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TORONTO (CANADA) (AFP) – Le Festival du film de Toronto -plus grand du genre en Amérique du Nord- emmène dès jeudi les spectateurs, au gré des oeuvres projetées, dans un dédale de menaces les plus diverses, où seul l’instinct de survie fait loi.

En choisissant d’amputer d’un quart la programmation, avec quelque 300 longs et courts métrages provenant de 74 pays, les organisateurs ont voulu éviter aux festivaliers de se disperser, tout en gardant l’objectif de placer films et acteurs en pôle-position pour la distribution des Oscars l’hiver prochain.

“Cette année, le thème majeur est l’instinct de survie”, a confié Piers Handling, directeur du TIFF (Festival international du film de Toronto) qui se déroule jusqu’au 17 septembre.

Qu’il s’agisse des menaces liées aux changements climatiques, à la surpopulation, aux conflits armés ou encore aux tensions géopolitiques, tout concourt “à installer une atmosphère de grande incertitude, ou même une peur réelle”, qui se reflète dans la programmation, selon le patron du TIFF.

Si certains des films projetés témoignent “qu’individuellement ou collectivement on peut surmonter” l’adversité ou les menaces, d’autres en revanche “n’ont pas forcément une fin heureuse”.

Le film “La Montagne entre nous”, dans lequel Kate Winslet et Idris Elba luttent pour leur survie dans un environnement hostile, ou “Stronger” avec Jake Gyllenhaal, inspiré du drame des attentats du marathon de Boston, illustrent la tendance de cette édition du festival.

– Un tiers de réalisatrices –

“Kings” revisite pour sa part les émeutes raciales de 1992 à Los Angeles, avec Halle Berry et Daniel Craig. Le film est mis en scène par la réalisatrice franco-turque Deniz Gamze Ergüven, nommée en février pour l’Oscar du meilleur film étranger avec “Mustang”.

Deniz Gamze Ergüven, comme l’Argentine Anahi Berneri (“Alanis”) ou la Polonaise Urszula Antoniak (“Beyond Words”), illustre la volonté affichée des organisateurs de donner une visibilité plus importante aux femmes dans la programmation.

Même si la parité n’est pas encore atteinte, ce sont un tiers des longs métrages présentés à cette édition du TIFF qui sont réalisés par des femmes.

La question reste de savoir si une réalisatrice décrochera les honneurs du public, seul juge à Toronto.

Rare festival à ne décerner aucun palmarès, le TIFF donne néanmoins la tendance des films ou acteurs qui seront honorés cinq mois plus tard aux Oscars à Hollywood.

Emma Stone a ainsi décroché l’Oscar de la meilleure actrice pour “La La Land”, le film de Damien Chazelle qui avait reçu le prix du public l’an dernier à Toronto.

Pour les organisateurs, décrocher en avant-première les films qui se retrouveront quelques semaines plus tard dans le peloton de tête du box-office relève d’un véritable défi, quand la Mostra de Venise ou le festival du film de Telluride, aux États-Unis, dans le Colorado, proposent juste avant de belles affiches.

Même si de nombreux films sortent à la rentrée et en tout début d’automne, “je crois que Toronto est toujours considéré comme le festival clé pour amplifier la notoriété d’un film avant la saison des récompenses”, estime Piers Handling, le directeur du TIFF.

– Clapton et Lady Gaga –

Des films sortis à Venise vont gagner en résonance auprès des distributeurs et festivaliers à Toronto, comme “Mother!” de l’Américain Darren Aronofsky, avec Jennifer Lawrence et Javier Bardem, ou encore “Downsizing” de son compatriote Alexander Payne, avec Matt Damon.

Le festival accorde aussi une place de choix aux documentaires et va par exemple en profiter pour honorer la réalisatrice française Agnès Varda et son “Visages, villages”.

Le sport et la musique seront également à l’honneur.

“The Carter effect” montre ainsi la mixité entre les athlètes, les musiciens et le multiculturalisme d’une ville à travers l’émergence de la star du basket Vince Carter, adulé par Toronto au tout début de sa carrière. Dans ce documentaire, produit par la méga-star de la NBA LeBron James, on retrouvera d’ailleurs le rappeur Drake, natif de cette ville canadienne.

La réalisatrice Lili Fini Zanuck retrace dans son “Eric Clapton: Life in 12 bars” le parcours de la légende du rock au sein des groupes Cream ou Blind Faith, ou au fil de sa carrière solo.

Enfin, toujours au rayon musical, après la projection du documentaire sur la femme derrière l’artiste (“Gaga: Five Foot Two”), la chanteuse Lady Gaga montera sur scène, si elle est rétablie d’une laryngite qui a privé lundi ses fans de son concert à Montréal.

Par Michel COMTE

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Cinéma

Palmarès du 71e Festival de Cannes

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Palmarès du 71e Festival de Cannes dévoilé ce samedi soir.

– Palme d’or: “Une affaire de famille” du Japonais Hirokazu Kore-Eda

– Grand Prix: “BlacKkKlansman” de l’Américain Spike Lee

– Prix du jury: “Capharnaüm” de la Libanaise Nadine Labaki

– Palme d’or spéciale: le réalisateur Franco-Suisse Jean-Luc Godard, qui était en compétition avec “Le livre d’image”

– Prix de la mise en scène: le Polonais Pawel Pawlikowski pour “Cold War”

– Prix du scénario ex aequo: la réalisatrice italienne Alice Rohrwacher pour “Lazzaro Felice” et les Iraniens Jafar Panahi et Nader Saeivar pour “Trois visages”

– Prix d’interprétation féminine: la Kazhake Samal Esljamova pour son rôle dans “Ayka”

– Prix d’interprétation masculine: l’Italien Marcello Fonte pour son rôle dans “Dogman”

– Camera d’or: “Girl”, du Belge Lukas Dhont

– Palme d’or du court métrage: “All these Creatures” de l’Australien Charles Williams

– Mention spéciale du court métrage: “Yan Bian Shao Nian” du Chinois Wei Shujun

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A la une

Le Japonais Kore-Eda reçoit la Palme d’or de Cannes

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Jean-Luc Godard, figure de la nouvelle vague, s’est vu décerner une Palme d’or “spéciale” pour son film “Le livre d’image”, une récompense inhabituelle imaginée pour cet “artiste qui a repoussé les limites du cinéma”, selon les mots de la présidente du jury, Cate Blanchett.

Spike Lee a quant à lui obtenu le Grand Prix du festival pour Blackkklansman, qui retrace le parcours d’un policier infiltré au sein du Ku Klux Klan sur fond de lutte pour les droits civiques dans l’Amérique des années 1970.

Le prix du jury est allé à “Capharnaüm”, de la libanaise Nadine Labaki.

Le prix d’interprétation féminine a été décerné à la kazakhe Samal Yeslyamova pour son rôle dans le film “Ayka”, de Sergey Dvortsevoy, et le prix d’interprétation masculine à l’italien Marcello Fonte pour Dogman, de Matteo Garrone.

Les films “Trois visages” de Jafar Panahi et “Heureux comme Lazzaro”, de la réalisatrice Alice Rohrwacher, ont tous deux obtenu le prix du scénario et Cold War, de Pawel Pawlikowski, celui de la mise en scène.

La 71e édition a été marquée par les enjeux liés à la place des femmes dans le cinéma, quelques mois après l’onde de choc de l’affaire Weinstein, du nom d’un magnat du cinéma américain accusé d’agression par de nombreuses comédiennes.

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Whitney Houston a été «abusée sexuellement»

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Un nouveau documentaire sur la chanteuse défunte Whitney Houston allègue que sa cousine, Dee Dee Warwick, l’a abusée sexuellement.

Le demi-frère de Houston, Gary Garland-Houston, et son assistante, Mary Jones, ont tous deux porté plainte contre Dee Dee, décédée en 2008.

Le film, Whitney, est réalisé par le cinéaste écossais Kevin Macdonald.

Dee Dee Warwick est la petite sœur de la chanteuse de soul Dionne Warwick et était la nièce de la mère de Houston.

Whitney a fait ses débuts à Cannes mercredi soir.

Houston, qui a vendu des millions de disques et a eu des succès avec des chansons comme je t’aimerai toujours et je veux danser avec quelqu’un, est morte en 2012 à l’âge de 48 ans.

Elle s’est noyée dans sa salle de bain dans un hôtel, tuée par la cocaïne et les maladies cardiaques.

Houston a mis fin à son mariage instable de 15 ans avec le chanteur Bobby Brown en 2007.

Leur fille, Bobbi Kristina Brown, est décédée dans un hospice en 2015 à l’âge de 22 ans, six mois après avoir été retrouvée morte dans son bain.

Owen Gleiberman, critique de cinéma à Variety, a écrit: “Nous n’avons pas besoin d’un autre documentaire pour nous rappeler ce qu’est une chanteuse puissante et transformatrice, Whitney Houston, Whitney fait quelque chose de plus essentiel: elle plonge dans le” Pourquoi? ” et arrive avec une réponse bruyante convaincante.

Tom Grierson, écrit dans Screen Daily: “Whitney est plus forte quand elle relie Houston à l’histoire plus large de l’Amérique noire, illustrant comment cette artiste glamour a grandi dans la pauvreté et n’a jamais complètement échappé à l’obligation d’aider ses membres défavorisés.

Ed Potton du Times lui a donné une critique quatre étoiles tandis que Tim Robey du Telegraph était plus tiède, lui donnant trois étoiles et écrit: “Le film est curieusement immobile comme un mémorial, mais comme avec Amy Winehouse, il inspire un mea culpa collectif pour la frénésie alimentaire du jugement public qui ne s’est transformée en sympathie que lorsqu’il était trop tard.

David Rooney, un critique pour The Hollywood Reporter, a écrit: “C’est un récit captivant, et même ceux qui ne sont pas parmi les fans les plus passionnés de Houston trouveront une expérience émotionnellement déchirante.

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