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Santé

Renault Trucks face à plus de 1.200 plaignants exposés à l’amiante

AFP

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“Que ce procès serve de leçon”: plus de 1.200 retraités ou salariés en fin de carrière de Renault Trucks à Vénissieux (Rhône) ont voulu faire valoir mardi un “préjudice d’anxiété” devant le conseil des prud’hommes de Lyon.

“Il faut que le lieu de travail soit sain et que nos enfants ne connaissent pas cela”, a déclaré à l’AFP l’une des plaignantes, Nicole Gros, retraitée de 63 ans, dont le mari et le fils travaillent également chez Renault Trucks.

“On s’en fiche du côté financier”, a ajouté Mme Gros, forte de ses 42 ans de carrière chez “Berliet”, qui devint Renault Trucks, désormais filiale de Volvo.

“Dans notre famille, on est déjà bien touché par les cancers, on n’avait pas besoin de ça, surtout que les conséquences peuvent arriver dans dix ou vingt ans et, de temps en temps, on se demande ce qui va se passer”, a-t-elle dit.

Mardi, le conseil des prudhommes a examiné 1.208 dossiers. Environ 200 autres feront l’objet d’une autre audience dans quelques mois.

L’audience, hors normes au vu du nombre de plaignants, a été délocalisée dans une salle polyvalente à Rillieux-la-Pape, dans la banlieue lyonnaise.

Le jugement a été mis en délibéré au 29 octobre prochain, pour laisser aux juges le temps d’étudier tous les dossiers.

“La jurisprudence est extrêmement claire : à partir du moment où les salariés prouvent qu’ils ont travaillé sur un site classé amiante, ils ont le droit de bénéficier du préjudice d’anxiété”, a estimé l’avocat des plaignants, Me Cédric de Romanet.

– 18 millions d’euros –

Le site de Renault Trucks (ex-RVI) à Vénissieux a été reconnu site amiante par arrêté publié au Journal officiel à l’automne 2016, permettant ainsi aux salariés en poste jusqu’en 1996 d’avoir droit au dispositif de retraite anticipée des travailleurs de l’amiante.

Cette inscription concerne la période allant de 1964 à 1996.

Me de Romanet a réclamé 15.000 euros pour chacun des plaignants, soit 18 millions d’euros au total, considérant que “les études épidémiologiques montrent, malheureusement, que le temps d’exposition est sans effet” sur le risque de développer une maladie grave liée à l’amiante.

L’avocate de Renault Trucks et des quatre autres sociétés mises en cause, Me Elodie Bossuot-Quin, a plaidé que seuls deux secteurs de ce “site industriel très étendu” d’environ 79 hectares étaient concernés par l’exposition à l’amiante – la fonderie et l’activité car et bus -, contestant “l’exposition au risque dans les autres secteurs”.

“On est en train de parler d’une période durant laquelle l’utilisation de l’amiante n’était pas interdite”, a également souligné Me Bossuot-Quin, concluant que “l’employeur ne pouvait pas avoir connaissance du risque”.

Les plaignants, essentiellement des retraités et quelques salariés en fin de carrière de Renault Trucks à Vénissieux, vivent “toujours avec une épée de Damoclès”, a estimé de son côté le président de l’association Prévenir et Réparer (APER), Jean-Paul Carret. “Ca trotte dans les têtes à chaque fois qu’ils apprennent qu’un ancien collègue est mort”.

L’association APER a recensé au moins une “vingtaine” de décès liés à l’amiante depuis 2000 et une “quarantaine” de cas reconnus comme maladies professionnelles.

“A l’époque, personne n’était averti, on découpait l’amiante à la scie, il n’y avait aucune aspiration, on utilisait des soufflettes pour nettoyer les postes de travail”, a déploré M. Carret, pour qui la “prise de conscience” a eu lieu à la fin des années 1990 “après les premiers décès”.

Le secrétaire de l’association, Patrick Gérard, a pour sa part déploré que “sur le plan pénal, la bataille n’avan(çait) pas”. “Aujourd’hui, on sait faire condamner l’entreprise mais on n’arrive pas à faire condamner les patrons, les donneurs d’ordre”, a-t-il regretté.

Sans vouloir présager de l’issue de l’audience, Me Cédric de Romanet a estimé que ses clients avaient eu “le sentiment d’avoir été entendus” ce mardi. “Pour eux c’était important”, a-t-il relevé.

NOTE: Dans le but d’élargir son champ d’action, LaminuteInfo s’ouvre au journalisme citoyen. L’objectif de la politique éditoriale est d’essayer  désormais de publier des actualités concernant des événements ou faits objectifs, vérifiables et autant que possible inédits. Si vous avez des informations à partager avec les autres, alors soumettez les pour publication ICI

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Santé

En plein assaut anti-avortement, le Nevada et le Vermont veulent protéger l’IVG

AFP

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Le Nevada et le Vermont sont en passe d’adopter des lois protégeant l’accès à l’avortement, allant à l’encontre de mesures extrêmement restrictives adoptées par plusieurs Etats américains conservateurs.

Ces évolutions contradictoires risquent de renforcer les fortes disparités existant déjà aux Etats-Unis en matière d’accès à l’avortement.

Le parlement du Nevada (ouest), le seul du pays où les femmes forment la majorité, a adopté en seconde lecture mardi une réforme qui dépénalise la vente sans ordonnance de médicaments provoquant des fausses couches et les IVG “artisanales”. Pour l’heure, avorter par ses propres moyens est passible d’un à dix ans de prison.

Le texte prévoit également que les médecins n’aient plus à expliquer “l’impact physique et émotionnel” d’un avortement à leur patiente, ni à relever leur âge ou leur statut marital.

La proposition de loi doit retourner au Sénat pour son adoption définitive, avant d’être promulguée par le gouverneur démocrate Steve Sisolak.

Les élus du Vermont (nord-est) ont inscrit dans la loi que l’avortement était un “droit fondamental” et ont interdit à toute “entité publique” de le restreindre. Cet Etat, qui dispose d’un cadre légal très souple sur les interruptions volontaires de grossesse, veut s’assurer que les agences fédérales ne viendront jamais le limiter.

Le gouverneur républicain Phil Scott a fait savoir mardi qu’il n’opposerait pas son véto à ce texte.

Ces lois vont volontairement à l’encontre du durcissement observé dans une quinzaine d’Etats conservateurs.

“Les droits des femmes sont menacés dans tout le pays par des politiciens extrémistes”, a déclaré la parlementaire démocrate Shea Backus lors des débats dans le Nevada. “Ces lois draconiennes n’ont rien à faire dans une société libre”, a-t-elle ajouté, citée par le Reno Gazette Journal.

L’Alabama a promulgué une loi assimilant l’avortement à un homicide et prévoyant des peines pouvant aller jusqu’à 99 ans de prison pour les médecins, sans exception en cas de viol ou d’inceste.

Six Etats, dont la Géorgie et le Mississippi, ont interdit l’avortement dès que les battements du coeur du foetus peuvent être détectés, tandis que le Missouri est en passe d’interdire l’IVG à partir de huit semaines de grossesse.

Ces lois sont en contradiction flagrante avec la jurisprudence de la Cour suprême des Etats-Unis qui, en 1973, a légalisé l’avortement. Elles devraient donc être invalidées par les tribunaux.

Mais leurs promoteurs ont l’intention de faire des appels en cascade jusqu’à la haute Cour. Ils misent sur l’arrivée de nouveaux juges conservateurs nommés par Donald Trump pour qu’elle revienne sur sa décision.

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Santé

Vincent Sanchez, médecin très discret et déterminé de Vincent Lambert

AFP

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Vincent Sanchez, chef du service des soins palliatifs et de l’unité des cérébrolésés qui a décidé d’arrêter les traitements de Vincent Lambert, est un homme très discret mais déterminé qui, comme l’affaire Lambert, divise la famille.

Sollicité par l’AFP, le médecin, dont le nom n’apparaît pas sur le site du CHU de Reims (Marne), a refusé de répondre. C’est lui qui a conclu en avril 2018, après concertation collégiale, à l’arrêt des traitements et annoncé à la famille, déchirée depuis 2013, qu’il aurait lieu la semaine du 20 mai.

“C’est quelqu’un de très secret, il a tout caché à son équipe médicale, sur l’horaire de l’arrêt des traitements par exemple (…) Je le sens très déterminé, depuis le début”, juge François Lambert, opposé à un acharnement thérapeutique pour son oncle, un ancien infirmier psychiatrique en état végétatif et tétraplégique depuis un accident de la route en 2008.

Il voit en lui un homme “très +médecin old school+, assez paternaliste dans un sens, dans ce contexte-là, plutôt très positif: il a fermé toutes les écoutilles, il a décidé d’y aller et il y va, peu importe ce qu’il entend à droite et à gauche”.

Âgé de 50 ans, le Dr Sanchez est arrivé à Reims en 2017, succédant à Daniéla Simon, qui a jeté l’éponge, elle-même ayant remplacé Eric Kariger.

“Lors de notre rencontre début 2018, je lui ai demandé +est-ce que vous saviez ce qui vous attendait en venant ici (à Reims) ?+ Il m’a répondu, avec un petit sourire +A votre avis ? En tout cas, (être confronté à l’affaire Lambert) n’a pas été la raison de mon choix de venir ici+”, se souvient Marie-Geneviève Lambert, demi-sœur de Vincent et mère de François.

Diplômé de médecine générale et de gérontologie, titulaire d’un diplôme interuniversitaire en soins palliatifs, Vincent Sanchez, inscrit à l’ordre des médecins de Moselle de 2002 à 2017, exerçait à l’hôpital Robert-Pax de Sarreguemines comme gériatre.

– “Presqu’effacé” –

“C’est un homme très pondéré, très rationnel, équilibré, légaliste, il veut aller au bout d’une décision validée par les juges”, rapporte Marie Lambert, sœur cadette de Vincent, présente dans sa chambre lorsqu’ils ont appris l’injonction surprise de la cour d’appel de Paris. “Le docteur Sanchez est arrivé quelques minutes après. Il était abasourdi, comme nous. Il a dit +c’est cruel+.”

Au sein de la famille favorable à l’arrêt des traitements, on décrit “un homme qui ne paie pas de mine”, “qui parle très doucement”, “presqu’effacé, qui ne travaille pas son image”, “courageux”.

Du côté des parents, farouchement opposés à l’arrêt des traitements de leur fils qu’ils considèrent handicapé, la perception de “ce docteur Sanchez” – adhérent de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs depuis 2016 – est forcément tout autre.

“Il s’est permis de nous envoyer un email, froidement” annonçant le début du protocole, dénonçait lundi matin Viviane Lambert, la mère, mimant un geste de dédain de la main.

Leurs avocats avaient promis la veille une “plainte disciplinaire aux fins de radiation ainsi que de poursuites pénales à son encontre”. A son sujet, Me Jérôme Triomphe préfère “s’abstenir pour ne pas être désagréable”.

“C’est un très bon gériatre et un très bon médecin de soins palliatifs mais il est habitué à accompagner des fins de vie, il n’est pas habitué à aider à reprendre vie à des personnes en état de conscience altérée”, estime Edwige Richer, neurologue et médecin de physique et de réadaptation fonctionnelle retraitée. Elle l’a rencontré pendant l’expertise médicale de l’automne 2018, à la demande des parents, et parle d’un médecin “très courtois mais pas du tout ouvert à la discussion”.

En 2015, Vincent Sanchez avait reçu à Sarreguemines Jean Leonetti, artisan de la loi de 2005 sur la fin de vie, ex-député LR.

Il suivait 150 patients, dont une partie atteints d’Alzheimer, selon Le Républicain Lorrain à qui il déclarait: “chacun devrait préparer ses directives anticipées. Très peu de personnes le font. Or, quand ils ne sont plus en capacité de les formuler, c’est la famille qui s’exprime. Sans forcément suivre les souhaits du malade…”

jpa-cmk-fal-frd-chd/frd/sp

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Santé

Beverly Hills veut interdire la vente de tabac… sauf aux bars à cigares

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Beverly Hills, banlieue ultra-chic de Los Angeles, s’apprête à interdire toute vente de tabac ou autre produit à base de nicotine… sauf dans les clubs privés pour amateurs de cigares qui incarnent si bien la ville des stars et du luxe.

Le projet de loi a été adopté mardi en première lecture à l’unanimité par le conseil municipal, sur recommandation de la commission pour la santé et la sécurité. “Cela reflète les valeurs de notre communauté”, résume dans un communiqué transmis à l’AFP John Mirisch, le maire de Beverly Hills, petite ville d’environ 35.000 habitants, dénuée d’hôpital ou de cimetière sur son territoire.

Le conseil municipal a toutefois reçu près de 150 lettres demandant que les trois bars à cigares situés sur le territoire de la commune puissent continuer à vendre du tabac.

L’acteur Arnold Schwarzenegger, également ancien gouverneur de Californie, est de ceux-là. Il fréquente assidument le Grand Havana Room, club très select pour amateurs de barreaux de chaise, dont il est “membre depuis son ouverture”. “Il est impensable que la ville puisse adopter une politique qui provoquerait, intentionnellement ou non, la fermeture d’une institution aussi symbolique”, a écrit l’ancien champion de musculation.

Car il voit une “différence fondamentale” entre ces clubs privés et les stations-service, épiceries, marchands de journaux, et pharmacies qui, si la loi est définitivement adoptée, devraient cesser de vendre des cigarettes (classiques ou électroniques), tabac à pipe ou à mâcher et cigares, à compter du 1er janvier 2021.

“Je connais très bien les effets néfastes (du tabac) sur la santé, c’est pourquoi je soutiens l’interdiction générale” d’en vendre à Beverly Hills, renchérit dans sa lettre le Dr Richard Shemin, spécialiste en chirurgie cardiaque. Mais le médecin se rend au Grand Havana Room “plusieurs fois par semaine pour s’y détendre et apprécier un cigare”. Il pense donc “que les adultes se rendant dans des clubs privés doivent être autorisés à faire ces choix personnels” et que l’interdiction ne doit pas s’appliquer à eux.

Le conseil municipal a visiblement été réceptif à ces arguments car la loi, qui devrait être votée définitivement le 4 juin, exempte les bars à cigares en tenant compte du fait qu’ils ne sont fréquentés que par des majeurs de plus de 21 ans qui ont choisi de fumer ou de s’exposer au tabagisme passif.

Beverly Hills a déjà imposé des restrictions drastiques sur l’usage du tabac sur son territoire: elle interdit par exemple de fumer dans les files d’attente, les véhicules à l’arrêt ou dans lesquels se trouvent des mineurs, les parcs et jardins, sur les trottoirs à moins d’être “activement en mouvement”, etc.

La cigarette est même bannie des appartements et autres immeubles collectifs.

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