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Le ministre des Relations Extérieures a tenu à marquer la désapprobation du gouvernement camerounais suite aux propos de l’ambassadeur des Etats-Unis à Yaoundé, suggérant à Paul Biya de quitter le pouvoir.

Le ministre des Relations extérieures, S.E. Mbella Mbella, informe l’opinion publique nationale qu’il a convoqué, ce mardi 22 mai 2018, S.E. Peter Henry Barlerin, ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique au Cameroun.
Cette entrevue faisait suite au communiqué publié par l’ambassadeur Barlerin, le vendredi 18 mai 2018, après l’audience à lui accordée la veille par S.E. Monsieur le président de la République du Cameroun.

Dans ledit communiqué, l’ambassadeur a notamment accusé l’armée camerounaise d’assassinats ciblés dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, tout en suggérant au chef de l’Etat de ne plus se représenter aux prochaines élections présidentielles, empruntant à la figure des anciens présidents Nelson Mandela et Georges Washington, dans un souci de legs historique.

Le ministre des Relations extérieures a fait part de la vive désapprobation du gouvernement camerounais après sa démarche, qui viole tous les usages diplomatiques en la matière, ainsi que les règles de civilité et de droit, tant dans la forme que dans le fond.

Dans la forme, il convient de rappeler que les ambassadeurs sont les envoyés extraordinaires d’un chef d’Etat auprès d’un autre chef d’Etat. Les moments d’échanges entre un chef d’Etat et un ambassadeur représentent ainsi des instants privilégiés de la vie diplomatique entre les deux pays, et doivent être empreints du plus haut degré de confidentialité et de réserve.

En ce qui concerne le fond, il a été reproché à l’ambassadeur Barlerin ses allégations totalement infondées sur le comportement des forces de défense et de sécurité du Cameroun qui, malgré un harcèlement quasi quotidien et de fortes pertes humaines et matérielles, ont constamment gardé à l’esprit, avec professionnalisme et rigueur, les règles d’engagement et du droit international humanitaire, dans un souci de préserver la vie, la liberté des citoyens et leurs biens, ainsi que la paix, la stabilité et l’intégrité territoriale du Cameroun.
Le ministre n’a pas manqué de signifier à l’ambassadeur que le président Biya est le garant de la stabilité et de la Constitution du Cameroun.

L’ambassadeur Barlerin a été invité à respecter le peuple camerounais, notamment sa liberté souveraine dans le choix de ses dirigeants, au premier rang desquels celui chargé de diriger l’Etat.

Il lui a été rappelé que S.E. Paul Biya ne se maintient pas au pouvoir par la force, ayant été régulièrement élu aux différents scrutins présidentiels, contre de nombreux et valeureux candidats. Le peuple camerounais a fait son choix, en toute lucidité et pragmatisme, à l’effet de permettre au chef de l’Etat de continuer à mener la grande et exaltante œuvre de construction nationale.

Le scrutin présidentiel prévu cette année sera organisé, comme par le passé, suivant les règles démocratiques qui s’imposent, et les Camerounais auront alors l’occasion d’exprimer librement leur volonté. Ils éliront celui qu’ils estimeront le plus à même de leur assurer sécurité et bien-être, tout en assurant un développement accru du pays, dans la justice et la paix. Le pays ne se fera jamais imposer de candidat de l’extérieur.

L’ambassadeur a été également informé quant à la volonté déjà affirmée du chef de l’Etat de laisser aux camerounais l’image de l’Homme qui a apporté la démocratie et le développement au Cameroun. Clôturant l’entretien, le ministre des Relations extérieures a évoqué les relations de coopération entre les Etats-Unis d’Amérique et le Cameroun, jugées excellentes jusqu’à nos jours, en espérant que l’ambassadeur y contribuera, comme ses prédécesseurs avant lui.

Enfin, le ministre des Relations extérieures a souligné que le peuple camerounais reste et demeure jaloux de sa souveraineté, et ne saurait accepter l’ingérence et l’immixtion d’aucune puissance, quelle qu’elle soit, dans ses affaires intérieures.

En réponse, l’ambassadeur, tout en plaidant le fait que ses propos ont été mal interprétés par la presse, a dit avoir pris bonne note des objections qui ont été faites par le ministre des Relations extérieures, et a au contraire tenu à réfuter l’idée selon laquelle il est venu changer le leadership au Cameroun; il compte apporter sa contribution à la stabilité du Cameroun, et ne saurait partager les positions des sécessionnistes.

Yaoundé, le 22 mai 2018

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Cameroun

Cameroun: deux civils abattus à Buea

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Au moins deux personnes ont été abattues ce lundi à Buea, capitale de la région du Sud-Ouest du Cameroun, a-t-on appris des sources sécuritaires.

Les forces de sécurité camerounaises en patrouille dans cette zone auraient tiré sur les deux hommes autour de la rue de campagne Soppo, à Buea, selon des sources.

Un habitant de la rue 2 à Buea a déclaré qu’un camion militaire qui passait devant a tiré des coups de feu au milieu de la ville fantôme et que la population a plus tard découvert deux cadavres gisant dans les rues.

Un des civils tués a été identifié comme étant Emmanuel Ndam, les habitants étant encore sous le choc après l’incident. Buea reste dans son opération habituelle de ville fantôme, la plupart des entreprises étaient fermées lundi. Les rues étaient complètement désertes.

Dans un développement similaire, des sources affirment que le poste de gendarmerie de Bonjongo à Limbé, a été attaqué tard dans la nuit. Un élève gendarme a été blessé et les assaillants ont emporté  des armes.

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Cameroun

Cameroun: un «commandant» des forces séparatistes tué à Kumba

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Une tête forte du groupe des séparatistes d’Ambazonie a été tué vendredi par les forces de sécurité camerounaises à Kumba, ont indiqué des sources sécuritaire.

Le «commando» a été tué lors d’un raid militaire sur leur base vendredi.

Avec l’aide de sources d’information provenant de la population locale, les soldats ont lancé un assaut qui a conduit à de lourds échanges de tirs à Kossala, Kumba.

Plusieurs soldats de l’armée camerounaise auraient été blessés au cours de l’opération tandis que les combattants séparatistes ont pu s’enfuir avec le corps de leur «commandant» qui a ensuite été enterré dans un endroit secret.

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Cameroun

Au Cameroun, Elecam veut tenir «le pari d’un scrutin réussi»

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Elections Cameroon (ELECAM), l’organe chargé de la gestion et de l’organisation du processus électoral et référendaire, « tiendra le pari d’un scrutin réussi » à l’occasion de l’élection présidentielle du 7 octobre prochain a déclaré, dimanche à Douala, le président du conseil électoral Enow Abrams Egbé. Malgré l’insécurité dans les régions anglophones du Nord-Ouest et Sud-Ouest avec des milliers de déplacés dus aux revendications sécessionnistes, « l’élection présidentielle se tiendra sans anicroche», a assuré Enow Abrams Egbe.

Il a ajouté :«à deux semaines du scrutin, le niveau de préparatifs rapporté par la direction générale et à l’issue de nos descentes est d’autant plus rassurante qu’il ne serait pas superflue d’affirmer aujourd’hui avec force qu’Elections Cameroon tiendra  n’en point douter le pari d’un scrutin réussi ».

Dans l’optique d’assurer le bon déroulement des élections, ELECAM va « veiller au respect du droit fondamental de vote et dans le même temps, renforcer le dialogue démocratique tout en consolidant la coloration entre ELECAM et les autres acteurs du processus électoral », a-t-il souligné.

Pour preuve, a-t-il indiqué, les bureaux de vote au nombre de 25.000  sont maintenus « dans l’ensemble du territoire national » où les 6,5 millions de personnes qui constituent le fichier électoral devraient remplir leur devoir civique.

Comme ELECAM, le gouvernement a déjà rassuré sur le déroulement du scrutin dans « la paix et la sérénité », indépendamment de la crise sociopolitique qui secoue le Nord-ouest et le Sud-ouest et des attaques de la secte terroriste Boko-haram dans la région de l’Extrême-nord où l’on continue d’enregistrer des attentats suicides.

Pour ce scrutin présidentiel, neuf candidats sont en lice parmi lesquels le président sortant Paul Biya au pouvoir depuis 36 ans. Il est présenté par des observateurs comme le favori à sa propre succession.

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