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San Francisco: comment le boom de la “tech” a rendu l’immobilier inabordable

AFP

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Sur la ligne d’horizon de San Francisco, loin des ruelles en pentes et des maisons colorées, domine désormais la tour d’un groupe “tech”, tout un symbole. A l’ère de Facebook, Google et Twitter, l’essor du secteur technologique ces dernières années a profondément changé la ville, devenue l’une des plus chères du monde.

Les chiffres donnent le tournis: le loyer médian pour un deux-pièces avoisine les 3.700 dollars, le plus élevé des Etats-Unis. A moins de 117.400 dollars de revenus annuels, un foyer de quatre personnes à San Francisco est considéré comme “à faibles revenus”, selon les statistiques fédérales.

Envie d’aller visiter le siège de Facebook, à 45 km? Comptez deux heures dans les bouchons aux heures de pointe. Soir et matin, on croise par dizaines d’énormes cars qui transportent les “techies” jusqu’aux sièges des géants à Menlo Park (Facebook), Mountain View (Google) ou Cupertino (Apple).

La hausse des prix de l’immobilier touche toute la région: au sud, où se trouve la Silicon Valley et les sièges des groupes technologiques, mais aussi à l’est et au-delà.

Les écarts de richesse sont particulièrement frappants. Des milliers de sans-abris dépenaillés errent le long de la grande artère commerçante de San Francisco, Market Street, sillonnée par des Tesla et des Maserati, non loin des sièges d’Uber ou de Twitter.

D’autres vivent dans leur voiture, comme Elizabeth V., 59 ans, qui travaille jusqu’à 16 heures par jour comme agent de sécurité dans les locaux des géants technologiques. Avec 2.800 dollars par mois, impossible pour elle et son frère handicapé de louer un logement.

“Quand les gens pensent à la Silicon Valley (…) ils ne pensent pas à nous. Ils pensent à la petite minorité d’ingénieurs qui gagnent énormément d’argent”, résume-t-elle, en se réveillant comme tous les matins dans sa voiture, remplie à ras bord de vêtements et de nourriture en boîte, sur un parking de San Jose, au sud de San Francisco.

“On voit aujourd’hui une catégorie de sans-abris que l’on ne voyait pas avant, des gens qui travaillent. Ça c’est nouveau”, confirme Cary McClelland, auteur du livre “Silicon City” (2018) consacré à la métamorphose de la ville.

– Surchauffe –

Que l’on consulte élus, experts ou habitants, le constat est unanime: même si le problème du logement a toujours existé dans cette ville exiguë située sur une péninsule, il s’est considérablement accru avec la reprise économique et le boom de la “tech” à partir de 2012, au point de devenir le problème numéro un de la municipalité.

Selon le réseau immobilier Paragon, le prix médian d’une maison à San Francisco, qui se situait vers 670.000 dollars début 2012, avait grimpé à 1,6 million de dollars début 2018.

Avec l’arrivée de dizaines de milliers d’ingénieurs de la “tech”, dont les salaires peuvent allègrement démarrer à 100.000 dollars par an, “très rapidement, le coût de la vie et des logements a augmenté énormément”, entraînant “l’explosion des expulsions (…), la fermeture de nombreux petits commerces”, d’associations, d’institutions culturelles, explique M. McClelland.

“Après la grande récession (2008-2011), les investisseurs se sont retrouvés avec très peu de secteurs dans lesquels ils pouvaient investir, alors beaucoup de ces capitaux se sont amassés ici et ont mis la ville en surchauffe”, poursuit-il.

Servane Valentin, une Française agent immobilier, se souvient. A partir de 2012/2013, “on a vu arriver comme clients de jeunes +geeks+ entre 20 et 30 ans, avec des salaires beaucoup plus élevés, qui n’avaient aucune notion de l’argent (….) et prêts à payer 2.000 dollars pour un studio”, raconte-t-elle, évoquant des prix “hors de proportions”.

– Réaction –

Outre la question des sans-abris (il y en a officiellement environ 7.500 rien qu’à San Francisco, pour 900.000 habitants), la hausse de l’immobilier rejette les classes moyennes de plus en plus loin, parfois à deux ou trois heures de la ville, venant encore grossir les embouteillages.

Résultat, “nous avons quasi en permanence des emplois vacants pour les postes les moins bien payés, comme les assistants médicaux”, qui ne peuvent pas habiter en ville, regrette Peggy Sugar, 55 ans. Elle travaille dans la santé et habite depuis plus de 30 ans “The City by the Bay”, le surnom de San Francisco.

Le constat vaut aussi pour les enseignants, les pompiers, les travailleurs sociaux, a fortiori les serveurs, les livreurs…

Pour autant, nuance Cary McClelland, “ce n’est pas de la faute du secteur +tech+” en lui-même, qui a de fait “bénéficié d’un environnement économique” et n’a “pas encore trouvé les moyens” de le rendre aux habitants.

D’ailleurs, conscients de ces critiques de plus en plus vives, les groupes technologiques réagissent.

En janvier s’est lancé le “Partenariat pour l’avenir de la Baie”, réunissant acteurs publics et privés (dont Facebook ou Genentech, ainsi que plusieurs fondations) pour s’attaquer aux problèmes de logement ou de transport, avec 500 millions de dollars d’investissements promis.

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Des Indiens du Panama accusent Nike de contrefaçon

AFP

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Des Indiens Kuna du Panama ont accusé mardi le géant Nike d’avoir “copié” illégalement des dessins traditionnels sur un modèle de baskets dont la vente a finalement été annulée par l’équipementier américain.

Selon les avocats de la communauté, le design des ces chaussures de sport — une édition limitée du modèle Air Force 1 — s’inspire des “molas”, un art du textile richement coloré, traditionnel du peuple Kuna.

Ces derniers, qui ont accusé le géant américain de violation de la propriété intellectuelle, ont réclamé que la vente de ces baskets, qui devaient être mises sur le marché le 6 juin au prix de 100 dollars la paire, soit suspendue.

“Nous nous excusons pour la représentation inexacte de l’origine de la conception du Nike Air Force 1 “Puerto Rico” 2019. En conséquence, ce produit ne sera pas disponible” à la vente, a réagi un porte-parole de l’entreprise interrogé par l’AFP.

Selon le site spécialisé Sneaker News, Nike avait indiqué que le dessin — coloré sur fond noir — était un hommage à Porto Rico et représentait la grenouille Coqui, emblématique de l’île caribéenne, également territoire américain.

Les responsables de l’entreprise “doivent reconnaître que le +mola+ qui apparaît sur les baskets vient du peuple Kuna”, avait estimé lors d’une conférence de presse à Panama City, le cacique Belisario Lopez.

Selon lui, cette affaire n’est pas un cas isolé. “Des milliers de dessins et de savoir-faire traditionnels des peuples autochtones sont piratés par les multinationales”.

“Nous avons déjà envoyé une lettre de protestation à Nike, mais nous n’avons pas reçu de réponse”, avait précisé l’avocat Aresio Valiente.

Les Indiens Kuna vivent au Panama et en Colombie, la majorité sur les îles San Blas, sur la côte caribéenne du Panama.

“Pour les Kuna, le mola est comme un drapeau. Il y a une réelle identité culturelle qui s’exprime autour du mola. C’est un élément fort de l’identité”, a expliqué à l’AFP Monica Martinez, professeur d’anthropologie sociale à l’Université de Barcelone qui étudie le peuple Kuna depuis une vingtaine d’années.

“Il y a des débats au sein de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) et les peuples autochtones exigent que des mesures soient prises. Mais rien n’est fait”, déplore-t-elle.

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Wall Street termine en hausse après le répit autour de Huawei

AFP

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La Bourse de New York a terminé en nette hausse mardi, revigorée après deux séances de baisse par un apparent répit autour du géant chinois Huawei dans l’affrontement commercial auquel se livrent Washington et Pékin.

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, s’est apprécié de 0,77%, à 25.877,33 points, et l’indice Nasdaq, à forte coloration technologique, de 1,08%, à 7.785,72 points.

L’indice élargi S&P 500 a gagné 0,85%, à 2.864,36 points.

“Personne ne peut prédire actuellement ce qui va advenir des négociations commerciales. Et même si nous prévoyons toujours qu’un accord finira par être conclu, on ne sait pas du tout quand ce sera le cas”, a commenté Nate Thooft, gestionnaire de portefeuilles pour Manulife Asset Management.

En attendant, les indices ont surtout, selon lui, “rebondi après deux séances de baisse” mardi, tout en restant sensibles à tous les gros titres sur le sujet.

Ainsi le répit accordé par les autorités américaines à Huawei a aidé les indices en apportant “un soulagement temporaire”, a-t-il estimé.

Deuxième fabricant mondial de smartphones, le groupe est en effet sous le coup de sanctions depuis que Donald Trump a décidé la semaine dernière d’interdire les exportations de produits technologiques américains vers certaines entreprises jugées “à risque” pour la sécurité nationale.

Plusieurs géants du secteur tech, Google en tête, ont en conséquence indiqué qu’ils allaient devoir couper les ponts avec le groupe chinois.

Mais devant l’inquiétude des usagers et des entreprises américaines, les Etats-Unis ont finalement donné lundi un sursis à Huawei, qui pourra encore pendant trois mois utiliser des composants et logiciels américains avant la mise en œuvre effective des sanctions. Le temps pour lui et ses partenaires commerciaux de s’adapter.

– “Objets de marchandages” –

Les fabricants de composants électroniques, qui avaient particulièrement souffert lundi, se sont redressés mardi à l’instar d’AMD (+2,51%) ou Qualcomm (+1,47%).

“Il est clair que les Etats-Unis, comme la Chine, utilisent des mesures spécifiques pour asseoir leurs positions et ces entreprises deviennent des objets de marchandage”, a relevé M. Thooft en soulignant que Pékin pourrait, par exemple, imposer des mesures similaires à l’encontre d’Apple.

“Le marché commence à vraiment redouter les ramifications des tactiques employées dans le cadre de cette guerre commerciale”.

Les fabricants de chaussures et leurs distributeurs, dont Adidas, Nike, Puma et Steve Madden, ont pour leur part exhorté le président américain à retirer “immédiatement” les chaussures de la liste des produits manufacturés en provenance de Chine qui pourraient être frappés par des tarifs douaniers supplémentaires.

Ces marques fabriquant une grande partie de leur production en Chine, une telle décision serait à leurs yeux “catastrophique pour les consommateurs, les entreprises et l’économie américaine dans son ensemble”.

Les investisseurs américains ont par ailleurs digéré une série mitigée de résultats d’entreprises du secteur de la distribution.

Le spécialiste du bricolage Home Depot, membre du Dow Jones, a progressé de 0,26% et le vendeur de pièces détachées automobiles AutoZone de 5,57%.

La chaîne de vêtements J.C.Penney a reculé de 6,96% et celle d’articles de maison Kohl’s de 12,34%.

Urban Outfitters, maison mère des magasins de vêtements Urban Outfitters, Anthropologie et Free people, a grappillé 0,19%. Le groupe prépare le lancement cet été d’un nouveau service proposant, pour 88 dollars par mois, de louer six articles de leurs collections.

Le laboratoire pharmaceutique Merck, qui a annoncé mardi l’acquisition pour 1,05 milliard de dollars d’une société biopharmaceutique compatriote spécialisée dans le développement de traitements anti-cancéreux innovants, Peloton Therapeutics, a pris 0,79%.

Sur le marché obligataire, le taux sur la dette à 10 ans des Etats-Unis montait un peu et s’échangeait à 2,426%, contre 2,416% lundi soir.

  1. Nasdaq
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Le région Hauts-de-France vote un prêt de 12 millions d’euros à British Steel Saint Saulve, ex-Ascoval

AFP

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Le conseil régional des Hauts-de-France a indiqué avoir voté mardi un prêt de 12 millions d’euros à British Steel, groupe de sidérurgie britannique repreneur de l’aciérie Ascoval à Saint-Saulve (Nord), alors que le groupe connaît des difficultés financières.

Ce prêt, à rembourser d’ici à 2026, vise à “l’aider à financer le besoin en fonds de roulement et les investissements nécessaires à son projet de reprise des actifs” d’Ascoval, désormais British Steel Saint Saulve, et ses 270 salariés, selon la délibération consultée par l’AFP.

Assorti d’un taux d’intérêt de 4%, il sera décaissé en deux tranches: huit millions d’euros doivent être versés au plus tard le 30 juin et 4 millions d’euros d’ici au 15 octobre.

Le groupe britannique, deuxième sidérurgiste du pays fort de 5.000 employés, avait reconnu la semaine dernière traverser une mauvaise passe et être à court de liquidités, en particulier en raison de l’impact des incertitudes du Brexit sur son activité.

Les fonds promis par l’État français et British Steel ont toutefois été versés mercredi, permettant à l’usine, quasiment à l’arrêt après plusieurs mois de redressement judiciaire, de reprendre son activité.

Vendredi, le groupe britannique a annoncé avoir désormais les liquidités nécessaires pour poursuivre son activité “normalement” en attendant de trouver une “solution durable” à ses difficultés financières.

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