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Afrique

Botswana: la justice examine une demande de dépénalisation de l’homosexualité

AFP

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La Haute Cour du Botswana a ouvert jeudi le dossier de la dépénalisation de l’homosexualité dans une affaire qui pourrait faire date en Afrique où les relations entre individus du même sexe sont largement réprimées.

Le Botswana est considéré comme l’un des pays africains les plus démocratiques et pourtant l’homosexualité y est interdite par le code pénal de 1965.

Une personne anonyme conteste devant la justice deux articles de ce code, qui punit les relations homosexuelles de sept ans de prison au maximum.

« Ces articles (…) limitent les interactions que je peux avoir avec des personnes qui s’identifient de la même manière que moi, car je crains d’être emprisonné », explique le requérant, identifié sous les seules initiales L.M. dans des documents lus par son avocat, Gosego Lekgowe, devant la Haute Cour de Gaborone.

« Nous ne cherchons pas à ce que les gens soient d’accord avec l’homosexualité mais à ce qu’ils soient tolérants », ajoute-t-il.

S’exprimant à la barre au nom de l’Etat, Sidney Pilane a rejeté ces arguments au nom de la « moralité publique ».

« C’est un jeune homme courageux, mais cette affaire n’a rien à voir avec les homosexuels et le code pénal, c’est une question de moralité publique », a-t-il plaidé, suggérant au requérant d’adresser ses doléances au Parlement.

« La loi n’a pas à intervenir dans les chambres à coucher », lui a rétorqué, cinglant, le juge Abednego Tafa.

– ‘Interférences’ –

« Quel est l’intérêt du gouvernement à s’immiscer dans les relations sexuelles privées entre adultes consentants ? », a renchéri Me Lekgowe au nom du requérant, « il est inhumain et dégradant que le gouvernement et le Parlement interfèrent dans ces relations sans la moindre justification ».

Le Botswana est devenu progressivement ces dernières années plus tolérant à l’égard de l’homosexualité.

En 2016, un tribunal a jugé que le gouvernement avait tort de refuser d’enregistrer une organisation représentant les homosexuels et d’autres minorités sexuelles.

L’opinion publique a évolué au sujet de l’homosexualité, et les lois sur l’emploi interdisent désormais toute discrimination fondée sur l’orientation sexuelle, a souligné à la barre Me Lekgowe.

Le président du pays, Mokgweetsi Masisi, s’est lui-même exprimé sur le sujet en décembre.

« Beaucoup de personnes entretenant des relations avec des personnes du même sexe dans ce pays ont été agressées et ont également souffert en silence », a-t-il déclaré. « Tout comme les autres citoyens, elles méritent que leurs droits soient protégés. »

Selon Neela Ghoshal, spécialiste des droits des lesbiennes, des gays, des bisexuels et des transgenres au sein de l’ONG Human Rights Watch, 28 des 49 pays d’Afrique subsaharienne ont des lois criminalisant les relations homosexuelles.

La peine de mort est prévue par la charia en Mauritanie, au Soudan et dans le nord du Nigeria, mais aucune exécution n’y a été récemment relevée.

L’Angola, le Mozambique et les Seychelles ont abrogé des lois antigays ces dernières années et la Haute Cour de Nairobi doit se prononcer bientôt sur la question. Quant à l’Afrique du Sud, sa Constitution interdit toute discrimination fondée sur l’orientation sexuelle.

str-sn-pa/bed/jpc

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Cameroun

Cameroun: Maurice Kamto veut-il négocier sa libération ?

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Maurice Kamto se dit favorable à un apaisement du climat politique au Cameroun.

Le leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), incarcéré à la prison principale de Yaoundé-Kondengui depuis cinq semaines, est prêt à rencontrer Paul Biya, qu’il accuse d’avoir «voler» sa victoire à la dernière élection présidentielle.

L’annonce a été faite par l’avocat français de l’opposant camerounais. Au terme d’un bref séjour de 24 heures en terre camerounaise, Maître Dupont Moretti et son associé Antoine Vey, ont donné un point de presse le 16 mars 2019 à Yaoundé. L’occasion pour l’avocat pénaliste de faire l’économie de sa mission.

«Nous avons d’abord rencontré le client à la maison d’arrêt. Les choses ont été simples à la fois pour l’obtention du visa et rencontrer le client» a indiqué Me Moretti. «Aujourd’hui (16 mars 2019), nous avons pu rencontrer nos clients parmi eux le Pr Kamto. Il redit ici par ma voix, qu’il est prêt à discuter avec le Président Paul Biya. Il a une formule que je vais reprendre en mon compte et qui est explicite. Il dit, ‘‘Quelqu’un qui revendique sa victoire doit discuter avec celui qui la conteste’’. Est-ce que message sera entendu? Il est parfaitement possible qu’une rencontre soit organisée», a déclaré l’avocat français, soulignant que Kamto voulait échanger avec Paul Biya «les yeux dans les yeux».

Maurice Kamto et une plus d’une centaine de ses partisans ont été arrêtés les 26 et 28 janvier derniers dans plusieurs villes du pays. Des interpellations qui faisaient suite à des manifestations pacifiques organisées le 26 janvier par le leader du MRC et ses soutiens politiques. Inculpés notamment pour «hostilité contre la patrie» et «insurrection», ils risquent la peine de mort.

Mais, ses avocats français ont tenu à rassurer sur l’objet de leur venue à Yaoundé. «Nous ne sommes pas venus au Cameroun dans un état d’esprit de polémique ou politique, mais juridique. La raison d’être de cette venue a été de pouvoir rencontrer les personnes détenues et de pouvoir bous faire une idée factuelle en vue d’envisager des recours internationaux», a expliqué Maitre Moretti qu’accompagnait Me Vey.

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Cameroun

Cameroun: Yaoundé dans l’attente de la reprise des activités de la Police municipale

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Au terme d’un mois de suspension prescrit par le préfet du Mfoundi, les agents ne sont pas encore visibles sur le terrain.

Esplanade de l’Hôtel de ville de Yaoundé, vendredi. Une vingtaine d’agents de la police communale en uniforme discutent. Ils sont prêts à reprendre du service, après un mois de suspension. Sébastien L., l’un d’eux, confie que durant la suspension préfectorale, ils venaient néanmoins au travail, mais en civil. Ils passaient la journée au bureau à s’occuper chacun comme il pouvait jusqu’à la fin de l’heure. Interrogés sur leur éventuel reprise de service, ils disent tous ne rien en savoir, même s’ils sont prêts à descendre sur le terrain à tout moment.

Dans l’article 2 de son arrêté de suspension, le préfet du Mfoundi, Jean-Claude Tsila écrivait : « la présente mesure est susceptible d’être reconduite si les nécessités l’imposent. » La police municipale avait été mise hors service le 13 février dernier, à la suite d’une altercation entre l’un de ces agents avec un conducteur de moto à EligEdzoa.

En attendant la reprise des activités de la police municipale, les avis des Yaoundéens divergent sur le sujet. Michel Tsafack, tenancier d’un comptoir de médicaments au marché Mvog-Mbi trouve important le travail qu’abattaient ces agents communaux. « Ils faisaient du bon travail malgré quelques abus. Ils nous obligeaient à être disciplinés dans les marchés notamment.

Ça évitait vraiment le désordre. Il faut seulement qu’ils soient un peu plus compré hensifs ». Stève Ebanda, chauffeur de taxi, exprime son courroux dû à l’absence d’ « Awara ». « Depuis qu’ils ont été suspendus, les motos vont dans tous les sens. Plus rien ne leur est interdit », se plaint-il.

Au carrefour Elig-Edzoa où tout avait commencé, on ne veut pas de la police municipale. « Ces gens exagèrent. Ils nous empêchent de nous débrouiller. Même si on leur présente les papiers, ils demandent d’autres », dénonce Michelin Tchoupo, conducteur de moto.

Au marché central, Nestor Kamga et sa voisine Estelle Ndjilo, deux vendeurs à la sauvette eux aussi ne veulent plus d’ « awara ». « Ils dérangent et arrachent nos marchandises », assurent-ils.

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Afrique

La francophonie en plein essor mais suspendue à la scolarisation en Afrique

AFP

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Le nombre de francophones dans le monde pourrait doubler d’ici à 50 ans grâce au boom de l’Afrique, mais encore faut-il relever le défi de la scolarisation au sud du Sahara, avertit un rapport diffusé pour la Journée internationale de la Francophonie, le 20 mars.

Avec 300 millions de locuteurs, soit une progression de 10% depuis 2014, le français conforte sa place de cinquième langue la plus parlée dans le monde, après le chinois, l’anglais, l’espagnol et l’arabe, révèle le rapport quadriennal de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), publié chez Gallimard sous le titre « La langue française dans le monde ».

La part des francophones dans le monde reste « très stable », faisant mentir la pensée selon laquelle la langue de Molière perd le combat face à celle de Shakespeare. Même en tant que langue de l’internet, le français maintient sa place de quatrième, derrière l’anglais, le chinois et l’espagnol.

Ce dynamisme va s’amplifier. D’ici à 50 ans, le français sera parlé par 477 à 747 millions de personnes dans le monde, le faisant « peut-être » passer devant l’espagnol, grâce au dynamisme « fulgurant » de la francophonie en Afrique, explique à l’AFP Alexandre Wolff, coordinateur du rapport et responsable de l’Observatoire de la langue française à l’OIF, basée à Paris.

L’Afrique était encore en 2015 le deuxième continent francophone derrière l’Europe, abritant un peu plus de 40% des locuteurs du français. En 2070, près de 80% des francophones vivront en Afrique.

Et tandis que la croissance se poursuit au même rythme en Europe (+11% de francophones d’usage quotidien entre 2014 et 2018), elle s’accélère en Afrique: +17%, soit deux points de plus qu’entre 2010 et 2014.

La « croissance francophone » est même « beaucoup plus rapide » que la démographie: la population du Bénin, du Mali et du Niger a ainsi été multipliée par 5 en 40 ans (1960-2000) mais le nombre de francophones a été multipliée par 45, « en raison d’un meilleur accès à l’éducation », explique le rapport.

Mais, pour réaliser les projections les plus optimistes, il faut relever le défi « énorme » de la scolarisation, souligne M. Wolff.

– Plus d’apprenants –

« Pour l’instant, le niveau est loin d’être atteint », avertit-il: 71% des enfants en deuxième année du primaire en Afrique subsaharienne francophone ne maîtrisent pas le français.

« Très clairement, nous ne sommes pas actuellement dans une situation où se réalisera le scénario optimiste », qui prévoit 747 millions de francophones d’ici à 2070, lâche M. Wolff.

« En revanche, une hypothèque est levée: l’anglais ne remplacera pas le français en Afrique », tranche l’expert. « Aucun pays ne laisse à penser qu’il va passer à l’anglais comme langue d’enseignement, au lieu du français ».

De même, il est « peu probable » que les langues nationales africaines se substituent au français. « Même dans les pays africains où les langues nationales progressent, les études révèlent que le nombre de francophones progressent également: on a besoin du français pour communiquer entre Africains francophones n’ayant pas la même langue nationale », explique M. Wolff.

En fait, le problème du français serait plutôt qu’il est victime de son succès: en Afrique et surtout au Moyen-Orient, il existe une « demande non satisfaite » de personnes voulant apprendre le français, comme le montre l’engouement pour les universités francophones au Maghreb.

Dans le monde, le nombre d’apprenants du français a augmenté de 8% en quatre ans, à plus de 50 millions. Là encore, l’Afrique a le vent en poupe, avec un bond de plus de 50%.

Mais le dynamisme touche aussi l’Europe: là où deux langues étrangères sont apprises, le français reste très souvent en 2e position, quand il est en concurrence avec l’anglais, et en troisième en Europe centrale du fait de la concurrence du russe.

« L’anglais a atteint son seuil: il est très souvent langue obligatoire et à des stades de plus en plus précoces: donc les marges de progression sont assez faibles. L’anglais a fait le plein », estime M. Wolff.

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