Connect with us

Sciences

Les Dieux du jugement ont-ils aidé les sociétés à se développer?

Avatar

Publié le

Les religions les plus populaires d’aujourd’hui ont une chose en commun: des dieux ou des lois surnaturelles (telles que le karma) qui dictent le comportement moral et punissent les transgressions. Agissez moralement et ces forces surnaturelles vous récompenseront; enfreignez les règles et vous serez puni.

Mais les dieux moralisateurs semblent être assez rares dans l’histoire humaine. Les ethnographes savent par exemple que les dieux des sociétés de chasseurs-cueilleurs ne se préoccupent pas beaucoup des humains, encore moins de leur comportement moral. (Beaucoup d’entre eux se concentrent plutôt sur la nature.) Une nouvelle étude teste une hypothèse populaire sur la raison pour laquelle les dieux moralisateurs ont fini par prendre le dessus.

De nombreux érudits soutiennent que la construction de sociétés à grande échelle était une nécessité pour les dieux moralisateurs, une idée parfois appelée hypothèse des «grands dieux», bien qu’elle s’applique également aux lois morales surnaturelles impersonnelles telles que le karma. Les chasseurs-cueilleurs vivent dans de petits groupes dans lesquels tout le monde se connaît, ce qui garantit que le comportement immoral est pratiquement découvert et puni. Mais dans les sociétés plus grandes et plus anonymes, des réseaux de villages interconnectés aux premières villes, les gens peuvent enfreindre les règles sans que personne ne s’en aperçoive. Si tout le monde faisait cela, la société se désagrégerait, il fallait donc des dieux moralisateurs pour garder un œil sur tout le monde et encourager la coopération au lieu de la triche. Plus les gens coopèrent, plus la société peut se développer.

Pour tester cette idée, une équipe de chercheurs a utilisé une nouvelle base de données historique appelée Seshat (du nom de l’ancienne déesse égyptienne de la sagesse). Seshat contient des informations sur la taille, les gouvernements, les forces armées, les religions, les économies et des centaines de sociétés des 10 000 dernières années, ce qui permet aux chercheurs de les comparer quantitativement.

Les scientifiques ont analysé 414 sociétés de 30 régions du monde, du passé profond jusqu’à la révolution industrielle. Ils ont classé chaque société en fonction de 51 mesures de la complexité sociale, telles que le nombre de personnes qui y appartenaient et le système hiérarchique de son gouvernement. Ils ont également tenté de déterminer si chaque société croyait en un dieu moralisateur ou en une loi surnaturelle appliquant des valeurs telles que l’équité et la loyauté. C’est «très ambitieux», déclare Carol Ember, anthropologue interculturelle à l’Université de Yale, qui n’a pas participé à la nouvelle recherche.

L’équipe rapporte aujourd’hui dans Nature que les sociétés à grande échelle ont tendance à avoir des dieux moralisateurs, contrairement aux sociétés à petite échelle. Mais lorsque les chercheurs se sont concentrés sur les 12 régions pour lesquelles ils pouvaient examiner les sociétés avant et après l’émergence de dieux moralisateurs, ils ont constaté que des dieux moralisants apparaissaient systématiquement après qu’une société était devenue vaste et complexe.

Cela signifie que ces divinités n’auraient pas pu aider une société à croître initialement, estime Patrick Savage, anthropologue et ethnomusicologue à l’Université Keio de Fujisawa (Japon) et auteur de la nouvelle étude. Il suggère que la participation à des rituels religieux – qui ont tendance à apparaître lorsque la complexité sociale augmente – pourrait être plus importante que la croyance en la moralisation des dieux pour la promotion de la coopération. Une fois que les sociétés atteignent un million de membres environ, les dieux moralisateurs semblent intervenir pour stabiliser la coopération entre des personnes qui peuvent avoir des langues, des ethnies ou des contextes culturels différents.

C’est «une hypothèse alternative intéressante» qui mérite d’être étudiée, déclare Edward Slingerland, historien de l’Université de la Colombie-Britannique à Vancouver (Canada), qui a contribué à l’élaboration de l’hypothèse des «grands dieux». Mais il s’inquiète de la fiabilité des données de Seshat, car la plupart d’entre elles ont été collectées et classées par des assistants de recherche et non par des historiens experts.

«Les gens vont vraiment scruter les données», et à juste titre, ajoute Quentin Atkinson, psychologue de l’évolution de l’Université d’Auckland en Nouvelle-Zélande, qui n’a pas participé à la nouvelle recherche. Il fait remarquer, par exemple, que les preuves écrites ou archéologiques de la moralisation des dieux sont probablement apparues bien après le début de leur croyance, un décalage qui peut fausser le moment de leur apparition dans une base de données telle que Seshat. « Beaucoup repose sur la qualité de cette information. »

NOTE: Dans le but d’élargir son champ d’action, LaminuteInfo s’ouvre au journalisme citoyen. L’objectif de la politique éditoriale est d’essayer  désormais de publier des actualités concernant des événements ou faits objectifs, vérifiables et autant que possible inédits. Si vous avez des informations à partager avec les autres, alors soumettez les pour publication ICI

Advertisement
laisser un commenataire

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Sciences

La Chine se lance dans la course aux astéroïdes

AFP

Published

on

By

La Chine a annoncé à son tour jeudi le lancement d’une sonde vers un astéroïde, dans le sillage d’expéditions similaires lancées ces dernières années par l’Europe, les Etats-Unis et le Japon.

La mission, qui doit durer 10 ans, est à destination de l’astéroïde 2016 H03, un minuscule corps céleste de 41 mètres de diamètre qui évolue au plus près à 5,2 millions de km de la Terre, a annoncé l’agence spatiale chinoise.

La sonde sera chargée de rapporter des échantillons du sol de l’astéroïde, a expliqué devant la presse le directeur du Centre d’exploration et d’ingénierie spatiale, Liu Jizhong, sans donner de date pour le lancement de la mission.

L’engin se divisera en deux lors de son retour vers la Terre: une capsule transportant les échantillons regagnera le sol terrestre, tandis qu’un autre module se dirigera vers un autre objet céleste encore plus lointain, la comète 133P, distante de plus de 300 millions de km de notre planète.

M. Liu a appelé les savants du monde entier à participer à l’expédition et à embarquer leurs expériences à bord de la sonde.

L’annonce de cette mission chinoise survient alors que le Japon est parvenu en février à poser une sonde sur un astéroïde distant de 340 millions de km de la Terre. La sonde Hayabusa2 a déjà largué en octobre sur Ryugu un petit robot franco-allemand, Mascot.



Mascot est considéré comme le petit frère de l’atterrisseur Philae, dont les aventures sur la comète Tchouri, à plus de 500 millions de km de distance, avaient passionné les foules en 2014. Lancé par la sonde européenne Rosetta, il avait été le premier objet terrestre à se poser sur une comète.

De son côté, la Nasa a fait survoler début janvier par sa sonde New Horizons l’objet baptisé Ultima Thule, situé à la distance phénoménale de 6,2 milliards de km, aux confins du système solaire. Il s’agit du corps céleste le plus lointain jamais observé « de près » (3.500 km).

Une autre sonde de la Nasa, Osiris-Rex, a établi fin décembre un record en se plaçant en orbite autour de l’astéroïde Bennu, à quelque 110 millions de km de la Terre. Avec ses 500 mètres environ de diamètre, c’est le plus petit objet cosmique autour duquel un engin spatial se soit jamais placé en orbite aussi proche.

La Chine dépense désormais davantage pour ses programmes spatiaux civils et militaires que la Russie et le Japon, avec un budget évalué par l’OCDE à 8,4 milliards de dollars en 2017, soit le deuxième budget du monde après celui des Etats-Unis.

Lire la suite

Sciences

Argentine: découverte d’un cimetière de dinosaures datant de 220 millions d’années

AFP

Published

on

By

Un cimetière de dinosaures datant de 220 millions d’années a été découvert dans l’ouest de l’Argentine, avec des restes d’une dizaine d’animaux, ont annoncé mercredi des chercheurs argentins.

« Il y a près de dix individus distincts. C’est une masse d’os agglomérés, il n’y a pratiquement pas de sédiments. C’est comme s’ils avaient fait un puits et qu’ils l’avaient rempli d’os. C’est très impressionnant », a expliqué le paléontologue argentin Ricardo Martinez.

Selon le scientifique de l’Institut et musée de sciences naturelles (IMCN) de l’Université de San Juan (ouest), « ces fossiles appartiennent au bassin de Ischigualasto, qui correspond à 220 millions d’années, une époque dont on connaît peu la faune ».

Le cimetière a été découvert en septembre 2018 dans la province de San Juan (1.100 km à l’ouest de Buenos Aires), a précisé Cecilia Apaldetti, également chercheuse au sein de l’IMCN et membre du Conseil national des sciences et techniques (Conicet).



Cette découverte « a une double importance car il y a au moins sept ou huit individus de dicynodontes, qui sont les ancêtres des mammifères, de la taille d’un boeuf, et d’autres archosauriens (reptiles) que nous ne connaissons pas encore et qui peuvent être des dinosaures ou un ancêtre des grands crocodiles », a expliqué M. Martinez.

Ce « lit d’os » mesure entre un et deux mètres de diamètre et autant de profondeur.

Pour expliquer les causes d’une telle accumulation d’os, les scientifiques émettent l’hypothèse qu’il y « a pu voir une époque de grande sécheresse et que, à cet endroit, il y avait de l’eau, un petit lac où venaient en masse les herbivores pour boire, et qu’à mesure que l’eau s’évaporait, les animaux s’affaiblissaient et mourraient sur place ».

L’Argentine compte de très nombreux fossiles issus de trois périodes, le triasique, le jurassique et le crétacé de l’ère Mésozoïque. Ils appartiennent à des animaux différents de ceux rencontrés dans l’hémisphère nord.

Les gisements de fossiles de dinosaures les plus importants se trouvent en Patagonie (sud), dans les régions de La Rioja et San Juan (ouest) et dans la province de Salta (nord).

Lire la suite

Sciences

L’un des plus grands mammifères terrestres découvert au Kenya

AFP

Published

on

By

Un lion mais en sept fois plus gros: des dents et des fragments d’os vieux de 23 millions d’années découverts au Kenya ont permis d’identifier l’un des plus grands mammifères carnivores ayant foulé la Terre.

L’inquiétant animal, baptisé « Simbakubwa kutokaafrika » (pour grand lion d’Afrique) pesait dans les 1.500 kg et était capable de s’attaquer à des animaux de la taille des éléphants et des hippopotames.

« Au vu de ses dents massives, Simbakubwa était un hypercarnivore », explique Matthew Borths de l’Université Duke, auteur principal de l’étude publiée jeudi dans le Journal of Vertebrate Paleontology.



Les restes de l’animal – un morceau de mâchoire inférieure comportant une canine, une prémolaire et une molaire ainsi que d’autres dents et quelques os – avaient été découverts il y a déjà des dizaines années mais avaient été attribués à une espèce plus petite, Hyainailouros napakensis. Ils attendaient depuis au musée national de Nairobi.

Selon les chercheurs, l’animal est mort relativement jeune. Pourtant, sa mâchoire est beaucoup plus grosse que celle d’un lion de taille adulte. Avec ses canines, il pouvait cisailler la chair, tandis que ses molaires lui permettaient de casser les os », précise un communiqué.

Simbakubwa vivait il y a environ 23 millions d’années, au début du Miocène. Mais les conditions permettant l’existence de tels gabarits semblent avoir persisté pendant des millions d’années, précisent les chercheurs.

Lire la suite




Derniers articles

Sports18 minutes ago

Masters 1000 de Monte-Carlo: Herbert, dernier Français, éliminé

Pierre-Hugues Herbert, 49e mondial et dernier Français en lice au Masters 1000 de Monte-Carlo, a été éliminé jeudi en 8es...

Sports1 heure ago

Championnats de France de natation: Stravius fidèle au poste

Jérémy Stravius, pilier de la natation française, a profité du 50 m dos à la fois pour se qualifier pour...

Sports2 heures ago

Ligue Europa: Arsenal, sans l’ombre d’un doute

Meilleur à l’aller (2-0) et meilleur au retour, Arsenal s’est très tranquillement qualifié jeudi pour les demi-finales de la Ligue...

France2 heures ago

Almodovar, Loach, Malick… des pointures pour le 72e Festival de Cannes

Les vétérans Ken Loach, Terrence Malick, Pedro Almodovar ou encore les frères Dardenne seront en compétition lors du 72e Festival...

Business3 heures ago

Retraites: le Medef veut repousser l’âge légal à 64 ans d’ici 2028

Le Medef a proposé jeudi de relever l’âge légal de départ en retraite de 62 à 64 ans d’ici 2028,...

Monde3 heures ago

Mis à l’index par Pyongyang, Mike Pompeo fait le dos rond

Face à l’impasse, le secrétaire d’Etat Mike Pompeo fait le dos rond, et les Etats-Unis avec lui. Même si la...

Afrique3 heures ago

Nigeria: l’ex-président de la Cour suprême jugé coupable de corruption

L’ancien président de la Cour suprême du Nigeria a été reconnu coupable jeudi de corruption et condamné à dix ans...

Sports3 heures ago

Ligue Europa: des demies Arsenal-Valence et Francfort-Chelsea

L’Angleterre sera représentée par deux clubs dans le dernier carré de la Ligue Europa: Arsenal affrontera Valence pendant que Chelsea...

France3 heures ago

Hôpitaux de Paris: les urgences toujours mobilisées, avant une grève plus large

« Porte d’entrée » d’un milieu en souffrance, plusieurs services d’urgences de l’Assistance publique- Hôpitaux de Paris étaient toujours en grève illimitée...

Business4 heures ago

Privatisation d’ADP: Philippe appelle à « éviter les caricatures »

Edouard Philippe a appelé jeudi à « éviter les caricatures » sur le dossier polémique de la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP),...

Advertisement

Nous suivre sur facebook