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Notre-Dame: les réactions d’effroi et de solidarité affluent du monde entier

AFP

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« Symbole de la France », une catastrophe « terrible à voir », des « scènes déchirantes »: de Berlin, Londres, Washington et d’autres capitales, du Vatican ou de Jérusalem, les réactions se sont multipliées lundi soir après l’incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris.

– ALLEMAGNE.

« Ces horribles images de Notre-Dame en feu font mal. Notre-Dame est un symbole de la France et de notre culture européenne. Nous sommes avec nos pensées avec les amis français », a tweeté le porte-parole de la chancelière Angela Merkel, Steffen Seibert.

– ETATS-UNIS.

« C’est si terrible d’assister à ce gigantesque incendie à Notre-Dame de Paris », a tweeté le président Donald Trump, alors que l’incendie ne faisait que commencer. « Il faut agir vite », a-t-il ajouté, conseillant le recours à des « bombardiers d’eau ». Plus tard, à la tribune d’une réunion politique, il a estimé que la cathédrale était « l’un des grands trésors du monde ». « C’est au-delà des pays, c’est au-delà de tout », a-t-il poursuivi.

« Notre-Dame est l’un des grands trésors du monde, et nous pensons au peuple de France dans ce moment douloureux », a de son côté tweeté l’ex-président Barack Obama. « C’est dans notre nature d’être en deuil quand nous perdons notre histoire – mais c’est aussi dans notre nature de reconstruire pour demain, aussi solide que nous le pouvons ».

« Etant à Paris ce (lundi) soir, mon coeur souffre avec le peuple de France », a tweeté son épouse Michelle. « Mais je sais que Notre-Dame nous émerveillera de nouveau ».

– GRANDE-BRETAGNE

La Première ministre Theresa May a adressé ses « pensées à la population française » et « aux services d’urgence qui combattent le terrible incendie de la cathédrale Notre-Dame ».

« Londres est dans la tristesse avec Paris aujourd’hui, et dans l’amitié toujours. #NotreDame », a tweeté le maire de Londres Sadiq Khan.

– VATICAN

« Le Saint-Siège a appris avec incrédulité et tristesse la nouvelle du terrible incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris, symbole de la chrétienté, en France et dans le monde », a réagi le Vatican, exprimant sa « proximité » avec les catholiques français et les Parisiens.

« Nous exprimons notre solidarité avec l’Eglise de France en cette période de semaine sainte et nous souhaitons le meilleur à cette église ainsi qu’à ses fidèles », a de son côté déclaré l’Eglise catholique de Terre sainte dans un communiqué diffusé à Jérusalem.

– BELGIQUE

« #NotreDamedeParis en feu, une immense émotion, Victor Hugo, une part de l’Histoire de France, de l’Europe. Mes pensées et mon soutien pour nos Amis français. @EmmanuelMacron #paris #france », a écrit le Premier ministre belge Charles Michel.

– UNESCO

L’organisation se tient aux « côtés de la France pour sauvegarder et réhabiliter ce patrimoine inestimable », a tweeté la directrice générale, l’ancienne ministre française de la Culture Audrey Azoulay.

– UNION EUROPEENNE.

« Quelle triste spectacle. Quelle horreur. Je partage l’émotion de la nation française qui est aussi la nôtre », a écrit le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker dans un communiqué en français.

« Notre-Dame de Paris est Notre-Dame de toute l’Europe. Nous sommes tous avec Paris aujourd’hui », a écrit de son côté Donald Tusk, président du Conseil européen, sur son compte Twitter.

– ONU

Le secrétaire général Antonio Guterres, s’est déclaré « horrifié par les images de l’incendie ». Dans un tweet, l’ex-Premier ministre portugais ajoute que ses « pensées vont au peuple et au gouvernement français ».

– ESPAGNE

« L’incendie à Notre-Dame est une catastrophe pour la France. Et pour l’Espagne et l’Europe. Les flammes détruisent 850 ans de notre histoire, de notre architecture, peinture, sculpture. Ce sera difficile à oublier. La France peut compter sur nous pour retrouver la grandeur de son héritage », a tweeté le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez.

– ITALIE

C’est « un coup au coeur pour les Français et pour nous tous les Européens », a tweeté, en français, le chef du gouvernement Giuseppe Conte.

« Incendie terrifiant à la cathédrale Notre-Dame. Une pensée pour le peuple de Paris. De l’Italie toute notre proximité et toute l’aide que nous pourrons donner », a écrit de son côté le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini.

« Rome embrasse Paris », a tweeté, également en français la maire de Rome Virginia Raggi. « Les Romains sont aux côtés des citoyens parisiens. Une pensée pour tous les Français », a-t-elle ajouté.

– PORTUGAL

Le président Marcelo Rebelo de Sousa a écrit à son homologue français pour regretter l’incendie d’un « symbole important de l’imaginaire collectif », qu’il a qualifié de « tragédie française, européenne et mondiale ».

– POLOGNE

« Une tragédie pour les gens croyants, une catastrophe pour la culture et l’art mondiaux », a écrit le président Andrzej Duda sur son compte Twitter.

– GRECE

« Ce n’est pas qu’une catastrophe nationale pour la France, mais aussi pour l’Europe et le patrimoine mondial. Emmanuel Macron nous sommes à tes côtés », a tweeté le Premier ministre Alexis Tsipras.

« Athènes suit avec une grande douleur l’incendie de Notre-Dame », a tweeté le maire d’Athènes Georgios Kaminis.

– TURQUIE

« La destruction de ce chef-d’œuvre architectural appartenant au Patrimoine mondial est une catastrophe pour l’humanité entière », a tweeté le chef de la diplomatie Mevlüt Cavusoglu.

– ISRAEL

« Solidarité la plus profonde avec la France et la nation française après le terrible incendie à Notre-Dame, un symbole mondial de civilisation », a écrit le ministre des Affaires étrangères Israel Katz.

– CANADA

« Cela nous brise le cœur de voir la cathédrale Notre-Dame de Paris en proie aux flammes. Nous pensons à nos amis français », a tweeté le Premier ministre Justin Trudeau.

– AUTRICHE

« Images choquantes de Paris. Un emblème, un patrimoine culturel de l’humanité et un des plus beaux ouvrages d’art de l’histoire de France, Notre-Dame est en flammes », a écrit le chancelier autrichien Sebastian Kurz.

– EMIRATS

« Très attristés par le terrible incendie qui détruit la grande cathédrale Notre-Dame. Un monument sacré important pour la France et au-delà. Une terrible catastrophe », a tweeté le ministre des Affaires étrangères Anwar Gargash.

– EGYPTE

Le Caire a suivi « avec tristesse et regret » l’incendie de Notre-Dame, qui est une « partie du patrimoine mondial », selon le ministère des Affaires étrangères.

– VENEZUELA

« Nous savons que le peuple français, toujours à l’avant-garde de la culture mondiale, se remettra de cette tragédie », a tweeté l’opposant et président autoproclamé Juan Guaido.

– BRESIL

« Au nom des Brésiliens, je manifeste ma profonde tristesse après le terrible incendie qui a dévasté un des plus grands symboles de la culture et de la spiritualité chrétienne et occidentale, la cathédrale Notre-Dame de Paris », a tweeté le président Jair Bolsonaro.

Neymar, la star brésilienne du PSG, a tweeté « Priez pour la France » avec un croquis où l’on voit le bossu Quasimodo étreindre avec tristesse un modèle réduit de la cathédrale.

burs/lpt/ybl

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Mis à l’index par Pyongyang, Mike Pompeo fait le dos rond

AFP

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Face à l’impasse, le secrétaire d’Etat Mike Pompeo fait le dos rond, et les Etats-Unis avec lui. Même si la Corée du Nord a réclamé sa mise à l’écart des discussions sur la dénucléarisation, Washington s’est dit prêt à poursuivre le dialogue avec Pyongyang.

La réaction, a minima, est venue jeudi d’un porte-parole du département d’Etat américain. « Les Etats-Unis restent prêts à dialoguer avec la Corée du Nord dans le cadre de négociations constructives », a-t-il déclaré sans plus de commentaires.

Le régime nord-coréen venait pourtant de porter un rude coup au puissant patron du ministère américain des Affaires étrangères, en première ligne depuis un an dans le spectaculaire rapprochement entre les deux pays ennemis.

Accusant Mike Pompeo de contribuer à une « mauvaise » atmosphère et de manquer de « maturité, il a demandé qu’il cesse tout bonnement de participer aux négociations en cas de reprise de dialogue. Sinon, « les discussions vont à nouveau s’engluer », a prévenu un haut responsable de la diplomatie nord-coréenne, Kwon Jong Gun.

Jenny Town, du cercle de réflexion Stimson Center, y voit une conséquence immédiate d’une récente remarque du chef de la diplomatie américaine. Prié de dire, lors d’une audition parlementaire, s’il qualifierait Kim Jong Un de « tyran », il a répondu: « bien sûr » — une position très éloignée de celle du président Trump, qui ne cesse de déclarer son « amitié » voire son « amour » au dirigeant nord-coréen

« C’est très insultant pour les Nord-Coréens », d’autant que Mike Pompeo a personnellement rencontré leur numéro un « à plusieurs reprises », dit à l’AFP cette chercheuse.

– Un troisième sommet? –

Mais ce n’est pas la première fois que le secrétaire d’Etat est ainsi mis à l’index.

En juillet, Kim Jong Un l’avait snobé lors d’un de ses quatre déplacements à Pyongyang, et les autorités du régime reclus avaient dénoncé ses méthodes de « gangster ». Et après l’échec du sommet de Hanoï en février 2019, des responsables nord-coréens avaient imputé ce fiasco à Mike Pompeo et au conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche John Bolton.

« Je m’attends à ce que nous puissions continuer » à « avoir un dialogue très professionnel », avait alors — déjà — balayé le secrétaire d’Etat, souvent décrit par les diplomates étrangers en poste à Washington comme « le ministre pour la Corée du Nord et l’Iran », tant son action se concentre, depuis son entrée en fonctions il y a un an, sur ces deux dossiers.

Le viser est en fait une manière, pour la Corée du Nord, de « tenter de détourner le président de ses conseillers », explique Bruce Klingner, ancien de la CIA et chercheur à la très conservatrice Heritage Foundation. Selon lui, les Nord-Coréens essaient de dire à Donald Trump: « On veut recréer la dynamique et l’atmosphère du sommet de Singapour, mais on ne peut y réussir que si vous vous débarrassez de ces gens ».

Pourquoi? Parce que Kim Jong Un a le sentiment qu’à Singapour, en juin 2018, il a obtenu d’importantes concessions de la part du milliardaire américain, et il espère rééditer l’exploit, d’autant que le locataire de la Maison Blanche s’est dit prêt à un troisième sommet, tout comme l’homme fort de Pyongyang.

Après les effusions de Singapour, en effet, les deux dirigeants se sont quittés à Hanoï sur un désaccord: le Nord-Coréen réclamait une levée des sanctions trop importante aux yeux de l’Américain en échange d’un début de dénucléarisation jugé trop timide.

Près de trois mois plus tard, bien que Mike Pompeo ait répété à plusieurs reprises que les contacts se poursuivent, c’est en réalité l’impasse. Steve Biegun, l’émissaire du secrétaire d’Etat, n’a toujours pas obtenu de nouveau rendez-vous avec ses homologues nord-coréens, et les négociations sur le désarmement atomique n’ont jamais repris.

Et dans l’immédiat, les déclarations de Pyongyang ne vont pas faciliter les choses, d’autant que Mike Pompeo, un fidèle de Donald Trump, a jusqu’ici toujours conservé la confiance du président, ce qui est en soit un exploit tant l’homme d’affaires peut se montrer cassant avec les membres de son équipe.

Les Etats-Unis ne peuvent pas changer de négociateur « sans sembler céder aux diktats de Kim Jong Un », relève Jenny Town. « Cela ne fait que compliquer la reprise des négociations. »

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Monde

Les principales conclusions du rapport Mueller

AFP

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Long de 448 pages, le rapport du procureur spécial américain Robert Mueller sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle américaine de 2016 a été publié jeudi.

Le premier volume est consacré à une éventuelle collusion entre l’équipe de campagne Trump et la Russie, le second aux tentatives éventuelles d’entrave à l’enquête Mueller par le président des Etats-Unis, Donald Trump.

En voici les principaux points.

– « Je suis foutu » –

Donald Trump a réagi avec effroi à l’annonce, le 17 mai 2017, qu’un procureur spécial avait été nommé.

« Oh mon Dieu. C’est terrible. C’est la fin de ma présidence. Je suis foutu », a réagi le président dans le Bureau ovale, quand son ministre de la Justice de l’époque, Jeff Sessions, lui a appris la nomination de Robert Mueller.

Donald Trump « s’est écroulé dans son fauteuil », précise le rapport du procureur Mueller, s’appuyant sur des notes prises par le directeur de cabinet de M. Sessions.

« Tout le monde me dit que si vous avez un de ces procureurs spéciaux, ça vous gâche la présidence. Ça prend des années et des années, je ne pourrai rien faire. C’est la pire chose qui me soit arrivée ».

– Pas de preuve de collusion –

Le procureur Mueller conclut qu’il n’y a pas eu d’entente entre les membres de l’équipe de Trump et la Russie, malgré de nombreux contacts plus ou moins discrets.

Le fils du candidat républicain, Donald Jr., a reçu des messages de WikiLeaks, l’entourage de M. Trump a retweeté de faux comptes américains créés par les Russes, une réunion a eu lieu avec des Russes à la Trump Tower… mais rien ne prouve qu’il s’agissait d’une conspiration.

« Les indices n’étaient pas suffisants pour accuser les membres de l’équipe de campagne de Trump de s’être coordonnés avec des représentants du gouvernement russe pour influencer l’élection de 2016 ».

– Mais y a-t-il eu entrave? –

Sur ce point explosif, le procureur Mueller ne blanchit pas Donald Trump: « Si ce rapport ne conclut pas que le président a commis de délit, il ne l’exonère pas non plus ».

Robert Mueller explique que le président a bien tenté, pendant des mois, en public et en privé, de déjouer ses investigations, mais qu’il a échoué pour une raison: « les personnes entourant le président ont refusé d’exécuter ses ordres ou de donner suite à ses demandes ».

Le président a ainsi ordonné au chef des services juridiques de la Maison Blanche de faire limoger le procureur spécial, mais Don McGahn a refusé d’obtempérer. M. Trump a multiplié les pressions sur son ministre de la Justice et des témoins-clés, conduisant ses collaborateurs à mentir à la presse ou dans des communiqués.

« Voir les actes dans leur ensemble peut permettre d’illuminer leur sens », écrit Robert Mueller, qui livre, sur des dizaines de pages, un compte-rendu minutieux des machinations et mensonges au sein de la Maison Blanche.

– Au Congrès de jouer ? –

« Si nous étions certains, après une enquête rigoureuse, que le président n’avait clairement pas commis d’entrave à la justice, nous le dirions », écrit le procureur.

Mais il rappelle qu’un président en exercice ne peut pas être inculpé pénalement devant la justice ordinaire. Par conséquent, il argue que, même s’il avait obtenu des preuves que M. Trump avait commis des délits, il n’aurait pas pu recommander de poursuites.

En revanche, il souligne que le Congrès a, lui, les moyens de poursuivre un président pour entrave à la justice. Cette procédure, sur l’opportunité de laquelle l’équipe Mueller ne se prononce pas, s’appelle le processus de destitution.

– Ingérence russe –

Sur ce point, aucun doute pour le procureur spécial: « l’Etat russe s’est immiscé dans l’élection présidentielle de 2016 d’une façon systématique ».

« D’abord, une organisation russe a mené une campagne sur les réseaux sociaux qui a favorisé » Donald Trump et « dénigré » son opposante démocrate Hillary Clinton.

Puis des hackers russes, émanant du service de renseignement militaire russe GRU, ont piraté des messages du parti démocrate et d’un proche d’Hillary Clinton, diffusés sur internet par des sites anonymes et par WikiLeaks, qui avait reçu les messages volés directement des Russes.

– « 5 heures » pour cibler Hillary Clinton –

Robert Mueller rapporte que des officiers du GRU ont « ciblé pour la première fois le bureau personnel de Clinton environ cinq heures après la déclaration de Trump » du 27 juillet 2016, lors de laquelle il avait appelé la Russie à retrouver les emails effacés de sa rivale: « Russie, si vous écoutez »…

Dans une réponse écrite à M. Mueller, le président a affirmé que sa petite phrase avait été prononcée « pour plaisanter, sarcastiquement ».

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Ukraine : menacé d’une cinglante défaite, Porochenko demande une seconde chance

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Menacé d’une cinglante défaite à la présidentielle en Ukraine, le président sortant Petro Porochenko a demandé jeudi aux électeurs de lui « pardonner » ses erreurs et de lui confier un second mandat, pointant les risques pesant sur son pays.

Cinq ans après avoir été porté au pouvoir par la révolution pro-occidentale du Maïdan, le président de 53 ans est largement devancé dans les sondages par le comédien Volodymyr Zelensky, un novice en politique de 41 ans qui a fait campagne sur les réseaux sociaux.

A trois jours du scrutin et à la veille d’un débat très attendu avec son rival, il s’est livré lors d’une allocution télévisée à une autocritique pour son incapacité à mettre fin au conflit avec des séparatistes prorusses qui a fait près de 13.000 morts depuis 2014 dans l’est de l’Ukraine, et à mener à bien la lutte contre la corruption.

« Je vous demande sincèrement pardon », a-t-il assuré. « Je sais à quel point il vous est difficile de me pardonner mes erreurs et de me croire. Oui, c’est de ma faute. Pour achever ce qui a été commencé et ne pas perdre ce qui a été fait, je demande votre soutien le 21 avril ».

Malgré ses efforts, la tâche s’annonce titanesque pour rattraper son rival, arrivé largement en tête du premier tour avec plus de 30% des voix.

Symbole pour ses partisans de bouffée d’air frais dans une classe politique incapable d’améliorer le niveau de vie et de mettre fin à la corruption qui ronge le pays, Volodymyr Zelensky est crédité de 73% des intentions de vote pour le second tour, contre 27% à son rival, selon un sondage publié jeudi par l’institut Rating.

Il semble donc bien parti pour l’emporter dimanche, dans un nouveau soubresaut de la vague mondiale de rejet des élites.

– Débat dans un stade –

Au-delà de sa promesse de maintenir le cap pro-occidental pris en 2014, la politique que mènerait M. Zelensky reste une grande inconnue même s’il a tenté entre les deux tours de renforcer sa crédibilité, s’entourant de conseillers plus expérimentés et se rendant à Paris pour rencontrer la semaine dernière le président Emmanuel Macron.

Face à l’humoriste, le président sortant ne cesse d’insister ces derniers jours sur son expérience de commandant en chef en temps de guerre et d’interlocuteur incontournable sur la scène diplomatique, à la tête d’un Etat à l’emplacement stratégique entre l’Union européenne et la Russie.

Il a une nouvelle fois jeudi brandi les menaces considérables qui pèsent sur son pays. Vladimir « Poutine compte sur le fait qu’il y aura un novice faible, non préparé et incompétent au poste de président ukrainien », a lancé M. Porochenko.

Il s’en est pris aussi à un jugement annulant un sauvetage bancaire majeur de son mandat, dans l’un de ces revirements dont l’Ukraine a le secret mêlant justice, finance, politique et un sulfureux oligarque.

La décision prononcée par un tribunal administratif de Kiev annule la nationalisation en catastrophe de PrivatBank fin 2016. Cette opération aux enjeux majeurs pour les économies des Ukrainiens est explosive politiquement en raison de l’identité du principal actionnaire de l’établissement au moment du sauvetage: Igor Kolomoïski, ennemi de Petro Porochenko accusé d’oeuvrer à l’élection de Volodymyr Zelensky.

« Une telle aventure menace des dizaines de millions de clients d’une perte de leur argent, et le pays entier d’une faillite et d’une nouvelle crise économique », a insisté M. Porochenko, convoquant une réunion du Conseil national de sécurité et de défense.

L’ambassade américaine en Ukraine, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) et la Banque mondiale ont réitéré jeudi leur soutien à la nationalisation de PrivatBank, promettant de « suivre de près » la situation.

Vendredi les deux candidats doivent débattre à 16H00 GMT devant les 70.000 spectateurs du plus grand stade du pays.

Dès le soir du premier tour, le président a défié son rival de participer à un face à face, comptant mettre en exergue le flou de son programme. Mais Volodymyr Zelensky a transformé cet appel en feuilleton rocambolesque en posant ses conditions, exigeant qu’il ait lieu dans le plus grand stade du pays ou encore que des tests de dépistage de drogue et d’alcoolémie soient conduits.

« Après ce qui a été fait ces cinq dernières années, je pense que je peux me contenter de ne rien dire du tout, et je dois gagner pour donner une chance au pays », a tranché le candidat dans un entretien publié jeudi par le site RBC-Ukraine.

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