalisés pendant des années, bien qu’ils soient le groupe le plus important du pays.

Le gouvernement éthiopien a été accusé de violations des droits de l’homme, notamment de torture et de meurtre extrajudiciaire de dissidents politiques.

Cependant, depuis qu’il a pris le pouvoir, M. Abiy a entamé des réformes pour relâcher l’emprise de l’État sur le pouvoir. Ceux-ci ont inclus débloquer des centaines de sites Web et de chaînes de télévision.

Vendredi, un groupe rebelle éthiopien a suspendu sa résistance armée contre le gouvernement.

Ginbot 7, basé en Érythrée voisine, a déclaré que les réformes de M. Abiy lui avaient donné l’espoir qu’une «véritable démocratie» pourrait être «une possibilité réelle».

Qui est Abiy Ahmed?

Abiy aurait un énorme soutien parmi la jeunesse Oromo ainsi que d’autres groupes ethniques.

Il est le chef de l’Organisation démocratique du peuple oromo (OPDO), l’un des quatre partis ethniques qui composent le gouvernement du Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRDF).

Agé de 42 ans, né à Agaro, dans la ville d’Oromia et issu d’une famille mixte chrétienne-musulmane, il a rejoint l’OPDO à la fin des années 1980.

Il a servi dans l’armée, a fondé l’Agence du réseau et de la sécurité de l’information du pays, responsable de la cybersécurité dans un pays où le gouvernement exerce un contrôle étroit sur Internet, avant de devenir ministre des sciences et de la technologie.

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