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Trois décollages critiques en cinq mois à Bogota et Air France doit s’expliquer sur la sécurité de ses vols et de son personnel: le BEA enquête et l’Inspection du travail a porté l’affaire devant les tribunaux.

11 mars 2017: un Airbus A340-300 F-GLZU d’Air France met un temps “anormalement long” pour décoller de la capitale colombienne, ne survolant le bout de piste que d’un mètre (4 pieds), au lieu des 15 pieds réglementaires.

“L’avion a évité de justesse une collision avec le sol”, résume le comité d’hygiène et de sécurité (CHSCT) des pilotes d’Air France, pointant un “danger grave et imminent”.

Luc Berthier, directeur de la sécurité des vols d’Air France, a “les cheveux qui se hérissent sur la tête” en apprenant l’incident, mais, assure-t-il à l’AFP, la compagnie en prend la mesure.

À cette altitude (2.500 mètres), les moteurs poussent moins fort. Le phénomène est connu: Air France a dénombré à Bogota 15 décollages tardifs du même type (un tiers avec l’A340-300) en 5 ans. Mais, de l’aveu de M. Berthier, l’incident du 11 mars est “le pire” jamais survenu.

Problème: l’histoire se répète le 6 avril, puis le 19 août, cette fois avec un autre appareil et des conditions météo très défavorables.

En attendant les conclusions du Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA), au printemps 2018, il est décidé de diminuer la masse de l’avion, en réduisant soit les passagers et/ou le fret, soit le carburant (ce qui implique une escale).

La direction privilégie la première option, moins coûteuse et plus pratique, tandis que la seconde a la préférence du CHSCT et de l’Inspection du travail.

Et, fait inédit, l’administration assigne Air France en référé (procédure d’urgence) pour l’obliger à “programmer systématiquement” une escale.

Pour sa défense, Air France pointe “un problème de compétences techniques” chez ses contradicteurs et détaille son action: procédures révisées, vols analysés, masse réduite au décollage.

– Neuf tonnes en moins –

Un avion Air France quitte désormais Bogota avec “9 tonnes de moins” en moyenne, précise M. Berthier. L’offre commerciale est limitée “globalement” à “220 passagers”, en fonction aussi de la météo et du fret.

Les conséquences financières, “très importantes”, sont acceptées “sans réserve” par la direction générale, affirme-t-il.

Mais le Spaf, un syndicat de pilotes, affirme que “des avions ont décollé avec plus de 250 passagers cet été” et peste contre la “gestion probabiliste et comptable des incidents”.

Au-delà du conflit interne, plusieurs interrogations demeurent. Pourquoi ces incidents à répétition à Bogota? Y en a-t-il eu ailleurs? Air France est-elle la seule concernée?

“Il n’est généralement pas possible de décoller de Bogota avec le poids maximal”, se contente d’indiquer à l’AFP le groupe allemand Lufthansa.

Quant à Air France, la compagnie reconnait avoir retiré temporairement l’A340 au départ de Tananarive (Madagascar), autre aéroport en altitude.

Après analyse des vols, “on s’est rendu compte que certains vols étaient passés vraiment très, très proches des 15 pieds, sans panne moteur”, reconnaît M. Berthier.

Le problème, “ce n’est pas Air France, pas Lufthansa, pas Bogota, pas Tananarive”, mais plutôt “les performances au décollage de l’Airbus A340”, affirme-t-il.

Les incidents à répétition ont mis en lumière un “sujet d’industrie” plus global, à savoir une “cadence de rotation” (vitesse à laquelle le nez de l’avion se lève au-dessus de la piste) trop faible des avions quadrimoteurs, selon lui.

Une récente note de l’autorité européenne de sécurité aérienne (EASA), consultée par l’AFP, “attire l’attention” des compagnies sur le sujet.

Interrogé, Airbus n’a pas souhaité s’exprimer.

Mais M. Berthier va plus loin. Il existe un delta entre “les règles de certification (des avions) et la réalité de l’exploitation”, soutient-il. “C’est l’enjeu de l’enquête (du BEA) en cours” et cela “touche tous les constructeurs”.

La compagnie remplacera néanmoins les A340 par des Boeing 787 l’été prochain à Bogota.

Le juge des référés, lui, a décidé? de prendre son temps, en nommant un médiateur. Une audience d’étape est prévue le 18 décembre.

Source: AFP

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France

Un député en garde à vue pour fraude fiscale présumée

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Thierry Solère, député LREM des Hauts-de-Seine fait l’objet depuis 2016 d’une enquête préliminaire menée par l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF).

Le député LREM des Hauts-de-Seine Thierry Solère a été placé en garde à vue ce mardi matin à la PJ de Nanterre (Hauts-de-Seine).

L’ex-organisateur de la primaire de la droite est visé par une enquête pour fraude fiscale, trafic d’influence, de corruption, d’abus de bien sociaux, de financement illicite de dépenses électorales et de manquements aux obligations déclaratives auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.

Le bureau de l’Assemblée nationale avait levé son immunité parlementaire la semaine dernière.

Depuis 2016, Thierry Solère fait l’objet d’une enquête préliminaire menée par l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), après une plainte déposée par Bercy à la suite d’informations parues dans Mediapart.

L’élu travaillait en parallèle comme conseiller stratégique dans le privé, notamment chez Chimirec, une entreprise spécialisée dans la collecte et le traitement des déchets industriels. Un poste qui lui rapportait «12 000 euros par mois», avait souligné le site Mediapart en septembre 2016.

Il est soupçonné d’avoir favorisé les entreprises dans lesquelles il travaillait. Les enquêteurs le soupçonnent également de trafic d’influence, corruption, abus de biens sociaux, financement illicite de dépenses électorales et manquement aux obligations déclaratives auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

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France

Rencontre entre Emmanuel Macron et les partenaires sociaux

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AFP PHOTO / Michel Euler

Le président français Emmanuel Macron reçoit ce mardi les huit principaux leaders syndicaux et patronaux, pour évoquer l’agenda social très chargé de la rentrée, avec au programme le plan pauvreté, l’assurance chômage et les retraites.

C’est la première fois que ces partenaires sociaux sont reçus tous ensemble.

Les chefs de file des trois organisations patronales (Medef, CPME et U2P) et des cinq centrales syndicales représentatives (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC) sont arrivés peu avant 9H00 à l’Elysée pour une réunion qui doit durer deux heures.

Le président reçoit pour la première fois les huit leaders ensemble, après les avoir vus séparément en mai et octobre 2017. Certains syndicats lui avaient, à l’époque, reproché de changer de discours selon l’interlocuteur.

Ce rendez-vous doit “jeter les bases d’un nouveau contrat social, celui du siècle qui s’ouvre”, a annoncé le président devant le Congrès la semaine dernière.

Après une première année de quinquennat menée tambour battant sur le terrain social – ordonnances réformant le code du travail déjà en vigueur, adoption prochaine du projet de loi “avenir professionnel” -, M. Macron veut faire le point sur les chantiers de la rentrée.

Le plan pauvreté, dont l’annonce a été reportée à septembre officiellement pour peaufiner son contenu, l’assurance chômage ou encore les retraites seront au programme de cette rencontre. “Les priorités du président sont le retour vers l’emploi, la lutte contre la pauvreté et la précarité, ainsi que la santé au travail, mais il veut être à l’écoute des sujets que les partenaires sociaux souhaitent aborder“, selon l’Elysée.

les contrats courts, un phénomène à combattre

Sur l’assurance chômage, les partenaires sociaux seront à l’affût d’éclaircissements de la part du président, qui leur a demandé d’entamer en septembre une nouvelle renégociation des règles du régime, la troisième depuis début 2017.

Syndicats et patronat sont de nouveau invités à trouver des solutions pour lutter contre les contrats courts et inciter au retour à l’emploi. Outre ces deux thèmes récurrents, le gouvernement souhaite qu’ils réfléchissent à une nouvelle allocation pour les chômeurs de longue durée, qui bénéficient aujourd’hui, lorsqu’ils arrivent en fin de droits, d’une allocation versée par l’Etat (ASS).

Cette annonce a été fraichement accueillie par les partenaires sociaux.

“Il faut se poser la question de qui doit tenir les manettes”, a réagi François Asselin, de la CPME. “Il ne faut pas nous donner la finalité avant même qu’on négocie” sinon “ce sera sans nous”, a prévenu Laurent Berger (CFDT).

 “Ecouter un peu plus” 

Les partenaires sociaux comptent également profiter de cette rencontre pour défendre leur rôle, face à un pouvoir qui, selon eux, les malmène.

Pascal Pavageau (FO) espère qu’il y aura, à l’issue de cette rencontre, “un après (…) radicalement différent en termes de méthode”. Même tonalité du côté de M. Asselin (CPME), qui affirme qu'”on a besoin de corps intermédiaires pour faire accepter les réformes au plus grand nombre”.

A peine élu à la tête du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux critiquait, lui aussi, la méthode Macron : “On voit bien qu’il y a un problème de vitesse. Ce gouvernement va très vite, propose énormément de réformes. On a du mal à suivre.” La rendez-vous de ce mardi sera sa première rencontre officielle avec Emmanuel Macron en tant que président du Medef.

Laurent Berger, lui, entend faire passer un message à M. Macron: “Je lui dirai +trop souvent vous voulez passer seul et ce n’est pas bon (…) pour la qualité des réformes souhaitées+.”

Du côté de la CGT, Philippe Martinez attend du chef de l’Etat “qu’il change de politique sociale” et “qu’il parle de pouvoir d’achat, d’augmentation des salaires, d’augmentation des pensions” de retraite”.

Les huit chefs de file syndicaux et patronaux se sont, chose inédite, réunis la semaine dernière. Leur objectif: sortir d’un rôle ressenti de “faire-valoir” du gouvernement en fixant un agenda social indépendant du calendrier que leur impose l’exécutif. Ils doivent se retrouver en septembre.

Emmanuel Macron recevra une centaine de patrons, dont ceux des principaux groupes français, dans l’après-midi de mardi, pour leur demander de prendre “des engagements immédiats, visibles, de créations d’emplois et d’embauches d’apprentis”, notamment dans les quartiers difficiles.

Avec AFP

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France

Equipe de France: les champions du monde 2018 recevront la Légion d’honneur

Ange Poireau

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AFP PHOTO / FRANCK FIFE

Les Bleus, champions du monde 2018,  vont recevoir la Légion d’honneur dans quelques mois, a indiqué lundi l’Elysée.

Les joueurs de l’équipe de France de football, seront décorés à une date non encore déterminée sur décision du président de la République. Aujourd’hui sélectionneur de l’équipe championne en Russie, le capitaine Didier Deschamps avaient déjà été décoré avec la cuvée, 19980 qui avait remporté le graal, pour la première fois, à domicile.

Les joueurs et leur encadrement seront accueillis par Emmanuel Macron avec son épouse Brigitte, à l’Elysée en fin d’après-midi, après leur descente des Champs-Elysées à leur retour en France en provenance de Moscou.

Près de 3000 invités attendus

Près de 3.000 personnes ont été invitées à les célébrer dans les jardins de l’Elysée, dont de très nombreux jeunes venus des clubs de foot formateurs des champions du monde, comme celui de Bondy, où a débuté Kylian Mbappé. Des sportifs médaillés des derniers JO d’hiver ainsi que les joueurs de l’équipe de rugby des moins de 20 ans, récemment sacrée championne du monde, ont également été conviés.

Après avoir été accueillis dans la cour d’honneur de l’Elysée vers 18H30, les Bleus s’entretiendront en privé avec Emmanuel Macron et son épouse, avant de sortir dans le jardin pour la réception au cours de laquelle le président prendra la parole.

Avec AFP

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