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Europe

Colombie: le processus de paix en péril après des attaques de l'ELN

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Une série d’attaques attribuées à la guérilla de l’ELN a poussé le gouvernement à suspendre les négociations de paix avec les rebelles, mettant en péril la trêve qui a mis fin à plus de 50 ans de confrontation armée en Colombie.

Mercredi matin, lors d’une allocution télévisée, le président colombien Juan Manuel Santos a indiqué avoir rappelé son négociateur en chef, actuellement à Quito, en Equateur, où se déroulent les pourparlers avec l’Armée de libération nationale (ELN), dernière guérilla active de Colombie.

“J’ai parlé avec le négociateur en chef du gouvernement à Quito afin qu’il revienne immédiatement pour évaluer l’avenir du processus”, a-t-il déclaré.

Un cessez-le-feu était en vigueur entre le 1er octobre et le 9 janvier à minuit.

C’était la première fois de son histoire que cette guérilla, inspirée de la révolution cubaine et issue en 1964 d’une insurrection paysanne, signait un accord de ce type.

Mardi, jour de la fin de la trêve, les deux parties avaient entamé des pourparlers en vue de sa prolongation. Ils devaient reprendre mercredi avant cette annonce de Bogota.

M. Santos a dénoncé la reprise des “attaques terroristes” intervenues mercredi matin “contre la population, les forces armées et les infrastructures”, sans donner davantage de détails.

De son côté, l’ELN a demandé la poursuite des négociations. “Nous, nous restons ici (à la table des négociations), que les discussions se poursuivent et qu’aucun incident ne vienne les interrompre. Nous appelons (le gouvernement) à revoir” sa position, a déclaré à Quito le commandant Pablo Beltran, négociateur en chef des rebelles.

Un peu plus tôt, l’entreprise publique pétrolière Ecopetrol a dénoncé quatre attaques contre des installations dans quatre départements.

Par ailleurs, les autorités ont rapporté une attaque à la grenade contre un poste de l’armée près de la frontière avec le Venezuela. Des soldats auraient été blessés, selon les médias locaux.

“Mon engagement pour la paix a été et sera total. Mais la paix se conquiert avec de la bonne volonté et des actes concrets. Pas seulement avec des mots”, a déclaré le président Santos.

– ‘Agir avec force’ –

Il a donné ordre aux forces armées “d’agir avec force pour répondre à cette agression” et a accusé la rébellion d’avoir refusé la prolongation du cessez-le-feu.

Il s’agit du niveau de tension le plus élevé atteint durant ce processus lancé en février 2017.

Pour l’analyste Victor de Currea-Lugo, ce rebondissement pourrait aboutir à une rupture définitive des négociations. “L’accord (des deux parties) était de ne pas quitter la table des discussions quoi qu’il arrive. Mais la gravité de la rupture du cessez-le-feu et les attentats qui viennent de se produire, rendent inévitable” cette “crise majeure”, déclare-t-il à l’AFP.

“Il semble qu’une ligne dure au sein de l’ELN soit en train de s’imposer”, a-t-il estimé.

Bien que le gouvernement colombien et la guérilla guévariste aient chacun exprimé à plusieurs reprises leur volonté de prolonger la trêve, l’accord avait déjà été fragilisé par des accusations mutuelles de violations.

L’ELN a déclaré dans un message à la fin de l’année qu’elle continuerait à négocier la paix même si le cessez-le-feu n’était pas prorogé.

Durant la trêve, l’ELN a admis sa responsabilité dans l’assassinat en novembre d’un leader indigène du département du Choco (nord-ouest).

Par ailleurs, le groupe guévariste considère comme une violation du cessez-le-feu la mort de sept paysans qui protestaient contre l’éradication forcée de la coca début octobre dans une zone frontalière de l’Equateur. Deux officiers de l’armée sont impliqués dans ces faits, selon le parquet colombien.

En un demi-siècle, ce conflit armé impliquant des guérillas, des paramilitaires, des forces gouvernementales et des trafiquants de drogue, a fait au moins 260.000 morts, plus de 60.000 disparus et 7,4 millions de déplacés.

Source: AFP

Europe

L’affaire Maassen relancée, le SPD remet en cause le compromis

AFP

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La dirigeante du Parti social-démocrate allemand, Andrea Nahles, a demandé vendredi à Angela Merkel de renégocier le compromis trouvé avec les conservateurs sur le sort de Hans-Georg Maassen, ancien chef du renseignement intérieur mis en cause pour ses propos sur les violences de Chemnitz.

Réagissant à cette demande, le porte-parole de l’Union chrétienne-sociale (CSU), la très droitière alliée bavaroise de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) de Merkel, a jugé possibles de nouvelles discussions “si un consensus est possible”. “Nous y réfléchissons”, a-t-il dit.

Maassen, qui a douté de l’existence de “chasse aux migrants” en marge de manifestations d’extrême droite à Chemnitz, dans l’ex-Allemagne de l’Est, a été relevé mardi de ses fonctions à la tête de l’Office fédéral de protection de la Constitution (BfV) et muté au ministère de l’Intérieur, à un poste mieux rémunéré.

“Les réactions très majoritairement négatives de citoyens montrent que nous avons commis une erreur”, écrit la présidente du SPD à la chancelière et à Horst Seehofer, ministre de l’Intérieur et dirigeant de la CSU.

“Nous avons perdu la confiance au lieu de la rétablir. Cela devrait nous donner toutes les raisons de suspendre et de reconsidérer cet accord”, ajoute-t-elle.

Selon un sondage mené par l’institut Infratest Dimap pour ARD DeutschlandTrend et publié vendredi, le bloc conservateur CDU-CSU recueillerait 28% des voix si des élections étaient organisées aujourd’hui, devant le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), crédité de 18% des suffrages. Le SPD recueillerait 17% des voix.

D’après un sondage INSA, près de la moitié des Allemands sont favorables à des élections législatives anticipées.

Lors du scrutin de septembre dernier, le bloc CDU-CSU a obtenu 32,9% des voix, devant le SPD, 20,5%. L’AfD a fait son entrée au Bundestag avec 12,6% des suffrages.

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Europe

Election invalidée pour fraude dans la région de Vladivostok

Reuters

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La commission électorale de la région de Primorski, où se trouve la ville de Vladivostok, dans l’Extrême-Orient russe, a invalidé jeudi le résultat d’un scrutin régional en raison de soupçons de fraude au bénéfice du candidat du Kremlin.

La présidente de la Commission électorale nationale russe s’était elle-même prononcée mercredi en faveur de la tenue d’un nouveau scrutin.

Le candidat au poste de gouverneur de la région de Primorski soutenu par le président Vladimir Poutine, Andreï Tarassenko, a été proclamé vainqueur de l’élection organisée dimanche dernier alors qu’il était devancé de plus de deux points par son adversaire communiste, Andreï Ichtchenko, après dépouillement de près de 99% des bulletins de vote.

Des manifestations de protestation étaient organisées depuis lundi à Vladivostok.

Le nouveau scrutin aura lieu d’ici trois mois.

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Europe

Suède : un Français clame son innocence au premier grand procès #MeToo

AFP

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Le Français Jean-Claude Arnault arrive au tribunal de Stockholm, le 19 septembre 2018 / © TT NEWS AGENCY/AFP / Fredrik SANDBERG

Un Français au coeur du premier grand procès #MeToo : Jean-Claude Arnault, astre déchu de l’élite culturelle suédoise, a clamé son innocence mercredi à Stockholm à l’ouverture de son procès pour le viol d’une jeune femme en 2011.

Le scandale a éclaté en novembre 2017, un mois après les révélations sur les viols et les autres agressions sexuelles imputés au producteur de cinéma américain Harvey Weinstein.

Un cataclysme qui a fait imploser l’Académie suédoise – avec laquelle M. Arnault, marié à l’un de ses membres, entretenait des liens étroits -, contrainte de reporter à 2019 l’annonce du prix Nobel de littérature 2018.

Le visage fermé, écharpe grise nouée autour du cou, lunettes de vue à monture noire, veste sombre, Jean-Claude Arnault n’a fait aucune déclaration à son arrivée au tribunal.

“Il conteste les accusations”, a annoncé devant les juges son conseil, Björn Hurtig, dont le client encourt une peine de deux à six ans de prison.

Comme souvent dans les affaires d’agressions sexuelles, le tribunal a ensuite ordonné le huis clos à la demande de la partie civile et les journalistes ont été priés de sortir.

Absente à l’ouverture des débats, la victime présumée, dont l’identité n’a pas été dévoilée, est allée déposer après la décision de huis clos, protégeant de ses mains son visage face au mur de caméras et d’appareils photo.

“Je suis satisfaite. On ne peut rêver meilleure déposition de la part d’une partie civile”, a déclaré à la fin de l’audience son conseil, Elisabeth Massi Fritz, un ténor du barreau suédois et une avocate spécialisée dans la défense des femmes.

L’audience de jeudi sera consacrée à l’audition de témoins indirects qui ont recueilli les confidences de la plaignante.

“Il est toujours difficile de prouver des faits survenus entre deux personnes dans une pièce fermée (…) et dont des personnes extérieures vont venir nous parler sept ans après”, a prévenu l’avocat de la défense.

“Peur intense”

Jean-Claude Arnault, 72 ans, était le directeur artistique de Forum, un club très sélect qu’il avait créé en 1989, et où se côtoyaient éditeurs, écrivains, dramaturges ou musiciens en vue, mais également de nombreuses jeunes femmes.

En novembre 2017, le quotidien Dagens Nyheter publiait le témoignage anonyme de 18 d’entre elles affirmant avoir été violentées ou harcelées par Jean-Claude Arnault dont le comportement, selon elles, était notoire.

Plusieurs plaintes ont été classées faute de preuves ou frappées par la prescription, mais le parquet a estimé disposer de suffisamment d’éléments à charge dans un dossier remontant à 2011.

A Lire également – Suède: ouverture du procès d’un Français jugé pour deux viols
Le 5 octobre de cette année-là, dans un appartement stockholmois, Jean-Claude Arnault, violent selon la victime qui se trouve quant à elle dans un état “de peur intense”, la contraint à des relations sexuelles, selon l’acte de mise en accusation consulté par l’AFP.

Les faits se seraient répétés dans la nuit du 2 au 3 décembre 2011, dans le même appartement, tandis que la victime dormait.

Plusieurs experts ont évoqué l’hypothèse d’un acquittement, au bénéfice du doute.

Académie en ruine

Une enquête interne a établi que plusieurs académiciennes, conjointes ou filles d’académiciens, avaient elles aussi subi “l’intimité non désirée” et les comportements “inappropriés” de l’accusé.

Selon une enquête du quotidien Svenska Dagbladet, Jean-Claude Arnault est né en 1946 à Marseille de parents réfugiés russes. Il serait arrivé en Suède à la fin des années 1960 pour étudier la photographie.

Dans un entretien avec Dagens Nyheter en 2006, il affirmait être monté sur les barricades parisiennes en mai 1968. “L’étincelle a été l’interdiction faite aux étudiants de partager les chambres des étudiantes”, se souvenait-il.

Il se vantait d’être le “19e membre” de l’Académie. Selon des témoins, il soufflait le nom des futurs lauréats du Nobel à ses amis.

L’affaire a mis au jour le fonctionnement opaque de l’Académie, une riche institution privée fondée en 1786 sur le modèle de son homologue française, ses conflits d’intérêts, ses jeux d’influence et la “culture du silence” qui y régnait.

Huit académiciens se sont mis en congé provisoire ou définitif, dont la secrétaire perpétuelle Sara Danius. L’attribution du Nobel de littérature 2018 a été reportée à l’année suivante et le prestigieux conclave, en ruine, s’efforce depuis de se reconstruire.

L’Académie doit élire dans les mois à venir de nouveaux membres, qui devront lire des dizaines d’auteurs parmi lesquels ils désigneront deux lauréats de ce prix Nobel, 2018 et 2019.

Le procès se poursuit jeudi et lundi, toujours à huis clos. Le jugement devrait être mis en délibéré.

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