Connect with us

Afrique

Conseil des droits de l'homme: Examen de la situation des droits de l'homme au Soudan du Sud

Publié

le

Le Conseil des droits de l'homme a examiné, cet après-midi (13 mars 2018), le rapport de la Commission sur les droits de l’homme au Soudan du Sud, qu’a présenté la Présidente de la Commission, Mme Yasmin Sooka.

Mme Sooka a expliqué que la Commission avait pour mandat de collecter des preuves destinées au tribunal hybride, à la commission de vérité et au mécanisme de réparation, mécanismes dont la création était prévue par l’Accord de paix au Soudan du Sud de 2015.  Depuis lors, le conflit s’est étendu à la quasi-totalité du pays, a poursuivi la Présidente, y compris les régions les plus productives au point de vue agricole.  La nation est en train de se fracturer selon des lignes politiques et ethniques.  Dans ce contexte, les milliers de documents collectés par la Commission lui ont permis d’identifier plusieurs officiels sud-soudanais qui sont peut-être responsables, individuellement, de violations graves des droits de l’homme et de crimes internationaux depuis 2013, a dit Mme Sooka.  

À ceux qui réduisent le conflit au Soudan du Sud à un problème sans solution, Mme Sooka a fait observer qu’il existe un remède juridique à ce problème : la responsabilité pénale devant le tribunal hybride – une démarche qui exige cependant une volonté politique, a relevé l’experte.  La Commission a constaté que des témoins sont prêts à parler et qu’il est possible de récolter des preuves des crimes à l’intérieur comme à l’extérieur du Soudan du Sud.  Mme Sooka a décrit certaines des atrocités commises sur des civils sud-soudanais – viol et mutilation de femmes, décapitations – dont la Commission a reçu des témoignages.  À cet égard le travail de la Commission suscite, au sein de la population, une attente certaine pour que la justice soit rendue rapidement, a relevé la Présidente

Le Soudan du Sud, qui intervenait en tant que pays concerné, a déploré que le rapport contienne des inexactitudes, notamment qu’il assimile des partis politiques à des milices, et qu’il ne tienne pas compte du fait que la sécurité est revenue dans le pays, comme l’a reconnu le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan du Sud, M. David Shearer, lors d’une visite en décembre dernier.

Dans les interventions qui ont suivi, les délégations ont condamné la persistance des violations graves des droits de l'homme au Soudan du Sud, telles que documentées par la Commission, et déploré le climat d’impunité qui prévaut à cet égard.  Toutes les délégations ont souligné l’importance de créer rapidement les conditions propres à ce que justice soit rendue pour les crimes commis au Soudan du Sud, et donc de créer enfin le tribunal hybride prévu par l’accord de paix.  

Compte tenu du retard pris dans la création de ce tribunal, il a été demandé au Conseil de renouveler le mandat de la Commission afin qu’elle continue de collecter des preuves de violations des droits de l'homme.  Une organisation non gouvernementale a suggéré que la Commission enquête aussi sur les causes profondes du conflit, y compris sur le rôle des entreprises transnationales qui fournissent des armes aux parties en conflit.  

Quelques délégations ont estimé que les « problèmes africains » devraient être réglés « par des solutions africaines », et souligné avec satisfaction que l’Union africaine, l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) et d’autres mécanismes régionaux étaient partie intégrante au processus de réconciliation et de paix du Soudan du Sud.  

Le Conseil poursuivait ses travaux cet après-midi en tenant un débat interactif avec les membres de la Commission d’enquête sur le Burundi.  

Situation des droits de l’homme au Soudan du Sud

Le Conseil est saisi du rapport de la Commission sur les droits de l’homme au Soudan du Sud (A/HRC/37/71, version préliminaire en anglais).

Présentation du rapport

MME YASMIN SOOKA, Présidente de la Commission sur les droits de l’homme au Soudan du Sud, a indiqué que 2,4 millions d’enfants chassés de leur foyer vivent actuellement dans des camps totalement improvisés au Soudan du Sud.  Plus de deux millions d’enfants – soit 72% des enfants du pays – aujourd’hui déscolarisés : il s’agit de la plus forte proportion au monde.  Si le conflit se poursuit, seul un enfant sud-soudanais sur treize peut s’attendre à achever sa scolarité primaire, a relevé Mme Sooka.  Le conflit s’est étendu à la quasi-totalité du Soudan du Sud, a poursuivi la Présidente, y compris les régions les plus productives au point de vue agricole.  La nation est en train de se fracturer selon des lignes politiques et ethniques.  Les millions de personnes en fuite ont besoin que le conflit s’arrête et que les parties signataires de l’accord de cessation des hostilités respectent leurs obligations.

La Commission a pour mandat de collecter des preuves destinées au tribunal hybride, à la commission de vérité et au mécanisme de réparation dont la création était prévue par l’accord de paix de 2015, a ajouté Mme Sooka.  Les membres de la Commission ont eu la chance de pouvoir se rendre sur la plupart du territoire affecté par le conflit, y compris dans des villes quasiment vidées de leur population et dans des camps de réfugiés.  Mme Sooka a remercié les autorités du Soudan du Sud de leur aide constructive.

Les milliers de documents collectés par la Commission lui ont permis d’identifier plusieurs officiels sud-soudanais qui sont peut-être responsables, individuellement, de violations graves des droits de l’homme et de crimes internationaux depuis 2013, a dit Mme Sooka.  Le rapport ne donne pas les noms de ces personnes, pour ne pas compromettre d’éventuelles poursuites judiciaires.  

La Commission a aussi pour mandat de conseiller les autorités au sujet de la justice transitionnelle.  Elle estime à cet égard que le tribunal hybride prévu par l’accord de paix doit être créé sans plus attendre – une seule signature du Gouvernement manquant pour ce faire, a dit Mme Sooka.  Un tribunal hybride ne pouvant faire face au nombre écrasant de violations des droits de l’homme au Soudan du Sud, la Commission estime que les lacunes pourraient être comblées par la commission de vérité qui aurait dû être créée.  Mme Sooka a aussi demandé aux autorités de concrétiser leurs engagements en ouvrant une ligne budgétaire consacrée à un fonds pour le soutien aux victimes.  

À ceux qui réduisent le conflit au Soudan du Sud à une situation sans solution, Mme Sooka a fait observer qu’il existe un remède juridique à ce problème : la responsabilité pénale devant le tribunal hybride – une démarche qui exige cependant une volonté politique, a relevé l’experte.  La Commission a constaté que des témoins sont prêts à parler et qu’il est possible de récolter des preuves à l’intérieur comme à l’extérieur du Soudan du Sud.  Mme Sooka a décrit certaines des atrocités commises sur des civils sud-soudanais – viol et mutilation de femmes, décapitations – dont la Commission a reçu des témoignages.  Le travail de la Commission a suscité, au sein de la population, une attente certaine pour que justice soit rendue avant longtemps, a enfin relevé la Présidente.

Pays concerné

Le Soudan du Sud a déclaré que le rapport comportait un certain nombre de failles, comme la présentation de deux partis politiques comme autant de milices armées.  L’organisation Mathiang Anyoor n’est pas non plus une milice, mais une composante politique du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), a dit la délégation.  Le rapport affirme par ailleurs que la sécurité n’est pas revenue au Soudan du Sud, ce qui est faux, puisque les communautés sont engagées dans un dialogue national mis en place par la Commission sur la vérité, la réconciliation et la réparation.  Le SPLM a en outre ordonné la distribution d’exemplaires de la Constitution et de l’Accord de paix de 2015, en plus d’assurer la formation des forces de sécurité au droit international humanitaire et au respect des règles d’engagement, a fait savoir la délégation.

Elle a ajouté que, depuis le début de la crise, l’unité de protection de l’enfance, avec l’appui de l’UNICEF et de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud, avait identifié et démobilisé 2211 enfants.  Parmi ces derniers, 126 étaient affiliés au SPLM et les autres recrutés par différents groupes armés.  Les mesures prises au plan sécuritaire ont en outre amélioré la situation, comme l’a reconnu le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan du Sud, M. David Shearer, lors de sa visite à Wau le 15 décembre dernier, a affirmé la délégation.

Débat

Le Botswana a fait part de sa préoccupation devant la poursuite des violations massives des droits de l’homme et l’aggravation de la situation humanitaire au Soudan du Sud.  Il a prié le Gouvernement du Soudan du Sud de signer le mémorandum d’accord concernant la création du tribunal hybride.  L’Union africaine a été appelée à appuyer ce processus.  Le Kenya a, de même, invité le Soudan du Sud à œuvrer pour la création aussi tôt que possible du tribunal hybride et des autres institutions chargées de lutter contre l’impunité.  Il a appelé toutes les parties à mettre un terme aux violences pour que l’aide humanitaire puisse arriver aux populations civiles.  Le Mozambique a souligné la nécessité d’enquêter sur les crimes internationaux commis au Soudan du Sud, tout en assurant un équilibre avec les efforts d’instauration de la pax, « pour donner une chance à la paix ».  Le Mozambique a, lui aussi, recommandé de créer rapidement le tribunal hybride.  L’Algérie s’est félicitée pour sa part de la collaboration du Soudan du Sud avec la Commission et avec les institutions des Nations Unies et africaines.  L’Algérie a demandé à toutes les parties de chercher ensemble une solution durable à la crise.  

La Chine, pour sa part, a dit rester d’avis que les pays africains devaient régler eux-mêmes leurs problèmes au plan national et régional et qu’il appartenait à la communauté internationale d’apporter une assistance technique et de répondre à la crise des réfugiés que connaît le Soudan du Sud.  Le Soudan a soutenu les efforts pour parvenir à la paix par le biais de mécanismes régionaux, notamment l’Union africaine.  

L’Union européenne s’est dite révoltée par les témoignages de torture et de violences sexuelles commises au Soudan du Sud et a appelé toutes les parties, notamment le Gouvernement, à prendre des mesures immédiates pour traduire les responsables devant la justice.  Elle a ajouté que les institutions de la justice nationale doivent être renforcées et que les victimes et témoins doivent bénéficier de soutien.  L’Union européenne a demandé à la Commission quelles étaient ses priorités immédiates en matière de lutte contre impunité.  L’Allemagne a également condamné les violations des droits de l'homme atroces au Soudan du Sud, appelant à une obligation redditionnelle et priant le Gouvernement de signer le mémorandum d’accord avec l’Union africaine pour la création du tribunal hybride.  

Pour le Danemark, il est clair que le Gouvernement du Soudan du Sud, avec ses alliés militaires, continue de s’en prendre à la population d’une manière inhumaine.  La communauté internationale et les responsables régionaux ont la responsabilité de mettre un terme à ce cycle d’impunité, a dit la délégation, appelant à la mise en place du tribunal hybride.  Elle a salué les efforts pour ramener les parties à la table des négociations et pour revitaliser l’accord de paix de 2015.  Elle a demandé à la Commission quelle mesure prendre pour garantir la reddition de comptes pour les crimes horribles au Soudan du Sud.  L’Espagne a rappelé les recommandations adressées au pays dans le cadre de l’Examen périodique universel.  Elle a demandé au Soudan du Sud de ratifier le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant, concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés.  L’Espagne a souscrit au besoin urgent de mettre en place le tribunal hybride, pour qu’il soit mis fin à l’impunité au Soudan du Sud.  Elle a demandé à la Commission quelles mesures prendre pour régler le problème du système éducatif détruit par le conflit.  

La Suisse a prié Mme Sooka de dire quelle raison expliquait que la Commission pour la vérité, la réconciliation et l’apaisement et l’Organisme d’indemnisation et de réparation, prévus par l’accord de paix de 2015, n’ont toujours pas vu le jour, et comment la communauté internationale pouvait soutenir les efforts visant à ce que le Soudan du Sud s’engage dans le traitement de son passé.  La Suisse a aussi demandé à la Commission quels étaient ses besoins en matière de documentation.  Elle a appelé le Gouvernement à signer le mémorandum d’accord pour l’établissement d’un tribunal hybride et à collaborer avec l’Union africaine et les Nations Unies pour son opérationnalisation.  Étant donné les graves traumatismes soufferts par la population, l’Irlande a demandé à la Commission que faire pour intégrer le soutien et les traitements psycho-sociaux aux mécanismes de justice et de résolution des conflits.  

Les États-Unis se sont dits effarés par le niveau de violence et les atrocités documentés par la Commission.  Le Gouvernement et l’opposition continuent d’alimenter le conflit et d’empêcher l’accès de l’aide humanitaire, ont regretté les États-Unis.  Ils ont exigé que les acteurs humanitaires et les Nations Unies aient accès sans entrave au terrain.  Les États-Unis ont aussi dit partager les préoccupations de la Commission quant à l’organisation d’élections dans un contexte d’insécurité généralisée, élections qui risqueraient de fracturer encore davantage le pays selon des lignes ethniques.

L’Australie a estimé pour sa part que les sanctions étaient un moyen légitime de pousser au changement dès lors que se produisent des violations graves des droits de l’homme.  C’est pourquoi l’Australie a salué les sanctions adoptées par certains pays contre le Soudan du Sud.  Sans progrès au Soudan du Sud, l’Australie adoptera son propre train de sanctions, a dit la délégation.  La culture d’impunité qui règne parmi les dirigeants politiques et militaires du Soudan du Sud ne doit plus être tolérée, a dit l’Australie.  

La France a déploré la persistance de violences qui semblent n’épargner personne, ni les femmes, ni les enfants, dans un climat complet d’impunité.  Deux ans et demi après la signature de l’accord de paix, la France est d’avis que les autorités sud-soudanaises doivent mettre sur pied le tribunal hybride avec le soutien de l’Union africaine.  Cette instance est fondamentale pour mettre fin à l’impunité et garantir les responsabilités pour les violations flagrantes des droits de l'homme et abus commis dans le pays, a ajouté l’Albanie, estimant que l’instauration d’une paix durable ne serait possible que si les auteurs des crimes horribles commis sont tenus responsables.  

Les Pays-Bas ont fait observer que certaines des violations des droits de l'homme figurant dans le rapport peuvent être considérées comme des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité.  Il est important que les responsables soient traduits en justice, que des mesures soient prises pour mettre un terme à ces atrocités et de créer le tribunal hybride.  Les Pays-Bas ont demandé à la Commission si son mandat avait besoin d’être amendé et de quelle autre manière faciliter son travail.  Pour la Nouvelle-Zélande, toutes les parties au Soudan du Sud, y compris le Gouvernement, doivent respecter leurs obligations au titre du droit international, protéger les civils et respecter l’accord de relance du processus de paix qui a été signé en décembre 2017 [par le Gouvernement du Soudan du Sud et les groupes d’opposition].  

Le Royaume-Uni a lui aussi demandé au Gouvernement du Soudan du Sudd e créer le tribunal hybride le plus rapidement possible et d’œuvrer en faveur de la paix.  Il a demandé à la Commission ce que les pays de la région et la communauté internationale pouvaient faire de plus pour s’assurer que les preuves des violations des droits de l'homme commises au Soudan du Sud ne soient pas perdues.  Enfin, la Norvège a souligné que la responsabilité de protéger les civils appartenait au premier chef au Gouvernement du Soudan du Sud.  La Norvège a demandé à toutes les parties concernées de prendre de arrangements profitables à la population civile.

Plusieurs organisations non gouvernementales ont pris part au débat.  Human Rights Watch a invité le Conseil à prolonger le mandat de la Commission en raison de son importance dans la reddition de comptes et vu le manque de progrès dans la création du tribunal hybride.  Amnesty International a, elle aussi, demandé le renouvellement du mandat, dans le contexte de la persistance des violations des droits de l'homme, notamment les cas de détention arbitraire et de disparitions forcées.  L’ONG a prié la Commission de dire quelles mesures prendre en attendant que justice puisse être rendue au Soudan du Sud.  

Parmi les cas que doit documenter la Commission, il y a des meurtres, des exécutions arbitraires, des enlèvements et actes de torture contre des journalistes, a souligné Article 19 – Centre international contre la censure.  Outre les journalistes, les défenseurs des droits de l'homme sont également ciblés par les violences au Soudan du Sud, a dit East and Horn of Africa Human Rights.  L’ONG a fait observer qu’aussi longtemps que les preuves des crimes commis au Soudan du Sud seront détruites, il sera impossible de faire rendre compte de leurs actes aux coupables.  

Le Mouvement international contre toutes les formes de discrimination a demandé à la Commission d’enquêter également sur les causes sous-jacentes du conflit, notamment le rôle des entreprises transnationales, très actives dans le commerce des armes.  Tant que ces aspects ne seront pas abordés, la violence ne pourra être enrayée, a estimé le représentant.  La Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme a déploré le mépris total de la vie humaine au Soudan du Sud et s’est félicitée des efforts pour revitaliser l’accord de paix.  Il est évident que les parties n’ont pas l’intention de respecter leurs propres accords, a regretté l’ONG.

Remarques de conclusion

Pour répondre aux questions sur les priorités immédiates, M. ANDREW CLAPHAM, membre de la Commission sur les droits de l’homme au Soudan du Sud, a estimé qu’il s’agit de la signature du mémorandum d’accord portant création du tribunal hybride, que les États membres et l’Union africaine peuvent soutenir.  Une autre priorité pourrait être de continuer d’intégrer des lois sur les crimes de guerre dans la législation du pays.  Il faut aussi que le Gouvernement poursuive et traduise en justice les auteurs de ces crimes, ou ceux qui en avaient connaissance et ne les ont pas empêchés.  M. Clapham a souligné la nécessité de contribuer à un fonds de soutien aux victimes de ces crimes.  En outre, la plupart des viols et des atrocités liées à violence sexuelle pourraient faire l’objet de poursuites dans le cadre de la Convention contre la torture.  M. Clapham a enfin lancé un appel au Conseil à agir en faveur des victimes du conflit au Soudan du Sud.

Au sujet de l’accès à l’éducation, Mme Sooka a dit que la pratique du recrutement d’enfants devait cesser et le système scolaire devait être reconstruit, ce qui nécessitera beaucoup de ressources et un appui considérable.  S’agissant du mécanisme de transition, la Présidente de la Commission a jugé nécessaire un fonds d’aide aux victimes.  Un groupe de travail technique pour la réconciliation a été créé mais mis de côté pour l’instant, a-t-elle indiqué.  Il est aussi indispensable de mettre fin à la surveillance exercée par les services de sécurité.  Pour conclure sur le sujet de la justice transitionnelle, elle a noté que l’Union africaine et le tribunal hybride constituaient « une solution africaine à un problème africain » et qu’il ne manquait plus qu’une signature pour la création de cette instance.  Lorsque ce sera fait, un procureur et des juges pourront être désignés, et un règlement intérieur formalisé, avec l’appui de la communauté internationale, pour juger les responsables des crimes les plus atroces.

 

Distribué par APO Group pour United Nations Office at Geneva (UNOG).

Source: APO

A la une

Cameroun : Un gisement de Bauxite bientôt mis en exploitation

Published

on

Exploration minière

6 milliards de FCFA d’investissement est le montant alloué à la finalisation des travaux d’études du plus grand gisement de bauxite d’Afrique centrale, annonce faite  lundi 17 septembre à N’gaoundere.

CAMALCO SA, la filiale camerounaise de la société australienne Canyon Resources, reprend officiellement les droits relatifs aux permis de recherche des sites bauxitiques de Minim, Martap et Ngaoundal, situés dans la région de l’Adamaoua, à Ngaoundéré. Au cours d’une visite effectuée lundi 17 septembre dernier sur ces sites, l’on apprend de cette entreprise que 6 milliards de FCFA seront déboursés pour finaliser les travaux de recherche en vue du développement de ce grand gisement de bauxite d’Afrique centrale, dont le lancement officiel de l’ultime phase de recherche a été présidé à Martap par le ministre des Mines.

Dans son discours de circonstance, Ernest NGBWABOUBOU a prescrit à Canyon ressources, l’entreprise australienne qui détient les permis de recherche pour 03 ans non renouvelables, « le respect scrupuleux et méticuleux du cahier de charge ». Il s’agit pour l’essentiel, de la conduite effective des recherches de minerai de bauxite, de la réalisation des infrastructures et des voies d’accès pour les populations locales. En effet, « le cahier de charges est assis sur des engagements financiers d’un total de 6 milliards. Respectivement de l’ordre de 2 milliards pour le permis de Ngaoundal et 4 milliards pour Minim et Martap » Précise le Minmidt. En termes de retombées pour les populations locales, ce projet est soutenu par un programme cohérent, conformément aux exigences du code minier, avec un seuil minimum de 100.000frs par kilomètre carré et par an.

Selon la Canyon Resources Ltd cette ultime phase de recherche entend déboucher sur l’extraction à terme, des minerais de bauxite pour la production d’alumine. Une ressource importante dans la fabrication des avions, des bateaux, des voitures etc. « Cette étape marque un tournant important dans la mise en œuvre de ce projet qui va sensiblement améliorer la qualité de vie des populations riveraines qui ont longtemps attendu le développement de cette richesse » affirme Philip Gallagher, Managing Director de Canyon Resources.

En effet, depuis le 11 juillet 2018, l’entreprise CAMALCO détient le permis de recherche du gisement de Minim Martap, reversé au domaine national le 25 Avril 2016 suite à l’annulation des négociations entre l’Etat du Cameroun et la société Cameroun Alumina (CAL). Un permis qui a été reversé au domaine minier national le 25 Avril 2016 suite à l’annulation des négociations entre l’Etat du Cameroun et la société Cameroun Alumina (Cal).

Au finish, ce sont trois sites, deux départements (la Vina et le Djerem) et une région qui devraient bénéficier directement de l’exploitation des gisements de bauxite. La bauxite qui est en fait, un minerai rouge qui résiste à l’érosion et que l’on peut transformer en aluminium pour servir à la fabrication des wagons de train et des matériaux de construction entre autre. Le projet Minim Martap et Ngaoundal, vieux de plus de 50 ans, suscite tout de même des interrogations auprès des populations riveraines qui attendent toujours de voir le bout du tunnel et la fin de ce jeu de pingpong

L E. Souhe

Lire la suite

RD Congo

RD Congo: un morts et 17 enlèvements dans un nouveau raid des ADF près de Beni

AFP

Published

on

By

Une personne a été tuée et 17 enlevées lors d’un raid attribué au groupe armé d’origine ougandaise Allied Democratic Forces (ADF) lundi soir contre Oicha, dans l’est de la République démocratique du Congo, ont annoncé mardi des sources administratives et civiles.

Quatre maisons ont été incendiées et des chèvres et des poules volées lors de cet assaut deux jours après la tuerie d’une vingtaine de personnes à Beni, à 30 km plus au sud, attribué par les autorités au “terrorisme” des ADF.

“La situation est paralysée à Oicha”, a indiqué mardi un responsable administratif local, Donat Kibwana. La plupart des commerces et les écoles sont fermés.

Ces nouvelles attaques de samedi et lundi suscitent la colère des habitants dans la région de Beni (Nord Kivu) où des centaines de civils ont été tués depuis octobre 2014 dans des massacres attribués aux ADF.

“Les manifestants ont brulé les bureaux des quartiers Boikene et Kasabinyole”, dans la commune de Ruwenzori, dans la ville de Beni, a déclaré à l’AFP son bourgmestre, Aloys Mbwarara.

Lundi, les organisations de la société civile de Beni avaient décidé d’observer une grève générale “ville morte” jusqu’à vendredi. Des habitants dénoncent l’impuissance de l’armée congolaise et des Casques bleus de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) massivement présents dans la région.

“Pour autant qu’il y a encore des morts, pour autant qu’on n’a pas encore réussi à stopper les massacres, nous ne pouvons pas nous glorifier pour le travail qui est fait […] Nous devons interroger nos méthodes, nous devons peaufiner nos stratégies”, a reconnu le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, sur la radio onusienne Okapi.

“L’action menée par nos forces et par les forces congolaises a permis d’éviter sans doute des drames plus importants à l’occasion”, s’est défendu le commandant adjoint de la force onusienne, le général Bernard Commins, au sujet de l’attaque de Beni samedi soir où les assaillants sont arrivés tout près du centre-ville.

Mystérieuse nébuleuse, les ADF sont tenues responsables du massacre de plus de 700 civils à Beni et sa région depuis octobre 2014, en plus de la mort de 15 Casques bleus tanzaniens en décembre.

Il s’agit historiquement d’un groupe ougandais musulman qui s’est replié en 1995 dans l’est du Congo pour combattre le président ougandais Yoweri Museveni.

Après chaque attaque, il n’affiche ni leader ni revendication. Son affiliation à l’islamisme radical n’a jamais été établie.

Lire la suite

Tunisie

En Tunisie, le président prend ses distances avec les islamistes

AFP

Published

on

By

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi (D) et le chef du parti Ennahdha, Rached Ghannouchi (G), le 13 juillet 2016 au palais de Carthage, près de Tunis / © AFP / FETHI BELAID

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi a annoncé la fin d’une alliance clé avec la formation d’inspiration islamiste Ennahdha, mais cette décision ne marque pas le retour à une bipolarisation à risques à un an d’échéances électorales majeures, selon des experts.

“Nous avons décidé de nous séparer, à la demande d’Ennahdha”, a déclaré le président lors d’un entretien diffusé mardi soir sur la chaîne privée El Hiwar Ettounsi.

Cette annonce marque la fin d’une entente en place depuis quatre ans, et qui a joué un rôle clé dans la poursuite de la démocratisation dans le pays pionnier du Printemps arabe.

“A un peu plus d’un an des élections législatives et de la présidentielle, chaque parti a intérêt à suspendre cette alliance, qui devient difficile à assumer”, explique à l’AFP le politologue Selim Kharrat, de l’ONG Al-Bawsala.

Dans son discours, le président s’est engagé à ce que ces scrutins aient lieu comme prévu fin 2019, malgré la profonde crise que traverse Nidaa Tounès, parti qu’il a fondé en 2012 sur une plateforme anti-islamiste.

Cette prise de distance est d’autant plus prévisible qu’en mai, l’abstention aux municipales avait révélé un rejet de l’alliance contre nature entre Ennahdha et Nidaa Tounès.

Mais elle ne signifie pas pour autant un retour du bras de fer qui avait déchiré la classe politique en 2013, au point de faire vaciller le fragile processus démocratique, font valoir des experts.

“Favorable au consensus”

Après le discours présidentiel, Ennahdha, qui craint de se retrouver isolée sur la scène politique tunisienne et internationale, a d’ailleurs rapidement assuré qu’elle restait “favorable au consensus”.

“La gestion de la transition démocratique ne peut être résolue que par le dialogue”, a déclaré son porte-parole, Imed Khmiri.

Pour le politologue Hamza Meddeb, “ce n’est pas la fin du consensus entre islamistes et sécularistes”. Il s’agit plutôt de “la fin du consensus entre les deux cheikhs”, ajoute-t-il, en référence à Béji Caïd Essebsi, 91 ans, et Rached Ghannouchi, 77 ans, le fondateur d’Ennahdha.

Selon lui, c’est “l’échec d’un acteur”, M. Caïd Essebsi, car “Ennahdha semble avoir changé de partenaire” en soutenant le Premier ministre Youssef Chahed.

Nidaa Tounès est déchirée depuis des mois par une lutte de pouvoir fratricide entre M. Chahed et le fils du président, Hafedh Caïd Essebsi: le premier bat un record de longévité comme chef de gouvernement et rassemble autour de lui une quarantaine de députés. Quant au second, il dirige désormais le parti mais n’a aucun mandat.

Dans son interview, le président a reproché à Ennahdha de continuer à soutenir M. Chahed, plus jeune Premier ministre de l’histoire moderne de la Tunisie, en poste depuis l’été 2016.

Mais “il n’est pas parti en guerre contre Ennahdha”, souligne Michaël Ayari, du centre de réflexion International crisis group (ICG): “il avoue simplement à demi-mot que M. Chahed a réussi à prendre son autonomie”.

“Après les tentatives de présidentialiser le régime, cette reconfiguration du consensus aboutit à un Premier ministre avec un réel pouvoir, et un président qui retrouve un rôle secondaire dans l’exécutif, plus conforme à la Constitution”, dit encore M. Ayari.

“Equilibriste”

Mardi soir, Béji Caïd Essebsi a évoqué une réforme de la Constitution après 2019, estimant le partage du pouvoir entre le président et le Premier ministre insatisfaisant.

Paradoxalement, il a aussi “vanté les mérites de l’alliance avec Ennahdha”, relève M. Kharrat, ce qui signifie que tout en rompant avec celle-ci, “il ménage la possibilité d’un rapprochement ultérieur”, dans un numéro “d’équilibriste”.

“La bonne nouvelle, c’est qu’il n’y a pas d’appel à durcir le discours politique”, conclut-il.

Le risque subsiste néanmoins que les campagnes électorales à venir dérivent vers les questions sociétales, réactivant des clivages, au détriment des urgences économiques et sociales, notent les analystes.

En dépit d’un retour de la croissance, le chômage et l’inflation restent élevés, alimentant une grogne sociale de plus en plus explosive, huit ans après la révolution.

“Tout le monde, que cela soit Nidaa ou Ennahdha, a échoué dans la gestion des questions économiques et sociales”, constate M. Meddeb.

Et, à défaut de différence majeure entre les grands partis sur ces questions, la tentation est grande de faire campagne sur la place de la femme ou de la religion.

Pour M. Meddeb, “ce serait jouer avec le feu, et une énorme opportunité manquée”.

Lire la suite

Facebook




cinéma

Advertisement