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Europe

Allemagne: Paris met les pieds dans le plat sur l'économie

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Le ministre français de l’Economie, Bruno Le Maire, s’est immiscé mercredi à sa manière dans les difficiles négociations gouvernementales en cours en Allemagne en réclamant que le pays desserre les cordons de la bourse.

La France a entrepris des efforts pour réformer son économie et réduire les dépenses publiques et “nous attendons de la part de l’Allemagne qu’elle se joigne au mouvement, en menant une politique salariale plus offensive et en investissant plus”, a déclaré Bruno Le Maire dans une interview diffusée mercredi par l’hebdomadaire allemand Die Zeit.

“Nous devons aller l’un vers l’autre”, a-t-il ajouté.

Le message n’est sur le fond pas nouveau. La France se plaint de longue date que l’Allemagne, première économie européenne qui accumule les excédents commerciaux et budgétaires, ne soutienne pas davantage à ses yeux la croissance de l’ensemble du continent en dépensant plus.

Mais le moment choisi par le ministre français, très bon connaisseur de l’Allemagne, est particulier.

M. Le Maire s’est exprimé alors que conservateurs et sociaux-démocrates sont engagés dans la dernière ligne droite de leurs tractations pour tenter de forger un nouveau gouvernement. Elles doivent s’achever jeudi soir.

Plus de trois mois après les élections législatives marquées par la poussée de l’extrême droite et le repli des formations traditionnelles, la chancelière au pouvoir depuis 12 ans n’est toujours pas parvenue à trouver une majorité à la chambre des députés pour un nouveau mandat.

Surtout, le sujet de l’investissement public est au c?ur des divergences entre les deux camps. Le SPD exige pour prix de son alliance des gages dans ce domaine ainsi qu’en matière de justice sociale.

Les démocrates-chrétiens sont réservés. Très attachés à l’équilibre des comptes publics, ils jugent la marge de man?uvre financière limitée. Les deux camps ont certes trouvé un accord intermédiaire mardi pour maintenir “au moins à leur niveau actuel” les investissements dans les transports, mais sans citer aucun chiffre.

A présent, “nous attendons davantage d’investissements dans les grands projets, dans l’innovation, la recherche et les infrastructures”, a souligné M. Le Maire dans son interview.

– Réformes de l’Europe –

Ses déclarations sur la politique salariale plus “offensive” interviennent aussi dans un contexte social chargé.

Le syndicat de la métallurgie IG Metall a entamé cette semaine une série d’arrêts de travail pour réclamer entre autres une hausse de salaires de 6%, que refuse le patronat.

Les appétits dans le pays sont aiguisés par la bonne santé de l’économie. Le gouvernement allemand doit publier vendredi les chiffres de son excédent budgétaire fédéral en 2017, qui devrait dépasser 10 milliards d’euros au total, selon la presse. La croissance est au beau fixe et le taux de chômage au plus bas depuis près de 20 ans.

M. Le Maire a en outre confirmé l’impatience de Paris face à la paralysie politique en Allemagne. “Plus vite on aura un gouvernement allemand solide, mieux ce sera pour la France”, a-t-il dit.

L’élan pour des réformes en Europe qu’a tenté d’impulser le président français, Emmanuel Macron, fin septembre, juste après les élections allemandes, est aujourd’hui freiné par le vide à Berlin, où la chancelière se borne à gérer les affaires courantes.

Si son camp conservateur et les sociaux-démocrates sont d’accord de manière générale pour renforcer l’Europe, le SPD soutient explicitement les projets de M. Macron de réforme de la zone euro (budget, ministre, Parlement) alors que la CDU est beaucoup plus réservée, y voyant un danger de mutualisation des dettes.

“Il y a de grandes divergences”, a reconnu dimanche le chef de la diplomatie allemande, le social-démocrate Sigmar Gabriel, appelant à ce “que nous soutenions enfin les Français dans leurs efforts de réforme”.

M. Le Maire a tenté sur ce point de rassurer Mme Merkel en soulignant que l’idée d’un budget ou d’un Parlement de la zone euro ne seraient discutées qu’au bout du processus de réforme, après l’harmonisation fiscale et l’union bancaire.

Source: AFP

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L’affaire Maassen relancée, le SPD remet en cause le compromis

AFP

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La dirigeante du Parti social-démocrate allemand, Andrea Nahles, a demandé vendredi à Angela Merkel de renégocier le compromis trouvé avec les conservateurs sur le sort de Hans-Georg Maassen, ancien chef du renseignement intérieur mis en cause pour ses propos sur les violences de Chemnitz.

Réagissant à cette demande, le porte-parole de l’Union chrétienne-sociale (CSU), la très droitière alliée bavaroise de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) de Merkel, a jugé possibles de nouvelles discussions “si un consensus est possible”. “Nous y réfléchissons”, a-t-il dit.

Maassen, qui a douté de l’existence de “chasse aux migrants” en marge de manifestations d’extrême droite à Chemnitz, dans l’ex-Allemagne de l’Est, a été relevé mardi de ses fonctions à la tête de l’Office fédéral de protection de la Constitution (BfV) et muté au ministère de l’Intérieur, à un poste mieux rémunéré.

“Les réactions très majoritairement négatives de citoyens montrent que nous avons commis une erreur”, écrit la présidente du SPD à la chancelière et à Horst Seehofer, ministre de l’Intérieur et dirigeant de la CSU.

“Nous avons perdu la confiance au lieu de la rétablir. Cela devrait nous donner toutes les raisons de suspendre et de reconsidérer cet accord”, ajoute-t-elle.

Selon un sondage mené par l’institut Infratest Dimap pour ARD DeutschlandTrend et publié vendredi, le bloc conservateur CDU-CSU recueillerait 28% des voix si des élections étaient organisées aujourd’hui, devant le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), crédité de 18% des suffrages. Le SPD recueillerait 17% des voix.

D’après un sondage INSA, près de la moitié des Allemands sont favorables à des élections législatives anticipées.

Lors du scrutin de septembre dernier, le bloc CDU-CSU a obtenu 32,9% des voix, devant le SPD, 20,5%. L’AfD a fait son entrée au Bundestag avec 12,6% des suffrages.

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Election invalidée pour fraude dans la région de Vladivostok

Reuters

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La commission électorale de la région de Primorski, où se trouve la ville de Vladivostok, dans l’Extrême-Orient russe, a invalidé jeudi le résultat d’un scrutin régional en raison de soupçons de fraude au bénéfice du candidat du Kremlin.

La présidente de la Commission électorale nationale russe s’était elle-même prononcée mercredi en faveur de la tenue d’un nouveau scrutin.

Le candidat au poste de gouverneur de la région de Primorski soutenu par le président Vladimir Poutine, Andreï Tarassenko, a été proclamé vainqueur de l’élection organisée dimanche dernier alors qu’il était devancé de plus de deux points par son adversaire communiste, Andreï Ichtchenko, après dépouillement de près de 99% des bulletins de vote.

Des manifestations de protestation étaient organisées depuis lundi à Vladivostok.

Le nouveau scrutin aura lieu d’ici trois mois.

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Suède : un Français clame son innocence au premier grand procès #MeToo

AFP

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Le Français Jean-Claude Arnault arrive au tribunal de Stockholm, le 19 septembre 2018 / © TT NEWS AGENCY/AFP / Fredrik SANDBERG

Un Français au coeur du premier grand procès #MeToo : Jean-Claude Arnault, astre déchu de l’élite culturelle suédoise, a clamé son innocence mercredi à Stockholm à l’ouverture de son procès pour le viol d’une jeune femme en 2011.

Le scandale a éclaté en novembre 2017, un mois après les révélations sur les viols et les autres agressions sexuelles imputés au producteur de cinéma américain Harvey Weinstein.

Un cataclysme qui a fait imploser l’Académie suédoise – avec laquelle M. Arnault, marié à l’un de ses membres, entretenait des liens étroits -, contrainte de reporter à 2019 l’annonce du prix Nobel de littérature 2018.

Le visage fermé, écharpe grise nouée autour du cou, lunettes de vue à monture noire, veste sombre, Jean-Claude Arnault n’a fait aucune déclaration à son arrivée au tribunal.

“Il conteste les accusations”, a annoncé devant les juges son conseil, Björn Hurtig, dont le client encourt une peine de deux à six ans de prison.

Comme souvent dans les affaires d’agressions sexuelles, le tribunal a ensuite ordonné le huis clos à la demande de la partie civile et les journalistes ont été priés de sortir.

Absente à l’ouverture des débats, la victime présumée, dont l’identité n’a pas été dévoilée, est allée déposer après la décision de huis clos, protégeant de ses mains son visage face au mur de caméras et d’appareils photo.

“Je suis satisfaite. On ne peut rêver meilleure déposition de la part d’une partie civile”, a déclaré à la fin de l’audience son conseil, Elisabeth Massi Fritz, un ténor du barreau suédois et une avocate spécialisée dans la défense des femmes.

L’audience de jeudi sera consacrée à l’audition de témoins indirects qui ont recueilli les confidences de la plaignante.

“Il est toujours difficile de prouver des faits survenus entre deux personnes dans une pièce fermée (…) et dont des personnes extérieures vont venir nous parler sept ans après”, a prévenu l’avocat de la défense.

“Peur intense”

Jean-Claude Arnault, 72 ans, était le directeur artistique de Forum, un club très sélect qu’il avait créé en 1989, et où se côtoyaient éditeurs, écrivains, dramaturges ou musiciens en vue, mais également de nombreuses jeunes femmes.

En novembre 2017, le quotidien Dagens Nyheter publiait le témoignage anonyme de 18 d’entre elles affirmant avoir été violentées ou harcelées par Jean-Claude Arnault dont le comportement, selon elles, était notoire.

Plusieurs plaintes ont été classées faute de preuves ou frappées par la prescription, mais le parquet a estimé disposer de suffisamment d’éléments à charge dans un dossier remontant à 2011.

A Lire également – Suède: ouverture du procès d’un Français jugé pour deux viols
Le 5 octobre de cette année-là, dans un appartement stockholmois, Jean-Claude Arnault, violent selon la victime qui se trouve quant à elle dans un état “de peur intense”, la contraint à des relations sexuelles, selon l’acte de mise en accusation consulté par l’AFP.

Les faits se seraient répétés dans la nuit du 2 au 3 décembre 2011, dans le même appartement, tandis que la victime dormait.

Plusieurs experts ont évoqué l’hypothèse d’un acquittement, au bénéfice du doute.

Académie en ruine

Une enquête interne a établi que plusieurs académiciennes, conjointes ou filles d’académiciens, avaient elles aussi subi “l’intimité non désirée” et les comportements “inappropriés” de l’accusé.

Selon une enquête du quotidien Svenska Dagbladet, Jean-Claude Arnault est né en 1946 à Marseille de parents réfugiés russes. Il serait arrivé en Suède à la fin des années 1960 pour étudier la photographie.

Dans un entretien avec Dagens Nyheter en 2006, il affirmait être monté sur les barricades parisiennes en mai 1968. “L’étincelle a été l’interdiction faite aux étudiants de partager les chambres des étudiantes”, se souvenait-il.

Il se vantait d’être le “19e membre” de l’Académie. Selon des témoins, il soufflait le nom des futurs lauréats du Nobel à ses amis.

L’affaire a mis au jour le fonctionnement opaque de l’Académie, une riche institution privée fondée en 1786 sur le modèle de son homologue française, ses conflits d’intérêts, ses jeux d’influence et la “culture du silence” qui y régnait.

Huit académiciens se sont mis en congé provisoire ou définitif, dont la secrétaire perpétuelle Sara Danius. L’attribution du Nobel de littérature 2018 a été reportée à l’année suivante et le prestigieux conclave, en ruine, s’efforce depuis de se reconstruire.

L’Académie doit élire dans les mois à venir de nouveaux membres, qui devront lire des dizaines d’auteurs parmi lesquels ils désigneront deux lauréats de ce prix Nobel, 2018 et 2019.

Le procès se poursuit jeudi et lundi, toujours à huis clos. Le jugement devrait être mis en délibéré.

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