Air France-KLM fixé mardi sur sa gouvernance intérimaire - LaMinuteInfo

Air France-KLM fixé mardi sur sa gouvernance intérimaire

Anne-Marie Couderc, à l’Elysée à Paris le 6 juin 2014 / © AFP/Archives / FRED DUFOUR

Le conseil d’administration du groupe franco-néerlandais Air France-KLM doit se prononcer mardi sur la gouvernance de transition du groupe en attendant de trouver un successeur au PDG Jean-Marc Janaillac, qui a jeté l’éponge début mai.

Le conseil d’administration compte 19 membres – dont trois représentants de l’Etat français qui détient 14,3% du capital – de quatre nationalités différentes: française et néerlandaise mais aussi américaine et chinoise, depuis l’entrée au capital du groupe en 2017 de Delta (8,80%) et China Eastern (8,80%).

L’administratrice indépendante Anne-Marie Couderc préside le comité de nomination et de gouvernance et est membre du comité d’audit. Elle a été évoquée lundi par la presse comme la personnalité qui aura la charge de diriger le géant franco-néerlandais en attendant de trouver la perle rare pour reprendre les commandes du groupe en pleines turbulences à l’issue d’un bras de fer entre la direction et les syndicats qui aura coûté son siège à Jean-Marc Janaillac.

Le conseil d’administration se réunira mardi avant l’assemblée générale des actionnaires, qui débute à 14H30, et “annoncera une solution de gouvernance de transition”, a indiqué le groupe.

Selon Le Figaro, Mme Couderc assurera “la présidence non exécutive de la compagnie” tandis que “la gestion opérationnelle des affaires courantes sera assurée par les patrons des deux compagnies Air France (Franck Terner) et KLM (Pieter Elbers), ainsi que par le directeur financier Frédéric Gagey”.

M. Janaillac a “refusé d’assurer son propre intérim”, selon la même source.

La ministre des Transports Elisabeth Borne, interrogée mardi sur France Inter, n’a pas souhaité commenter ces informations, refusant de s’exprimer à “la place du conseil d’administration”.

“Ça s’est trop fait dans le passé”, a-t-elle ajouté.

M. Janaillac, à la tête du groupe depuis juillet 2016, avait mis son poste dans la balance lors d’une consultation du personnel sur un accord salarial prévoyant 2% d’augmentation immédiate et 5% sur 2019-2021.

Les résultats ont été publiés le 4 mai et aussitôt suivis par l’annonce de la démission du PDG: 55,44% des personnels d’Air France avaient voté contre le projet de la direction.

La période de la gouvernance de transition n’est pas limitée dans le temps, le candidat peut être recruté aussi bien en interne qu’en externe, et rien n’empêche dans les textes qu’il soit néerlandais, selon des sources proches du dossier.

– “A pied d’oeuvre tout de suite” –

Une intersyndicale réunissant les organisations de pilotes (SNPL, Spaf, Alter), d’hôtesses et stewards (SNPNC, Unsa-PNC, CFTC, SNGAF) et de personnels au sol (CGT, FO et SUD) réclamait une hausse de 5,1% dès cette année pour compenser la perte de pouvoir d’achat subie, selon elle, depuis la dernière augmentation générale en 2011, et au vu des bons résultats enregistrés par le groupe en 2017.

“La feuille de route du prochain président est claire: le rétablissement du dialogue social comme priorité absolue et en deuxième lieu le rétablissement de la compétitivité”, avait indiqué mercredi le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, ajoutant que l’Etat souhaitait qu’il “connaisse bien le secteur” et puisse “être à pied d’oeuvre tout de suite”.

La compagnie est aux prises avec une concurrence de plus en plus agressive de la part des deux autres géants européens (l’allemand Lufthansa et IAG, la maison mère de British Airways et Iberia), des low cost européennes sur le moyen-courrier, des compagnies du Golfe et asiatiques, et plus récemment de compagnies low cost qui se lancent sur le marché du long-courrier.

Le personnel d’Air France a observé 15 jours de grève depuis le 22 février, qui ont coûté au moins 300 millions d’euros au groupe, selon la direction.

Après des résultats qualifiés de “solides” pour 2017, le groupe a affiché au premier trimestre une perte d’exploitation de 118 millions d’euros, dont 178 millions pour la seule Air France.

“C’est une crise très grave, un énorme gâchis”, a déclaré pour sa part mardi à la presse Pierre Gattaz, le patron du Medef. “Air France m’inquiète beaucoup parce que si tout est bloqué, ça pourra se terminer comme Panam ou Swissair” qui ont disparu, a ajouté le président de l’organisation patronale.

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