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Santé

Cancers d’origine professionnelle aujourd’hui : un “regard dans le rétroviseur”

AFP

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Un ouvrier retraité de 68 ans, habitant plutôt dans le nord de la France, qui travaillait dans le secteur de la métallurgie ou du BTP et a été exposé à l’amiante : voilà le portrait type d’une victime de cancer professionnel dont le nombre a plus que triplé en 20 ans, selon l’assurance maladie.

Sur la période 2013-2017, 1.840 cancers professionnels en moyenne ont été reconnus chaque année en France, selon des données présentées jeudi par la branche Risques professionnels de l’assurance maladie.

Un chiffre qui a plus que triplé en 20 ans – 540 cas en 1998, 1.940 cas reconnus en 2017 – mais qui pourrait ne représenter qu’un cinquième des cas du fait des sous-déclarations.

Pour autant, l’assurance maladie met en parallèle ce chiffre avec les “plus de 50.000 maladies professionnelles”, liées majoritairement à des troubles musculo-squelettiques, reconnues annuellement.

Ces cancers, c’est un peu “un regard dans le rétroviseur”, ils reflètent “ce qui s’est passé il y a 30, 40 ans en termes d’exposition professionnelle” car ce sont des “pathologies à effet différé”, a observé Marine Jeantet, directrice des Risques professionnels.

Citant une étude Santé Publique France, elle a aussi souligné que l’exposition professionnelle était à l’origine de “5 à 6% maximum” des cancers.

Parmi ces cancers professionnels, 80% sont liés à une exposition à l’amiante (70% de cancers du poumon, 30% de mésothéliomes, le cancer de la plèvre aussi appelé “cancer de l’amiante”). Pour les autres, il s’agit principalement de cancers de la vessie, naso-sinusiens et de leucémies.

Hors amiante, interdit depuis 1997 en France, l’exposition aux poussières de bois, au benzène et aux goudrons, bitumes et asphaltes est à l’origine de la moitié des cas, souligne l’assurance maladie.

– Mieux organiser la détection –

Tous types de cancers confondus, l’âge moyen des personnes touchées au moment de la reconnaissance en maladie professionnelle est de 68 ans (73 ans en moyenne pour les cancers de l’amiante, 56,5 ans pour les cancers liés au benzène) et les hommes sont très majoritairement concernés (96%, contre un rapport 55/45 pour l’ensemble des cancers). Ils sont ouvriers dans 80% des cas.

Une situation qui reflète “la structure d’emploi des cinquante dernières années” et non “l’exposition actuelle des salariés”, souligne l’assurance maladie. “Il est difficile de savoir”, ajoute-t-elle, “le type de cancers qui seront reconnus d’origine professionnelle dans 30 ans, ainsi que le profil des salariés touchés”.

Les cas se concentrent dans la moitié nord de la France, où sont implantées des activités concernées par l’utilisation passée de l’amiante (mines, chantiers navals, métallurgie…). Par secteurs, la métallurgie compte le plus grand nombre de cas (39%). Viennent ensuite le BTP (24%) et, dans une moindre mesure, l’industrie chimique et le secteur du bois (9% chacun).

La prise en charge de ces cancers par la branche Risques professionnels représente un coût annuel de 1,2 milliard d’euros pour les entreprises. Il s’agit principalement de rentes viagères, dont 80% sont versées aux ayants droit (essentiellement des conjoints survivants), avec un montant moyen d’environ 17.000 euros par an.

Mais beaucoup de cancers d’origine professionnelle ne sont pas déclarés, du fait notamment de la période de latence entre l’exposition et la survenue de la maladie (20 à 40 ans) ou des démarches à engager. Privant du même coup les victimes du versement d’une rente à titre de réparation.

D’où la volonté de mieux “organiser la détection” de l’origine potentiellement professionnelle d’un cancer à l’occasion de contrôles médicaux – une expérimentation sur les cancers de la vessie a permis de multiplier par six ceux pris en charge par la branche entre 2008 et 2017. Et de mettre en place une aide à la déclaration.

Face aux “éventuels cancers à venir”, l’assurance maladie déploie aussi un programme de prévention des risques chimiques qui prévoit entre autres des aides financières pour les entreprises de moins de 50 salariés.

NOTE: Dans le but d’élargir son champ d’action, LaminuteInfo s’ouvre au journalisme citoyen. L’objectif de la politique éditoriale est d’essayer  désormais de publier des actualités concernant des événements ou faits objectifs, vérifiables et autant que possible inédits. Si vous avez des informations à partager avec les autres, alors soumettez les pour publication ICI

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Santé

Une pétition européenne pour que l’UE rende obligatoire le “Nutriscore”

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Plusieurs associations de consommateurs européens lancent lundi une pétition pour demander à la Commission européenne de rendre obligatoire le Nutriscore, un “étiquetage nutritionnel simplifié ayant fait la preuve de son efficacité” sur les produits alimentaires, et qui commence à être adopté par les industriels.

Déjà mis en place en France depuis l’automne 2017, mais de façon facultative en raison de la réglementation européenne actuelle, ainsi qu’en Belgique et en Espagne, ce système d’étiquetage est basé sur cinq lettres (A,B,C,D,E) et un code couleurs, du vert au rouge, selon la qualité nutritionnelle de l’aliment.

De par son caractère facultatif, il “peine à se développer dans les rayons”, estime dans un communiqué l’association française UFC-Que Choisir, à l’origine de la pétition avec six autres: Test-Achat (Belgique), VZBV (Allemagne), Consumentenbond (Pays-Bas), OCU (Espagne), Federajca Konsumentow (Pologne) et EKPIZO (Grèce).

Partant du principe que “la mauvaise qualité nutritionnelle d’un trop grand nombre d’aliments industriels est (l’)une des principales causes du taux élevé d’obésité, de maladies cardiovasculaires et de diabète”, et que “la complexité des tableaux (…) figurant sur les emballages aboutit à ce que 82% des consommateurs ne les comprennent pas”, ces associations ont décidé d’agir.

“Un million de signatures sont nécessaires pour que la Commission réponde: alors, pour savoir ce que nous mangeons, protéger notre santé et inciter les industries à améliorer la composition de leurs produits, ensemble, exigeons de la Commission de rendre le Nutriscore obligatoire”, exhortent-elles.

Selon ces associations, plusieurs études nationales et internationales ont souligné que le Nutriscore était “l’étiquetage nutritionnel simplifié le plus efficace” afin d’aider au quotidien les consommateurs dans leurs achats de produits alimentaires.

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Santé

Des applications pour décrocher des opiacés grâce à son smartphone

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Des smartphones pour aider à décrocher des opiacés : de plus en plus de firmes technologiques lancent des applications de traitement médical en ligne censées combattre cette addiction qui ravage les Etats-Unis.

Ces traitements d’un nouveau genre, approuvés par la recherche médicale et disponible sur ordonnance, sont considérés comme un moyen possible d’accompagner — voire de remplacer dans certains cas — les médicaments pour traiter l’addiction et tout un éventail d’autres problèmes de santé physique ou mentale.

“La +thérapie numérique+, ce sont des traitements scientifiques validés fournis sous forme logicielle, ce qui peut les rendre plus accessibles et immédiats”, explique Yuri Maricich, de l’entreprise Pear Therapeutics, qui a reçu le feu vert réglementaire aux Etats-Unis pour des applications destinées à traiter les addictions, notamment les opiacés, problème majeur de santé publique aux Etats-Unis.

Passer par un smartphone permet aussi aux médecins de suivre de près le traitement suivi par le patient.

“C’est le même niveau d’exigence (que les médicaments) en terme d’élaboration. Nous avons réalisé des essais cliniques aléatoires pour nous assurer que cela donnait le résultat attendu et était sûr”, affirme aussi M. Maricich.

En janvier, Pear a lancé avec le groupe pharmaceutique Sandoz (Novartis) lancé un programme de “thérapie comportementale” sur douze semaines pour traiter l’addiction aux opiacés, après le feu vert de la FDA, le régulateur américain des médicaments.

Elle accompagne la prescription d’un médicament, la buprénorphine.

Via l’app, l’équipe médicale peut suivre les progrès du patient, envoyer des rappels et des conseils. Le patient peut répondre à des questions, inscrire ce qu’il a consommé, faire état de sensation de manque etc…

L’idée de ces apps est de “reprogrammer” le cerveau une fois qu’il a été détraqué par les psychotropes, en “bouleversant la chaîne comportementale et en apprenant de nouvelles choses pour changer son style de vie et en finir avec les schémas d’auto-destruction”, explique Lisa Marsch,de l’université de (est), qui a dirigé les essais avec Pear et d’autres firmes de médecine “numérique”.

Selon ses promoteurs, 40% des patients qui se sont servis de la première version de l’application reSET de Pear, accompagnée d’un traitement traditionnel, sont parvenus à ne pas consommer d’alcool, de cocaïne, de marijuana ou autres substances pendant trois mois, comparés à 17,6% pour des patients traités sans l’application.

Pour Shawn Ryan, de l’université de Cincinnati (centre-est), professeur de médecine et spécialiste de l’addiction, ce genre de technologies permet en effet de mieux contrôler les progrès des patients mais aussi de traiter des patients situés dans des zones reculées.

“Dans beaucoup de régions des Etats-Unis, on manque de professionnels donc il n’y a pas d’alternative”, explique-t-il.

La crise de la dépendance aux médicaments opiacés ravage le pays depuis une dizaine d’années.

Rien qu’en 2017, les autorités sanitaires estiment que les overdoses aux opiacés ont fait 47.000 morts et que 1,7 millions de personnes étaient dépendantes aux antidouleurs comme l’OxyContin.

Les investissements dans les startups de “thérapies numériques” ont presque doublé en 2018 à 811 millions de dollars, selon le cabinet CB Insights, qui note “un gros intérêt de la part des entreprises pharmaceutiques”.

Selon le cabinet Juniper Research, le marché devrait dépasser 32 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2024 contre 2,2 en 2019, le suivi du diabète et du poids étant les deux plus gros segments.

C’est précisément une application de suivi et de conseils aux diabétiques qu’a mis au point la startup Omada, basée à San Francisco (ouest). La britannique SilverCloud Health propose quant à elle des applications contre l’anxiété, la dépression et autres…

Ce qui ralentit le marché, expliquent certains analystes, c’est que les gens confondent ces thérapies médicales validées avec les innombrables applications “bien-être” disponibles partout, contre l’insomnie par exemple…

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Santé

Des marches en France pour dénoncer les activités de Bayer-Monsanto

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Plusieurs centaines de personnes se sont réunies samedi après-midi à Paris, Toulouse ou Bordeaux pour dénoncer les activités de Bayer-Monsanto et autres géants de l’agro-chimie et réclamer un autre modèle agricole, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Sur les quais de la Garonne à Bordeaux, environ 200 marcheurs écologistes ont convergé avec quelques dizaines de “gilets jaunes” en début d’après-midi.

Le rassemblement était festif, mélangeant des reprises reggae de Brassens (“Non les braves gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux”) et les slogans anti-Macron des “gilets jaunes”. Le rassemblement était encadré par un dispositif de sécurité de la gendarmerie allégé.

A Paris, ils étaient une centaine place de la République à Paris avec des banderoles “produire avec la nature, pas contre elle” de Greenpeace, des manifestants déguisés en abeilles ou arborant des coquelicots.

“Il y a beaucoup de manifestations aujourd’hui et même si toutes les causes sont importantes, celle ci l’est particulièrement pour nous, pour ma fille de 6 ans”, a témoigné Cécile Laurent-Atthalin, 48 ans, de Vanves, en conversion en agriculture bio, regrettant que “la cause” ne soit “pas assez relayée”.

Dans le centre de Toulouse, une cinquantaine de manifestants, certains revêtus d’une combinaison blanche et brandissant des pulvérisateurs, d’autres déguisés en abeilles, se sont rassemblés autour d’une banderole proclamant “Baysanto et cie, dégagez”.

“Terre morte”, “stop aux pesticides”, lisait-on sur d’autres panneaux sur le square Charles de Gaulle.

Empêchés par la police de rallier la préfecture, les manifestants se sont allongés sur place, dans une des artères les plus commerçantes de la ville, puis ont réitéré l’opération devant le monument aux morts de la ville.

“Monsanto est un vendeur de mort depuis toujours, de l’agent orange aux plantes OGM, mais ils n’est pas le seul, c’est contre toute l’industrie agrochimique que nous sommes là”, expliquait Magali Lauriot, une militante de 54 ans.

Si elle se félicitait des “déboires” connus par le groupe racheté par Bayer, elle jugeait qu’il n’en subissait “pas encore assez”.

Monsanto enchaîne ces derniers mois les revers judiciaires liés au glyphosate, le principe actif de son désherbant à succès, le Roundup.

Le chimiste allemand Bayer a vu s’évanouir près de 45% de sa capitalisation depuis qu’il a racheté le groupe américain en juin 2018.

Bayer est également aux prises avec une polémique en France autour d’un fichage – par une agence de communication employée par Monsanto – de centaines de personnalités concernant leur position sur les OGM ou le glyphosate.

laf-cab-rhl-tsz/alu/phc

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