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Afrique

Dix terroristes neutralisés par l’armée dans le centre du Mali

AFP

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L’armée malienne a annoncé mardi avoir “neutralisé 10 terroristes” dans le centre du Mali, région particulièrement touchée par les violences jihadistes, souvent mêlées à des conflits intercommunautaires.

Lors d’un “accrochage” à Karakindé, dans la région de Mopti, les militaires maliens ont “neutralisé 10 terroristes, récupéré de l’armement, des engins explosifs et autres matériels de guerre”, selon un communiqué du ministre de la Défense, Tiéna Coulibaly.

Le ministre félicite l’armée et “invite les populations à continuer d’apporter leur soutien et leur appui aux forces de défense et de sécurité, singulièrement dans la lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes”.

Sur place, dans la localité de Koro, aucune information sur les circonstances de cet accrochage n’était disponible de source indépendante.

Ces derniers mois, les annonces par l’armée malienne de la “neutralisation de terroristes” dans le centre du Mali ont souvent été contestées par les organisations de défense des droits de l’homme et par des habitants, qui ont dénoncé des exécutions extrajudiciaires.

Ainsi, le 19 mai, lors d’une patrouille sur un marché de la localité de Boulkessi, proche du Burkina Faso, à la suite de la mort d’un militaire malien, la riposte de l’armée avait fait douze tués.

L’armée malienne avait d’abord parlé de “douze terroristes neutralisés”, alors qu’il s’agissait de civils, selon des habitants, avant d’évoquer dans un communiqué ultérieur, le 7 juin, “la neutralisation de douze personnes”, ainsi que des “zones d’ombre” et l’ouverture d’une enquête du procureur militaire.

Les forces armées maliennes sont les plus touchées par les attaques jihadistes, en particulier dans la région de Mopti, souligne dans son dernier rapport trimestriel sur le pays le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

La sécurité des civils continue à se dégrader dans cette région, avec notamment une “augmentation des conflits intercommunautaires”, ajoute-t-il.

Malgré des mesures prises depuis le début du mois de mai par le gouvernement pour y remédier, “la multiplication des allégations faisant état d’exécutions sommaires et d’exactions commises par les membres des forces maliennes de défense et de sécurité a continué de saper la capacité de ces dernières à rétablir la stabilité”, selon le rapport.

Les violences se multiplient depuis trois ans dans le centre du Mali entre Peuls, traditionnellement éleveurs, et les ethnies bambara et dogon, pratiquant majoritairement l’agriculture.

La minorité peule affirme être systématiquement soupçonnées de collusion avec le groupe armé du prédicateur jihadiste peul Amadou Koufa, apparu en 2015 dans la région.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, en grande partie chassés ou dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit.

Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix censé isoler définitivement les jihadistes.

Depuis 2015, ces attaques se sont propagées au centre et au sud du Mali, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, et le phénomène déborde sur les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger.

Afrique

Gabon: la CPI n’ouvrira pas d’enquête sur la crise post-électorale

AFP

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Le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a annoncé vendredi que cette juridiction n’ouvrira pas d’enquête sur les violences post-électorales en 2016 au Gabon, au sujet desquelles un examen préliminaire avait été ouvert il y a deux ans.

“À l’issue d’un examen approfondi (…) j’ai estimé, qu’à ce stade, les conditions juridiques justifiant l’ouverture d’une enquête dans la situation en République gabonaise (le “Gabon”) n’étaient pas remplies”, a indiqué Madame Fatou Bensouda dans un communiqué.

L’élection présidentielle de 2016 au Gabon avait donné lieu à des violences meurtrières après l’annonce de la victoire du président sortant Ali Bongo Ondimba, au pouvoir depuis 2009, une réélection contestée par son principal adversaire Jean Ping.

En septembre 2016, le gouvernement de la République gabonaise avait demandé au Procureur de la CPI “de bien vouloir ouvrir sans délai une enquête”, faisant part de “faits relevant de l’incitation à commettre le crime de génocide” et de “crimes contre l’humanité”.

Fatou Bensouda avait annoncé l’ouverture d’un examen préliminaire quelques jours plus tard.

Mais “après un examen minutieux des informations disponibles”, le Procureur de la CPI a conclu qu’il n’y a “pas de base raisonnable” pour croire que les actes présumés commis au Gabon à l’époque constituent des crimes contre l’humanité ou d’incitation au génocide.

Ces crimes présumés “ne relèvent pas de la catégorie des crimes sur lesquels la CPI est chargée de mener des enquêtes et des poursuites”, a estimé Fatou Bensouda, qui précise clôturer l’examen préliminaire.

Cependant, ces conclusions “ne sauraient en aucun cas masquer la gravité des actes de violence et des violations des droits de l’homme qui semblent avoir été commis au Gabon lors de la crise postélectorale”, a-t-elle ajouté.

Des élections législatives sont prévues en octobre au Gabon, les premières depuis la présidentielle de 2016.

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Afrique

Tanzanie: au mois 126 morts dans le naufrage d’un ferry sur le lac Victoria

AFP

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Au moins 126 personnes ont péri dans le naufrage jeudi d’un ferry dans le sud du lac Victoria, en Tanzanie, un bilan qui n’a cessé de s’alourdir vendredi, au fur et à mesure du pénible et macabre travail des équipes de recherches sur place.

“Pour le moment, nous déplorons 126 morts (…) Les opérations se poursuivent”, a déclaré le ministre tanzanien des Transports Isack Kamwele sur la chaîne de télévision publique TBC One. Un précédent bilan faisait état d’une centaine de victimes et de 40 rescapés.

On ignorait toujours vendredi après-midi combien de personnes se trouvaient à bord du MV Nyerere lorsque celui-ci a chaviré jeudi après-midi à quelques dizaines de mètres du débarcadère de l’île d’Ukara, sa destination finale.

Des témoins ont rapporté à la télévision publique qu’environ 200 passagers se trouvaient à bord du ferry, d’une capacité de 100 personnes, mais le gouverneur de la région de Mwanza, John Mongella, a indiqué à l’AFP ne pas être en mesure de confirmer ce nombre. Les registres des passagers sont le plus souvent lacunaires sur les navires sillonnant le plus grand lac d’Afrique.

“C’est un coup très dur. C’est une terrible nouvelle pour nous tous et pour la nation entière”, a déclaré le gouverneur Mongella.

Dans un communiqué, le pape François a “exprimé sa solidarité la plus sincère envers ceux qui ont été endeuillés par la perte de leurs proches et ceux qui craignent pour la vie des personnes encore disparues”.

Les causes de l’accident n’étaient pas établies vendredi mais de précédentes tragédies dans cette région des Grands Lacs ont le plus souvent été imputées à des embarcations surchargées et au fait que la plupart des passagers ne savent pas nager.

De fait, plusieurs témoins interrogés par l’AFP au téléphone ont rapporté qu’à l’approche de l’île d’Ukara, des passagers se sont déplacés vers l’avant du navire pour se préparer à débarquer. Ce mouvement aurait déséquilibré le bateau, qui s’est alors retourné.

Outre ses passagers, le MV Nyerere, exploité par l’Agence tanzanienne des services électriques et mécaniques, transportait également des marchandises lorsqu’il a chaviré.

– Aucun espoir –

Vendredi, les équipes de secours ont travaillé toute la journée, sous le regard de centaines de personnes massées sur le littoral.

Sur place, d’après des témoins interrogés par l’AFP, la coque du navire affleurait à la surface de l’eau, à quelques dizaines de mètres de la côte.

“Mon fils se trouve parmi les corps repêchés sans vie. Il était parti avec sa femme mais son corps à elle n’a pas encore été retrouvé. Mon Dieu, qu’ai-je fait pour mériter ça?”, a déclaré à l’AFP Dativa Ngenda, une dame âgée, en pleurs, jointe au téléphone à Ukara.

“Je n’ai pas encore de nouvelles de mon père et de mon petit frère qui étaient dans le ferry. Ils s’étaient rendus au marché à Bugolora pour acheter l’uniforme scolaire et d’autres fournitures scolaires pour mon frère car l’école reprend lundi prochain”, a pour sa part témoigné Domina Maua, jointe par l’AFP au téléphone à Arusha (nord), où elle travaille.

“Je vais prendre le bus pour m’y rendre mais je sais qu’il n’y a aucun espoir de les retrouver vivants. Nous prions Dieu pour que leurs corps puissent être retrouvés afin que nous puissions leur dire adieu”, a-t-elle ajouté.

Le ferry assurait la liaison entre l’île d’Ukara et celle, située juste en face, d’Ukerewe, qui abrite la localité de Bugolora, où les habitants d’Ukara viennent régulièrement s’approvisionner.

Le chef de l?opposition tanzanienne Freeman Mbowe a appelé vendredi le président John Magufuli à décréter “un deuil national” et à prendre des sanctions: “Nous avons déjà eu plusieurs accidents meurtriers, non seulement sur le lac Victoria, mais aussi dans l’océan Indien, sans qu’un seul responsable rende des comptes”.

La navigation peut être difficile sur le lac et elle se fait avec des navires vétustes ou mal entretenus. Les autorités sont par ailleurs souvent peu regardantes sur la sécurité.

En 1996, quelque 800 personnes, selon la Croix-Rouge, avaient trouvé la mort dans le naufrage du ferry Bukoba, surchargé de passagers, à quelques milles marins au large de Mwanza.

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Mali

Le Drian au Mali en soutien à “IBK” et à l’accord de paix

Reuters

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Le ministre français des Affaires étrangères assistera samedi à Bamako à l’investiture du président Ibrahim Boubacar Keïta, réélu pour cinq ans à la tête du Mali, afin notamment d’exercer une pression “respectueuse” pour l’application des accords de paix de 2015.

Malgré la présence des soldats français de la force Barkhane et des casques bleus de l’Onu au Mali, la résurgence des groupes djihadistes reste le défi majeur du deuxième mandat du dirigeant malien, qui s’est engagé à lutter contre les insurgés islamistes et à endiguer les tensions entre ethnies.

Au programme du voyage de Jean-Yves Le Drian, une rencontre avec sa nouvelle homologue, Kamissa Camara, mais aussi un entretien avec le président dans lequel la sécurité et la stabilité du Mali seront centrales, souligne-t-on de source diplomatique.

Plus de trois ans après sa signature, l’accord de paix d’Alger, signé en 2015 entre le gouvernement malien et les groupes armés du Nord, reste très imparfaitement mis en oeuvre, un retard qui suscite l’impatience de la France et de ses partenaires.

Le 30 août, le Conseil de sécurité de l’Onu a reconduit pour un an un régime de sanctions “contre les acteurs entravant l’application de l’accord pour la paix et la réconciliation dans ce pays”, une liste laissée pour le moment vide de tout nom. Mais cela pourrait changer.

“Le temps des avertissements est terminé”, a prévenu la représentante de la France, soulignant que “certains responsables intermédiaires de groupes armés (…) nuisaient ‘volontairement’ à la mise en œuvre de l’accord par leurs liens avérés avec des activités criminelles et terroristes”, selon les termes du Conseil de sécurité.

De source diplomatique, on assure que, si l’instrument des sanctions “reste d’actualité”, “on ne mettra pas en oeuvre l’accord de paix contre l’avis du gouvernement malien”.

On ignore pour l’heure si la 73e assemblée générale des Nations unies qui s’est ouverte cette semaine pourrait servir de cadre à de telles annonces.

La France compte le G5 Sahel

Autre signe d’impatience, le Conseil de sécurité a repris en juin la plupart des éléments saillants d’une feuille de route conclue en mars par les signataires de l’accord, en donnant six mois aux parties pour les mettre en place (soit jusqu’à février 2019).

Le texte prévoit notamment le début du processus de Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), qui fixe le recensement de tous les combattants à démobiliser ou intégrer dans l’armée ou la police malienne, avec l’obligation d’intégrer 1.000 soldats d’ici six mois.

L’échéance des élections législatives, prévues les 25 novembre et 16 décembre au Mali, ne doit pas entraîner d’immobilisme, prévient-on de même source : “Il ne faut pas se mettre dans une posture d’attente des législatives pour prendre les décisions qui s’imposent”, dit-on.

Sur le terrain militaire, où la force Barkhane a abattu le mois dernier un chef djihadiste à Ménaka dans le nord du Mali, la matérialisation de la force conjointe du G5 Sahel est attendue avant le sommet G5 de Nouakchott les 6 et 7 décembre prochains, où Jean-Yves Le Drian est attendu.

“On attend (…) que les sept, huit bataillons soient vraiment opérationnels très vite. On l’attend pour le début de l’automne, la fin de la saison des pluies”, précise-t-on de source diplomatique. “On arrivera à élargir et finaliser le financement, d’autant que la force conjointe aura démontré sa capacité à être efficace sur le terrain”.

Pour le général François Lecointre, chef d’état-major des armées françaises, qui s’exprimait en juillet dernier sur le bilan de l’opération Barkhane, “les moyens militaires ne suffisent pas et il faut déployer une approche globale qui doit cristalliser l’action de plusieurs acteurs”, dont l’Agence française de développement (AFD).

“Les actions de développement doivent accompagner la sécurisation sur le terrain”, souligne-t-on dans l’entourage de la ministre française des Armées, Florence Parly.

La recrudescence des attaques – non revendiquées – dans le nord-est du Burkina Faso “illustre la pertinence du G5 Sahel et de ses opérations frontalières”, ajoute-t-on.

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