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Europe

A Mossoul, une rive du Tigre est en ruines mais l'autre reprend vie

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Sur la rive ouest du Tigre, gravats et ruines rappellent l’intensité des combats pour chasser les jihadistes de Mossoul. Mais de l’autre côté du fleuve, moins touché, la vie a repris et les habitants veulent rattraper le temps perdu.

Deuxième ville d’Irak, divisée par le Tigre, Mossoul a été trois ans durant sous le joug des jihadistes du groupe Etat islamique (EI). Sa partie occidentale a été reconquise en juillet, six mois après sa partie orientale où la bataille a été de loin moins dévastatrice.

Depuis la libération de la ville de l’EI, son “califat” autoproclamé et son extrémisme, promoteurs et investisseurs sont de retour dans le secteur oriental de cet ancien carrefour commercial régional.

“On a brisé le mur de la peur”, répètent à l’envi des habitants, particulièrement les femmes et les jeunes, décidés à insuffler une liberté nouvelle dans la cité réputée pour son conservatisme et devenue après la chute en 2003 du président Saddam Hussein une place-forte d’Al-Qaïda avant l’arrivée de l’EI.

Signe des temps qui changent, Nesrine, 31 ans, a trouvé un emploi de vendeuse dans un magasin de vêtements turc ouvert il y a moins d’un mois. Même avant l’occupation de l’EI en 2014, elle n’aurait jamais imaginé pouvoir rentrer chez elle à 22H00 passées, après une longue journée de travail.

La nuit est déjà tombée sur l’est de Mossoul, embouteillé et grouillant d’activités.

Le visage ceint d’un voile bordeaux qui laisse deviner ses cheveux noirs aux boucles travaillées, Nesrine conseille des clientes apprêtées.

– ‘Un long cauchemar’ –

En vitrine, un mannequin porte une jupe au-dessus du genou et un haut-parleur sur le perron diffuse à plein volume le rythme entêtant des derniers tubes venus d’Amérique latine ou les paroles sirupeuses des chanteuses libanaises et égyptiennes.

Au milieu des jeans slim et des tops colorés, Nesrine se remémore les trois années que près d’un tiers de l’Irak a passé sous la férule de l’EI et de ses exactions commises au nom de l’islam sunnite, minoritaire dans le pays mais majoritaire à Mossoul.

“On a connu la dépression, la faim, les ruines, l’oppression. C’est un miracle que nous soyons encore en vie”, dit-elle à l’AFP. “Nous avons fait un long cauchemar et nous nous sommes réveillés transformés”.

Du temps de l’EI, “si un garçon et une fille étaient découverts ensemble, ils risquaient l’exécution”, raconte Rahma, 21 ans, qui étudie l’anglais à l’Université de Mossoul.

Là, se pressent jeunes filles aux voiles colorés et jeunes hommes aux vestes cintrées et crêtes savamment dressées sur la tête à grand renfort de gel.

Avant même la percée jihadiste de 2014, travailler hors de la maison et avec des hommes, hormis dans l’administration publique, c’était “inenvisageable” pour les filles, poursuit-elle.

Aujourd’hui, dans le magasin où travaille Nesrine, sur les 22 employés, neuf sont des femmes.

Avant, “les gens de Mossoul allaient dans d’autres provinces d’Irak pour les loisirs”, fautes d’endroits, explique Ziad Dabbagh, qui vient d’ouvrir un restaurant dans le quartier commerçant d’al-Zouhour.

Sur les trois terrasses et dans les quatre salles, des familles dînent, des groupes de jeunes hommes sirotent un thé.

“C’était comme si on était perdus au milieu du désert, coupés de tout et que tout d’un coup on redécouvrait qu’on pouvait s’amuser”, témoigne Roua al-Malah, 34 ans, qui sort ce soir en famille.

– Finis les couvre-feu –

Dans l’immeuble voisin, derrière une porte en verre et au milieu d’un nuage de fumée qui s’échappe des narguilés, des hommes, cartes en main, abattent leur jeu tandis que d’autres se pressent autour de tables de billard en sirotant des cocktails de fruits.

Mazen Aziz, le propriétaire, a ouvert en mai, alors que les combats se poursuivaient encore sur la rive ouest de la ville.

Son club de billard, avec ses fumeurs, ses joueurs et sa musique, c’est l’incarnation exacte du cauchemar des extrémistes qui, dit-il, faisaient la loi “depuis plus de dix ans”.

“Après 18 heures, il n’y avait plus personne dans les rues. Aujourd’hui, je peux rentrer chez moi à deux ou trois heures du matin, sans crainte”, affirme-t-il, devant son carnet de réservation des tables de billard, qui ne cesse de se remplir.

“C’est une nouvelle vie qui commence, dans le vrai sens du terme”.

Une nouvelle vie dont Nesrine entend bien tirer profit. Sa fille aînée de 14 ans a perdu deux années d’école sous l’EI.

“Elle va les rattraper et elle fera des études ensuite”, promet sa mère. “Le salaire d’une femme, c’est son arme”. Et la nouvelle génération, assure-t-elle, sera bien armée.

Source: AFP

Europe

L’affaire Maassen relancée, le SPD remet en cause le compromis

AFP

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La dirigeante du Parti social-démocrate allemand, Andrea Nahles, a demandé vendredi à Angela Merkel de renégocier le compromis trouvé avec les conservateurs sur le sort de Hans-Georg Maassen, ancien chef du renseignement intérieur mis en cause pour ses propos sur les violences de Chemnitz.

Réagissant à cette demande, le porte-parole de l’Union chrétienne-sociale (CSU), la très droitière alliée bavaroise de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) de Merkel, a jugé possibles de nouvelles discussions “si un consensus est possible”. “Nous y réfléchissons”, a-t-il dit.

Maassen, qui a douté de l’existence de “chasse aux migrants” en marge de manifestations d’extrême droite à Chemnitz, dans l’ex-Allemagne de l’Est, a été relevé mardi de ses fonctions à la tête de l’Office fédéral de protection de la Constitution (BfV) et muté au ministère de l’Intérieur, à un poste mieux rémunéré.

“Les réactions très majoritairement négatives de citoyens montrent que nous avons commis une erreur”, écrit la présidente du SPD à la chancelière et à Horst Seehofer, ministre de l’Intérieur et dirigeant de la CSU.

“Nous avons perdu la confiance au lieu de la rétablir. Cela devrait nous donner toutes les raisons de suspendre et de reconsidérer cet accord”, ajoute-t-elle.

Selon un sondage mené par l’institut Infratest Dimap pour ARD DeutschlandTrend et publié vendredi, le bloc conservateur CDU-CSU recueillerait 28% des voix si des élections étaient organisées aujourd’hui, devant le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), crédité de 18% des suffrages. Le SPD recueillerait 17% des voix.

D’après un sondage INSA, près de la moitié des Allemands sont favorables à des élections législatives anticipées.

Lors du scrutin de septembre dernier, le bloc CDU-CSU a obtenu 32,9% des voix, devant le SPD, 20,5%. L’AfD a fait son entrée au Bundestag avec 12,6% des suffrages.

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Europe

Election invalidée pour fraude dans la région de Vladivostok

Reuters

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La commission électorale de la région de Primorski, où se trouve la ville de Vladivostok, dans l’Extrême-Orient russe, a invalidé jeudi le résultat d’un scrutin régional en raison de soupçons de fraude au bénéfice du candidat du Kremlin.

La présidente de la Commission électorale nationale russe s’était elle-même prononcée mercredi en faveur de la tenue d’un nouveau scrutin.

Le candidat au poste de gouverneur de la région de Primorski soutenu par le président Vladimir Poutine, Andreï Tarassenko, a été proclamé vainqueur de l’élection organisée dimanche dernier alors qu’il était devancé de plus de deux points par son adversaire communiste, Andreï Ichtchenko, après dépouillement de près de 99% des bulletins de vote.

Des manifestations de protestation étaient organisées depuis lundi à Vladivostok.

Le nouveau scrutin aura lieu d’ici trois mois.

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Europe

Suède : un Français clame son innocence au premier grand procès #MeToo

AFP

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Le Français Jean-Claude Arnault arrive au tribunal de Stockholm, le 19 septembre 2018 / © TT NEWS AGENCY/AFP / Fredrik SANDBERG

Un Français au coeur du premier grand procès #MeToo : Jean-Claude Arnault, astre déchu de l’élite culturelle suédoise, a clamé son innocence mercredi à Stockholm à l’ouverture de son procès pour le viol d’une jeune femme en 2011.

Le scandale a éclaté en novembre 2017, un mois après les révélations sur les viols et les autres agressions sexuelles imputés au producteur de cinéma américain Harvey Weinstein.

Un cataclysme qui a fait imploser l’Académie suédoise – avec laquelle M. Arnault, marié à l’un de ses membres, entretenait des liens étroits -, contrainte de reporter à 2019 l’annonce du prix Nobel de littérature 2018.

Le visage fermé, écharpe grise nouée autour du cou, lunettes de vue à monture noire, veste sombre, Jean-Claude Arnault n’a fait aucune déclaration à son arrivée au tribunal.

“Il conteste les accusations”, a annoncé devant les juges son conseil, Björn Hurtig, dont le client encourt une peine de deux à six ans de prison.

Comme souvent dans les affaires d’agressions sexuelles, le tribunal a ensuite ordonné le huis clos à la demande de la partie civile et les journalistes ont été priés de sortir.

Absente à l’ouverture des débats, la victime présumée, dont l’identité n’a pas été dévoilée, est allée déposer après la décision de huis clos, protégeant de ses mains son visage face au mur de caméras et d’appareils photo.

“Je suis satisfaite. On ne peut rêver meilleure déposition de la part d’une partie civile”, a déclaré à la fin de l’audience son conseil, Elisabeth Massi Fritz, un ténor du barreau suédois et une avocate spécialisée dans la défense des femmes.

L’audience de jeudi sera consacrée à l’audition de témoins indirects qui ont recueilli les confidences de la plaignante.

“Il est toujours difficile de prouver des faits survenus entre deux personnes dans une pièce fermée (…) et dont des personnes extérieures vont venir nous parler sept ans après”, a prévenu l’avocat de la défense.

“Peur intense”

Jean-Claude Arnault, 72 ans, était le directeur artistique de Forum, un club très sélect qu’il avait créé en 1989, et où se côtoyaient éditeurs, écrivains, dramaturges ou musiciens en vue, mais également de nombreuses jeunes femmes.

En novembre 2017, le quotidien Dagens Nyheter publiait le témoignage anonyme de 18 d’entre elles affirmant avoir été violentées ou harcelées par Jean-Claude Arnault dont le comportement, selon elles, était notoire.

Plusieurs plaintes ont été classées faute de preuves ou frappées par la prescription, mais le parquet a estimé disposer de suffisamment d’éléments à charge dans un dossier remontant à 2011.

A Lire également – Suède: ouverture du procès d’un Français jugé pour deux viols
Le 5 octobre de cette année-là, dans un appartement stockholmois, Jean-Claude Arnault, violent selon la victime qui se trouve quant à elle dans un état “de peur intense”, la contraint à des relations sexuelles, selon l’acte de mise en accusation consulté par l’AFP.

Les faits se seraient répétés dans la nuit du 2 au 3 décembre 2011, dans le même appartement, tandis que la victime dormait.

Plusieurs experts ont évoqué l’hypothèse d’un acquittement, au bénéfice du doute.

Académie en ruine

Une enquête interne a établi que plusieurs académiciennes, conjointes ou filles d’académiciens, avaient elles aussi subi “l’intimité non désirée” et les comportements “inappropriés” de l’accusé.

Selon une enquête du quotidien Svenska Dagbladet, Jean-Claude Arnault est né en 1946 à Marseille de parents réfugiés russes. Il serait arrivé en Suède à la fin des années 1960 pour étudier la photographie.

Dans un entretien avec Dagens Nyheter en 2006, il affirmait être monté sur les barricades parisiennes en mai 1968. “L’étincelle a été l’interdiction faite aux étudiants de partager les chambres des étudiantes”, se souvenait-il.

Il se vantait d’être le “19e membre” de l’Académie. Selon des témoins, il soufflait le nom des futurs lauréats du Nobel à ses amis.

L’affaire a mis au jour le fonctionnement opaque de l’Académie, une riche institution privée fondée en 1786 sur le modèle de son homologue française, ses conflits d’intérêts, ses jeux d’influence et la “culture du silence” qui y régnait.

Huit académiciens se sont mis en congé provisoire ou définitif, dont la secrétaire perpétuelle Sara Danius. L’attribution du Nobel de littérature 2018 a été reportée à l’année suivante et le prestigieux conclave, en ruine, s’efforce depuis de se reconstruire.

L’Académie doit élire dans les mois à venir de nouveaux membres, qui devront lire des dizaines d’auteurs parmi lesquels ils désigneront deux lauréats de ce prix Nobel, 2018 et 2019.

Le procès se poursuit jeudi et lundi, toujours à huis clos. Le jugement devrait être mis en délibéré.

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