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Afrique

Burundi : Une réforme constitutionnelle répressive pour concentrer les pouvoirs autour du seul président

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Au terme d’une campagne à sens unique, où la promotion du non ou de l’abstention ont été sévèrement réprimées et des électeurs enrôlés de force, les burundais sont invités à se prononcer le 17 mai sur un projet de réforme constitutionnelle. La nouvelle note publiée aujourd’hui (15 mai 2018) par la FIDH et la Ligue ITEKA montre combien ce projet menace directement les équilibres issus de l’accord d’Arusha, signé en août 2000 après plusieurs années de guerre civile. Il concentrerait notamment l’essentiel des pouvoirs autour de Pierre Nkurunziza, qui pourrait demeurer président quatorze années supplémentaires. Tout en renforçant la protection de dirigeants du régime soupçonnés de graves crimes depuis trois ans, et désormais menacés par l’enquête ouverte en octobre 2017 par la Cour Pénale Internationale.

En 2015, le président Pierre Nkurunziza annonçait sa volonté de se présenter pour un troisième mandat non constitutionnel, précipitant le Burundi dans une instabilité et des violences politiques qui ont fait près de 400 000 nouveaux réfugiés. Entre avril 2015 et le 6 mai 2018, la Ligue ITEKA a recensé 1710 meurtres, 486 cas de disparitions forcées, 558 victimes de torture et 8 561 arrestations arbitraires, majoritairement liés à la crise politique et à la répression du régime.

Le 12 décembre 2017, Pierre Nkurunziza annonçait pourtant l’organisation d’un référendum pour réviser la constitution et tenter de se maintenir au pouvoir jusqu’en 2034. Donnant le ton d’une campagne à sens unique, il annonçait : « celui qui osera s’opposer au projet de révision de la Constitution en subira les conséquences ». Plusieurs de ses ministres et affidés lui emboîtaient le pas, se lançant dans une violente campagne d’intimidations et de menaces publiques, bientôt relayées dans tout le pays par les autorités locales, les membres du parti présidentiel (le CNDD-FDD), les forces de sécurité et milices Imbonerakure.

Cette campagne aura été largement inéquitable et utilisée comme un outil de répression supplémentaire, alimentant les crimes graves auxquels se livre le pouvoir depuis trois ans. Des opposants ont été victimes de représailles pour avoir participé à la campagne pour le « non » et des dizaines d’entre eux ont été arrêtés, détenus et tabassés depuis mi-avril. Des Imbonerakure ont dressé des barrières pour empêcher des militants de se rendre à des meetings. Les forces de l’ordre et les autorités locales ont cherché à entraver la tenue de certains rassemblements d’opposition. Des listes comportant les noms de personnes suspectées de se rendre à des meetings de l’opposition ont été dressées. Si les près de 430 000 burundais réfugiés dans les pays limitrophes n’ont pas été autorisés à participer au référendum, les autorités se sont lancées dans une campagne d’enrôlement de force des électeurs. Et au moins deux personnes – Dismas Sinzinkayo et Simon Bizimana – ont été tuées pour n’avoir pas voulu s’enregistrer ou démontrer leur enregistrement.

Au delà du climat de forte répression dans lequel s’inscrit cette campagne, la réforme s’avère particulièrement dangereuse, visant à briser les derniers contre pouvoirs inscrits dans la constitution de 2005, et déjà largement vidés de leur substance par trois années de dérive autoritaire et de vagues d’épurations dans l’administration et l’armée. Ces contre pouvoirs étaient issus de l’accord d’Arusha qui visait à favoriser la réconciliation nationale, notamment au travers une répartition des trois principales ethnies du pays (Hutus, Tutsis et Twas) au sein des différents organes des pouvoirs exécutif, législatif, judiciaire, et de l’armée.

Ce nouveau projet de constitution laisserait notamment la possibilité au Sénat de modifier, voire supprimer, au cours des cinq prochaines années, les équilibres ethniques en vigueur.

La nouvelle constitution renforcerait par ailleurs la concentration autocratique des pouvoirs autour du seul président, réduisant les prérogatives du gouvernement et du parlement. Il reviendrait désormais au chef de l’État de définir la politique de la nation, le gouvernement n’étant plus chargé que de sa « mise œuvre ».

Le président nommerait désormais directement les ministres, sans être tenu par les règles visant à assurer la représentation politique des différents partis et ethnies. Enfin, toute loi non promulguée par le Président dans les trente jours suivant son adoption par le Parlement deviendrait « caduque ». Rompant avec la traditionnelle séparation des pouvoirs exécutif et législatif, il reviendrait donc au chef de l’État le droit d’approuver ou non les lois adoptées par les députés.

Le président serait désormais élu pour un mandat renouvelable de sept ans, contre cinq actuellement. Cette nouvelle disposition pourrait assurer 14 années de pouvoir supplémentaires à Nkurunziza, à la tête du pays depuis 2005. Ce maintien au pouvoir sera facilité par les modifications prévues de la commission électorale, puisqu’elles lui permettraient d’en modifier la composition et d’y placer ses proches, sans plus se soucier des partis minoritaires ou d’opposition.

Les modifications proposées tentent également de protéger constitutionnellement les auteurs de la dérive autoritaire du régime. Ainsi, le Service National de Renseignement (SNR) verrait le cadre légal censé réguler ses activités quasiment réduit à néant. Depuis 2015, nos organisations ont pourtant établi sa responsabilité dans de multiples cas d’exécutions, de tortures, de disparitions forcées et de détentions illégales dans ses locaux.

Distribué par APO Group pour International Federation of Human Rights (FIDH).

Source: APO

Afrique

Les emplois des jeunes dans le secteur agricole en Afrique à l’honneur lors de la Conférence continentale de haut-niveau

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La Conférence sur l’emploi des jeunes dans l’agriculture réunira plus de 500 représentants, majoritairement des jeunes, issus de toute l’Afrique afin de discuter des différentes manières de stimuler les opportunités d’emploi dans l’agriculture sur le continent grâce à l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) et de l’entreprenariat.

Plus de 60 pour cent des 1,2 milliard d’africains sont âgés de moins de 25 ans. Pourtant, avec le peu d’opportunités d’emploi en zone rurale, là où la majorité de la population réside, il est de moins en moins évident que le continent soit prêt à exploiter ces ressources.

Le programme de la Conférence se focalisera sur des solutions durables pour créer des emplois décents pour les jeunes africains dans le secteur agricole. Il s’agira par exemple de minimiser la pénibilité du travail tout en exploitant au mieux les opportunités d’entreprenariat agroalimentaires et de proposer des innovations afin d’améliorer la productivité et la compétition.

Lors de la Conférence, la FAO présentera quatre applications numériques destinées à aider les agriculteurs à améliorer leur nutrition, leur production alimentaire, leurs revenus et leurs moyens d’existence.

Parmi les représentants figureront des décideurs politiques, des partenaires en développement, des membres du secteur privé, des organisations de jeunes et de femmes, des membres de la société civile, des chercheurs et des universitaires.

Les conférenciers qui prendront la parole lors du lancement de la Conférence le 20 août sont:

Paul Kagame, Président de la République du Rwanda (à confirmer)

Géraldine Mukeshimana, Ministre de l’agriculture et des ressources animales, Rwanda

José Graziano da Silva, Directeur général, Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture

Josefa Leonel Correia Sacko, Commissaire de l’Union Africaine à l’Economie rurale et l’agriculture

● Li Yong, Directeur général, Organisation des Nations Unies pour le développement industriel

L’évènement a été co-organisé par la FAO, l’Union Africaine et le Gouvernement du Rwanda.

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Madagascar

Le Président lance la construction de la Route des œufs, à Mahitsy

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Les travaux de construction de la « Route des œufs » ont officiellement débuté ce 13 aout à Mahitsy. Il s’agit d’une route de 19,25 km, composée d’un axe principal et de cinq embranchements dans les Communes rurales de Mahitsy, Ampanotokana, et Mahazaza, au nord-ouest d’Antananarivo. Le projet sera réalisé grâce à un don de la République Populaire de Chine, à hauteur d’environ 30 millions USD. Les travaux sont confiés à la société China Zhongmei Engineering Group, et sous la tutelle du Ministère des travaux publics. Le Président de la République Hery Rajaonarimampianina a procédé à la pose de la première pierre de ce projet, accompagné de l’Ambassadeur de Chine, Yang Xiaorong, et du Ministre Ulrich Andriantiana.

Environ 40 % des œufs consommés à Madagascar viennent des fermes avicoles installées dans les Communes rurales d’Ambohidratrimo et de Mahitsy, qui comptent, au total, 30 000 habitants, et dont 80% pratiquent l’aviculture. Toutefois, en raison du mauvais des routes, 10% de la production d’œufs sont endommagés durant le transport. La construction de la Route des Œufs va grandement améliorer les conditions de transport de la production, et, d’une manière générale, la circulation des biens et des personnes, au bénéfice du développement économique et social de la région.

Le Président Hery Rajaonarimampianina a rappelé qu’il avait promis de faire construire cette Route des œufs, et que, malgré l’attente, il réalise toujours ses promesses. Il a donc souligné la vertu de la patience pour arriver à de bons résultats, car « tout ne peut pas se faire en un jour, il faut du temps ». Le Chef d’Etat s’est déclaré convaincu que la future Route des œufs apportera un grand changement dans le quotidien des habitants de la région ; il a, par ailleurs, demandé à la population de respecter les infrastructures et les biens communs. Il a rappelé le rôle de tout un chacun dans la Renaissance et l’Emergence du pays. « Le développement dépend de chacun de nous. Nous devons nous imprégner de la culture de l’Émergence et nous consolider autour d’une ambition collective. Il faut que nous changions. Il faut que nous nous métamorphosions. Il nous faut une renaissance des mentalités et des pratiques, et vivre le patriotisme », a déclaré le Président.

A Mahitsy, lors du lancement des travaux, il n’a pas manqué d’exprimer toute la gratitude du peuple malgache pour la volonté de la Chine à réaliser ce projet, et d’accompagner le développement du pays. Par ailleurs, le Chef de l’Etat a annoncé que plusieurs autres chantiers allaient être réalisés grâce au soutien de la Chine, à l’exemple du projet de construction de 200 forages, pour l’approvisionnement en eau potable, qui sera lancé à Morondava, et le projet de construction de la RN5 Ambilobe-Vohemar.

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Côte d'Ivoire

Première célébration de la Journée Internationale de la Jeunesse à Ambovombe

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Ambovombe-Androy a accueilli, pour la première fois de son histoire, la célébration de la Journée Internationale de la Jeunesse ; elle était placée, cette année, sous le thème « Espaces sécurisées pour les jeunes ». La capitale de l’Androy a vécu ces derniers jours au rythme de rencontres et ateliers focalisés sur les jeunes, les perspectives professionnelles,  à travers des volets économiques, culturels et sportifs. Le Président de la République a fait honneur aux jeunes, ce dimanche 12 août, en allant à leur rencontre à Ambovombe. Ce fut également une visite marquée par la remise de plusieurs infrastructures, en l’occurrence les bâtiments nouvellement construits, ainsi que ceux qui ont été réhabilités, au sein du CHRR Monja Jaona (Centre Hospitalier de Référence Régionale), de même qu’un bloc opératoire, des équipements et une ambulance ; la Maison  des Jeunes, de l’Emploi et de l’Entrepreneuriat ; le Bureau Régional du Numérique ; la salle des fêtes ; les bâtiments de la Gendarmerie, et la route pavée dans le centre de la ville d’Ambovombe. La Directrice Régionale du FNUAP pour l’Afrique orientale et australe, Jullita Onabanjo, et l’Ambassadeur du Japon, Ichiro Ogasawara, étaient présents à Ambovombe, de même que des membres du Gouvernement et les autorités régionales.

Le Président Rajaonarimampianina a rappelé qu’il n’oublie pas le Sud, et qu’il travaille pour que cette grande région ne soit plus oubliée, comme ce fut le cas durant les 55 dernières années. A l’endroit des jeunes, à l’occasion de la Journée Internationale de la Jeunesse, il leur a demandé de se tourner vers l’avenir, vers le développement, avec fierté, sagesse et détermination. « Nous œuvrons ensemble, pour mettre fin au Kere, pour solutionner les problèmes liés à l’approvisionnement en eau potable, et afin d’assurer la santé pour tous. La jeunesse est désormais associée étroitement à l’action de développement, elle assume ses responsabilités, car elle a un rôle de premier plan à assumer, de par son potentiel », a déclaré le Chef de l’Etat. Les infrastructures nécessaires sont maintenant à Ambovombe, a-t il relevé, à l’instar du Bureau Régional du Numérique, pour que vous puissiez acquérir des connaissances, affiner les compétences, afin d’être au même niveau que ceux d’autres pays. Le Président a réitéré ses encouragements lors de la visite de la Maison des Jeunes, où des modules de formation professionnelle sont déjà dispensés, nécessaires à l’apprentissage de métiers, ou pour la création d’entreprises, outre le sport et la musique. Le Président a indiqué que de telles infrastructures seront dupliquées dans les autres régions. L’amour de la Patrie a été également au centre du discours du Président de la République à Ambovombe. « C’est une valeur très importante, car c’est un lien qui doit nous permettre de procéder à la renaissance de la mentalité, gage de la réussite du Fisandratana. Nous avons besoin ainsi de créer une équipe nouvelle, vouée au patriotisme, Tena Tia Tanindrazana », a-t-il réitéré.

Par rapport aux infrastructures et nouveaux équipements au sein du CHRR Monja Jaona, dont le bloc opératoire, le Président Rajaonarimampianina a expliqué l’importance accordée à la santé de la femme, notamment pour celles qui sont victimes de fistule obstétricale, lors de l’accouchement ; une fois guéries, après l’intervention chirurgicale, ces mères de familles ne devraient plus être handicapées, voire mises à l’index, dans les activités économiques ; et, afin de les soutenir, le Président a offert 25 machines à coudre, pour qu’elles puissent exercer un métier. Par ailleurs, une ambulance tout terrain a été remise au CHRR, et 9 motos pour les deux Centres Régionaux de Santé. Le Chef de l’Etat a déclaré que les résultats en matière de santé sont déjà palpables car les

taux de mortalité, en ce qui concerne la mère et de l’enfant, ont nettement diminué dans l’Androy, ainsi que dans toutes les régions du pays.

Sur le problème de l’approvisionnement en eau potable, le Président a annoncé que les financements pour la construction de canaux entre Taolagnaro et Amboasary sont déjà prêts, et que les travaux vont commencer ; quant à la troisième phase, entre Amboasary et Ambovombe, elle est aussi en vue, tout cela au bénéfice de la population du Sud. C’est dans l’esprit du Fisandratana, a-t-il déclaré, mais il a tenu à rappeler que tout ne se fait pas en un jour, comme le prétendent certains politiciens. « Il nous faut procéder à un changement de mentalité, dans la manière de penser et d’agir, pour vivre une ambition collective. Il nous faut travailler dans un esprit de solidarité, d’autant que les partenaires techniques et financiers sont à nos côtés, pour nous soutenir. Cette œuvre commune, nous devons la mener dans la paix et la stabilité », a-t-il conclu.

Le Japon, par la voix de son ambassadeur, Ichiro Ogasawara, a réitéré sa disponibilité à œuvrer pour le développement de la Grande Île, notamment du Grand Sud où elle contribue aussi aux programmes et projets mis en œuvre par les agences des Nations Unies, telles le FNUAP, pour la santé de la mère et de l’enfant, et c’est d’ailleurs la raison de la venue, à Ambovombe, de la Directrice Régionale de cet organisme onusien pour l’Afrique orientale et australe, Julitta Onabanjo.

Par ailleurs, le Président de la République a offert, respectivement, une somme de 3 millions d’ariary, à deux associations de Femmes et de Zokiolona (personnes du troisième âge). Une moto a été remise au Proviseur du lycée d’Ambovombe, un groupe électrogène pour la ville, 7 motoculteurs pour les paysans de 3 localités, 6 tonnes de maïs, et 5000 poussins pour l’Association des éleveurs. Et pour fêter la Journée Internationale de la Jeunesse, le Président a offert 22 bœufs.

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