Connect with us

Une forte délégation de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), conduite par son président, Monseigneur Marcel Utembi, archevêque de Kisangani et son vice-président, Monseigneur Fridolin Ambongo, Archevêque coadjuteur de Kinshasa et prochain successeur du cardinal Laurent Monsengwo, séjourne présentement au Canada pour une semaine.

La mission des Évêques catholiques du Congo au Canada se rendra à Ottawa, Montréal et Toronto, essentiellement pour faire le plaidoyer auprès des autorités gouvernementales et religieuses, des milieux économiques et de la société civile canadienne engagée en faveur des droits de la personne, de la démocratie et de la justice sociale, en vue de solliciter un appui diplomatique, technique et financier, notamment une expertise canadienne, afin de garantir la réussite du processus électoral dans leur pays.

Le choix du Canada, pour cette mission d’explication de la crise politique en République démocratique du Congo (RDC), d’une part, et de sensibilisation du public canadien, d’autre part, n’est pas fortuite. Le Canada est l’un des acteurs majeurs qui contribuent aux efforts conjoints menés au niveau international pour aider et accompagner ce pays dans son processus démocratique.

Conformément à la Constitution de ce pays et à l’Accord de la Saint-Sylvestre qui ne permettent pas au président sortant, Joseph Kabila, de se représenter pour un troisième mandat, le peuple congolais, dans son ensemble, est déterminé à aller aux élections en décembre 2018 pour élire un successeur, malgré certains défis d’ordre financier et technique qui restent à relever.

Et, les Canadiens d’origine congolaise croient profondément que leur pays, le Canada, en tant que pays fondé sur des valeurs fortes de droits et libertés pour tous, dont les principaux comprennent la primauté de l’État de droit, le respect du processus démocratique, des droits de la personne et des libertés fondamentales, peut jouer un rôle diplomatique crucial pour aider à faciliter une première alternance démocratique du pouvoir sans heurt dans ce pays.

Le Canada peut, à la fois, aider à pousser le régime de Kinshasa à organiser des élections crédibles et transparentes, mais également apporter un appui technique et financier substantiel à ce pays pour l’aider dans son cheminement vers la tenue d’élections réellement libres, justes et inclusives, pour assurer une transition pacifique du pouvoir et parvenir à la stabilisation de ce pays qui a beaucoup souffert des affres de la guerre.

Genèse de la crise politique congolaise

La RDC connaît actuellement une crise politique et constitutionnelle la plus grave de son histoire. Du Président de la République aux Gouverneurs de provinces, en passant par les Sénateurs, les Députés nationaux et provinciaux, tous les représentants et dirigeants élus des institutions politiques du pays sont hors mandat, ce qui a créé une grave crise de légitimité démocratique sans précédent.

Une situation inédite, en ce 21ème siècle, qui mène dangereusement à l’arbitraire, à la dérive autoritaire du régime et qui se traduit par la mauvaise gouvernance qui aggrave davantage la crise socio-économique et la détérioration continue des conditions de vie de la population.

La situation actuelle d’instabilité politique généralisée dont souffre la RDC est principalement due au manque d’organisation des élections présidentielles et législatives prévues en décembre 2016.

Devant l’évidence que les élections ne pouvaient être tenues à la date prévue par la Constitution, les forces politiques et sociales congolaises, toutes tendances confondues, avaient accepté, à l’unanimité, de se retrouver autour d’une table de négociations avec l’aide de l’Église catholique locale en vue de rechercher une solution idoine pour sortir de cette crise de légitimité.

Les négociations politiques entamées, avec la médiation des clergés catholiques, ont permis de faire baisser la tension politiques qui régnait à ce moment-là au Congo et d’éviter le chaos total qui aurait pu se produire à la fin du deuxième et dernier mandat du Président Joseph Kabila, le 19 décembre 2016.

A l’issue de ces négociations, la classe politique et la société civile sont parvenues à un compromis politique de sortie de crise. Ils ont signé un accord politique, le 31 décembre 2016, appelé communément « Accord de la Saint-Sylvestre ». Dans cet accord, il avait été décidé que le pouvoir et l’opposition conviennent de former un gouvernement de transition dans le but d’organiser des élections présidentielles et législatives au plus tard en décembre 2017 et d’assurer la transparence du processus électoral. C’est bien cet accord politique qui a permis à Joseph Kabila de rester encore au pouvoir au-delà de la fin de son mandat constitutionnel.

Mais, c’était sans compter avec les sombres manœuvres des acteurs politiques congolais qui se traduisent par le manque de confiance mutuelle, de volonté politique, et surtout l’insouciance manifeste et le manque de compassion pour leurs concitoyens qui croupissent dans la pauvreté et la misère, dans un pays qui recèle de vastes ressources naturelles tant convoitées par le monde entier.

C’est dans ce contexte difficile et grave que s’inscrit la démarche actuelle des Évêques congolais au Canada pour sensibiliser tous les hommes de bonne volonté, y compris les responsables politiques, économiques, sociaux et culturels canadiens sur la situation actuelle que traverse leur pays.

Isidore KWANDJA NGEMBO, Politologue

A la une

Cameroun : Un gisement de Bauxite bientôt mis en exploitation

Published

on

Exploration minière

6 milliards de FCFA d’investissement est le montant alloué à la finalisation des travaux d’études du plus grand gisement de bauxite d’Afrique centrale, annonce faite  lundi 17 septembre à N’gaoundere.

CAMALCO SA, la filiale camerounaise de la société australienne Canyon Resources, reprend officiellement les droits relatifs aux permis de recherche des sites bauxitiques de Minim, Martap et Ngaoundal, situés dans la région de l’Adamaoua, à Ngaoundéré. Au cours d’une visite effectuée lundi 17 septembre dernier sur ces sites, l’on apprend de cette entreprise que 6 milliards de FCFA seront déboursés pour finaliser les travaux de recherche en vue du développement de ce grand gisement de bauxite d’Afrique centrale, dont le lancement officiel de l’ultime phase de recherche a été présidé à Martap par le ministre des Mines.

Dans son discours de circonstance, Ernest NGBWABOUBOU a prescrit à Canyon ressources, l’entreprise australienne qui détient les permis de recherche pour 03 ans non renouvelables, « le respect scrupuleux et méticuleux du cahier de charge ». Il s’agit pour l’essentiel, de la conduite effective des recherches de minerai de bauxite, de la réalisation des infrastructures et des voies d’accès pour les populations locales. En effet, « le cahier de charges est assis sur des engagements financiers d’un total de 6 milliards. Respectivement de l’ordre de 2 milliards pour le permis de Ngaoundal et 4 milliards pour Minim et Martap » Précise le Minmidt. En termes de retombées pour les populations locales, ce projet est soutenu par un programme cohérent, conformément aux exigences du code minier, avec un seuil minimum de 100.000frs par kilomètre carré et par an.

Selon la Canyon Resources Ltd cette ultime phase de recherche entend déboucher sur l’extraction à terme, des minerais de bauxite pour la production d’alumine. Une ressource importante dans la fabrication des avions, des bateaux, des voitures etc. « Cette étape marque un tournant important dans la mise en œuvre de ce projet qui va sensiblement améliorer la qualité de vie des populations riveraines qui ont longtemps attendu le développement de cette richesse » affirme Philip Gallagher, Managing Director de Canyon Resources.

En effet, depuis le 11 juillet 2018, l’entreprise CAMALCO détient le permis de recherche du gisement de Minim Martap, reversé au domaine national le 25 Avril 2016 suite à l’annulation des négociations entre l’Etat du Cameroun et la société Cameroun Alumina (CAL). Un permis qui a été reversé au domaine minier national le 25 Avril 2016 suite à l’annulation des négociations entre l’Etat du Cameroun et la société Cameroun Alumina (Cal).

Au finish, ce sont trois sites, deux départements (la Vina et le Djerem) et une région qui devraient bénéficier directement de l’exploitation des gisements de bauxite. La bauxite qui est en fait, un minerai rouge qui résiste à l’érosion et que l’on peut transformer en aluminium pour servir à la fabrication des wagons de train et des matériaux de construction entre autre. Le projet Minim Martap et Ngaoundal, vieux de plus de 50 ans, suscite tout de même des interrogations auprès des populations riveraines qui attendent toujours de voir le bout du tunnel et la fin de ce jeu de pingpong

L E. Souhe

Lire la suite

RD Congo

RD Congo: un morts et 17 enlèvements dans un nouveau raid des ADF près de Beni

AFP

Published

on

By

Une personne a été tuée et 17 enlevées lors d’un raid attribué au groupe armé d’origine ougandaise Allied Democratic Forces (ADF) lundi soir contre Oicha, dans l’est de la République démocratique du Congo, ont annoncé mardi des sources administratives et civiles.

Quatre maisons ont été incendiées et des chèvres et des poules volées lors de cet assaut deux jours après la tuerie d’une vingtaine de personnes à Beni, à 30 km plus au sud, attribué par les autorités au “terrorisme” des ADF.

“La situation est paralysée à Oicha”, a indiqué mardi un responsable administratif local, Donat Kibwana. La plupart des commerces et les écoles sont fermés.

Ces nouvelles attaques de samedi et lundi suscitent la colère des habitants dans la région de Beni (Nord Kivu) où des centaines de civils ont été tués depuis octobre 2014 dans des massacres attribués aux ADF.

“Les manifestants ont brulé les bureaux des quartiers Boikene et Kasabinyole”, dans la commune de Ruwenzori, dans la ville de Beni, a déclaré à l’AFP son bourgmestre, Aloys Mbwarara.

Lundi, les organisations de la société civile de Beni avaient décidé d’observer une grève générale “ville morte” jusqu’à vendredi. Des habitants dénoncent l’impuissance de l’armée congolaise et des Casques bleus de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) massivement présents dans la région.

“Pour autant qu’il y a encore des morts, pour autant qu’on n’a pas encore réussi à stopper les massacres, nous ne pouvons pas nous glorifier pour le travail qui est fait […] Nous devons interroger nos méthodes, nous devons peaufiner nos stratégies”, a reconnu le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, sur la radio onusienne Okapi.

“L’action menée par nos forces et par les forces congolaises a permis d’éviter sans doute des drames plus importants à l’occasion”, s’est défendu le commandant adjoint de la force onusienne, le général Bernard Commins, au sujet de l’attaque de Beni samedi soir où les assaillants sont arrivés tout près du centre-ville.

Mystérieuse nébuleuse, les ADF sont tenues responsables du massacre de plus de 700 civils à Beni et sa région depuis octobre 2014, en plus de la mort de 15 Casques bleus tanzaniens en décembre.

Il s’agit historiquement d’un groupe ougandais musulman qui s’est replié en 1995 dans l’est du Congo pour combattre le président ougandais Yoweri Museveni.

Après chaque attaque, il n’affiche ni leader ni revendication. Son affiliation à l’islamisme radical n’a jamais été établie.

Lire la suite

Tunisie

En Tunisie, le président prend ses distances avec les islamistes

AFP

Published

on

By

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi (D) et le chef du parti Ennahdha, Rached Ghannouchi (G), le 13 juillet 2016 au palais de Carthage, près de Tunis / © AFP / FETHI BELAID

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi a annoncé la fin d’une alliance clé avec la formation d’inspiration islamiste Ennahdha, mais cette décision ne marque pas le retour à une bipolarisation à risques à un an d’échéances électorales majeures, selon des experts.

“Nous avons décidé de nous séparer, à la demande d’Ennahdha”, a déclaré le président lors d’un entretien diffusé mardi soir sur la chaîne privée El Hiwar Ettounsi.

Cette annonce marque la fin d’une entente en place depuis quatre ans, et qui a joué un rôle clé dans la poursuite de la démocratisation dans le pays pionnier du Printemps arabe.

“A un peu plus d’un an des élections législatives et de la présidentielle, chaque parti a intérêt à suspendre cette alliance, qui devient difficile à assumer”, explique à l’AFP le politologue Selim Kharrat, de l’ONG Al-Bawsala.

Dans son discours, le président s’est engagé à ce que ces scrutins aient lieu comme prévu fin 2019, malgré la profonde crise que traverse Nidaa Tounès, parti qu’il a fondé en 2012 sur une plateforme anti-islamiste.

Cette prise de distance est d’autant plus prévisible qu’en mai, l’abstention aux municipales avait révélé un rejet de l’alliance contre nature entre Ennahdha et Nidaa Tounès.

Mais elle ne signifie pas pour autant un retour du bras de fer qui avait déchiré la classe politique en 2013, au point de faire vaciller le fragile processus démocratique, font valoir des experts.

“Favorable au consensus”

Après le discours présidentiel, Ennahdha, qui craint de se retrouver isolée sur la scène politique tunisienne et internationale, a d’ailleurs rapidement assuré qu’elle restait “favorable au consensus”.

“La gestion de la transition démocratique ne peut être résolue que par le dialogue”, a déclaré son porte-parole, Imed Khmiri.

Pour le politologue Hamza Meddeb, “ce n’est pas la fin du consensus entre islamistes et sécularistes”. Il s’agit plutôt de “la fin du consensus entre les deux cheikhs”, ajoute-t-il, en référence à Béji Caïd Essebsi, 91 ans, et Rached Ghannouchi, 77 ans, le fondateur d’Ennahdha.

Selon lui, c’est “l’échec d’un acteur”, M. Caïd Essebsi, car “Ennahdha semble avoir changé de partenaire” en soutenant le Premier ministre Youssef Chahed.

Nidaa Tounès est déchirée depuis des mois par une lutte de pouvoir fratricide entre M. Chahed et le fils du président, Hafedh Caïd Essebsi: le premier bat un record de longévité comme chef de gouvernement et rassemble autour de lui une quarantaine de députés. Quant au second, il dirige désormais le parti mais n’a aucun mandat.

Dans son interview, le président a reproché à Ennahdha de continuer à soutenir M. Chahed, plus jeune Premier ministre de l’histoire moderne de la Tunisie, en poste depuis l’été 2016.

Mais “il n’est pas parti en guerre contre Ennahdha”, souligne Michaël Ayari, du centre de réflexion International crisis group (ICG): “il avoue simplement à demi-mot que M. Chahed a réussi à prendre son autonomie”.

“Après les tentatives de présidentialiser le régime, cette reconfiguration du consensus aboutit à un Premier ministre avec un réel pouvoir, et un président qui retrouve un rôle secondaire dans l’exécutif, plus conforme à la Constitution”, dit encore M. Ayari.

“Equilibriste”

Mardi soir, Béji Caïd Essebsi a évoqué une réforme de la Constitution après 2019, estimant le partage du pouvoir entre le président et le Premier ministre insatisfaisant.

Paradoxalement, il a aussi “vanté les mérites de l’alliance avec Ennahdha”, relève M. Kharrat, ce qui signifie que tout en rompant avec celle-ci, “il ménage la possibilité d’un rapprochement ultérieur”, dans un numéro “d’équilibriste”.

“La bonne nouvelle, c’est qu’il n’y a pas d’appel à durcir le discours politique”, conclut-il.

Le risque subsiste néanmoins que les campagnes électorales à venir dérivent vers les questions sociétales, réactivant des clivages, au détriment des urgences économiques et sociales, notent les analystes.

En dépit d’un retour de la croissance, le chômage et l’inflation restent élevés, alimentant une grogne sociale de plus en plus explosive, huit ans après la révolution.

“Tout le monde, que cela soit Nidaa ou Ennahdha, a échoué dans la gestion des questions économiques et sociales”, constate M. Meddeb.

Et, à défaut de différence majeure entre les grands partis sur ces questions, la tentation est grande de faire campagne sur la place de la femme ou de la religion.

Pour M. Meddeb, “ce serait jouer avec le feu, et une énorme opportunité manquée”.

Lire la suite