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Ethiopian Airlines: l’analyse des boîtes noires va débuter en France

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L’analyse des boîtes noires du Boeing 737 MAX d’Ethiopian Airlines débute vendredi en France pour tenter de dévoiler le scénario de l’accident dans lequel 157 personnes sont mortes dimanche.

C’est le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA), près de Paris, qui sera chargé de la lecture des cartes mémoires des enregistreurs de vols, a annoncé cette agence française réputée pour son expertise dans les enquêtes délicates sur des accidents d’avion.

Le BEA, où sont arrivées jeudi les boîtes noires, a été choisi par les autorités éthiopiennes qui dirigent l’enquête sur l’accident.

Boeing avait plus tôt annoncé la suspension des livraisons des avions actuellement en production “jusqu’à ce que nous trouvions une solution”. Selon un porte-parole, l’avionneur américain poursuivra en revanche leur production.

Boeing n’était pas encore en mesure de dire où ces avions fraîchement sortis des chaînes d’assemblage allaient être stockés.

Et le porte-parole a écarté l’éventualité de réduire le rythme de production ou de fermer provisoirement des usines. Boeing produit actuellement 52 MAX par mois et il prévoyait avant cette crise d’augmenter la cadence de production à 57 exemplaires, éventuellement en juin.

L’agence américaine de l’aviation (FAA) avait ordonné mercredi de clouer au sol “provisoirement” les Boeing 737 MAX 8 et 9 aux Etats-Unis dans le sillage de décisions similaires des autorités de sécurité aérienne dans le monde entier.

– Panique du pilote –

Washington a justifié ce choix par la collecte de “nouvelles données” satellitaires fournies par le Canada, montrant des similarités entre la tragédie d’Ethiopian Airlines et celle de Lion Air, en octobre, dans la trajectoire des avions qui se sont tous deux écrasés quelques minutes après le décollage.

L’interdiction de vol “sera maintenue le temps de plus amples investigations, incluant l’examen des informations contenues” dans les boîtes noires, a indiqué la FAA.

L’accident en Ethiopie est survenu moins de cinq mois après celui de la compagnie indonésienne Lion Air, en mer de Java, qui a tué 189 personnes.

La première boîte noire contient les paramètres de vol, la seconde les conversations et alarmes du cockpit qui ont été enregistrées jusqu’à l’accident.

Le New York Times a indiqué jeudi soir que le pilote aux commandes du Boeing 737 MAX d’Ethiopian Airlines avait rencontré une situation d’urgence immédiatement après le décollage, demandant d’une “voix paniquée” un retour.

“Break, break, demande retour à la maison”, dit le commandant aux contrôleurs aériens alors qu’il tente d’éviter deux autres vols approchant l’aéroport, selon le quotidien américain qui s’appuie sur les déclarations d’une personne ayant eu accès aux échanges entre l’équipage et les contrôleurs.

L’expression “break, break” est utilisée pour donner priorité à un message, signifiant que l’équipage est confronté à une situation d’urgence que les pilotes n’arrivent pas à gérer.

La compagnie avait dit dès dimanche que l’équipage avait demandé un retour à Addis Abeba mais c’est la première fois que le contenu des messages du commandant avec le contrôle aérien est dévoilé.

L’Ethiopie s’est tournée vers la France car elle ne dispose pas de l’équipement nécessaire pour les examiner. Ces boîtes, équipant le MAX, sont comme l’avion qu’elles équipent de nouvelle génération et demandent donc une grande expertise.

L’organisme américain chargé de la sécurité dans les transports (NTSB) a de son côté dépêché trois enquêteurs en France pour participer aux travaux, une procédure habituelle puisqu’il s’agit d’un constructeur américain.

– Rassurer les passagers –

Pour l’heure, rien n’a filtré sur la possibilité d’exploiter pleinement ou non ces enregistreurs de vol alors que le responsable des autorités américaines Dan Elwell a révélé mercredi qu’ils avaient été “endommagés” lors de leur impact avec le sol.

Mais les boîtes noires étant conçues pour résister à des chocs extrêmes, “cela ne présage en rien de l’intégrité des données qu’elles contiennent”, a souligné un ancien responsable du BEA.

Et si les données étaient partiellement effacées, le BEA pourrait se tourner vers le fabricant de ces enregistreurs pour les reconstituer en tout ou partie.

Malgré la décision de clouer au sol la flotte d’avions flambant neufs, le PDG de Boeing Dennis Muilenburg avait renouvelé mercredi sa “confiance totale en la sécurité du 737 MAX”, affirmant que la décision, à l’initiative du constructeur, avait pour finalité de rassurer le grand public.

L’interdiction de vol ne devrait pas perturber sérieusement le trafic aérien mondial avec quelque 370 appareils de cette famille sur environ 19.000 avions d’au moins 100 passagers en service au niveau international, tous modèles confondus, selon des données d’Airbus.

Néanmoins, les compagnies sont confrontées à un casse-tête logistique pour réorganiser leur programme de vols avec d’autres appareils.

L’enquête sur l’accident de Lion Air a pour le moment mis en cause un dysfonctionnement sur le système de stabilisation en vol destiné à éviter un décrochage de l’avion, le “MCAS” (Maneuvering Characteristics Augmentation System).

Plusieurs pilotes américains avaient eux-mêmes rapporté fin 2018, sur une base de données anonyme de la NASA, avoir été confrontés à un dysfonctionnement de ce dispositif.

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Autriche: clap final pour la coalition droite-extrême droite

AFP

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La coalition gouvernementale droite-extrême droite a vécu en Autriche, à quelques jours des élections européennes, avec le départ lundi de tous les ministres FPÖ, emportés par une sulfureuse vidéo où le leader nationaliste Heinz-Christian Strache était disposé à se compromettre avec la Russie.

Le Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ) a annoncé en fin de journée retirer avec effet immédiat tous ses ministres du gouvernement formé avec les conservateurs du chancelier Sebastian Kurz, sans attendre les législatives anticipées qui devraient avoir lieu en septembre.

Ce départ fait suite à la décision du chef du gouvernement de limoger le ministre de l’Intérieur d’extrême droite Herbert Kickl. Autour de ce responsable politique controversé, stratège du FPÖ, une nouvelle crise s’était nouée lundi au sein de la coalition à l’agonie.

Sebastian Kurz estime le profil de ce ministre incompatible avec le déroulement de l’enquête sur la vidéo tournée secrètement dans une villa d’Ibiza en 2017 mettant en cause M. Strache, l’ex-patron du FPÖ acculé samedi à la démission de tous ses mandats, dont celui de vice-chancelier.

“Il est clair que M. Kickl ne peut pas enquêter sur lui-même”, a martelé le chancelier.

Un tel limogeage se traduira par un départ de tous les ministres FPÖ du gouvernement, avait prévenu d’emblée Norbert Hofer, ministre des Transports et nouveau chef désigné du parti.

Durant les 18 mois au pouvoir de la coalition, le ministre de l’Intérieur s’est retrouvé au centre de nombreuses polémiques. Il a provoqué un scandale national en faisant perquisitionner, à peine entré en fonction, le siège des services de sécurité intérieure (BVT).

De nombreux documents sensibles ont été saisis et, jugeant la fiabilité du BVT affectée, des services de renseignement alliés ont pris leurs distances avec cette institution.

Le FPÖ détenait encore, outre le portefeuille de l’Intérieur, ceux des Affaires étrangères, de la Défense, des Transports et du Travail.

– “Leçons à tirer” –

Le chancelier Kurz a solennellement appelé lundi tous les partis d’opposition, dont l’extrême droite, à “garantir la stabilité” du pays ébranlé par l’éclatement de la coalition. Cette crise a conduit à la convocation d’élections anticipées.

La droite conservatrice de M. Kurz et la droite nationaliste à tendance eurosceptique incarnée par le FPÖ, alliées depuis 2017, s’étaient rejointes sur une ligne dure contre l’immigration.

Les dirigeants des deux formations s’affichaient volontiers comme un modèle de coalition duplicable à l’échelle de l’Union européenne où les formations nationalistes ont multiplié les succès électoraux ces dernières années et espèrent se renforcer au Parlement européen, à l’issue du scrutin organisé dans l’UE du 23 au 26 mai.

Après la crise politique provoquée par l'”Ibiza-gate”, des responsables européens ont mis en garde contre le vote pour l’extrême droite à ces élections cruciales pour l’avenir de l’Europe.

Le chef de file des conservateurs européens, l’Allemand Manfred Weber, a dit en tirer une “leçon claire”: “Il ne faut donner à ces radicaux aucune influence sur notre Europe”.

La chancelière allemande Angela Merkel a appelé à résister aux “politiques qui sont à vendre”, dans une référence directe au scandale autrichien.

La vidéo d’Ibiza montre un dirigeant politique “qui n’a clairement pas l’intérêt de l’Europe au coeur”, a commenté un porte-parole de la Commission européenne.

Dans les déclarations alcoolisées de M. Strache enregistrées en caméra cachée lors d’un rendez-vous organisé pour le piéger, l’ancien chef de l’extrême droite envisageait l’octroi de contrats publics autrichiens en échange de soutiens financiers russes.

Il évoquait également un système de financement illégal du FPÖ, un parti qu’il dirigeait depuis 2005, dans les extraits révélés vendredi par des médias allemands mais dont l’origine n’a pas été établie.

Face aux possibles répercussions de cette affaire sur le scrutin européen, la cheffe de l’extrême droite française Marine Le Pen, alliée du FPÖ, a pris ses distances avec l’ex-dirigeant autrichien, auquel elle a reproché une “faute lourde”.

Les effets de ce séisme politique en Autriche se faisaient sentir dans le premier sondage publié lundi après la mise en cause du FPÖ: le parti reculait de 5 points dans les intentions de vote, à 18%, tandis que le parti conservateur de M. Kurz était donné à 38%, en progression.

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USA: un sénateur prône une “réponse militaire écrasante” en cas d’acte hostile de l’Iran

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Un sénateur proche de Donald Trump a assuré lundi que l’Iran était responsable de récents actes hostiles au Moyen-Orient et a préconisé une “réponse militaire écrasante” en cas d’atteintes aux intérêts américains.

Lindsey Graham, un élu républicain, a précisé avoir été informé par le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Bolton, un faucon depuis longtemps partisan de la manière forte avec Téhéran.

“Il est clair que ces dernières semaines l’Iran a attaqué des oléoducs et des navires d’autres pays et qu’il est à l’origine de flux de menaces à l’encontre des intérêts américains en Irak”, a tweeté M. Graham.

“Si les menaces iraniennes contre les personnes et les intérêts américains se concrétisent, nous devons apporter une réponse militaire écrasante”, a estimé Lindsey Graham.

Ryad a accusé l’Iran d’être derrière une attaque de drones revendiquée par les rebelles Houthis du Yémen, soutenus par Téhéran, contre un oléoduc saoudien.

L’attaque intervenait après des “actes de sabotage” non revendiqués dans le Golfe qui ont touché entre autres des pétroliers saoudiens.

Washington n’a pas officiellement attribué ces actes à Téhéran, mais a accusé l’Iran à de maintes reprises de préparer des attaques, notamment via ses affidés, dans des régions du Moyen-Orient comme par exemple l’Irak.

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Investi président de l’Ukraine, Zelensky convoque des législatives anticipées

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Investi président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky a aussitôt annoncé lundi des législatives anticipées, s’attaquant bille en tête à une classe politique hostile à un novice qui a promis de transformer un pays en guerre et en difficultés économiques.

L’investiture de Volodymyr Zelensky, comédien devenu à 41 ans le plus jeune président de l’Ukraine post-soviétique, ouvre une nouvelle ère pour cet Etat indépendant depuis moins de 30 ans.

Elu en capitalisant sur la défiance des Ukrainiens envers leurs élites avec ses promesses de mettre fin à la corruption et de “casser le système”, il affronte une tâche titanesque, avec un conflit avec des séparatistes prorusses qui a fait 13.000 morts en cinq ans sans qu’une solution politique ne se dessine, mais des capacités à agir très limitées sans troupes politiques.

“Je dissous le Parlement”, a-t-il lancé dans son discours d’investiture dans l’hémicycle, exhortant également les ministres à démissionner, même si la loi n’oblige le gouvernement à partir qu’après les législatives.

En réponse, le Premier ministre Volodymyr Groïsman, en poste depuis trois ans, a annoncé sa démission dans la soirée, mettant en avant ses désaccords avec le nouveau président, sans les nommer.

“Je considère que, par sa déclaration, il assume toute sa responsabilité face aux menaces” pesant sur le pays, a déclaré M. Groïsman. Pour les observateurs, sa décision, qui doit encore être approuvée par le Parlement, lui permettra de mener plus librement sa campagne législative en se positionnant en adversaire de M. Zelensky.

Ce dernier cherche à profiter de l’élan de sa victoire écrasante (73% des voix) pour remporter des législatives anticipées, sans attendre le scrutin prévu en octobre. Son parti “Serviteur du peuple”, pour l’instant quasi-inexistant, est crédité de jusqu’à 40% des intentions de vote par les derniers sondages.

Si les détracteurs du nouveau président crient à “l’arbitraire juridique” et dénoncent une décision non conforme à la Constitution, certains d’entre eux ont aussitôt annoncé leur participation aux législatives anticipées, qui pourraient avoir lieu en juillet.

Volodymyr Zelensky s’engage à maintenir le cap pro-occidental de cette ex-république soviétique. Mais son programme reste flou et son équipe largement inconnue: à ce jour, il n’a fait aucune nomination ou même annonce d’un candidat à un poste officiel.

Et beaucoup s’interrogent sur sa capacité à diriger un pays toujours confronté à d’immenses défis, en premier lieu la guerre.

– “Terminer” la guerre –

“Notre première tâche, c’est d’arriver à un cessez-le-feu dans le Donbass”, le bassin houiller en partie contrôlé par les séparatistes dans l’est du pays, a-t-il assuré dans son discours d’investiture, provoquant une salve d’applaudissements de députés. “Nous n’avons pas commencé cette guerre, mais c’est à nous de la terminer”.

“Je suis prêt à tout”, à “perdre ma popularité”, voire “mon poste pour obtenir la paix” et “faire revenir les territoires perdus” : le Donbass et la péninsule de Crimée, annexée par la Russie en 2014, a encore assuré M. Zelensky, arrivé à pied au Parlement depuis son domicile proche, faisant des selfies avec ses partisans massés le long des barrières.

Il s’est ensuite plié aux rituels de l’investiture, prêtant serment, la main droite posée sur la Constitution de ce pays indépendant depuis 1991, et un Evangile du 16e siècle.

“Toute ma vie, j’ai essayé de tout faire pour que les Ukrainiens sourient. (…) Pendant les cinq prochaines années, je vais tout faire pour que vous ne pleuriez pas”, a lancé M. Zelensky, qui promet de se limiter à un seul mandat présidentiel.

– Poutine attend pour féliciter –

La scène a déjà eu lieu à l’écran, dans la série télévisée “Serviteur du peuple” où Volodymyr Zelensky incarne un professeur d’histoire subitement élu président.

Cette fois, elle était bien réelle bien que difficilement imaginable il y a quelques mois. Peu ont pris au sérieux l’acteur et humoriste quand il a annoncé sa candidature le 31 décembre. Mais à l’issue d’une campagne inédite, jouée essentiellement sur les réseaux sociaux, il a écrasé son prédécesseur Petro Porochenko.

Elu il y a cinq ans dans la foulée du soulèvement proeuropéen du Maïdan, ce dernier a dirigé le pays pendant une période critique de son histoire, après l’annexion de la Crimée et le déclenchement de la guerre dans l’Est. On lui reproche notamment de n’avoir pas fait assez contre la corruption endémique.

Si les alliés de Kiev ont chaleureusement accueilli l’élection de M. Zelensky, la Russie, accusée par Kiev et l’Occident de soutenir militairement les séparatistes prorusses, a fait savoir qu’elle n’entendait pas changer sa politique vis-à-vis de l’Ukraine.

Aucun responsable russe n’était invité à l’investiture. Vladimir Poutine attend “ses premiers succès dans la normalisation des relations ukraino-russes” pour le féliciter, s’est borné à dire le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

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