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France

Les enfants de jihadistes français, ces embarrassantes victimes de guerre

AFP

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Pour les familles, ils sont des victimes de guerre autant que d’un « cynisme » d’Etat, pour le gouvernement, il n’est toujours pas question d’envisager leur retour: le sort des enfants de jihadistes français détenus en Syrie se jouera au « cas par cas ».

Alors que brûle le dernier réduit du « califat » du groupe Etat islamique (EI) dans les confins orientaux de la Syrie, la question du rapatriement de ces enfants se pose de nouveau avec urgence.

Mercredi soir, le président Emmanuel Macron a douché les espoirs des familles, qui demandent depuis plusieurs mois le retour de leurs enfants, pour les juger en France, et de leurs petits-enfants, au titre de la protection de l’enfance.

« Pour ce qui est des enfants, c’est une approche au cas par cas qui est menée, en particulier en lien avec la Croix-Rouge internationale. C’est une approche humanitaire qui est suivie et avec beaucoup de vigilance », a-t-il déclaré depuis Nairobi.

« Cas par cas? Vigilance? Si c’était le cas, les orphelins seraient déjà rapatriés. On va trier les enfants qui ne sont pas morts encore, c’est ça? », a twitté jeudi Véronique Roy, membre du Collectif familles unies, qui regroupe 70 familles françaises dont des proches ont rejoint un territoire tenu par l’EI.

De son côté, le secrétaire d’État à l’Intérieur, Laurent Nuñez, renvoyait la balle dans le camp des Forces démocratiques syriennes (FDS), qui pilonnent le dernier bout de terre de l’EI.

« Les FDS ont fait le choix que les enfants restent avec leur mère donc pour l’instant il n’y a pas de retour envisagé », pour M. Nuñez, qui précise qu’il y a pu avoir ces dernières semaines « des retours au compte-goutte » d’enfants accompagnant des adultes de retour de Syrie.

Ces retours, soulignent les familles, relèvent tous « d’initiatives privées »: « L’Etat n’est jamais intervenu pour le moindre rapatriement. Il n’y a pas eu de cas par cas, mais des gens qui ont réussi à sortir de Syrie et ont été arrêtés en Turquie ou ailleurs et ensuite remis à la France », rectifie Thierry Roy, dont le fils Quentin est présumé mort en Syrie.

– « Cynisme sans pareil » –

Le plus insupportable pour les familles est ce que ce père meurtri appelle « le cynisme sans pareil du président » qui invoque une approche humanitaire « mais abandonne des enfants » et « ouvre lui-même la porte à l’extrémisme en ne respectant pas notre droit et nos valeurs ».

Ces derniers jours, les démarches se sont multipliées en faveur des enfants de jihadistes, dont nul ne connaît avec certitude le nombre. Ils seraient plus de 3.500 originaires d’une trentaine de pays dans les camps de déplacés selon l’ONG Save The Children. Fin février, au moins 80 enfants français se trouvaient aux mains des forces arabo-kurdes, selon des estimations de sources françaises non confirmées par les autorités.

Après une plainte de familles contre la France déposée en février auprès du comité des droits de l’enfant de l’ONU, deux avocats, Marie Dosé et Henri Leclerc, ont lancé en début de semaine une pétition pour leur rapatriement.

Parallèlement, deux familles ont saisi la justice administrative pour qu’elle contraigne l’Etat français à rapatrier des enfants « en péril ».

Une démarche jugée inefficace par certains avocats, en l’absence de représentation de l’Etat ou d’autorités consulaires en Syrie depuis 2012. Saisi d’une demande similaire, un juge bruxellois avait contraint la Belgique fin décembre à rapatrier six enfants belges de jihadistes, une décision annulée en appel le 27 février.

Plus que de la procédure, les familles attendent un « sursaut d’humanité » de l’exécutif. Leurs avocats soulignent que « tous ces enfants sont exposés à court et moyen terme à un risque de mort », à l’instar d’un bébé britannique décédé, probablement d’une pneumonie, dans un camp de réfugiés début mars.

Outre la malnutrition et les maladies, ceux qui sont rentrés – environ 80 depuis 2015 – souffrent de « symptômes post-traumatiques ». La violence des bombardements, la détention avec leur mère, « ce n’est pas du passé pour eux, ça leur est rappelé par de nombreux événements: les échéances judiciaires, les rencontres avec leurs parents en prison », a expliqué à l’AFP le psychiatre Thierry Baubet, responsable de l’un des services chargés de leur suivi en Ile-de-France.

« Il faut arriver à proposer un soutien sur le long terme à ces enfants et à leur entourage », a-t-il dit. « Des enfants plein de vie » a-t-il ajouté, pour lesquels « on peut être optimiste sur leur développement ».

NOTE: Dans le but d’élargir son champ d’action, LaminuteInfo s’ouvre au journalisme citoyen. L’objectif de la politique éditoriale est d’essayer  désormais de publier des actualités concernant des événements ou faits objectifs, vérifiables et autant que possible inédits. Si vous avez des informations à partager avec les autres, alors soumettez les pour publication ICI

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France

Le pape accorde un sursis à Barbarin, qui se met en retrait pour « tourner une page »

AFP

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Le pape François a accordé un répit au cardinal Philippe Barbarin en refusant sa démission dans l’attente de son procès en appel, mais le prélat français s’est mis en retrait de la direction du diocèse de Lyon pour « tourner une page ».

Dans la foulée de sa condamnation début mars à six mois de prison avec sursis pour non dénonciation des abus sexuels d’un prêtre de son diocèse, Mgr Barbarin avait présenté lundi sa démission au pape, mais ce dernier, « invoquant la présomption d’innocence, n’a pas voulu accepter cette démission », a annoncé le primat des Gaules dans un communiqué.

Réputé proche de Mgr Barbarin, le pape argentin a longtemps pris personnellement la défense du cardinal français. Lorsque l’affaire lyonnaise avait éclaté en 2016, il avait déjà rejeté une première offre de démission, jugeant qu’elle serait « un contresens, une imprudence », avant l’issue de son procès.

François Devaux, cofondateur de l’association de victimes La Parole libérée à l’origine du procès Barbarin, juge ce nouveau soutien papal comme « l’erreur de trop ».

« Je crois que cet homme-là (le pape) va réussir à tuer l’Eglise (…). Cela montre à quel point on a raison et que le problème est intrinsèque au dogme », a-t-il déclaré à l’AFP.

« C’était une chance historique pour l’Eglise… », a aussi regretté dans un tweet François Ozon, dont le film « Grâce à Dieu » raconte le combat de l’association.

Philippe Barbarin reste donc pour l’heure archevêque de Lyon, même s’il a annoncé se mettre « en retrait pour quelque temps », laissant « la conduite du diocèse au vicaire général modérateur, le père Yves Baumgarten ».

Cette décision, précise-t-il, a été prise sur « suggestion » du pape « et parce que l’Église de Lyon souffre » depuis qu’a éclaté voici trois ans le scandale de pédophilie du diocèse de Lyon.

« Après ce jugement, cette condamnation, et même s’il n’y avait pas eu de condamnation, je pense qu’il est bon qu’une page soit tournée », a ensuite déclaré le prélat dans un entretien à la chaîne de télévision catholique KTO.

Mais, interrogé sur la durée de cette prise de distance, il a répondu: « Je n’en sais rien, ça dépend si le procès en appel est très long ou ne dure que quelques mois ».

– Le dilemme justice/diocèse –

Un temps évoquée au Vatican, la nomination d’un administrateur apostolique à Lyon a finalement été écartée, et la Conférence des évêques de France (CEF), dans une prise de distance singulière, s’est dite, avec ce faux départ, « étonnée » d’une situation « inédite ».

Le président de la CEF, Mgr Georges Pontier, a toutefois expliqué comprendre que ce choix résulte du « conflit entre deux exigences », celle de « respecter le cheminement de la justice » et celle de « se préoccuper du bien du diocèse de Lyon ».

Un autre porte-parole de La Parole libérée, Pierre-Emmanuel Germain-Thill, a jugé la décision « choquante », faisant valoir que la condamnation de Mgr Barbarin en première instance, « ce n’est pas pour rien ».

Archevêque de Lyon depuis 2002, cardinal depuis 2003, primat des Gaules (titre honorifique conféré à l’archevêque de Lyon depuis le XIe siècle), Mgr Barbarin est considéré à 68 ans comme le plus haut dignitaire de l’Eglise de France.

A l’issue d’un procès devenu symbole de la crise de l’Eglise face aux actes pédophiles, il a été condamné le 7 mars à six mois de prison avec sursis pour ne pas avoir dénoncé à la justice les agressions pédophiles imputées par des scouts au père Bernard Preynat dans les années 1980/1990 et dont il avait été informé par une victime en 2014.

Le cardinal a martelé durant le procès n’avoir « jamais cherché à cacher, encore moins à couvrir ces faits horribles ». Mais le jugement considère qu’il a choisi de ne rien dire aux autorités françaises « pour préserver l’institution » de l’Eglise, empêchant ainsi « la découverte de très nombreuses victimes d’abus sexuels par la justice ».

Ses avocats ont fait appel et il faudra donc attendre l’issue de ce deuxième procès, espéré cette année par ces derniers.

Avant Mgr Barbarin, deux évêques ont été condamnés pour des faits similaires en 2001 et 2018.

Choisi pour diriger le diocèse au quotidien, Yves Baumgarten a été ordonné prêtre à Lyon sur le tard, à 39 ans. Ce Mâconnais de 54 ans, ancien inspecteur du Trésor public, a notamment été vicaire à Roanne et curé d’une paroisse de Balbigny (Loire) avant d’être nommé vicaire général à Lyon en 2014.

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France

Décès de Georges Courtois, preneur d’otages aux assises de Nantes

AFP

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Auteur d’une spectaculaire prise d’otages en 1985 à la cour d’assises de Nantes, Georges Courtois qui se définissait comme un « malfaiteur professionnel », est décédé dans la nuit de samedi à dimanche à Quimperlé. Son corps, retrouvé dans un appartement en feu, a été identifié mardi.

« Il a été identifié (…) Par contre, son décès n’est pas consécutif à l’incendie », a indiqué à l’AFP Marie-Noëlle Collobert, vice-procureure de la République de Quimper. Les causes de la mort ne sont pas déterminées mais toute intervention d’un tiers est exclue, selon Mme Collobert, qui a précisé ne pas disposer encore du rapport complet de l’autopsie, pratiquée dans la matinée.

L’incendie s’était déclaré dans un appartement dont Georges Courtois, âgé de 71 ans, était locataire. L’ex-braqueur était en voie d’expulsion, selon la gendarmerie de Quimperlé.

Georges Courtois avait eu son « quart d’heure de célébrité » le 19 décembre 1985 lorsqu’avec deux complices il avait pris en otage une trentaine de personnes –magistrats, jurés, journalistes… — dans la salle d’assises du palais de justice de Nantes, alors même qu’il était jugé pour un hold-up.

Un fait d’armes très médiatisé que Courtois avait raconté dans ses mémoires, « Aux marches du Palais », parues en novembre 2015 aux éditions du Nouvel Attila.

L’un de ses complices, Abdelkarim Khalki, qui s’était dit membre du groupe palestinien Abou Nidal, était parvenu à introduire des armes dans la salle. Il était entré « par la grande porte ». Avec, cousus dans sa veste, « huit calibres, six grenades, deux paires de menottes, une chaîne d’un mètre de long avec cadenas, une cartouche de Gitanes, des cigares, une radio… », détaillait Courtois dans son livre.

Le 20 décembre, dans l’après-midi, irrité de ne pas voir arriver les voitures réclamées aux policiers pour sa fuite, il s’affiche, enchaîné au président de la cour d’assises sur les marches du palais. Un pistolet dans chaque main, une cigarette aux lèvres, il tire en direction de la foule amassée sur la place du palais de justice. L’image fera le tour du monde.

– première intervention du Raid –

La spectaculaire prise d’otages n’avait pris fin que 34 heures plus tard sur la piste de l’aéroport de Nantes, après la reddition, sans effusion de sang, des trois malfrats. C’était alors la première intervention des hommes du Raid, l’unité d’élite de la police tout juste créée à l’initiative de Robert Broussard.

Depuis la voiture des policiers, vitre baissée, le braqueur avait lancé aux micros et caméras: « Je vous annonce que nous considérons cette affaire comme un demi-échec, c’est-à-dire comme un demi-succès ».

« Ils allaient me mettre 20 ans de toute façon (pour les braquages). Pour moi, c’était gratuit », témoignait-il en décembre 2015, attablé à son « QG » nantais, un verre de Muscadet et un paquet de Gitanes toujours à portée de main.

« On était dans une pièce de théâtre. Il voulait parler à la télévision, avoir son quart d’heure de célébrité. C’était un coup d’éclat, sa manière de dire merde à la justice », avait témoigné Bernard Dussol. A l’époque rédacteur en chef à France 3 Nantes, il avait été convoqué par le trio pour filmer avec son équipe la prise d’otages, mais « pas du tout le pistolet sur la tempe ».

Pour ces faits, Georges Courtois avait été condamné en 1988 à vingt ans de réclusion. En 2006, il avait été condamné par la cour d’assises de Loire-Atlantique à douze ans pour deux braquages à l’automne 2000. Il avait été libéré en 2014, après 34 ans passés en prison, assurant quelques mois plus tard avoir « raccroché ». « J’ai 68 ans, j’ai commencé ma carrière à 14 ans, c’est 54 ans de cotisations! » avait-il lancé en décembre 2015.

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France

Grande America: sans doute pas de pollution sur le littoral « avant 10 jours »

AFP

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Une arrivée sur le littoral français de pollution consécutive au naufrage du navire italien Grande América « semble très peu probable avant 10 jours », a fait savoir mardi soir la préfecture maritime de l’Atlantique dans un communiqué.

« A ce stade, compte-tenu des conditions environnementales (…), de la distance à la côte et des résultats des modèles fournis par le comité de dérive, une arrivée sur le littoral français d’amas de fioul lourd semble très peu probable avant 10 jours », selon le texte.

« A la verticale de l’épave, une irisation de surface parsemée d’amas de fioul lourd est visible. La pollution initiale (…) a dérivé. Elle est constituée de petits amas de fioul disséminés » d' »une dimension moyenne comprise entre 50 et 100 cm », indique la préfecture maritime.

Par ailleurs, l’amélioration des conditions météorologiques, nettement meilleures que les jours précédents, a permis mardi « la mise en oeuvre d’un dispositif complet de lutte anti-pollution » dans la zone du naufrage du Grande America, dans le golfe de Gascogne.

« Des barrages hauturiers ont été déployés avec la technique du chalutage en boeuf pour confiner (concentrer) le polluant et le pomper ensuite à bord des navires de lutte anti-pollution », selon le communiqué. Plusieurs navires français et espagnols sont présents sur zone.

« Les opérations ont été menées de manière simultanée », à la fois « à la verticale de l’épave où une irisation de surface parsemée de fioul lourd est toujours visible », de même que « sur la pollution initiale émise » par le navire lors de son naufrage.

L’amélioration de l’état de la mer a également permis de « réaliser une meilleure observation aérienne de la pollution ». « Les vols réalisés ont permis la relocalisation de cinq conteneurs et deux radeaux pneumatiques ». Un containeur de « matière non dangereuse » a été amené au port de la Rochelle où il est arrivé mardi midi.

Enfin, « des prélèvements d’échantillon en mer ont été réalisés » mardi matin « sur le front avant de la pollution » et transférés à terre pour analyses, précise le communiqué.

Le Grande America a sombré le 12 mars à 333 km à l’ouest de La Rochelle par 4.600 mètres de fond après un violent incendie. Il avait à son bord 365 conteneurs, dont 45 répertoriés comme contenant des matières dangereuses, plus de 2.000 véhicules, ainsi que 2.200 tonnes de fioul lourd dans ses soutes. Ses 27 occupants ont été secourus et ramenés à Brest, où une enquête pour pollution accidentelle a été ouverte.

mcl/it

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