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France

A Notre-Dame, l’aumônier des pompiers de Paris, héros malgré lui

AFP

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Quand on lui demande s’il est un héros, Jean-Marc Fournier hausse les épaules. Présenté par la presse internationale comme le sauveur de la plus importante relique de Notre-Dame, l’aumônier des sapeurs-pompiers de Paris revendique un simple rôle de “conseiller technique”.

Les cendres de la cathédrale étaient encore fumantes lorsque des médias irlandais, néerlandais ou argentins l’ont catapulté au rang de “pompier, prêtre et héros”, en lui attribuant le sauvetage de la Sainte Couronne, posée, selon la croyance des catholiques, sur la tête de Jésus peu avant sa crucifixion.

“La couronne était déjà sortie quand je suis arrivé”, corrige tranquillement le prêtre catholique de 53 ans. Le sauvetage est le fruit d’une “équipe”, qui a “divisé ses efforts”, fait-il valoir.

Lunettes rondes comme son visage, l’air bonhomme, l’homme de foi raconte l’intervention comme il semble appréhender la vie: avec simplicité et spiritualité, entre deux inhalations de tabac à priser.

Lorsqu’il entre dans Notre-Dame avec une petite équipe de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris, détachée pour sauver certaines reliques, la flèche de la cathédrale s’est effondrée à cause du feu qui a dévoré la charpente.

“Ce n’est pas naturel de rentrer dans un édifice en flammes et qui menace de s’effondrer”, concède-t-il. Mais ne lui parlez pas de risquer sa vie: les déplacements sont “calculés, mesurés et le produit d’un entraînement”.

Ces dernières années, les épreuves ont été nombreuses pour les pompiers et leur aumônier : attentats du 13-Novembre, à Charlie Hebdo, ou à l’Hyper Cacher, le prêtre a vécu au plus près tous ces traumatismes. A chaque fois, il tente d’être “le premier maillon de la cellule psychologique, pour éviter que ne s’installent des blessures mentales”.

– “Vision de l’enfer” –

Dans Notre-Dame brûlante et éventrée, pas de fumée mais “une vision de ce que peut être l’enfer”. Les hommes observent “des cascades de feu tomber des ouvertures”.

Lui espère surtout sauver deux “reliques majeures”, la Sainte Couronne et “le Saint-Sacrement”: les hosties consacrées, réunies dans un ciboire (un vase sacré, ndlr), que les croyants considèrent comme le corps du Christ. Pour cela, l’équipe se scinde en deux.

Pendant que les pompiers tentent de faire sauter le reliquaire, l’aumônier et un lieutenant-colonel se mettent en quête du code nécessaire pour ouvrir le coffre qui contient la fameuse couronne d’épines. Ils interrogent les personnels de la cathédrale, en vain.

A leur retour, les militaires, aidés par un intendant détenteur des codes, ont déjà réussi à ouvrir le coffre. La Sainte Couronne a été exfiltrée, “sous protection policière”.

Soulagé, le catholique se consacre à “notre seigneur Jésus-Christ”: même figurativement sous forme d’hosties, pas question que le fils de Dieu “disparaisse dans un incendie”, plaisante-t-il.

Ciboire en main, le prêtre s’autorise une bénédiction et invite Jésus “à nous aider à préserver sa maison, afin qu’il ne se retrouve pas sans toit sur la tête”.

A-t-il été entendu? Ce croyant en est persuadé, “puisque le feu qui avait pris dans le beffroi de la tour nord s’est arrêté”. Dans le cas contraire, la cathédrale entière se serait effondrée.

Le père Fournier a ensuite participé à une chaîne humaine pour évacuer d’autres œuvres de la cathédrale. Une tâche qui, bien plus que le brasier, lui a valu “une petite sueur”, confesse-t-il. Dans un geste maladroit, il a “percé une toile inestimable”.

Avec ce rôle de “conseiller technique”, le religieux est sorti de son office habituel. Sur une opération, sa priorité reste les âmes, rappelle-t-il: celles des soldats du feu comme des victimes, croyantes ou non.

Depuis son arrivée chez les pompiers de Paris en 2011, celui que les soldats surnomment “Padre” s’est imposé comme “un confident, un ami”, raconte le porte-parole de la Brigade, le lieutenant-colonel Gabriel Plus.

Ces derniers mois, l’aumônier a également dû “accompagner six camarades”, morts en intervention, dans leur dernière demeure.

Lundi, il a terminé “l’incendie du siècle” l’âme en paix: le feu, qui a mobilisé 600 pompiers, n’a fait aucune victime.

NOTE: Dans le but d’élargir son champ d’action, LaminuteInfo s’ouvre au journalisme citoyen. L’objectif de la politique éditoriale est d’essayer  désormais de publier des actualités concernant des événements ou faits objectifs, vérifiables et autant que possible inédits. Si vous avez des informations à partager avec les autres, alors soumettez les pour publication ICI

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France

Face au manque de marins, les métiers de la pêche soignent leur image

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Comment recruter 1 200 à 2 000 marins en cinq ans ? Les besoins de main d’oeuvre dans les métiers de la pêche se heurtent à la désaffection des jeunes pour ce secteur, qui déploie pourtant formations attractives et campagne de promotion pour séduire.

Seul élève dans sa classe

 “Le métier de marin-pêcheur, il ne faut pas forcément être né dedans”

“Depuis tout petit j’adore la pêche, j’ai plusieurs oncles marins pêcheurs, ça m’a donné envie de faire ce métier”, raconte Pierre Rousselot, 16 ans, qui a intégré l’école des pêches des Sables d’Olonne et de l’île d’Yeu (Vendée) en septembre pour préparer un CAP “matelot”.

Dans la salle de classe qui surplombe le port de plaisance, il est pourtant le seul élève attablé, son unique camarade ayant rapidement abandonné après la rentrée. Sur neuf élèves en formation, seulement trois ont passé leur diplôme en juin dernier, après deux ans d’apprentissage.

“C’est un peu compliqué, il faut vite prendre le pli, mais ça me plaît”, lance l’apprenti qui part en mer à la journée. Mais d’autres matelots peuvent passer jusqu’à 40 jours sur un bateau: face à des conditions de travail atypiques et difficiles surtout en période hivernale, certains jettent l’éponge.  Ils abandonnent “parce qu’ils se sont trompés de voie ou que c’est compliqué pour eux d’être loin de leurs familles et de leurs amis lorsqu’ils passent plusieurs jours en mer”, explique Jacky Couthouis, le directeur de l’école, précisant que “certains sont malades dès le début” ou “ne s’entendent pas avec l’équipage et n’ont pas la motivation de chercher un nouveau patron”.

Bateaux plus modernes, confortables et sécurisés

Les conditions de travail ont pourtant évolué. “Les pêcheurs ne passent pas beaucoup plus de 200 à 220 jours en mer dans l’année”, ce qui leur laisse près de 150 jours à terre, précise Jacky Couthouis. La flotte vieillissante est progressivement remplacée par des bateaux plus modernes, confortables et sécurisés. Et le salaire, très attractif, dépasse souvent deux fois le Smic, selon l’établissement.

Ces gages ne suffisent pas à redorer l’image d’une filière abîmée par la crise du gazole, selon le directeur. “Jusque dans les années 80–90, il y avait du monde dans les écoles mais avec la crise les effectifs ont commencé à chuter. Aujourd’hui, on paye les pots cassés”, déplore-t-il.

Pour susciter des vocations, cette école des pêches ouvre ses portes, communique sur les mesures de sécurité inculquées aux marins, propose avec Pôle emploi une formation rémunérée avant l’embauche et a instauré des formations courtes pour adultes. “Ça m’a toujours attiré, ce n’est pas un travail salarié et j’ai de la famille qui a un bateau en Bretagne”, confie Allan Copy, trentenaire et ancien pompier en région parisienne, qui passe actuellement son certificat “matelot pont”.

Besoin de 1 500 à 2 000 marins

“Sur les cinq prochaines années, on a besoin d’environ 1 500 à 2 000 marins, du matelot au patron de pêche”, d’autant que de nombreux chefs d’entreprises vont également partir à la retraite, souligne le comité national des pêches.  Plus de 1 000 patrons de pêche devraient ainsi quitter le métier dans les cinq ans qui viennent, selon cette source qui a recensé en 2017 quelque 15 000 marins pêcheurs équivalent temps plein et environ 5 000 chefs d’entreprise à la pêche.

De son côté, le comité national des pêches a lancé en mars une campagne de promotion qui s’intitule “Lignes d’horizon”, présentée sous forme d’un documentaire en trois séquences, accessible sur un site internet dédié. “L’idée principale, c’est de s’adresser aux jeunes et à leur familles, pas forcément issus du littoral, et de leur expliquer que le métier de marin-pêcheur, il ne faut pas forcément être né dedans, mais que c’est ouvert à tout le monde”, précise le comité.

Encore trop récente pour voir si elle porte ces fruits, cette campagne sert surtout de support de présentation aux professionnels dans les forums d’emploi, comme celui qui sera installé dans la prochaine exposition “La Mer XXL”, du 29 juin au 10 juillet à Nantes. Transport maritime, pêche, construction navale, énergies renouvelables, aquaculture… L’événement dédié aux océans consacrera une large place aux différentes facettes de ces métiers qui recrutent.

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France

Ecotourisme: les parcs naturels régionaux veulent devenir des destinations à part entière

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Forts de l’engouement pour des vacances “au vert”, les 53 parcs naturels régionaux de France veulent devenir des destinations écotouristiques à part entière, et préparent notamment pour 2020 le lancement de séjours combinant hébergement et activités.

Ces parcs naturels régionaux – dont deux ultramarins en Martinique et en Guyane – représentent plus de 15% du territoire français. Ils ont été créés en 1967 par le général de Gaulle, et sont gérés par des syndicats mixtes regroupant des collectivités locales.

Leur mission est de protéger les paysages et le patrimoine naturel, de contribuer à l’aménagement du territoire mais aussi d’assurer l’accueil et l’information du public.

“Contrairement aux parcs nationaux avec lesquels on nous confond souvent, les parcs naturels régionaux sont habités. Et nous oeuvrons pour le développement de ces territoires, la biodiversité ne s’opposant pas à l’activité humaine”, résume pour l’AFP Mickaël Weber, président de la fédération des Parcs naturels régionaux de France.

“Nous voulons mieux nous faire connaître, mettre en avant nos valeurs environnementales et faire en sorte que les parcs soient identifiés comme des destinations écotouristiques. Nous sommes mûrs pour créer une offre touristique”, estime-t-il.

La fédération souhaite tirer parti de l’engouement des vacanciers pour des séjours “au vert” et respectueux de l’environnement.

“Les consommateurs se posent beaucoup de questions, par exemple sur le fait de prendre ou pas l’avion. Il y a une quête de sens, ils ne veulent pas juste voir de beaux paysages. Et on veut porter ce projet-là en proposant des projets touristiques innovants”, renchérit Eric Brua, directeur de la fédération.

Il indique que les parcs naturels régionaux ambitionnent de proposer, dès 2020, “des séjours comme un tour-opérateur, via une interface où on pourra réserver un hébergement et des activités. On commencera par mettre en musique ce qui existe déjà, car certains parcs, comme celui du Queyras, proposent déjà des séjours touristiques en hôtel ou gîte avec des randonnées”.

La fédération s’appuiera également sur sa marque déposée “Valeurs Parc Naturel régional”, un label qui met en valeur des produits alimentaires locaux (viande, légumes, confitures) mais aussi des restaurants et des hébergements, et dont bénéficient quelque 2.000 entreprises en activité dans les parcs.

“Je dirais que mon territoire est remarquable de simplicité. Avec 11 habitants au m2, il y a une vraie ruralité, comme dans beaucoup d’autres parcs. Mais nous sommes aussi innovants: en juin sera inaugurée la grande traversée en vélo du Massif Central, soit 1.340 kilomètres, avec tous les 40 kilomètres des bornes pour recharger les VTT électriques”, souligne Philippe Connan, président du parc de Millevaches en Limousin.

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France

Perturbateurs endocriniens: l’UFC-Que Choisir alerte sur certains produits à base de soja

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L’UFC-Que Choisir annonce jeudi avoir saisi les autorités sanitaires et les services de répression des fraudes à l’issue d’analyses sur des produits alimentaire à base de soja, montrant des teneurs “particulièrement préoccupantes” en phytoestrogènes, suspectés d’être des perturbateurs endocriniens.

Le soja, alternative pour les personnes souhaitant limiter leur consommation de viande, est “aussi une source importante de phytoestrogènes, appelés isoflavones dans le cas du soja”, indique l’association de défense de consommateurs dans son communiqué.

“Ces substances, dont la structure moléculaire est proche d’une hormone naturelle du corps humain, pourraient être des perturbateurs endocriniens et favoriser certains cancers, voire agir sur le fœtus, le jeune enfant ou la fertilité. L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, NDLR) avait émis dès 2005 un avis pour limiter la présence de ces substances et mieux informer les consommateurs”, rappelle l’UFC.

En laboratoire, elle a mesuré les doses de phytoestrogènes dans 55 aliments courants à base de soja – plats préparés, biscuits, desserts, boissons, apéritifs et sauces – et fait état de “résultats particulièrement préoccupants”, certains produits “excédant très largement les doses maximales admissibles” par rapport aux préconisations de l’Anses, indique l’UFC.

L’association cite notamment une boisson au soja dont un seul verre “apporte à lui seul près de 150% de la dose maximale admissible pour un adulte”, ou une “seule poignée de graines de soja toastées pour apéritif qui renferme plus de cinq fois la dose maximale”.

Les phytoestrogènes, “des protéines bon marché”, peuvent aussi être ajoutées par les fabricants dans certaines produits à base de viande: sur les 12 analysés par l’UFC, “cinq apportent dans une portion plus d’un quart de la dose maximale”.

Plus généralement, l’association de défense des consommateurs rappelle que c’est aussi “le cumul” de produits à base de soja “qui pose problème”, et que leur consommation régulière “expose ainsi les consommateurs à de forts dépassements équivalents à deux fois et demie la dose maximale admissible pour les adultes ou les enfants”.

L’UFC a saisi l'(Anses) pour qu’elle “réévalue le niveau de risque pour les consommateurs”, au regard notamment “des nouvelles habitudes de consommation”.

Elle a également demandé à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) “de rendre obligatoires sur l’étiquetage les teneurs en phytoestrogènes présentes dans les produits, ainsi qu’une mention sur les restrictions à la consommation pour les enfants et les femmes enceintes”.

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