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L’enfer est pavé de bonnes intentions, et la mode écolo en matière de construction en bois est avant tout le fruit d’un coup de com’ réussi. Coup de projecteur sur une industrie qui, techniquement et écologiquement, n’est pas aussi irréprochable qu’elle veut bien le faire croire.

Vendredi 23 août 2016. Une fumée noire s’élève au-dessus d’une maison de Féricy, à quelques kilomètres de Melun. C’est celle du maire, Daniel Aimar. Il est midi, il fait très chaud. « J’avais juste fini de poser une isolation écologique composée de chaume, de lin et de coton lorsqu’une flammèche a embrasé ce matériau non ignifugé, déplore le maire. J’ai vidé l’extincteur mais toute la toiture s’est enflammée », rapporte-t-il alors au journal La République. La maison en construction prend feu, les pompiers interviennent rapidement, mais ne parviennent qu’à sauver un corps de bâtiment attenant. La partie habitable, elle, part en fumée. Entrepreneur de menuiserie, M. Aimar avait construit sa maison… en bois.

Le scénario est toujours le même : un court-circuit quelque part dans la maison, une négligence quelconque et l’inévitable se produit. Un départ d’incendie et très vite, c’est toute la maison qui prend feu. Les exemples sont nombreux. Si les grands médias nationaux n’en parlent que très peu, si Internet n’en fait que rarement écho, la presse régionale, elle, fait son travail. Ces deux dernières années, les cas sont nombreux : une maison de 200 m2 à Marsaneix en mars 2016 près de Périgueux (Dordogne), une autre de même superficie à Romette dans les faubourgs de Gap en octobre (Hautes-Alpes), deux autres en décembre 2016 à Pluvigner dans le Morbihan et à Guérande (Loire Atlantique) … Puis, en 2017, la série noire continue avec une bâtisse de 90 m2 à Chinon (Indre-et-Loire) en janvier, à Bédée près de Rennes (Ille-et-Vilaine) et à Maisons-du-Bois-Lièvremont (Doubs) en mars dernier, à Douchy-les-Mines en avril (Nord)… A chaque fois, le pire est évité, les habitants n’étant pas sur place, ou ayant pu sortir à temps pour se mettre à l’abri. Et dans presque tous les cas, les équipes de pompiers mobilisées arrivent sur place alors que les maisons se sont déjà transformées en brasier. Et c’est là que le bât blesse.

Oui, le bois, ça brûle

Les abondantes publicités sur Internet en faveur des constructions à ossature bois mettent souvent en avant les qualités de ce matériau en cas d’incendie. L’argument principal avancé est le suivant : certes, le bois brûle, mais il se consume lentement. Pourtant, la réalité du terrain contredit cette hypothèse. Les images des incendies mentionnés plus haut l’attestent. La plupart du temps, elles montrent clairement les équipes de secours et les pompiers se battre contre des flammes de plusieurs mètres de haut. Un deuxième facteur est donc à prendre en compte : selon un rapport de la Direction générale de la sécurité civile de 2016, le temps moyen d’intervention des pompiers est de 13 minutes et 13 secondes. Cela signifie simplement que si les habitants ont eu la chance de pouvoir sortir de leur maison à temps, la résistance au feu des maisons à ossature en bois est très limitée. Le feu, s’il se propage via la combustion de meubles ou d’objets inflammables, gagne rapidement les murs principaux.

Dans les cas d’incendie de Pluvigniers et de Bédée, les secours – parfois jusqu’à trente pompiers mobilisés sur un même théâtre d’opération – ont dû se battre également contre un élément supplémentaire : le risque de propagation aux bâtiments voisins. Un soldat du feu témoigne, sous couvert d’anonymat : « Nous sommes intervenus sur un feu de pavillon HQE neuf, une construction totalement en bois. Il est 2 heures du matin, les personnes ont été réveillées par des crépitements dans le sol et par de la fumée… Ils ont eu le temps de sortir avec leurs quatre enfants et ont pu appeler les secours. Nous sommes arrivés en moins de dix minutes et le pavillon s’était totalement embrasé avec des flammes de plus de dix mètres de haut ! Et nous n’avons pu sauver que la maison voisine… » Le rayonnement et les risques de propagation d’un incendie sont donc à prendre en compte également dans les risques encourus.

Car il faut bien distinguer la réaction au feu et la résistance au feu. La réaction au feu – souvent mise en avant par les professionnels du secteur de la maison en bois – se limite à la réaction que le matériau aura sous l’action de la chaleur. Cette réaction est classée en cinq catégories réglementaires (de M0 pour « totalement incombustible » à M4 pour « brûle facilement »). La résistance au feu, elle, se mesure en fonction de la durée que mettra un feu pour consumer une structure, avec des critères comme PF (pare-flamme), CF (coupe-feu) ou SF (stable au feu). Les constats post-incendies sont sans équivoque : seuls les éléments de plus de 30 cm d’épaisseur résistent au mieux une heure (poutres, poteaux…), pendant que tout le reste part en fumée.

Ce sont aussi ces fumées qui posent problème. Car la combustion – quelle qu’elle soit – entraîne inévitablement des fumées toxiques. Selon le Dr Francis Lévy, expert en médecine légale auprès de la Cour d’appel de Colmar, 80% des décès lors d’un incendie sont dus à l’inhalation de fumées mortelles. « La dégradation des matériaux lors d’un feu produit de la chaleur, des fumées, des gaz toxiques et une raréfaction de l’oxygène dans l’air ambiant en espace clos, explique l’expert. C’est la conjonction de ces facteurs qui fait la gravité des incendies. » Les émanations de monoxyde de carbone ne sont jamais anodines, et les risques d’asphyxie bien réels. Les professionnels de la construction sont tous unanimes sur un point : le principal défaut des maisons neuves en ossature bois reste leur manque d’inertie et les grandes variations de températures en cas de sinistre, contrairement aux structures en béton. Mais avant d’en arriver au pire des scénarios, d’autres éléments, pas vraiment eco friendly sont bizarrement omis par l’industrie de la maison en bois.

Les risques pour la santé humaine

Ils tiennent en deux mots : produits chimiques et poussières volatiles. C’est donc au moment de la fabrication de ces maisons que le vernis « développement durable » prend du plomb dans l’aile. La France recense plusieurs bassins d’infestation de termites, certains conseils départementaux ont d’ailleurs édicté des politiques très actives de lutte contre ces nuisibles. Les constructeurs de maison à ossature bois ont bien évidemment pris en compte cette menace et, pour rassurer les acheteurs, sont dans l’obligation de traiter chimiquement les éléments en bois des charpentes, par injection sous haute pression. Même si les produits utilisés sont officiellement de moins en moins toxiques, ils ne sont pas inoffensifs à long terme. Ces maisons ne sont donc pas aussi écolos que les plaquettes publicitaires le prétendent. A cela s’ajoute le respect des nouvelles normes (RT2012) concernant les performances thermiques des constructions – qu’elles soient en bois ou en béton, tout le monde est logé à la même enseigne. Pour répondre à ce cahier de charges exigeants, l’isolation ne compte pas que sur le bois : pare-pluie, pare-vapeur, polystyrène, isolants, panneaux de bois agglomérés… On est très loin de la maison en rondins imaginée par les amateurs de chalets !

Enfin, bien avant l’assemblage des ossatures en bois, avant même le traitement chimique du bois, il faut tailler ce dernier. Le problème n’est pas nouveau, et est bien connu des propriétaires de scieries. Les poussières de bois sont classées parmi les produits cancérogènes par le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer). Principales cibles : le nasopharynx, les fosses nasales et les sinus. En France, environ 350 000 salariés sont exposés aux poussières de bois, sans compter tous ceux qui œuvrent dans les scieries d’Europe de l’Est, car le bois des maisons à ossature bois est très souvent importé. Selon le CIRC, 45% des cancers des fosses nasales et des sinus seraient imputables à une trop longue exposition aux poussières de bois. Un véritable enjeu de santé publique, pris très au sérieux par les autorités. Des normes ont été instaurées par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail : la VLEP (valeur limite d’exposition professionnelle) pour la filière bois a par exemple été fixée à 1 mg/m3 d’air. Les politiques mises en place visent à réduire l’exposition des travailleurs aux agents CMR (Cancérogènes mutagènes reprotoxiques), catégories à laquelle appartiennent les poussières de bois.

Certes, les constructions à ossature bois répondent à un engouement pour l’écologie (déjà très discutable), à une volonté de retour à la « nature ». Mais attention, elles ne sont pas aussi inoffensives qu’elles y paraissent…

Par Alexis Morel

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Le Washingtonpost prédit une guerre civile au Cameroun

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Le 20 mai, journée nationale du Cameroun, les citoyens de la capitale de Yaoundé ont défilé en parade, et le président Paul Biya a félicité les membres des forces armées pour leur engagement en faveur de la paix et de la sécurité. Dans le même temps, dans les régions anglophones instables du pays, des séparatistes ont enlevé un maire, tué deux policiers et intimidé des personnes qui tentaient de célébrer la fête.

De tels incidents ont inquiété des militants des droits de l’homme qui craignaient que le Cameroun puisse bientôt être en proie à une guerre civile en Afrique.

Nous y arrivons graduellement progressivement“, a déclaré Agbor Nkongho, un avocat anglophone des droits de l’homme et directeur du Centre pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique. “Je ne vois pas la volonté du gouvernement d’essayer de trouver et d’aborder la question d’une manière que nous n’obtiendrons pas là.”

Depuis fin 2016, le Cameroun fait face à un soulèvement de plus en plus violent dans les régions anglophones minoritaires du pays bilingue, où les anglophones disent avoir été marginalisés par la majorité francophone depuis des décennies. Lorsque les manifestations pacifiques ont commencé il y a 18 mois, les forces gouvernementales ont ouvert le feu sur les manifestants et ont pillé et incendié des villages. Aujourd’hui, un mouvement séparatiste armé prend de l’ampleur, kidnappant des responsables gouvernementaux et tuant des gendarmes.

Certains observateurs disent que la situation a déjà atteint un point où elle pourrait être considérée comme une guerre civile.

Si vous regardez ce qui se passe maintenant, vous pouvez l’appeler une guerre civile“, a déclaré John Mukum Mbaku, professeur à l’Université d’Etat de Weber (Utah) et membre non résident de la Brookings Institution. “Le gouvernement abat des villageois sans défense, et beaucoup ont décidé de se défendre et ripostent“.

À la fin de la Première Guerre mondiale, la Société des Nations a divisé la colonie allemande de Kamerun entre la France et la Grande-Bretagne. Le territoire sous contrôle français a gagné l’indépendance en 1960, et les territoires britanniques qui composent maintenant les régions du sud-ouest et du nord-ouest du pays ont rejoint l’année suivante.

Sur le papier, le Cameroun est maintenant le seul pays au monde autre que le Canada où le français et l’anglais sont des langues officielles. Mais seulement un cinquième des 22 millions d’habitants du pays sont anglophones. Biya, qui a gouverné pendant 35 ans, est francophone, tout comme la plupart des élites du pays.

Le fait est que, si vous ne parlez pas français, vous ne pouvez pas survivre dans le pays“, a déclaré M. Mbaku.

Les anglophones disent qu’ils sont obligés de s’assimiler à la culture francophone et leurs frustrations ont atteint un point d’ébullition en 2016.

Un mouvement de protestation a été lancé avec des enseignants et des avocats au premier rang, attaquant la «francophonisation» de leurs villes natales. Une plainte particulière a été le nombre croissant d’enseignants non anglophones envoyés dans des régions anglophones.

Ce n’est pas seulement une question de langue“, a déclaré Nkongho. “C’est une culture, c’est un mode de vie, c’est la façon dont ils ont été élevés.

L’armée camerounaise a répondu aux protestations par la force brutale. Des vidéos ont vu le jour où les forces de sécurité ont frappé des étudiants et les ont traînées dans la boue. Ils ont également ouvert le feu sur les manifestants, tuant certains d’entre eux. Alors que le mouvement prenait de l’ampleur et que les preuves de la brutalité policière circulaient sur les réseaux sociaux, le gouvernement a coupé Internet dans les régions anglophones.

Julie Owono, directrice exécutive d’Internet Sans Frontières, a déclaré que la fermeture de plusieurs mois “a convaincu les gens que, en effet, les anglophones sont traités différemment“.

Le soutien aux séparatistes armés, qui veulent établir une nouvelle nation anglophone appelée Ambazonie, a commencé à se développer. “Vous parlez à des gens qui étaient très modérés, mais ils soutiennent maintenant le mouvement séparatiste“, a déclaré M. Nkongho.

La semaine dernière, a-t-il dit, les civils comptaient environ 40 cadavres dans les régions anglophones du pays – dont au moins 27 auraient été tués dans une impasse avec les forces gouvernementales. Cela a été l’une des semaines les plus sanglantes depuis le début des troubles il y a 18 mois. Le colonel Didier Badjeck, un porte-parole de l’armée camerounaise, a déclaré que les troupes gouvernementales se livraient à un échange de tirs avec des séparatistes et que “plusieurs terroristes étaient neutralisés“.

Selon un récent rapport de l’International Crisis Group, au moins 120 civils et 43 membres des forces de sécurité ont été tués depuis le début du conflit. Quelque 20 000 personnes ont fui vers le Nigeria en tant que réfugiés, et 160 000 personnes sont maintenant déplacées à l’intérieur du Cameroun, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des États-Unis.

Une élection présidentielle se profile en octobre, et Biya devrait se présenter à nouveau. Akere Muna, un candidat à la présidence anglophone et un éminent avocat, espère qu’une meilleure gouvernance pourrait garder le pays unifié. Mais il a dit que le gouvernement n’a fait qu’engendrer des tensions et a rejeté les appels anglophones pour plus d’autonomie.

Muna a indiqué qu’il a récemment visité un village anglophone qui abrite normalement 6 000 personnes. Il ne restait plus qu’une poignée de personnes. “Si [Biya] est réélu, le pays deviendra ingouvernable”, a déclaré Muna. “À la journée, ça devient pire.”

Article répéré sur le Washingtonpost

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Trois condamnés à mort pour l’attaque de Mogadiscio

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Un tribunal militaire somalien a  condamné à mort trois hommes par un peloton d’exécution pour l’attaque d’octobre 2017 dans laquelle 20 personnes ont été tuées, rapporte le site Internet Goobjoog basé en Somalie.

Les hommes auraient fait partie d’un groupe de combattants qui ont attaqué l’hôtel Nasa Hablod Two dans la capitale Mogadiscio le 28 octobre 2017.

Le tribunal a déclaré que les hommes faisaient partie du groupe extrémiste des militants, al-Shabab, qui constituent une menace pour le gouvernement.

Le juge Hassan Ali Noor Shute a déclaré que les trois hommes – Farhan Mohamed Samatar, Abdinasir Daqane Hassan et Abshir Mohamed Hajji Bule – ont plaidé coupables devant le tribunal militaire de première division de l’armée nationale somalienne.

Le juge a condamné les trois hommes à mort par un peloton d’exécution. Cependant, l’affaire est toujours ouverte à l’appel.

L’attaque de l’hôtel Nasa Hoblod Two a fait 20 morts et 40 blessés.

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Belgique: quatre morts dans un fusillade à Liège

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Un homme a abattu deux policiers et un passant dans la ville de Liège, dans l’est de la Belgique, rapporte les médias belges.

La police a déclaré à la BBC que l’agresseur avait été “neutralisé” et que la situation était maintenant sous contrôle.

Deux autres policiers ont été blessés et l’homme a également pris une femme en otage, selon les rapports.

L’incident s’est produit mardi matin mais les détails sont toujours en train d’émerger et il n’y a aucune indication de motif.

La Belgique reste en état d’alerte après les attentats en 2016 revendiqués par le groupe État islamique qui ont fait 32 morts. Des militants basés à Bruxelles ont également été impliqués dans les attentats de Paris en 2015.

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