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Afrique

Ethiopie: sur le site du crash, des familles bouleversées pleurent leurs proches

AFP

Publié le

“Tu allais te marier bientôt! Pourquoi devais-tu mourir?”: dans la paisible campagne éthiopienne, non loin de la capitale Addis Abeba, résonnent les pleurs de proches des victimes du crash aérien de dimanche, qui a fait 157 morts.

Éparpillés dans le champ proche du village de Tulu Fara où l’avion a été pulvérisé à l’impact, labourant le sol sur des dizaines de mètres, certains se jettent à genoux au milieu des débris de carlingue qui n’ont pas encore été rassemblés par les enquêteurs.

Plusieurs personnes ont besoin d’aide pour rester debout et d’autres crient les noms de leurs proches qui se trouvaient à bord du vol 302 d’Ethiopian Airlines reliant Addis Abeba à Nairobi. Seul le bruit des excavatrices continuant de déterrer des morceaux de l’avion vient perturber leur complainte.

La police tente de son côté, tant bien que mal, de disperser des groupes de corbeaux.

Les proches des défunts se succèdent depuis mercredi sur le lieu de l’accident, à l’aide de bus affrétés par Ethiopian Airlines ou par leurs propres moyens.

Certains prient, d’autres prélèvent de la terre ou font des offrandes de fruits, allument des bougies, portent des portraits des défunts ou entonnent des chants: les victimes étaient issues de 35 pays différents, et chacun les pleure à sa manière.

“Personne ne s’attendait à ce que cela puisse lui arriver. Elle aimait sa vie”, soupire l’Éthiopien Micky Kassa, dont la cousine Mygenet Worku se rendait à Nairobi pour participer à l’Assemblée annuelle du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).

“Elle a une mère âgée, qui l’a élevée seule. C’est une terrible nouvelle”, dit-il.

Pour les Éthiopiens, le crash est une tragédie nationale, et même des gens n’ayant perdu aucun proche dans la catastrophe ont fait le déplacement.

Ethiopian Airlines, la plus importante compagnie aérienne d’Afrique, est une vitrine de l’Éthiopie à l’international. Et le pays a perdu 9 passagers et 8 membres d’équipage dans le crash.

“Chaque Éthiopien doit être ici”, soutient Genanaw Dibekulu, manager d’une banque ayant pris un jour de congé pour se rendre dans ce champ. “C’est tragique. Si un des membres de ma famille était mort, je serais devenu fou”.

– “Tout est en morceaux” –

Plus loin, des responsables onusiens sont rassemblés en demi-cercle devant des fleurs blanches, silencieux. Ils rendent hommage aux 22 employés de l’ONU qui se trouvaient dans l’appareil, Addis Abeba et Nairobi abritant d’importants bureaux des Nations unies.

Quelques cartes de visites peuvent être distinguées dans la terre, aux côtés de morceaux de siège.

Des enquêteurs américains et britanniques, l’équipe technique dépêchée par l’avionneur Boeing, Interpol et le gouvernement éthiopien sont tous représentés sur place.

Mais pour les parents d’un Israélien tué dans le crash, cela ne suffit pas. Ils veulent accéder à une zone interdite où les pelleteuses sont au travail.

“Ils ne nous autorisent pas à accéder au site”, déplore Sahan Biton, dont l’oncle Shimon Reem, un consultant en sécurité pour un centre commercial de Nairobi, figure parmi les victimes.

Selon la coutume juive, Shimon ne peut être enterré jusqu’à ce qu’un morceau de son corps ait été retrouvé. Son neveu s’indigne que les autorités éthiopiennes aient refusé de lui remettre les restes déjà retrouvés, ni n’aient laissé une équipe spécialisée israélienne accéder au site de l’accident.

“Jusqu’à ce que nous ayons un bout du corps, nous ne pouvons pas enterrer notre oncle”, insiste Sahan. Frustré, il entonne l’hymne national puis chante des prières en l’honneur du mort avec cinq de ses compatriotes qui tiennent un drapeau national.

Selon des témoins, le nez de l’avion a plongé directement dans le sol. Il restait donc jeudi peu de pièces de l’appareil visibles et facilement identifiables, mis à part une roue et des morceaux de métal déchiquetés semblant provenir d’un moteur.

“Hier, j’ai trouvé une jambe”, affirme un ouvrier chinois Zhang Jun, qui travaillait avec sa pelleteuse à l’extension de l’aéroport d’Addis Abeba, avant qu’on lui demande d’apporter son aide.

Il estime que ce qui reste de l’appareil pourrait être enterré jusqu’à 20 mètres sous terre. La carte de crédit et le passeport qu’il a retrouvés étaient si endommagés qu’il n’a pu déterminer à qui ils appartenaient. Il constate: “Tout est en morceaux, il n’y a plus rien de gros”.

NOTE: Dans le but d’élargir son champ d’action, LaminuteInfo s’ouvre au journalisme citoyen. L’objectif de la politique éditoriale est d’essayer  désormais de publier des actualités concernant des événements ou faits objectifs, vérifiables et autant que possible inédits. Si vous avez des informations à partager avec les autres, alors soumettez les pour publication ICI

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Afrique

Egypte: 17 blessés dans un attentat visant des touristes près des pyramides

AFP

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Au moins 17 personnes, dont des Sud-Africains et des Egyptiens, ont été blessées dimanche dans une attaque à la bombe contre un bus de touristes près des célèbres pyramides égyptiennes de Guizeh (sud-ouest du Caire), a-t-on appris de sources sécuritaire et médicale.

Un engin explosif a détoné au passage de l’autocar de tourisme, qui circulait à Guizeh, près du chantier du nouveau musée des Antiquités égyptiennes, au pied des pyramides.

Des images de l’AFPTV tournées peu après l’explosion montrent une voiture bleue aux vitres soufflées et un bus blanc aux vitres brisées et à l’arrière endommagé, le long d’une route où la circulation a repris.

“L’explosion d’un objet a brisé les vitres d’un bus qui transportait 25 personnes d’Afrique du Sud et d’une voiture qui transportait quatre Egyptiens. Certains passagers des deux véhicules ont été légèrement blessés à cause des vitres brisés et ils ont reçu des soins médicaux”, a indiqué une source de sécurité à l’AFP.

Lors d’une attaque similaire en décembre, trois touristes vietnamiens et leur guide égyptien avaient été tués. Une bombe artisanale avait explosé au passage de leur bus près du site des pyramides de Guizeh.

L’attaque de dimanche intervient à un peu plus d’un mois du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations organisée en Egypte du 21 juin au 20 juillet.

L’industrie du tourisme, cruciale pour l’économie égyptienne, a été fortement affectée par l’instabilité politique et les attentats ayant suivi la révolte de 2011 qui avait abouti à la chute du président Hosni Moubarak après 30 ans au pouvoir.

De 14,7 millions en 2010, le nombre de visiteurs était tombé à 5,3 millions en 2016. Mais l’industrie touristique s’est redressée lentement à partir de 2017 avec 8,3 millions de visiteurs.

– Ligne d’urgence –

En Afrique du Sud, le porte-parole du département des relations internationales, Ndivhuwo Mabaya, a dit à l’AFP que “des Sud-Africains pourraient avoir été touchés” par l’attaque de dimanche sans vouloir donner davantage de précisions sur le nombre éventuel de blessés.

“L’ambassadeur essaie de vérifier avec les autorités. Nous avons activé notre mécanisme de réponse d’urgence et ouvert une ligne téléphonique d’urgence” pour les familles inquiètes de savoir où sont leurs proches, a-t-il ajouté.

Depuis la destitution par l’armée du président islamiste Mohamed Morsi en 2013, les forces de sécurité affrontent des groupes extrémistes très actifs, dont l’organisation Etat islamique (EI), principalement dans la péninsule du Sinaï (nord-est).

Malgré des centaines d’arrestations et de condamnations de personnes accusées de terrorisme, des attaques continuent d’avoir lieu de manière sporadique en Egypte. Elles ont notamment visé les forces de sécurité mais aussi les Coptes, importante minorité chrétienne égyptienne.

Les ONG de défense des droits humains accusent régulièrement le régime du président Abdel Fattah al-Sissi de recourir à la torture et de ne pas assurer des procès équitables aux personnes poursuivies.

Le nouveau musée ou Grand Egyptian museum (GEM) devrait ouvrir ses portes en 2020, après de multiples retards.

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Afrique

RDC : arrestation de l’ex-porte-parole du régime Kabila, Lambert Mende

AFP

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Le porte-parole du régime de l’ex-président de la République démocratique du Congo Joseph Kabila, Lambert Mende, a été arrêté dimanche à Kinshasa, ont indiqué à l’AFP ses proches.

“L’honorable (député) Lambert Mende a été brutalement enlevé à son domicile aujourd’hui par quatre Jeeps de la police et de l’armée”, a affirmé à l’AFP son secrétaire particulier, Franck Diefu. L’ancien patron de l’Agence nationale de renseignements (ANR) Kalev Mutond a également appelé des médias dont l’AFP pour les informer de l’arrestation de l’ex-porte-parole et ministre de la Communication.

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Afrique

Lutte contre Ebola en RDC: des enterrements aseptisés sous haute protection

AFP

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“Ca nous étonne qu’elle soit enterrée ainsi”: Denise Kahambu vit mal l’enterrement “digne et sécurisé” de sa cousine Marie-Rose, 50 ans, décédée de l’épidémie d’Ebola qui échappe à tout contrôle dans l’est de la République démocratique du Congo avec 1.200 victimes.

Deux cent décés ont été enregistrés ces deux semaines passées, 21 le seul dernier vendredi.

“On dit qu’elle est morte d’Ebola”, ajoute Denise sans cacher sa méfiance pendant l’enterrement organisé par la Croix-Rouge à Butembo, principal foyer de l’épidémie dans le Nord-Kivu.

Les enterrements “dignes et sécurisés” ont pour but d’éviter tout contact des vivants avec les fluides du défunt, à très haute charge virale.

Ces enterrements aseptisés, avec les proches tenus à l’écart, suscitent des réactions violentes qui inquiètent les autorités sanitaires déjà confrontées aux attaques des centres de traitement d’Ebola (CTE).

A l’arrivée du corps dans un cercueil à l’arrière d’un pick-up en provenance du CTE, la famille est déjà sur place au cimetière. Le trou de la tombe est déjà creusé par les équipes de la Croix-Rouge pour gagner du temps, a constaté le photographe de l’AFP.

Le cercueil et la voiture sont escortés par une demi-douzaine de policiers, qui restent aux aguets pendant la cérémonie.

Le corps est inhumé en silence, sans cérémonie religieuse, par des membres de la Croix-Rouge qui ont enfilé des gants.

Un membre de la famille ou un proche est autorisé à poser une croix sur la tombe, après avoir enfilé aussi des gants.

Vendredi, deux équipes d'”enterrements dignes et sécurisés” (EDS) ont été agressées à Butembo et à Bunia dans la province voisine de l’Ituri, a rapporté samedi le ministère de la Santé.

“Lorsque l’équipe est arrivée au cimetière ce vendredi, les tombes étaient couvertes et des personnes leur ont lancé des cailloux, blessant un agent EDS”, développe le ministère sur l’incident de Butembo. “Parfois, certains habitants recouvrent les tombes pendant la nuit afin de marquer leur opposition aux enterrements”.

– Choc anthropologique –

Les “EDS” représentent une sorte de choc anthropologique pour les communautés locales habituées à davantage de proximité avec le corps du défunt pour commencer leur travail de deuil.

“La coutume veut que le corps du défunt rentre d’abord à la maison. Et lorsque les gens pleurent, ils ont l’occasion de toucher le corps pour la dernière fois”, explique Séros Muyisa Kamathe, guide et interprète de l’AFP à Beni et Butembo.

“Avant d’aller au cimetière, on ouvre le cercueil pour que les gens contemplent le corps du défunt pour la dernière fois. C’est la famille et les voisins qui ont le monopole d’aller chercher un bon emplacement pour creuser la tombe”, détaille-t-il.

Ce choc des rites funéraires va de pair avec le déni de la maladie par une partie de la communauté.

Ces “résistances” avaient déjà été observées en (Guinée, Liberia, Sierra Leone) pendant la grande épidémie de 2014 (11.000 morts).

L’actuelle épidémie, la deuxième la plus grave après celle de 2014, présente des singularités sans précédent.

Elle touche une région qui vit dans la défiance des autorités incapables d’enrayer des massacres de civils à Beni depuis 2014.

L’annonce par les autorités du report de l’élection présidentielle du 30 décembre en raison d’Ebola a aggravé le ressentiment dans ce fief de l’opposition.

Au total, 1.198 personnes ont succombé au virus d’Ebola depuis la déclaration de l’épidémie le 1er août dernier.

“Ce n’est pas possible d’arrêter Ebola dans une telle situation de tensions au niveau communautaire, de manipulations politiques, et avec tous les groupes armés” actifs, s’est alarmé un haut-responsable de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) de retour d’une mission à Beni-Butembo en fin de semaine.

Les autorités sanitaires veulent rester optimistes en rappelant que plus de 118.000 personnes ont été vaccinées contre le virus, qui a épargné les deux pays voisins sur leur garde, le Rwanda et l’Ouganda.

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