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La secrétaire d’Etat à l’Egalité femmes-hommes Marlène Schiappa, le 12 décembre 2017 à l’Assemblée nationale à Paris /afp.com – Lionel BONAVENTURE

Abus sur mineurs, harcèlement de rue… : l’Assemblée a entamé lundi soir un débat sensible sur le projet de loi visant à renforcer la répression des violences sexistes et sexuelles mais loin de faire l’unanimité vu des inquiétudes sur la protection des mineurs.

“Notre objectif, c’est d’éviter les acquittements d’agresseurs sexuels. Trouver par tout moyen une manière de les faire condamner”, a plaidé la secrétaire d’État à l’Égalité femmes-hommes Marlène Schiappa, au côté de la ministre de la Justice Nicole Belloubet.

Très attendu après l’affaire Weinstein et #Metoo, il s’articule autour de quatre articles principaux. Il entend combler les “angles morts” de la législation, alors qu’à l’échelle d’une vie, une femme sur sept vivrait une violence sexuelle, selon des données avancées par la rapporteure Alexandra Louis (LREM). Quelque 270 amendements sont au menu jusqu’à mardi soir en première lecture.

Mais, “femmes victimes, nous n’allons pas nous satisfaire d’un +je vous ai compris+ de pure communication”, a clamé l’Insoumise Clémentine Autain dans un hémicycle peu garni. Sa virulente motion de renvoi en commission d’une “loi misérable” porteuse de “quelques ajustements” et son appel à une “loi cadre” a piqué au vif les ministres.

“Je partage vos mots qui décrivent très bien la douleur des maux. Je réfute votre insoutenable légèreté dans l’analyse du texte”, a notamment riposté la garde des Sceaux, défendant la “cohérence d’un texte (…) exclusivement centré sur la répression pénale”.

Plusieurs LREM ont vanté un texte de “progrès” pour que “la peur change de camp”, les LR épinglant le “manque d’ambition” d’une “loi de circonstance”, Sophie Auconie (UAI) la trouvant “pas satisfaisante” et Elsa Faucillon (PCF) pas “à la hauteur” de “la formidable libération de la parole”.

Mais le premier article fait relativement consensus. Il prévoit entre autres, comme s’y était engagé le candidat Macron, l’allongement à 30 ans après la majorité, contre 20 ans actuellement, des délais de prescription pour les crimes sexuels commis sur mineurs.

Laurence Vichnievsky (MoDem), ex-magistrate, a tenté vainement de le faire supprimer, car “les preuves matérielles disparaissent et les témoignages sont de moins en moins fiables” et car il “ne protègera pas nos enfants”, appelant à éviter un “néo puritanisme”.

Outre de la “cohérence” avec d’autres délais dérogatoires, ministre et rapporteure ont invoqué l'”amnésie traumatique” et la volonté de “donner aux victimes le temps nécessaire de judiciariser les violences”.

Les Insoumis ont, eux, vainement cherché à étendre la mesure aux majeurs, souhait également de LR.

Le texte crée également un “outrage sexiste” pour le harcèlement de rue, passible de 90 euros minimum d’amende immédiate, et prévoit de pénaliser davantage le “cyberharcèlement”.

L’article 2 sur “la répression des infractions sexuelles sur les mineurs” cristallise cependant les critiques.

– “Boîte de Pandore” –

Très attendu par les associations après deux récentes affaires, où des fillettes de 11 ans avaient été considérées comme consentantes par la justice, l’article a été réécrit pour éviter d’être jugé inconstitutionnel en conservant la “philosophie” initiale, selon le gouvernement.

Loin de fixer un âge de consentement sexuel à 15 ans, comme évoqué un temps, il prévoit que “lorsque les faits sont commis sur un mineur de (moins de) quinze ans”, les notions de contrainte et surprise, constitutives d’un viol, peuvent “être caractérisées par l’abus de vulnérabilité de la victime ne disposant pas du discernement nécessaire pour consentir à ces actes”.

Il double aussi, à 10 ans d’emprisonnement, la peine pour le délit d’atteinte sexuelle “avec pénétration”, pour les cas où le viol, crime passible de 20 ans de réclusion, ne pourrait être établi.

Les associations de protection de l’enfance y ont vu “une marche arrière”. Près de 250 personnes, dont l’ex-ministre Yvette Roudy ou l’actrice Karin Viard, ont appelé lundi de “retirer” cet article.

Plusieurs députées ont alerté sur l’ouverture de “la boîte de Pandore à une correctionnalisation accrue des viols sur mineurs”.

Au contraire, “les poursuite de viols seront facilitées en précisant les notions de contrainte morale et de surprise (…) C’est uniquement quand la qualification de viol ne pourra pas être retenue” que s’appliquera la peine aggravée d’atteinte sexuelle avec pénétration, a répondu Mme Belloubet. “Aucun recul, aucune décriminalisation”, mais une action de la majorité en “responsabilité et avec “courage politique”, a renchéri Laëtitia Avia (LREM), avocate.

Face aux velléités d'”aller plus loin” sur plusieurs bancs, la garde des Sceaux a averti : “Ce texte va aussi loin qu’il est possible au regard des principes constitutionnels et conventionnels”.

L’ex-candidat à la présidentielle Jean Lassalle, objet d’accusations d’agressions sexuelles qu’il récuse, a affirmé qu’il voterait ce texte, tout en jugeant qu’on “parle aussi d’amour” et demandant de faire “attention à la rumeur”.

Par Charlotte HILL, Isabelle CORTES (AFP)

France

France: un célèbre entraîneur de chevaux de course, soupçonné de dopage

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L’un des entraîneurs de chevaux d’obstacles les plus renommés en France a été inculpé à Versailles, près de Paris, pour des soupçons de dopage , a-t-on appris mercredi auprès du parquet, confirmant une information du Parisien.

Guy Chérel, 58 ans, a été interpellé lundi matin à son écurie de Maisons-Laffitte (Yvelines, à l’ouest de Paris) et un pharmacien a simultanément été arrêté en Seine-et-Marne, un département à l’est de la capitale, a indiqué le parquet de Versailles.

Ces interpellations ont été réalisées dans le cadre d’une information judiciaire ouverte en février pour des soupçons de dopage sur des chevaux de course qu’il entraînait.

M. Chérel est le quatrième meilleur entraîneur de chevaux d’obstacles en France en nombre de victoires, et le premier de la région parisienne. Cet homme, qui possède 110 chevaux à l’entraînement ainsi qu’un haras en Normandie, à Gavray (à 270 km de Paris), a récolté cette année plus de 3,6 millions d’euros en gains de course.

Des perquisitions ont été menées dans son écurie, a précisé une source proche du dossier.

Déférés mardi, les deux hommes ont été mis en examen (inculpés) pour “escroquerie en bande organisée”, “acquisition”, “détention” et “transport illicites de substances, plantes, préparations ou médicaments inscrits sur les liste I et II ou classées comme psychotropes”.

Ils ont été placés sous contrôle judiciaire.

Un troisième homme, un vétérinaire italien, a lui aussi été placé en garde à vue et devait être présenté à un juge mercredi en vue d’une possible inculpation.

Interrogée, la société organisatrice de courses France Galop n’a pas souhaité faire de commentaire sur ce dossier.

En France, les plus grandes courses à obstacles (haie, steeple-chase et cross-country) sont dotées de 250.000 à 350.000 euros en moyenne, l’allocation la plus élevée, celle du grand steeple-chase de Paris, atteignant les 850.000 euros.

En juillet 2017, l’un des meilleurs entraîneurs français de trot, Fabrice Souloy, a été exclu 15 ans pour dopage par les autorités hippiques en Norvège et suspendu un an en Suède, où il a aussi écopé d’un million de couronnes d’amende (près de 104.000 euros).

Des traces de cobalt “très supérieures” à celles admises avaient été retrouvées sur des trotteurs entraînés par M. Souloy. Il avait été aussi suspendu pour un an en France en janvier 2017, pour une affaire distincte mais similaire.

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France

Le gouvernement se penche sur le “coworking” pour l’utiliser à ses fins

AFP

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Après avoir fait émerger de nouveaux acteurs immobiliers et séduit plusieurs promoteurs, le “coworking” peut-il servir les objectifs de l’Etat? Désireux de ranimer des régions délaissées, le gouvernement va subventionner le développement d’espaces de travail partagés.

L’exécutif va “mettre de l’argent significativement: (…) 60 millions d’euros de l’Etat” dans une “politique publique d’aménagement des espaces de coworking et des +tiers lieux+”, a déclaré mercredi Julien Denormandie, secrétaire d’Etat à la Cohésion des Territoires, lors de la présentation d’un rapport commandé par le gouvernement.

Au sens strict, le coworking, apparu dans les années 2000 aux Etats-Unis, est un marché immobilier dont les opérateurs proposent de vastes espaces de travail, partagés entre de nombreux clients aux activités différentes.

En France, la plupart des acteurs se concentrent sur Paris et sa banlieue proche. C’est le cas de l’antenne française de WeWork, pionnier américain du secteur qui vaut une vingtaine de milliards de dollars huit ans après sa naissance, ou de Nextdoor, porté par le constructeur Bouygues et l’hôtelier AccorHotels.

Les visées du gouvernement vont à l’encontre de la réalité très urbaine de ce marché: il y voit un outil pour ranimer l’activité de régions délaissées, de même qu’il a déjà promis cinq milliards d’euros pour revitaliser les centres de 200 villes moyennes et veut couvrir tout le pays en très haut débit numérique d’ici à 2022.

Ce grand écart passe par une redéfinition. Paradoxe pour une “mission coworking”, le rapport présenté mercredi écrit dès son introduction que “le coworking n’est certainement pas la forme adéquate pour redynamiser tous nos territoires”.

Réalisé par Patrick Levy-Waitz, président d’une fondation consacrée aux nouveaux modes de travail, le rapport choisit une définition bien plus lâche, qui lui permet de décompter 1.800 espaces en France.

Qualifiés de “tiers lieux” – car à mi-chemin entre travail et entreprises -, ils comprennent par exemple des “fab labs”: ces lieux mutualisent l’utilisation de machines comme des fraiseuses ou des imprimantes 3D.

“Fabriques des territoires”

“Le terme coworking, là où je l’assume pleinement, c’est +travailler avec les autres+”, a expliqué à l’AFP M. Denormandie. “Ce qui unit tous ces différents sites, c’est qu’aujourd’hui, il y a de plus en plus de volonté d’être indépendant et, pour autant, une peur totale de faire tout cela seul”.

Pourquoi, face à l’émergence naturelle de ces lieux, passer par la puissance publique? M. Denormandie, qui compte sur 50 millions d’euros d’investissements privés à côté des subventions de l’Etat, assure ne pas s’inscrire dans une vision planificatrice, alors qu’il souhaite voir émerger quelque 300 “fabriques des territoires”.

“En France, sans une dynamique forte de l’Etat, parfois, on a du mal à enclencher certains sujets”, estime auprès de l’AFP Séverin Naudet, qui a mené l’implantation en France de WeWork et est aujourd’hui l’un des dirigeants du cabinet Amaris.

“Il y a un foncier dormant public énorme: l’Etat a des leviers pour dire à certains organismes publics de s’engager”, cite-t-il comme exemple, évoquant non seulement les collectivités locales mais aussi des entreprises comme la Poste.

Reste la place à donner aux acteurs qui ont réellement développé ces dernières années le marché: les opérateurs, comme WeWork ou Spaces, et les promoteurs. Le rapport évacue le sujet en n’y voyant qu’une partie “émergée de l’iceberg”.

“Il faut aussi des grands opérateurs qui amènent des investisseurs (et) des lieux qui sont rentables”, prévient auprès de l’AFP Christophe Burckart, directeur général pour la France de la multinationale IWG, propriétaire de Spaces.

“Moi j’aimerais bien ouvrir un restau demain, je ne suis pas sûr que je pourrai le faire… Si vous regardez la réalité, ceux qui apportent les investissements structurés et massifs pour que ces initiatives soient pérennes, (ce sont) de grands opérateurs, nationaux ou internationaux”, insiste-t-il.

Signe que le marché peut s’étendre naturellement au-delà des abords immédiats de la capitale, son groupe exploite des espaces dans le Val-d’Oise et hors de l’Île-de-France, à Beauvais (60). Certes, le projet est passé par une coentreprise avec une institution publique, la Caisse des dépôts.

“On sait que le marché existe: on l’aurait fait (seuls) parce qu’il y a un besoin”, conclut M. Burckart, tout en soulignant que la présence de la Caisse est “clairement un plus”.

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France

La police française enquête sur des vidéos de viols collectifs diffusés sur Snapchat

Ange Poireau

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La police française enquête sur une affaire de viol collectif d’une femme de 19 ans diffusé sur les réseaux sociaux.

La victime a été attaquée par quatre hommes par une boîte de nuit dans la ville de Toulouse, dans le sud du pays, samedi soir ou dimanche matin, ont rapporté des médias locaux.

Des vidéos de l’incident, apparues sur Snapchat et Twitter lundi, ont été bloquées par la police après que les utilisateurs des médias sociaux l’ont signalé.

Les enquêteurs ont maintenant identifié la femme qui a confirmé l’attaque.

Les procureurs ont déclaré qu’il n’y avait aucun doute qu’un crime avait été commis. Ils n’étaient pas encore sûrs que la victime ait décidé de déposer un rapport, mais ont insisté sur le fait que “l’enquête aurait lieu, qu’il y ait ou non un cas”.

La police cherche maintenant à identifier au moins quatre auteurs, âgés de 25 à 30 ans, vus sur le parking d’une boîte de nuit à Balma, dans la banlieue est de Toulouse.

“Arrête de filmer, c’est du viol”

Selon les médias qui ont regardé les images des médias sociaux, on peut entendre la victime, visiblement ivre, pleurer.

D’autres voix, supposées être celles des agresseurs, suggèrent clairement qu’elles participent à des agressions sexuelles.

Une autre voix claire avertit les autres: “Arrêtez de filmer, c’est un viol … c’est un viol, c’est un viol.”

La jeune femme, en partie nue, est tirée par les cheveux, y compris par un suspect qui lui demande à plusieurs reprises d’exercer une fellation.

Les utilisateurs de médias sociaux ont été horrifiés par les images diffusées en ligne et beaucoup les ont signalés à la division de la cybercriminalité de la police.

Sur Twitter, la police a remercié les gens de ne pas partager des images montrant des “actes sexuels non consentis”.

Les procureurs ont déclaré qu’ils enquêtaient également sur quiconque avait filmé et partagé les images de l’incident.

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