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La Turquie a déclaré vendredi que la promesse française d’aider à stabiliser une région du nord de la Syrie contrôlée par des forces dominées par les Kurdes constituait un soutien au terrorisme et pourrait faire de la France une “cible de la Turquie”.

Le soutien français aux Forces démocratiques syriennes (SDF), mené par la milice des YPG kurdes, a irrité Ankara à un moment où il combat les YPG dans le nord de la Syrie et le considère comme une organisation terroriste.

Le président Tayyip Erdogan a déclaré que la France avait adopté une “approche complètement fausse” à l’égard de la Syrie, ajoutant qu’il avait échangé des mots très vifs avec son homologue français, Emmanuel Macron, la semaine dernière.

La scission avec la France est la dernière rupture entre la Turquie sous Erdogan et ses alliés de l’OTAN à l’Ouest. La Turquie se plaint depuis longtemps du soutien américain au SDF, parmi un certain nombre d’irritants pour les liens avec la principale puissance de l’OTAN. L’année dernière, il a comparé les autorités allemandes et néerlandaises aux nazis pour avoir limité les manifestations pro-Erdogan lors d’une campagne pour un référendum afin de lui donner plus de pouvoirs.

Le vice-Premier ministre turc, Bekir Bozdag, a déclaré que la position française mettait Paris en conflit avec Ankara.

“Ceux qui s’engagent dans la coopération et la solidarité avec les groupes terroristes contre la Turquie … deviendront, comme les terroristes, une cible de la Turquie“, écrit Bozdag, qui est aussi le porte-parole du gouvernement turc. “Nous espérons que la France ne prendra pas une telle mesure irrationnelle.

Macron a rencontré jeudi une délégation du SDF et a donné l’assurance du soutien français pour stabiliser le nord de la Syrie. Une source présidentielle a déclaré plus tard que la France pourrait augmenter sa contribution militaire à la coalition dirigée par les Etats-Unis qui, aux côtés du SDF, combat l’Etat islamique en Syrie.

Les États-Unis comptent 2 000 soldats dans le territoire tenu par les FDS, et la France y a aussi des troupes dans le cadre de la coalition.

Ankara considère les combattants des YPG dans le SDF comme une extension des militants kurdes qui ont mené une insurrection vieille de plusieurs décennies dans le sud-est de la Turquie.

Les forces turques ont chassé les YPG de la ville syrienne du nord-ouest d’Afrin il y a près de deux semaines et Erdogan dit qu’Ankara se prépare à étendre ses opérations sur des centaines de kilomètres de la frontière, y compris les zones où les forces américaines sont déployées.

L’opération Afrin a déjà attiré la critique internationale, notamment de la part de Macron. Ankara, quant à lui, a déclaré qu’il s’attend à ce que ses alliés déplacent leurs troupes hors de la voie d’une avancée turque.

“Nous n’avons aucune intention de blesser les soldats des nations alliées, mais nous ne pouvons pas permettre aux terroristes de se déplacer librement (dans le nord de la Syrie)“, a déclaré Erdogan.

Un membre des forces armées américaines et un autre membre de la coalition dirigée par les États-Unis ont été tués par une bombe en Syrie pendant la nuit, le premier à mourir dans une attaque cette année.

La surprise Trump

Le président Donald Trump a ajouté une nouvelle incertitude jeudi en déclarant que les Etats-Unis “sortiraient de Syrie” très bientôt – des commentaires qui semblaient surprendre sa propre administration.

Des responsables américains ont déclaré ces derniers mois que Washington prévoyait de maintenir une présence illimitée dans le nord de la Syrie, de soutenir la stabilité dans la région contrôlée par le SDF, d’empêcher toute résurgence de l’État islamique et de contrer l’influence iranienne.

Le porte-parole du FDS, Kino Gabriel, a déclaré que la force n’avait été informée d’aucun plan de retrait américain.

Notre travail et notre coordination (avec la coalition) se poursuivent“, a déclaré Gabriel à Reuters dans un message écrit.

Interrogé pour savoir si les forces américaines avaient été informées d’une décision de se retirer ou se préparaient à le faire, un porte-parole de la coalition a déclaré qu’il ne ferait aucun commentaire sur les opérations futures.

Un membre du PYD à Paris a déclaré que Macron avait promis lors de la réunion de jeudi avec le SDF d’envoyer plus de troupes dans le nord de la Syrie, de fournir une aide humanitaire et de proposer une solution diplomatique.

La présidence française n’a pas confirmé que Macron avait promis davantage de troupes, mais la source présidentielle a déclaré que la France pourrait renforcer son intervention militaire en Syrie “dans le cadre actuel” de la coalition dirigée par les Etats-Unis.

La présidence a également déclaré que Macron proposait de servir de médiateur entre la Turquie et le SDF – une suggestion qu’Erdogan a rejetée.

Ne vous engagez pas dans des choses au-delà de vous, nous n’avons pas besoin d’un médiateur”, a-t-il dit, répondant à l’offre française dans les remarques faites aux membres de son parti AK au pouvoir à Ankara. “Qui es-tu pour parler de médiation entre la Turquie et une organisation terroriste?

Accusant Paris d’apaiser le terrorisme, il a déclaré que Macron serait tenu responsable de sa politique par son propre peuple.

“Nous espérons que la France ne viendra pas à nous quand les terroristes qui vont de Syrie et d’Irak rempliront leur pays après avoir été encouragés par leur politique”, a-t-il dit.

Erdogan a parlé la semaine dernière avec Macron de la critique du président français de la campagne d’Afrin de la Turquie.

Il disait des choses bizarres et donc, même si c’était un peu exagéré, je devais lui dire certaines choses“, a déclaré Erdogan. “Ce n’est pas à quelqu’un de représenter nos forces armées comme quelque chose que nous ne trouvons pas acceptable.

France

Budget “illisible” et “rendez-vous manqués”, selon Woerth

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Le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, Eric Woerth, juge “illisible” le projet de loi de finances 2019 présenté lundi par le gouvernement, la faute selon lui à une “politique brouillonne”.

“C’est un budget illisible”, fustige le député Les Républicains dans une interview au Monde. “Il comprend des mesures dans tous les sens, parfois des contresens. Le message est brouillé, résultat d’une politique brouillonne”.

“C’est surtout un rendez-vous manqué. Avec l’assainissement des finances publiques, d’abord. Le déficit sera plus élevé en 2019 qu’en 2018 (2,8% contre 2,6% du produit intérieur brut-NDLR)”, poursuit Eric Woerth.

Le déficit budgétaire devrait s’élever à 98,7 milliards d’euros l’an prochain après 81,3 milliards en 2018, selon le projet de loi dévoilé par les ministres de Bercy, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin.

“Ensuite, c’est un rendez-vous manqué avec la réduction des dépenses publiques, qui est, selon moi, la mère de toutes les batailles, et notamment de celle du pouvoir d’achat”, déclare encore l’ex-ministre du Budget, aujourd’hui dans l’opposition.

Face aux critiques sur le pouvoir d’achat, l’exécutif brandit le chiffre de six milliards d’euros de réduction des prélèvements obligatoires pour les ménages.

Dans son interview au Monde, Eric Woerth accuse par ailleurs Emmanuel Macron d’avoir “gâché le cycle économique favorable avec lequel il est arrivé au pouvoir”.

Le gouvernement, qui a bénéficié d’une croissance de 2,3% l’an dernier, a bâti son budget 2019 sur une hypothèse de 1,7%.

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France

Dupont-Aignan lance à Paris sa liste pour les Européennes

Reuters

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Le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, a annoncé dimanche qu’il conduirait “une liste d’union” pour les élections européennes de 2019 et a appelé les dirigeants des Républicains (LR) et du Rassemblement national (RN) à se joindre à lui.

“Vous avez lu comme moi, cet été dans la presse, quantités d’articles expliquant que la plupart des partis politiques français cherchent désespérément des têtes de liste pour les élections européennes de mai 2019”, a déclaré le député de l’Essonne dans un discours au Cirque d’Hiver à Paris.

“Mais comment, à la veille d’une bataille aussi décisive pour l’Europe que pour la France, des généraux peuvent-ils rester ainsi en arrière de leurs troupes ? Ce n’est pas dans mon caractère de me défiler. (…) Aussi, j’ai l’honneur de vous annoncer ma candidature. Je conduirai une liste d’union pour les élections européennes de 2019.”

Après avoir fait alliance avec Marine Le Pen entre les deux tours de l’élection présidentielle au printemps 2017, l’élu souverainiste a repoussé en juin la main tendue par la présidente du Rassemblement national en vue des élections européennes.

Il courtise maintenant ses électeurs ainsi que ceux des Républicains. “Notre liste est l’occasion magnifique de rassembler tous les patriotes et républicains qui veulent changer d’Europe car ils aiment la France”, dit-il.

“Je lance donc aujourd’hui un appel solennel : oui, j’ouvre grands les bras, aux membres, sympathisants, électeurs des Républicains comme à ceux du Rassemblement national qui partagent nos convictions, et veulent participer à cette nouvelle résistance française.”

“Laurent Wauquiez, Marine Le Pen, vous n’êtes pas candidats aux élections européennes ! C’est votre choix. Et pourtant vous insistez tous les jours sur la crise européenne et la nécessité d’un nouveau leadership français. Alors, en cet instant historique, soyez logiques avec vous-mêmes, soyez à nos côtés !”

Marine Le Pen refuse

Dénonçant les “euro-béats qui ont défiguré la construction européenne”, le candidat prône un “changement complet d’organisation européenne”.

Il souhaite une renégociation de l’ensemble des traités européens, pour que la France puisse, entre autres, “contrôler ses frontières, expulser les clandestins et préserver son mode de vie sans rendre de compte à personne”.

Il souhaite par ailleurs que les marchés publics soient réservés aux PME locales. Il entend également supprimer la Commission européenne de Bruxelles et la remplacer par “un secrétariat général allégé”.

Alors que le Rassemblement national est au coude-à-coude avec La République en marche dans les sondages, autour de 20% des intentions de vote, Nicolas Dupont-Aignan oscille lui autour de 6%, au-dessus de son score obtenu au premier tour de la présidentielle (4,7%).

“Il souhaite mener cette aventure personnelle”, lui a répondu Marine Le Pen.

“Je suppose qu’il doit imaginer qu’il récupérera peut-être plus de voix de la part des LR qu’en faisant une liste unique”, a-t-elle ajouté à Mantes-la-Ville (Yvelines). “Soit, ce n’est pas très grave, on se retrouvera au parlement européen. De toute façon on continuera à mener des combats ensemble.”

Aux élections européennes, les partis ayant obtenu plus de 5% des suffrages obtiennent un nombre de sièges proportionnel à leur nombre de voix.

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France

Un budget 2019 entre baisses d’impôts et coupes budgétaires

Les entreprises bénéficieront quant à elles d’une nouvelle baisse de l’impôt sur les sociétés (IS) et de la transformation du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en baisses de charges, soit une réduction d’impôt totale de 18,8 milliards d’euros

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Le Premier ministre Edouard Philippe sort de l'Elysée, le 24 septembre 2018 à Paris / © AFP / Philippe LOPEZ

Le gouvernement, critiqué pour sa politique jugée inégalitaire, a défendu lundi la “cohérence” de son projet de budget 2019 en promettant de redonner du pouvoir d’achat aux ménages, malgré les mesures d’économies décidées pour réduire la dépense publique.

“L’objectif à long terme de ce budget, c’est de construire une nouvelle prospérité française, qui doit bénéficier à tous les Français et à tous les territoires”, a assuré le ministre des Finances Bruno Le Maire en présentant à la presse le projet de loi de finances (PLF) 2019.

Dans ce cadre, “tous nos engagements seront tenus”, a poursuivi le ministre, pour qui le budget 2019 “affirme des choix clairs” en matière de “rétablissement des finances publiques”, mais aussi de soutien au “pouvoir d’achat des ménages” et à la “compétitivité des entreprises”.

Le PLF 2019, deuxième budget du quinquennat Macron, se traduira ainsi selon Bercy par un allègement d’impôts de six milliards d’euros pour les ménages, malgré des hausses de taxes sur les carburants et le tabac, évaluées au total à 2,3 milliards d’euros.

Ce geste fiscal, reposant principalement sur une nouvelle baisse de la taxe d’habitation et la suppression des cotisations sur les heures supplémentaires, constitue “la plus grande baisse d’impôts pour les ménages depuis 2008”, a insisté le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin.

Les entreprises bénéficieront quant à elles d’une nouvelle baisse de l’impôt sur les sociétés (IS) et de la transformation du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en baisses de charges, soit une réduction d’impôt totale de 18,8 milliards d’euros.

Ces différents chiffres ont toutefois été remis en cause par plusieurs membres de l’opposition, qui ont dénoncé lundi une “opération de communication” ou un “tour de passe-passe”.

Ce que l’exécutif “donne d’une main, en réalité il le reprend d’une autre”, a estimé sur Public Sénat le premier secrétaire du PS Olivier Faure, en rappelant que l’Observatoire français de la conjoncture économique (OFCE) avait évalué à 3,5 milliards d’euros – et non à 6 milliards d’euros – le gain de pouvoir d’achat prévu pour les ménages l’an prochain.

“Est-ce qu’il y a un Français aujourd’hui qui peut croire qu’ils vont gagner 6 milliards ? (…) C’est un triste mensonge”, a dénoncé de son côté le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan.

“Realiste” 

La présentation du projet de loi de finances 2019 survient à un moment compliqué pour le gouvernement, confronté à des critiques persistantes sur la question du pouvoir d’achat, mais aussi à un tassement de la croissance, qui a plafonné à 0,2% au premier comme au deuxième trimestre 2018.

Selon Bercy, la hausse du produit intérieur brut devrait atteindre 1,7% en 2019, au lieu des 1,9% initialement attendus. Ce chiffre a été qualifié de “réaliste” par le Haut conseil des finances publiques (HCFP), organe indépendant chargé d’évaluer la crédibilité des prévisions de Bercy.

Le ministère des Finances a par ailleurs dû s’accommoder de la réforme (CICE), qui implique une “année noire” pour les finances publiques; ces dernières devront en effet supporter simultanément l’an prochain le remboursement du CICE pour l’année 2018 et la baisse de cotisations décidée pour 2019, soit une facture globale de 40 milliards d’euros.

Malgré ces différents obstacles, “le cap” de réduction du déficit public sera “tenu”, a assuré Bruno Le Maire. Selon Bercy, il s’établira ainsi à 2,8% du PIB, un chiffre en hausse de 0,4 point par rapport à la dernière prévision du gouvernement 2,4%) mais inférieur aux 3% exigés par Bruxelles.

Pour réussir ce numéro d’équilibriste, Bercy a dû se résoudre à procéder à un tour de vis sur les dépenses.

Le projet de loi de finances comprendra ainsi un quasi gel des pensions de retraite, des allocations familiales et des aides personnalisées au logement, qui ne seront revalorisées que de 0,3% alors que l’inflation est attendue à 1,3%. De quoi économiser près de trois milliards d’euros.

Des efforts seront également demandés aux chambres de commerce et d’industrie, à l’audiovisuel public et l’administration fiscale. La politique de l’emploi, enfin, sera mise à contribution avec une baisse de crédits de 2,1 milliards d’euros, qui passera notamment par une réduction du nombre de contrats aidés.

Côté fonction publique, cette cure d’amaigrissement se traduira par la suppression de 4.164 postes sur le périmètre de l’État, sur un total de 50.000 prévus d’ici à 2022. Les ministères les plus touchés seront les Comptes publics (2.000 postes) et l’Éducation nationale (1.800).

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