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Ce qui est reproché à Carlos Ghosn

AFP

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Cinq mois après l’arrestation à Tokyo de Carlos Ghosn pour des malversations financières présumées, voici un récapitulatif des principaux points du dossier.

Seuls les trois premiers font à ce stade l’objet de poursuites judiciaires.

1) Dissimulation de revenus

Carlos Ghosn a été mis en examen au Japon pour avoir minimisé, dans les rapports de Nissan remis aux autorités boursières, environ la moitié de ses revenus, soit 9,23 milliards de yens (74 millions d’euros) de 2010 à 2018.

Cela lui vaut deux inculpations.

Lors de son unique comparution devant le tribunal, le 8 janvier, le magnat déchu de l’automobile a reconnu que des revenus étaient à l’étude pour lui être versés lorsqu’il serait en retraite mais n’avaient pas encore été actés.

Le constructeur, lui-même inculpé dans cette affaire, a cependant décidé d’imputer la somme en question sur ses comptes de l’exercice achevé fin mars. Cette décision revient à graver dans le marbre l’existence de ces revenus, affaiblissant la ligne de défense de M. Ghosn.

2) L’ami saoudien

L’homme d’affaires franco-libano-brésilien a en outre été mis en examen le 10 janvier pour “abus de confiance aggravé”: il est accusé d’avoir tenté de faire couvrir par Nissan “des pertes sur des investissements personnels” au moment de la crise financière d’octobre 2008. La somme incriminée s’élève à 1,85 milliard de yens (14 millions d’euros).

Pour résoudre ce problème financier, il a obtenu qu’un milliardaire saoudien, Khaled Juffali, se porte garant. Il l’aurait ultérieurement récompensé par des virements provenant de “la réserve du PDG”.

Nissan “n’a subi aucun préjudice”, rétorque M. Ghosn. Quant aux versements effectués à M. Juffali, ils ont été “validés par quatre cadres” et correspondent à “d’importants services rendus” à l’entreprise.

3) La route d’Oman

Autre inculpation pour le même motif d’abus de confiance, M. Ghosn est sur la sellette pour des transferts d’argent émanant de Nissan, à un distributeur de véhicules du constructeur à Oman.

Au total, 5 millions de dollars ont été utilisés pour le bénéfice personnel de M. Ghosn, selon le bureau des procureurs.

Des sources proches du dossier évoquent l’achat d’un yacht et des investissements dans un fonds contrôlé par son fils Anthony aux Etats-Unis, Shogun Investments LLC.

Renault a transmis à la justice des éléments similaires, portant sur plusieurs millions d’euros de paiements suspects.

4) Résidences de luxe, rémunérations “indues”, sœur embauchée

Nissan, qui a débuté les investigations à l’été 2018 après le signalement d’un ou plusieurs lanceurs d’alerte, accuse par ailleurs son ancien sauveur d’autres malversations, pour lesquelles il n’est pas poursuivi à ce stade.

Le dossier mentionne l’existence de résidences de luxe à Beyrouth, Rio de Janeiro et Paris, achetées par l’intermédiaire de filiales basées aux Pays-Bas.

Carlos Ghosn a aussi reçu une rémunération “confidentielle” de 7,8 millions d’euros de la part d’une société néerlandaise co-détenue par Nissan et Mitsubishi Motors (NMBV).

Autre soupçon, le versement d’émoluments à une de ses soeurs (755.000 dollars de 2003 à 2016) pour des activités de conseil au sein d’un “Global donation advisory council” qui, d’après Nissan, n’a jamais existé.

Interrogé sur le sujet fin janvier, M. Ghosn a esquivé la question, fustigeant l’attitude de Nissan et son “armée de gens qui ne cessent de (lui) jeter des horreurs à la tête”.

5) Château de Versailles

En France, l’ancien patron est soupçonné d’avoir obtenu la location du château de Versailles et du Grand Trianon pour l’organisation de son mariage en octobre 2016, une prestation évaluée à 50.000 euros, en contrepartie d’une convention de mécénat signée entre l’établissement public et la marque au losange.

L’enquête fait suite à un signalement de Renault à la justice début février.

Renault et Nissan s’intéressent également à un autre événement dans le même lieu prestigieux, le 9 mars 2014, jour du 60e anniversaire de M. Ghosn, d’après une personne au fait des investigations.

Selon le carton d’invitation vu par l’AFP, envoyé via une adresse email appelée “Alliance Versailles”, il s’agissait d’un dîner pour célébrer en grande pompe (menu concocté par le chef étoilé Alain Ducasse, tenue de gala, feu d’artifice) les 15 ans de l’Alliance Renault-Nissan, tombant le 27 mars.

La facture de plus de 600.000 euros a été réglée par la société néerlandaise Renault-Nissan BV (RNBV) mais, parmi les 200 invités appelés à “une discrétion totale”, figuraient essentiellement des proches de M. Ghosn, et de la haute société du Liban. Seulement deux représentants des constructeurs étaient là, assure la même source.

M. Ghosn a également invité huit couples au Carnaval de Rio aux frais de Renault-Nissan en 2018, d’après des documents consultés par l’AFP.

NOTE: Dans le but d’élargir son champ d’action, LaminuteInfo s’ouvre au journalisme citoyen. L’objectif de la politique éditoriale est d’essayer  désormais de publier des actualités concernant des événements ou faits objectifs, vérifiables et autant que possible inédits. Si vous avez des informations à partager avec les autres, alors soumettez les pour publication ICI

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La Bourse de Paris stable en début de matinée

AFP

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La Bourse de Paris hésitait sur la marche à suivre (+0,06%) mardi matin, au lendemain d’un net recul, les inquiétudes suscitées par le conflit commercial sino-américain restant vives, malgré le délai accordé par Washington dans la mise en oeuvre des restrictions contre Huawei.

A 09H39, l’indice CAC 40 prenait 2,61 points à 5.361,20 points. La veille, il avait fini en fort repli de 1,46%.

Devant l’inquiétude des usagers et des entreprises américaines, Washington a finalement donné lundi un sursis à Huawei, qui pourra encore pendant trois mois utiliser des composants et logiciels américains avant la mise en œuvre effective des sanctions contre le groupe chinois.

Cette décision a toutefois été jugée mardi “sans grande signification” par le patron de Huawei, Ren Zhengfei, qui a annoncé que son groupe était déjà “en discussion” avec Google afin de chercher des solutions face à l’interdiction de commercer.

Il a également averti les Etats-Unis qu’ils “sous-estimaient” son entreprise.

“Le répit offert par le département du Commerce américain doit sans doute être perçu comme une volonté des Etats-Unis de mettre un terme au décrochage des valeurs technologiques en Bourse, plutôt qu’une intention réelle de calmer le jeu avec la Chine, qui arme actuellement sa propagande anti-américaine”, a relativisé dans une note Tangi Le Liboux, stratégiste pour le courtier Aurel BGC.

Sur le front des valeurs, le compartiment des semi-conducteurs remontait la pente, après avoir fortement souffert la veille du placement de Huawei sur liste noire américaine. STMicroelectronics progressait de 1,34% à 14,36 euros tandis que Soitec grappillait 0,38% à 78,60 euros.

Les valeurs pétrolières continuaient à être portées par la hausse des cours du brut après que l’Arabie saoudite a appelé à prolonger un accord de limitation de la production. TechnipFMC gagnait 2,11% à 20,85 euros, CGG montait de 1,75% à 1,60, GTT s’appréciait de 0,94% à 80,60 euros et Total progressait de 0,51% à 49,48 euros.

ADP cédait 0,26% à 154,80 euros après que son PDG Augustin de Romanet, reconduit sans ses fonctions, a salué lundi la décision du Conseil constitutionnel sur la loi Pacte qui a validé le principe de privatisation du groupe, pointant un environnement ultra-concurrentiel.

EDF s’adjugeait 0,32% à 12,56 euros. Le groupe a annoncé lundi plusieurs nominations au sein de son comité exécutif, notamment celle de Cédric Lewandowski au poste très stratégique de directeur du parc nucléaire et thermique, en remplacement de Philippe Sasseigne, qui va partir à la retraite.

  1. Euronext CAC40
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Wall Street inquiète des sanctions contre le groupe chinois Huawei

AFP

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La Bourse de New York a terminé nettement dans le rouge lundi, les investisseurs s’inquiétant, en plein bras de fer commercial, des répercussions sur le secteur technologique des dernières mesures américaines contre le géant chinois de télécoms Huawei.

L’indice Nasdaq, à forte coloration technologique, a reculé de 1,46% à 7.702,37 points tandis que l’indice vedette de Wall Street, le Dow Jones Industrial Average, a perdu 0,33%, à 25.679,90 points et que l’indice élargi S&P 500 a cédé 0,67%, à 2.840,23 points.

Alors que Washington a interdit la semaine dernière aux groupes américains de télécoms de commercer avec des sociétés étrangères jugées “à risque” pour la sécurité nationale, le géant Google (-2,06% pour sa maison mère Alphabet), dont le système Android équipe l’immense majorité des smartphones dans le monde, a annoncé dans la nuit de dimanche à lundi qu’il coupait les ponts avec Huawei.

Selon Bloomberg, plusieurs fournisseurs américains majeurs comme le géant des micro-processeurs Intel (-2,96%), le fabricant de puces Qualcomm (-5,99%) ou encore Broadcom (-5,97%) ont indiqué qu’ils cesseraient, eux aussi, de fournir Huawei jusqu’à nouvel ordre.

“On se retrouve dans une situation où il y a trop d’incertitudes pour entrer sur le marché et le secteur des semi-conducteurs, qui avait été l’un des plus performants en début d’année, en pâtit directement”, a commenté Adam Sarhan de 50 Park Investments.

– Tesla au plus bas depuis 2016 –

D’autres géants du secteur technologique reculaient également comme Apple (-3,13%) ou Microsoft (-1,44%).

Des groupes chinois cotés à Wall Street comme Alibaba (-5,26%) ou Weibo (-4,78%) étaient aussi durement touchés.

“Un autre sujet vient aussi s’immiscer ce matin dans l’équation : les tensions politiques avec l’Iran”, ont relevé les experts de Mirabaud Securities.

Les tensions entre Washington et Téhéran connaissent de fait un nouvel accès de fièvre depuis une dizaine de jours après l’annonce d’un renforcement de la présence militaire américaine au Moyen-Orient pour faire face à de présumées “menaces” iraniennes.

Elles ont réveillé les craintes d’un affrontement entre l’Iran et les Etats-Unis ou certains des alliés régionaux de Washington comme l’Arabie saoudite ou les Emirats arabes unis. “Pour l’instant, tant qu’on ne sait pas exactement ce qui va se passer, c’est surtout le marché du pétrole qui se préoccupe de cette situation”, mais les investisseurs “sont très sensibles à la montée des tensions”, a estimé M. Sarhan.

Parmi les autres valeurs du jour, les opérateurs de téléphonie mobile Sprint et T-Mobile USA ont bondi de respectivement 18,77% et 3,87% alors que le patron du régulateur américain des télécoms a recommandé lundi la fusion, attendue de longue date, entre les deux groupes.

Le constructeur automobile Ford a lâché 0,10% après l’annonce de la suppression, d’ici août, de 7.000 emplois, ce qui correspond à 10% de ses effectifs.

Tesla, déjà affecté la semaine dernière par un courriel d’Elon Musk aux employés du groupe les appelant à limiter les dépenses en raison de la situation financière précaire de l’entreprise, a encore perdu 2,69% à 205,36 dollars. Il est tombé en cours de séance sous la barre des 200 dollars pour la première fois depuis décembre 2016 sous la pression d’une note d’un analyste de Wedbush abaissant sa prévision du niveau du prix de l’action dans 12 mois à 230 dollars.

Sur le marché obligataire, le taux sur la dette à 10 ans des Etats-Unis s’est redressé au fil de la séance et s’échangeait vers 20H25 GMT à 2,413% contre 2,391% vendredi soir.

  1. Nasdaq
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Aéroport de Toulouse: les collectivités demandent la mise sous séquestre des actions du chinois Casil

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Les collectivités locales et la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Toulouse, qui détiennent 40% de la société de gestion de l’aéroport de Toulouse (ATB) vont demander au tribunal de commerce la mise sous séquestre des actions détenues par le groupe chinois Casil.

Le conseil régional, le conseil départemental de Haute-Garonne, la métropole de Toulouse et la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) ont indiqué lundi soir dans un communiqué de presse qu’elles allaient déposer “dans les prochains jours” devant la juridiction consulaire de Toulouse une requête “visant à obtenir la mise sous séquestre des titres détenus par l’actionnaire majoritaire Casil”.

Elles vont également demander “la suspension de ses droits de vote et l’ajournement de l’Assemblée générale du 6 juin 2019 qui doit notamment statuer sur l’approbation des comptes de l’exercice 2018 et la distribution des dividendes”, précise leur texte.

Selon elles, la décision de la cour d’appel de Paris du 16 avril dernier qui annule “la procédure de cession par l’Etat à la société Casil de 49,99% des parts du capital d’ATB, constitue un facteur d’insécurité juridique majeur au moment où des décisions essentielles, dont notamment la distribution des dividendes, doivent être prises”.

Depuis plusieurs mois, les responsables des collectivités locales soupçonnent Casil de chercher uniquement à maximiser ses dividendes au détriment des réserves financières de l’aéroport.

Les collectivités et la CCI évoquent un “contexte chargé d’incertitudes” qui les a poussées à demander des mesures conservatoires “permettant d’éviter que des décisions stratégiques soient prises” alors que selon elles il subsiste “un doute sérieux sur près de la moitié des votes”.

Fin mars, le tribunal de commerce de Paris, saisi en référé par trois syndicats, avait refusé la mise sous séquestre des actions de Casil estimant que seul l’Etat pouvait présenter une telle requête.

Casil a annoncé l’an dernier qu’il comptait se désengager des 49,99% des parts du capital d’ATB qu’il détient depuis la privatisation de l’aéroport en 2015.

Début 2018, l’État qui détient encore encore 10,01%, avait décidé de conserver cette participation sur laquelle Casil avait une option, empêchant ainsi l’actionnaire chinois de devenir majoritaire.

Mardi, le groupe français de BTP Eiffage avait annoncé être entré “en négociations exclusives pour l’acquisition de l’intégralité de la participation détenue par Casil Europe”, une opération qui pourrait être compromise par les incertitudes juridiques sur le statut du site.

De son côté, l’avocat Toulousain Me Christophe Lèguevaques, qui est à l’origine des procédures des syndicats –FSU, CGT et l’Union syndicale Solidaires– devant le tribunal de commerce de Paris et la cour d’appel de Paris, a indiqué à l’AFP qu’il était “satisfait que les collectivités et la CCI passent à l’offensive”.

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