GFG Alliance met un pied en France en acquérant une usine d'aluminium à Dunkerque - LaMinuteInfo

GFG Alliance met un pied en France en acquérant une usine d'aluminium à Dunkerque

Une usine d’aluminium de Dunkerque, ancien fleuron de Pechiney et actuellement dans l’orbite de Rio Tinto, va passer sous le contrôle du groupe GFG Alliance de l’industriel britannique Sanjeev Gupta, première étape d’un ambitieux projet de déploiement en France.

GFG Alliance a annoncé mercredi avoir présenté à Rio Tinto une offre ferme de rachat de cette usine. Le prix de vente serait de 500 millions de dollars, a indiqué de son côté Rio Tinto.

La vente devrait être conclue dans le courant du 2e trimestre 2018, selon les deux entreprises.

Le rachat est porté par Liberty House, la branche industrielle de GFG, qui souhaite développer les activités aval du site de Dunkerque avec des produits destinés à l’industrie automobile, a indiqué le groupe dans un communiqué.

L’usine de Dunkerque compte actuellement 570 salariés, mais le groupe estime pouvoir créer à terme “plusieurs milliers d’emplois” avec le développement de l’activité.

GFG Alliance prévoit un investissement total de 2 milliards d’euros en France, comprenant notamment l’acquisition de la fonderie d’aluminium, sa modernisation et le développement d’une filière aval de produits finis.

Liberty House va ainsi spécialiser le site de Dunkerque, d’une capacité de 280.000 tonnes d’aluminium par an, dans les produits pour l’automobile en créant un site intégré, allant de la production d’aluminium à la fabrication des pièces auto.

L’objectif est de créer “une usine dédiée à l’automobile, de très haute technologie et aux meilleurs standards”, a déclaré à l’AFP M. Gupta. “Une des usines les plus efficientes du monde en matière d’énergie et de recyclage”, a-t-il résumé.

L’usine Aluminium Dunkerque, issue du groupe Pechiney, a fêté en 2017 ses 25 ans. Pechiney avait été racheté en 2003 par le canadien Alcan, lui-même absorbé en 2007 par Rio Tinto.

GFG Alliance veut s’appuyer sur l’expérience de son acquisition de la dernière fonderie d’aluminium du Royaume-Uni, à Lochaber en Ecosse, à la fin 2016, déjà auprès de Rio Tinto.

La méthode sera la même: “apporter de la valeur ajoutée”, à la production d’aluminium, a expliqué M. Gupta.

L’offre de Liberty House représente “la meilleure option pour le développement futur du site” et “va sécuriser un futur durable à long terme pour Aluminium Dunkerque”, a commenté le directeur général de Rio Tinto Aluminium, Alf Barrios, cité dans un communiqué, en relevant l’expérience acquise par le repreneur.

Les procédures de consultation des personnels et des comités d’entreprise des deux groupes vont commencer.

– Après l’aluminium, l’acier –

En Écosse, GFG Alliance investit actuellement 120 millions de livres pour moderniser et agrandir l’usine et y ajouter une unité de fabrication de jantes en alliage, employant l’aluminium produit sur le site.

Le groupe entend ainsi répondre à la demande croissante de pièces en aluminium pour l’industrie automobile, qui a besoin de véhicules plus légers et moins émetteurs de CO2.

Selon les estimations de GFG Alliance, le volume d’aluminium inclus dans les véhicules fabriqués en Europe va augmenter de 3,3 à 4,3 millions de tonnes par an d’ici à 2024.

D’autre part, l’utilisation d’aluminium pour les tôles de carrosserie devrait plus que doubler dans les dix prochaines années dans le monde, selon ces mêmes prévisions.

M. Gupta a souligné que GFG Alliance avait décidé de créer un nouveau “pôle mondial” en France. “La France marque un pas important pour nous”, a-t-il dit.

Il a expliqué que la politique “pro-entreprise” du président français Emmanuel Macron avait pesé dans ce choix et qu’il avait rencontré les autorités françaises à haut niveau.

L’ambition française de GFG Alliance ne se limite pas à Dunkerque, puisque le groupe est un des candidats à la reprise du sidérurgiste Ascométal, en redressement judiciaire.

Le projet de GFG Alliance reprendrait tous les sites industriels de ce producteur d’aciers spéciaux qui emploie actuellement 1.400 salariés. Il y injecterait 100 millions d’euros sur cinq ans.

Outre son activité industrielle Liberty Business, GFG Alliance compte aussi une division dédiée à l’énergie, Sivec, une branche de services financiers, Wyelands, et un pôle immobilier, Jahama. Le groupe emploie 12.000 personnes pour un chiffre d’affaires de plus de 10 milliards de dollars.

Mais “l’industrie est au coeur de notre stratégie et toutes nos autres activités – énergie, banque, immobilier – la soutiennent”, a insisté M. Gupta.

Source: AFP

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