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Asie

La “peur des rouges” relancée en Indonésie avant les élections

AFP

Publié le

Yanto Tjahaja était affairé dans sa petite librairie de Padang quand des soldats se sont engouffrés dans son magasin et ont confisqué une dizaine de livres dédiés au Parti communiste. Car en Indonésie, tout ce qui a trait au communisme reste tabou.

En 1965, en pleine Guerre froide, les forces du général Suharto ont mené une vaste purge visant à éliminer les sympathisants communistes, qui s’est traduite par au moins 500.000 morts dans tout l’archipel d’Asie du Sud-Est.

Le Parti communiste indonésien (PKI), considéré alors comme le troisième au monde, après ses homologues chinois et soviétique, a été éradiqué, à la grande satisfaction des Etats-Unis qui luttaient contre la propagation du communisme en Asie.

Un demi-siècle plus tard, toute influence communiste dans le pays reste un chiffon rouge. Afficher des images de Che Guevara ou des symboles comme la faucille et le marteau peut conduire en prison.

Le raid dans la librairie de Padang, en janvier, fait partie d’opérations coup de poing menées par les autorités avant l’élection présidentielle d’avril, qui semblent destinées à raviver “la peur des rouges” pour en tirer des bénéfices politiques, selon des observateurs.

“On nous a dit que les livres confisqués traitaient du Parti communiste (PKI). Mais nous ne le savions pas. On ne faisait que les vendre”, a déclaré à l’AFP Yanto Tjahaja, dans sa librairie de Padang, au centre de l’île de Sumatra.

“Mon épouse et moi-même sommes toujours traumatisés. On nous a traités comme des criminels”.

– Des dizaines de librairies ciblées –

Les raids anticommunistes sont menés de façon épisodique en application d’une législation drastique qui interdit toute propagation de l’idéologie communiste ou sa représentation politique.

Ces derniers mois, des dizaines de librairies ont été ciblées, poussant les associations de défense des droits de l’Homme à en appeler au président Joko Widodo pour qu’il mette fin à ces opérations de police.

“Ces descentes ont été menées dans le seul but de donner l’impression que le gouvernement reste en alerte face au risque d’un retour du communisme”, note Asvi Warwan Adam, professeur d’histoire politique à l’Institut des sciences indonésien. “C’est évidemment lié aux élections”.

Pour Ronny Augustinus, dirigeant de la librairie en ligne Marjin Kiri, le gouvernement joue sur la peur du communisme en période électorale car “tout ce qu’il cherche à faire est de se maintenir au pouvoir”.

Sur les réseaux sociaux indonésiens, l’AFP a constaté de nombreuses infox ciblant le président Joko Widodo, tout comme son adversaire à la présidentielle Prabowo Subianto, l’un comme l’autre accusés à tort de sympathies communistes.

– “Musée de la traîtrise” –

Difficile pourtant de voir le moindre signe d’une résurgence du communisme dans la troisième démocratie de la planète. L’Indonésie, qui compte la plus importante population musulmane au monde, maintient officiellement que les massacres des années 1960 étaient nécessaires pour préserver le pays d’une idéologie athée.

Le Parti revendiquait trois millions de membres à son apogée, et jouissait d’un poids politique important dans le pays devenu indépendant des Pays-Bas en 1945. Il a vu son influence grossir dans les années 60, quand des millions d’Indonésiens sont tombés dans la pauvreté.

En 1965, invoquant une tentative de coup d’Etat, le régime de Suharto élimine des millions de militants et sympathisants du PKI, ainsi que des membres de leurs familles.

Des documents diplomatiques américains déclassifiés en 2017 ont révélé que le gouvernement américain était au courant d’une purge anticommuniste sanglante décrite comme “un vaste massacre”.

Uchikowati Fauzia, la fille d’un membre du PKI qui a été emprisonné, ne peut pas oublier cette période. “Mes amis et moi étions désignés comme les filles du PKI pendant des années (…) Et jusqu’à maintenant les discriminations continuent”, dit-elle.

– “Confusion et méfiance” –

Au Musée de la traîtrise du Parti communiste, fondé à Jakarta par Suharto, il n’y a pas de place pour la mémoire des victimes.

Ce musée, que des classes entières visitent toujours avec leurs enseignants, montre en diorama des scènes de torture et de violence attribuées aux communistes, et destinées à marquer les esprits.

“Les rumeurs de retour du Parti communiste me font peur”, souligne un visiteur, Muhammad Hafiz, 26 ans. “Le communisme n’a pas de place dans notre pays (…) Ils étaient sans pitié et ont tué brutalement nos héros, nous devons être vigilants”.

Quand le gouvernement de l’actuel président Joko Widodo a favorisé pour la première fois un débat public sur les massacres, l’initiative a déclenché des protestations de la part de l’armée et de la police.

A Padang, Tjahaja réfléchit à fermer sa librairie alors que les clients se font rares et que son commerce est attaqué sur les médias sociaux.

“Ce sont des livres d’Histoire” qui ont été confisqués. “Si on ne les vend plus, on peut aussi bien cesser d’étudier complètement l’Histoire”, se lamente-t-il.

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Asie

La France n’a pas renforcé ses patrouilles dans le golfe Persique malgré les tensions iraniennes

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© AP Photo / Fars News Agency, Ebrahim Norouzi

La déclaration intervient alors que des photos de missiles iraniens sur de petits bateaux dans le golfe Persique ont fait surface, suscitant l’inquiétude que le corps des gardes de la révolution islamique les tire sur des navires de la marine américaine.

Un porte-parole de l’actuel chef d’état-major de l’armée française a déclaré que Paris n’avait pas accru la surveillance dans le golfe Persique à sa connaissance.

Un peu plus tôt dans la journée, trois responsables de la Maison Blanche ont été cités par le New York Times, affirmant que les images suspendues montrant des missiles entièrement assemblés avaient incité Washington à intensifier sa rhétorique contre Téhéran.

Le porte-parole, le colonel Patrick Steiger, a déclaré lors d’une conférence de presse au ministère de la Défense qu’aucune conclusion n’avait été tirée concernant les prétendues opérations de sabotage contre des navires saoudiens et émiriens dans le Golfe.

Selon Steiger, des experts français sont actuellement impliqués dans une enquête sur les opérations présumées.

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Asie

Au moins 20 personnes piégées dans l’effondrement d’un immeuble à Shanghai

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L’incident s’est produit dans le district de Changning à Shanghai jeudi matin. À l’heure actuelle, il n’existe aucune information officielle sur les raisons possibles de l’effondrement du bâtiment.

Selon le portail chinois d’informations ECNS, environ 20 personnes se sont retrouvées coincées sous des débris après l’effondrement d’un bâtiment commercial en cours de rénovation à Shanghai.

Dans le même temps, le journal The Paper a signalé que près de 10 personnes avaient été bloquées après l’incident, ajoutant que la surface effondrée avait été estimée à 1 000 mètres carrés, soit un tiers de l’immeuble.

Une opération de recherche est en cours. Selon les pompiers de Shanghai, 11 personnes ont été sauvées du site pour le moment.

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Asie

Attaque au Pakistan: des hommes armés assaillent un hôtel cinq étoiles au Baloutchistan

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AFP

Trois hommes armés ont pris d’assaut un hôtel cinq étoiles dans la province pakistanaise agitée du Baloutchistan, faisant au moins un mort, ont annoncé des responsables.

L’attaque visait l’hôtel Zaver Pearl-Continental de la ville portuaire stratégique de Gwadar, pièce maîtresse d’un projet chinois de plusieurs milliards de dollars.

Un porte-parole de l’hôtel a déclaré qu’il n’y avait pas d’invités et peu de personnel en raison du Ramadan.

L’armée séparatiste de libération du Baloutchistan a déclaré avoir lancé l’attaque contre des investisseurs chinois et autres.

“Attendez-vous à plus d’attaques en Chine et au Pakistan”, a déclaré un compte Twitter qui prétendait être lié au groupe.

Les militants du Baloutchistan s’opposent aux investissements chinois, affirmant qu’ils ne profitent guère aux populations locales.

Que savons-nous de l’attaque?

Les hommes armés ont pris d’assaut l’hôtel, généralement populaire auprès des hauts responsables du gouvernement et des visiteurs étrangers, vers 16h50 heure locale (11h50 GMT), tuant un agent de sécurité qui avait tenté de les arrêter à l’entrée.

Les forces de sécurité sont entrées dans l’hôtel et ont pris part à une fusillade avec les militants.

En raison du mois sacré musulman du ramadan, l’hôtel n’a pas de clients et son personnel est très limité, a déclaré un porte-parole de Zaver Pearl-Continental à la BBC.

Cependant, des rapports antérieurs suggéraient que les clients de l’hôtel avaient été évacués en toute sécurité.

L’hôtel est situé sur une colline surplombant le port de Gwadar sur la mer d’Arabie, développé par la Chine dans le cadre du Corridor économique Chine-Pakistan (CPEC), un réseau de routes, de voies ferrées et de pipelines reliant les deux pays.

Sur Twitter, l’ambassade de Chine au Pakistan a condamné l’attaque, qui intervient quelques semaines à peine après le massacre de 14 personnes, dont 11 militaires, dans la région.

Où est situé l’hôtel à Baloutchistan?

Berceau d’une insurrection de longue date, le Baloutchistan est la province la plus pauvre et la moins développée du Pakistan.

Il partage une frontière large et poreuse avec l’Afghanistan et l’Iran.

Son économie est dominée par les ressources naturelles, notamment le gaz naturel, et est transformée par les grands projets d’infrastructure chinois du CPEC, qui font partie de l’ambitieuse initiative Belt and Road.

Plusieurs groupes militants opèrent dans la région, notamment les talibans pakistanais, la BLA et le groupe extrémiste sunnite Lashkar-e-Jhangvi.

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