Connect with us

Monde

A Caracas, l’obsession de l’eau après des jours de panne

AFP

Publié le

Malgré l’odeur pestilentielle émanant du fleuve Guaire, la foule se rue pour récupérer l’eau d’une canalisation qui s’y déverse en ruisselant sur la paroi en ciment. Avec la panne de courant qui s’éternise, trouver de l’eau dans Caracas est devenu une obsession.

Dans leur précipitation, certains ont glissé le long du mur et ont atterri dans les eaux polluées et noires du fleuve, comme Keisy Perez, 23 ans, mère de deux enfants. Dans ce quartier populaire de San Agustin, à Caracas, ils sont des centaines à tenter de faire le plein avec ce qu’ils ont sous la main: bouteilles, seaux, bidons…

L’eau de cette canalisation, qui glisse le long de la berge en ciment du fleuve, est d’apparence plus claire et proviendrait d’une source.

“On est venu chercher de l’eau et je suis tombée (dans le fleuve Guaire), j’ai failli y passer! », lâche Keisy, exaspérée après quatre jours sans électricité, sans eau ni nourriture disponibles. « Ils attendent que l’on meure? », demande-t-elle.

Au deuxième jour de la panne, qui a commencé jeudi soir, les gens se sont approchés depuis l’autoroute urbaine qui sillonne la ville. Chaque jour, un peu plus de monde est venu s’approvisionner, puis les militaires se sont déployés pour leur ordonner de partir.

Enervées par cet interdit, quelque 300 personnes ont bloqué lundi la voie de circulation, essentielle dans cette métropole de 5 millions d’habitants. « Ils ne nous laissent pas prendre de l’eau », hurle Carlos, qui vit dans le quartier populaire de Hornos de Cal et accuse le gouvernement de Nicolas Maduro de chercher à dissimuler un quotidien de plus en plus cruel.

– Rien à boire! –

« On a soif! » crie la foule aux uniformes. « On veut de l’eau pour nos mômes! »

“On n’a pas d’eau et rien à boire », explique à l’AFP Marcel Galindez, 29 ans, en remplissant un bidon de 20 litres grâce à une fuite dans la partie haute de la canalisation en surplomb. “Faudra la faire bouillir », constate-t-il résigné. A côté de lui, une jeune fille s’est lavée les cheveux dans l’eau brune qu’elle avait récupérée.

Une femme arrive avec son sac de linge sale pour faire sa lessive dans l’une des fontaines ornementales du parc de Los Caobos, poumon vert au coeur de Caracas, où des centaines d’autres personnes viennent remplir leurs bouteilles et seaux en plastique d’une eau trouble.

“On se débrouille… demain je reviens laver les draps et les serviettes dans la fontaine », indique la femme – qui refuse de donner son nom.

Dans le nord de la capitale, ils sont des centaines à attendre en file indienne, au pied de la montagne Avila qui sépare la ville de la mer, pour recueillir les filets d’eau qui s’écoulent des pentes boisées.

Abattue par le tumulte autour d’elle des gens qui courent en tous sens pour trouver de l’eau, Yulimar, mère de trois enfants de 6, 11 et 17 ans, sanglote.

Depuis le début de la panne, que le gouvernement Maduro attribue à une attaque des Américains, elle a épuisé ce qu’elle avait en eau et vivres. « Je n’ai plus rien à donner à manger à mes enfants ».

– Tous victimes –

Samedi, le gouvernement socialiste a annoncé un plan d’urgence pour distribuer à boire et à manger dans les quartiers les plus pauvres, et les distributions ont commencé lundi. Mais Keisy relève qu’en un mois, elle n’a pas reçu un seul paquet de la part des « CLAPS », les comités de ravitaillement populaires qui distribuent normalement des cartons de produits de base subventionnés.

Le gouvernement affirme en distribuer tous les 21 jours à 6 millions de familles.

“Maduro parle, parle, mais nous on ne voit rien. On a faim, ici, personne ne reçoit rien, ni les chavistes, ni les opposants », assure la jeune mère.

Yulimar reconnaît que la situation est « plus que difficile » mais veut excuser le président Maduro. “Malgré tout, je reste chaviste. Cet homme n’est pas mauvais ».

Mais cette panne de courant la laisse sans voix. « Ca me donne envie de pleurer ».

Depuis trois ans, le Venezuela s’enfonce dans la pire crise de son histoire récente, confronté à l’inflation (10 millions % en 2019 estime le FMI), aux pénuries de vivres et de médicaments, aux coupures d’eau, de gaz et d’électricité.

« C’est la folie, les gens sont désespérés », soupire Eduardo Escalona, 43 ans, en regardant la foule à l’assaut de l’eau.

NOTE: Dans le but d’élargir son champ d’action, LaminuteInfo s’ouvre au journalisme citoyen. L’objectif de la politique éditoriale est d’essayer  désormais de publier des actualités concernant des événements ou faits objectifs, vérifiables et autant que possible inédits. Si vous avez des informations à partager avec les autres, alors soumettez les pour publication ICI

Advertisement
laisser un commenataire

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Monde

Reprise de la campagne militaire contre le dernier carré jihadiste en Syrie

AFP

Published

on

By

Les forces antijihadistes ont repris vendredi leurs opérations militaires contre les derniers combattants du groupe Etat islamique (EI) acculés au bord du fleuve Euphrate en Syrie, une ultime bataille censée signer la fin du « califat » de l’organisation jihadiste.

Après deux jours de pause, les Forces démocratiques syriennes (FDS) soutenues par les avions d’une coalition internationale emmenée par les Etats-Unis, ont frappé de nouveau les jihadistes à Baghouz, dans la province de Deir Ezzor dans l’est de la Syrie, près de la frontière irakienne.

Si des frappes aériennes et des combats au sol ont eu lieu dans la nuit et aux premières heures de vendredi, le calme est ensuite revenu, rompu par quelques tirs d’obus en fin d’après-midi, a constaté une équipe de l’AFP sur place.

Des combattants des FDS étaient visibles sur les toits de bâtisses de Baghouz, accoudés au muret, visiblement désœuvrés, au milieu de l’océan de ruines qu’est devenu le village, selon un journaliste sur le terrain.

En début de soirée, un porte-parole des FDS, Mustafa Bali, a indiqué sur Twitter que des combats se poursuivaient « autour d’une colline de Baghouz pour éliminer ce qui reste de l’EI ».

« De petits groupes de l’EI qui refusent de se rendre lancent des attaques et nos forces répliquent », a indiqué un autre porte-parole, Adnane Afrine.

La porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders, a cependant affirmé que « le califat territorial de l’EI a été éliminé en Syrie ».

Mercredi et jeudi, les FDS avaient procédé à des ratissages et consolidé les positions prises aux jihadistes, acculés dans un petit bout de terre aux limites de Baghouz, au bord du fleuve Euphrate.

– Tunnels, caves –

Dans le campement où s’étaient regroupés ces dernières semaines les jihadistes, quelques combattants des FDS marchaient sans armes vendredi.

Les FDS y étaient entrées mardi, forçant les jihadistes à reculer jusqu’aux limites du camp et du village de Baghouz.

Selon un porte-parole des FDS, Kino Gabriel, des centaines de jihadistes, dont quelques femmes, se sont repliés dans des cachettes au bord du fleuve ainsi qu’au bas d’une colline surplombant Baghouz.

« Dans un ou deux jours nous finirons nos opérations militaires à moins de développements surprise », a-t-il ajouté.

D’après l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), les derniers jihadistes se cachent dans des tunnels souterrains et des caves dans Baghouz.

Plusieurs combattants de l’EI veulent se rendre mais en sont empêchés par leurs camarades, a indiqué un responsable des FDS, Jiaker Amed.

La perte dans son intégralité du village signerait la fin territoriale de l’EI en Syrie, après sa défaite en Irak en 2017.

L’EI avait proclamé en 2014 un « califat » sur de vastes régions conquises à cheval entre la Syrie et l’Irak, avant que son territoire ne se réduise comme peau de chagrin ces deux dernières années avec la multiplication des assauts contre l’organisation jihadiste.

– Des centaines de morts –

L’offensive contre l’ultime poche de l’EI à Baghouz est la dernière phase d’une opération déclenchée en septembre 2018 pour chasser le groupe des derniers secteurs sous son contrôle en Syrie. Elle a été ralentie par la présence de milliers de civils qui sont sortis du carré de l’EI.

Depuis janvier, plus de 67.000 personnes ont quitté la poche de l’EI, dont 5.000 jihadistes arrêtés après leur reddition, selon les FDS. Les civils parmi elles, la plupart des familles de jihadistes, ont été transférés dans des camps, principalement dans celui d’Al-Hol (nord-est).

Depuis septembre, 750 combattants des FDS ont péri dans les combats et presque le double de jihadistes, selon l’OSDH.

Malgré les défaites et la chute imminente de son « califat », l’EI, un groupe ultraradical responsable d’atrocités et d’attentats meurtriers dans des pays arabes et occidentaux, a semble-t-il déjà entamé sa mue en organisation clandestine, et parvient toujours à mener des attaques sanglantes.

La bataille contre l’EI représente aujourd’hui le principal front de la guerre en Syrie qui a fait plus de 370.000 morts depuis mars 2011, le régime syrien de Bachar al-Assad, soutenu par la Russie et l’Iran, ayant reconquis près des deux-tiers du pays.

La guerre en Syrie, déclenchée par la répression de manifestations prodémocratie, s’est complexifiée au fils des ans avec l’implication de puissances étrangères et de groupes jihadistes.

Dans une vidéo diffusée sur les comptes du groupe jihadiste sur les réseaux sociaux, l’EI a rejeté les déclarations sur la fin imminente du « califat » et appelé ses partisans à mener des attaques contre « les ennemis » en Occident.

Lire la suite

Monde

Robert Mueller, l’exact opposé de Trump en charge de l’enquête russe

AFP

Published

on

By

Bête noire de Donald Trump, le procureur spécial Robert Mueller est aussi tout son contraire. Austère, discipliné, fuyant les médias et la lumière, il a conservé un large respect dans la classe politique tout en menant l’enquête la plus sensible qui soit pour le pouvoir américain.

Pendant des mois, cet ancien chef du FBI a cherché à répondre à une question décisive pour l’avenir des Etats-Unis: le président républicain s’est-il entendu avec Moscou afin de remporter l’élection de 2016?

Indifférent au vacarme politique et médiatique, Robert Mueller, 74 ans, a tiré méthodiquement sur tous les fils à sa disposition pour faire émerger la vérité.

Vendredi, fidèle à ses habitudes, il a simplement remis son rapport final au ministre de la Justice Bill Barr, le laissant gérer l’onde de choc.

Robert Mueller n’a que deux ans de plus que Donald Trump. Comme lui, il est né dans une famille aisée du Nord-Est américain, a fréquenté des écoles prestigieuses et est républicain. Mais la comparaison s’arrête là.

Autant le président est flamboyant, voire outrancier, omniprésent dans les médias, autant Robert Mueller affiche une austérité calculée.

Costume sombre, mèche sage, il ne cherche pas les regards. En 2008, lors d’un discours pour les 100 ans du FBI, il avait cité le tennisman Arthur Ashe pour qui « le vrai héroïsme est remarquablement sobre et très peu spectaculaire ».

Reprenant à son compte la devise de la police fédérale « fidélité, courage et intégrité », il avait lancé à ses troupes: « plus qu’un mot d’ordre, c’est un mode de vie. »

– « La vérité » –

Chargé en mai 2017 de superviser l’enquête russe, Robert Mueller a toujours pris soin de rester dans l’ombre, s’exprimant par l’entremise de documents judiciaires largement protégés par le secret.

Avançant à couvert, il a inculpé une trentaine de personnes ou d’entités, obtenu la condamnation d’une partie d’entre eux, sans révéler ce dont il disposait sur le président lui-même.

Aux audiences, il déléguait ses lieutenants. Jamais il n’a communiqué avec la presse, laissant son porte-parole livrer de laconiques « pas de commentaire ».

Cette droiture lui vaut un large respect des deux côtés de l’échiquier politique, même si les républicains ont suivi avec une nervosité certaine l’avancée de ses travaux.

Même le président Trump, qui dénonce en boucle une injuste « chasse aux sorcières », s’est gardé de l’attaquer trop frontalement. Il lui a bien reproché d’être « hors de contrôle » ou d’être « partial », mais sans la virulence qui caractérise souvent ses tweets.

Robert Mueller n’y aurait peut-être pas prêté garde de toute façon.

Sa boussole? La vérité. « Un jour, il m’a dit: +quoi que tu révèles, sois bien sûr que ce soit vrai+ », a raconté au magazine GQ un de ses anciens subordonnés au FBI, John Miller.

– « 100% » –

Robert Mueller est un ancien officier des Marines, médaillé pour sa bravoure lors de la guerre au Vietnam — une autre différence avec le futur président exempté pour raison médicales. Il a ensuite consacré sa vie au service public, quand Donald Trump faisait fortune dans l’immobilier.

Après des études de droit, Robert Mueller a notamment servi comme procureur fédéral, enquêtant avec la même ténacité contre le gang des Hells Angels, la mafia ou des banquiers malhonnêtes.

En tant que numéro deux du ministère de la Justice sous la présidence de George Bush père, il a notamment supervisé l’enquête sur l’explosion d’un Boeing au-dessus du village écossais de Lockerbie, qui avait tué 270 personnes en 1988.

Nommé à la tête de la puissante police fédérale américaine seulement une semaine avant les attentats du 11 septembre 2001, Robert Mueller est resté en poste pendant douze ans, le plus long mandat après celui du fondateur du FBI, Edgar Hoover.

En 2004, il avait menacé de démissionner si le président George Bush fils persistait avec un programme d’écoutes extra-judiciaires controversé.

Alors que son mandat devait expirer après dix ans de service, le président démocrate Barack Obama lui avait demandé en 2011 de rester à la tête du FBI deux ans supplémentaires. Preuve du respect unanime pour sa personne: cette extension avait été approuvée par 100% des sénateurs.

Lire la suite

Europe

La police allemande arrête 10 personnes soupçonnées d’avoir planifié des attaques terroristes

Avatar

Published

on

La police allemande a arrêté dix personnes soupçonnées d’avoir planifié un attentat terroriste islamiste.

Les arrestations ont eu lieu après que 200 policiers eurent effectué des descentes dans les États de Hesse et de Rhénanie-Palatinat. Les deux hommes avaient comploté pour « tuer le plus grand nombre possible de » non-croyants «  » en utilisant un véhicule et des fusils, ont déclaré les procureurs.

Les suspects principaux sont un homme de 21 ans d’Offenbach, près de Francfort, et deux frères de Wiesbaden âgés de 31 ans. « Ils avaient déjà pris contact avec différents marchands d’armes, loué un gros véhicule et rassemblé des avoirs financiers destinés à l’achat d’armes à feu et à l’exécution des meurtres planifiés », a déclaré une porte-parole du parquet.

Les suspects ont entre 20 et 42 ans et plusieurs sont allemands, a ajouté la porte-parole.

Les hommes ont été arrêtés pour financement du terrorisme et association de malfaiteurs. La police a saisi 20 000 euros (17 000 £, 22 500 $) en espèces lors des perquisitions, ainsi que plusieurs couteaux, drogues, divers appareils électroniques et documents.

L’Allemagne est en état d’alerte élevée à la suite de plusieurs attaques djihadistes au cours des dernières années. La plus meurtrière a eu lieu en décembre 2016 lorsqu’un homme a conduit un camion dans un marché de Noël bondé à Berlin, faisant 12 morts.

Anis Amri, le Tunisien à l’origine de l’attaque, a été tué par balle en Italie quatre jours plus tard.

Lire la suite




Derniers articles

France12 minutes ago

Amiante: la Cour de cassation face à l' »injustice » du préjudice d’anxiété

La Cour de cassation, qui limite jusqu’à présent l’indemnisation du préjudice d’anxiété à certaines catégories de travailleurs exposés à l’amiante,...

Afrique12 minutes ago

Zimbabwe: dans la vallée de la mort, meurtrie et isolée par le cyclone

Deux hommes gantés de blanc descendent d’un camion de chantier boueux. Sur la route en terre, ils étendent une vieille...

Football46 minutes ago

Amical: malgré le retour de Lionel Messi, l’Argentine chute contre le Venezuela (3-1)

Ce devait être une fête mais le Venezuela a gâché le retour après huit mois d’absence de Lionel Messi sous...

Afrique48 minutes ago

Ils sont venus, ils sont tous là à Genève, même les représentants du régime algérien maudit par son peuple.

Genève 2,Sahara marocain

Business1 heure ago

Inquiète pour l’économie européenne, la Bourse de Paris dégringole (-2,03%)

La Bourse de Paris a clôturé en nette baisse (-2,03%) vendredi, rattrapée par les inquiétudes au sujet de l’économie européenne...

France1 heure ago

Mourad Farès, ancienne figure du recrutement de jihadistes francophones, bientôt face à ses juges

Il fut l’un des principaux rabatteurs français pour la Syrie mais les juges antiterroristes l’accusent aussi d’y avoir dirigé un...

Afrique1 heure ago

Mali: manifestations de femmes et d’enfants de militaires tués

Des centaines d’épouses et d’enfants de militaires maliens ont manifesté vendredi à Ségou et Sévaré, dans le centre du pays,...

Sports2 heures ago

NBA: Ntilikina va rejouer avec les Knicks après deux mois d’absence

Le meneur français des New York Knicks Frank Ntilikina a participé vendredi à son premier match NBA depuis près de...

Cameroun2 heures ago

Nécrologie: Joseph Mbede l’ancien Ministre de la Santé publique est mort

L’ancien membre du gouvernement est passé de vie à trépas, ce matin du 19 mars 2019. Il...

Business2 heures ago

Le Boeing 737 MAX sera doté d’un signal lumineux de dysfonctionnements

Les Boeing 737 MAX seront désormais tous équipés d’un signal d’alerte lumineux pour avertir de tout dysfonctionnement du système anti-décrochage...

Advertisement

Nous suivre sur facebook