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Technologie

Une candidate démocrate américaine veut affaiblir les géants de la « tech »

AFP

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Le débat autour de la puissance des géants technologiques américains est monté en température vendredi avec la proposition choc d’Elizabeth Warren, l’une des candidates démocrates à la présidentielle de 2020 les plus en vue, qui veut les « démanteler ».

« Les grosses entreprises technologiques ont trop de pouvoir aujourd’hui », a estimé la sénatrice du Massachusetts, féroce critique du président Donald Trump, qui s’est lancée en décembre dans la course à la primaire démocrate en vue de le remplacer à la Maison Blanche.

« Trop de pouvoir sur notre économie, notre société et notre démocratie », poursuit Elizabeth Warren dans un billet de blog, rappelant que leur modèle économique repose sur l’exploitation des données personnelles des utilisateurs. Cette pourfendeuse de Wall Street, classée très à gauche, propose donc de « démanteler ces monopoles ».

Mais cette offensive illustre plus largement le débat qui fait rage aux Etats-Unis autour de la nécessité, ou pas, de les réguler.

Traditionnellement situés dans un axe idéologique plutôt proche des démocrates, les colosses du numérique se retrouvent désormais régulièrement dans les tirs croisés des deux cotés de l’échiquier politique, tant s’en prendre aux grands de la « tech » est devenu porteur politiquement.

– « Bazooka » –

Sans surprise, les propositions de Mme Warren ont été mal accueillies par le secteur, qui souligne que c’est précisément leur taille et leur modèle économique qui permet à ces firmes de proposer des services gratuits.

« Cette proposition injustifiée et extrême, qui se concentre sur un secteur très admiré et très performant, n’est pas en accord avec des valeurs progressistes, dont la plupart sont largement partagées dans le secteur technologique », a réagi Ed Black, président de Computer & Communications Industry Association (CCIA), principal lobby du secteur, dans un communiqué.

Dans le détail, Elizabeth Warren voudrait que les plus grosses entreprises soient assimilées à des « plateformes de service public » (comme le gaz ou l’électricité).

Bien plus encadrées, elles ne pourraient plus, par exemple, détenir et gérer des plateformes de vente tout en y étant vendeur eux-mêmes, comme le fait Amazon, avec sa plateforme « Marketplace » (d’autres entreprises peuvent commercialiser leurs produits mais Amazon y est aussi présent en tant que vendeur). De même pour Google.

Ces plateformes se verraient aussi interdire de partager ou de transférer des données à des tierces parties.

La candidate propose également de nommer des régulateurs qui seraient chargés d’annuler des fusions, qu’elle estime « illégales et anticoncurrentielles ». Parmi elles, les rachats des groupes Whole Foods et Zappos par Amazon, de WhatsApp et Instagram par Facebook, et du service de géolocalisation Waze par Google.

Pour l’Information Technology & Innovation Fondation, un think tank généralement favorable au secteur technologique, ce démantèlement « revient à utiliser un bazooka là où un pistolet serait suffisant » même si Mme Warren « exprime des craintes légitimes ».

« Si vous commencez à détricoter ces entreprises, les usagers devront payer pour des choses gratuites aujourd’hui », a aussi dit son président Robert Atkinson.

– Pas si simple –

Sans compter qu’on « ne peut pas démanteler une entreprise juste parce qu’elle est grande », relève Michael Carrier, professeur à l’Université Rutgers, pointant la complexité des lois anti-monopoles.

Elizabeth Warren a néanmoins reçu les faveurs du think tank Open Markets Institute consacré à la concurrence dans le secteur technologique et qui juge qu’il est grand temps de voir arriver ce plan, qu’il estime « modéré ». L’association de défense des consommateurs Public Knowledge a aussi salué cette prise de position.

Pour compliquer encore le débat politique aux Etats-Unis, les grands de la « tech » entretiennent aussi une relation ambivalente avec le président républicain Donald Trump, qui en a critiqué plusieurs vertement (Amazon, Google) mais leur a permis de profiter largement de baisses d’impôts sur les entreprises votées fin 2017.

Et si plusieurs entreprises se sont par exemple opposées publiquement au durcissement de la politique migratoire, plusieurs groupes, comme Google, ont également ostensiblement annoncé des investissements et des créations d’emplois aux Etats-Unis, de quoi satisfaire le locataire de la Maison Blanche.

La « tech » est dans la tourmente depuis près de deux ans, emportée en particulier par l’éclatement de plusieurs scandales impliquant l’exploitation de données personnelles, concernant essentiellement Facebook.

Sentant le vent du boulet avec les menaces de régulation, son patron Mark Zuckerberg a d’ailleurs promis cette semaine de faire de Facebook une plateforme plus soucieuse de la vie privée des utilisateurs et « centrée » sur la confidentialité de ses 2,3 milliards d’utilisateurs actifs. Promesse qui a laissé nombre d’experts sceptiques.

NOTE: Dans le but d’élargir son champ d’action, LaminuteInfo s’ouvre au journalisme citoyen. L’objectif de la politique éditoriale est d’essayer  désormais de publier des actualités concernant des événements ou faits objectifs, vérifiables et autant que possible inédits. Si vous avez des informations à partager avec les autres, alors soumettez les pour publication ICI

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Technologie

Facebook va changer sa gestion des publicités ciblant les minorités

AFP

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Facebook a annoncé mardi qu’il allait changer sa gestion des publicités ciblant les minorités et les populations économiquement fragiles dans les domaines du logement, du crédit ou de l’emploi, mettant ainsi fin à des poursuites engagées par des organisations de défense des droits civiques aux Etats-Unis contre le réseau social.

« Il y a une longue tradition de discrimination dans le domaine du logement, de l’emploi et du crédit, et ce comportement toxique ne devrait pas être perpétué à travers des publicités de Facebook », a assuré la numéro deux du premier réseau social du monde, Sheryl Sandberg, dans un blog annonçant l’accord à l’amiable avec ces associations dont la puissante ACLU.

Les négociations pour mettre un terme aux poursuites ont duré 18 mois, selon l’ACLU.

Une des mesures prise est d’interdire à quiconque souhaitant faire de la publicité dans un de ces trois domaines de cibler par catégorie d’âge, de genre ou de code postal.

En matière de crédit par exemple, les minorités et les personnes défavorisées sont souvent la cible d’offres de crédits immédiats d’usuriers, qui pratiquent des taux tellement élevés qu’il est ensuite difficile de les rembourser et font courir le risque d’une spirale d’endettement.

Pour ce qui concerne le logement, les outils de ciblage de la publicité permettaient aux annonceurs d’exclure des catégories de la population qui ne leur convenaient pas.

Facebook va donc aussi mettre sur pied un outil permettant de chercher un logement parmi toutes les publicités immobilières aux Etats-Unis.

« Les publicités sur le logement, l’emploi ou le crédit sont cruciales pour aider les gens à acheter une nouvelle maison, débuter une grande carrière ou encore avoir accès au crédit », souligne Mme Sandberg, mais « elles ne devraient jamais être utilisées pour exclure des gens ou faire du mal ».

« La tolérance est au coeur des valeurs de Facebook », a-t-elle ajouté.

Selon les termes de l’accord, Facebook a accepté que les plaignants et leurs repésentants puissent examiner tous les 6 mois pendant trois ans le respect de l’accord.

Le réseau social a également accepté de travailler avec des experts, des universitaires et des chercheurs ainsi que des défenseurs des droits civiques afin d' »étudier le risque d’apparition non intentionnelle de biais dans les algorithmes utilisés par les réseaux sociaux ».

Cet accord à l’amiable est une rare bonne nouvelle pour le réseau créé et toujours dirigé par Mark Zuckerberg, qui défraie la chronique quasiment quotidiennement depuis plus d’un an avec de multiples révélétations sur des pratiques contestables ou peu transparentes.

Outre sa façon d’exploiter les données personnelles de ses usagers –qui font la fortune du réseau en permettant de cibler les publicités– on reproche également à Facebook d’avoir manqué de réactivité au moment où la plateforme était exploitée par des agents russes pour influencer l’élection présidentielle américaine de 2016, ou son peu de réaction face à la violente propagande de l’armée birmane contre les musulmans rohingyas.

Plus récemment, on a également reproché à l’entreprise d’avoir mis trop de temps à stopper la diffusion en direct de l’assassinat de 50 musulmans en Nouvelle-Zélande par un suprémaciste blanc.

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Technologie

Jeux vidéo: comment le « cloud » change la donne

AFP

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En mettant la puissance de son « cloud » informatique au service du jeu vidéo, Google ouvre de nouveaux horizons –quasi-illimités– aux créateurs de jeu comme aux « gamers », qui pourront maintenant jouer en streaming.

Stadia, présentée mardi par le groupe, est « une plateforme où tout le monde peut jouer, regarder et créer depuis n’importe quel écran à tout moment », selon le slogan de Google.

– Jouer –

Actuellement, les mordus de jeux vidéo ont plusieurs moyens d’accéder à leurs titres favoris: acheter un DVD ou un Blu-ray, ou bien les télécharger sur un appareil, console ou PC.

Le « cloud » –infrastructure informatique composée de milliers de serveurs qui communiquent à très haute vitesse– permet d’ajouter un moyen d’accès, à la fois ultra rapide et quasiment sans limite de taille. Toutes les données sont en effet stockées dans le « cloud », dont Google est l’un des acteurs majeurs, avec Amazon et Microsoft.

Avec Stadia –et une connexion internet de très bonne qualité– le joueur va pouvoir, grâce au « cloud », jouer directement en ligne, sans accroc, depuis différents appareils compatibles (tablette, smartphone, télévision, etc) à des jeux très élaborés. Et ce, sans avoir à les télécharger ou à les installer.

Comme cela est déjà possible avec la vidéo ou la musique en streaming, le « cloud » permet aussi d’interrompre une partie sur un appareil pour la reprendre sur un autre.

Le défi technique est de taille car les jeux vidéo sont numériquement « lourds » tant ils sont chargés en données exigeant d’énormes puissances de calcul.

Il faut en plus que le transfert des données soit suffisamment rapide pour éviter des interruptions dans l’action ou une dégradation du graphisme.

Google n’a pas dévoilé le modèle économique pour sa plateforme: Abonnement ? Publicité ? Pourcentage demandé aux créateurs ? Le groupe a plusieurs possibilités pour « monétiser » à terme son service.

Il faut de toute façon pour attirer le chaland, que la plateforme offre un catalogue intéressant. Outre « Assassin’s Creed Odyssey » du français Ubisoft, déjà testé en streaming avec Google ces derniers mois, « Doom Eternal » sera proposé sur Stadia.

Les utilisateurs de Stadia pourront se servir d’une manette de jeu spéciale ouvrant accès à la plateforme.

– Créer –

Actuellement, les créateurs de jeux font face à des « limites », car il faut que leurs produits tiennent sur un support physique ou qu’ils soient téléchargeables dans un temps raisonnable, explique à l’AFP Darryl Long, directeur du studio Ubisoft de Winnipeg au Canada, qui explore depuis quelques mois les possibilités offertes par le « cloud ».

Or, les joueurs veulent des « univers plus immersifs », leurs « attentes continuent de croître », souligne M. Long, venu à San Francisco pour la Conférence annuelle des développeurs de jeux.

Il explique aussi que même en interne, transmettre les « énormes fichiers » d’un membre du studio à un autre est une « galère », qui fait un perdre beaucoup de temps.

« Avec des jeux créés pour le +cloud+, il n’y a pas de limites », poursuit M. Long, le « cloud » peut « aider les créateurs à développer plus vite » leurs jeux, à les tester immédiatement etc…

Il va permettre aussi d’améliorer la qualité graphique et d’animation.

Le jeu vidéo actuel « n’a jamais été capable de simuler certains objets réels de façon réaliste, comme les vagues, la neige et sa façon de s’agglomérer ou de se transformer en avalanche, ou les dunes de sable », explique Darryl Long.

S’il y a encore du travail pour « explorer » tout ce que le « cloud » peut apporter pour les créateurs, continue Darryl Long, qui prédit « une nouvelle ère dans le jeu vidéo sur les 5 ou 10 ans à venir ».

– Regarder –

Le système Stadia va aussi permettre aux joueurs de diffuser en direct leurs parties sur YouTube (détenu par Google).

Le public pourra donc regarder ces parties en temps réel, un passe-temps qui fait déjà fureur chez les plus jeunes, comme le montre le succès de la plateforme Twitch d’Amazon.

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Technologie

Vidéo de Christchurch: des élus américains demandent aux géants de l’internet de s’expliquer

AFP

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Des parlementaires américains ont demandé mardi aux dirigeants de quatre géants de l’internet de venir s’expliquer sur la prolifération en ligne de la vidéo du massacre perpétré vendredi dans une mosquée de Nouvelle-Zélande, qui avait été diffusée en direct sur Facebook par le tireur.

La commission de la Sécurité intérieure de la Chambre des représentants américaine a demandé de pouvoir auditionner Mark Zuckerberg (Facebook), Susan Wojcicki (YouTube), Jack Dorsey (Twitter) et Satya Nadella (Microsoft).

Il est d’une « importance capitale » de pouvoir filtrer le genre de violence diffusée dans la vidéo de Christchurch, ont jugé les parlementaires.

Pour Bennie Thompson, le président de cette commission, il est inquiétant que cette vidéo ait pu se propager sur internet, alors même que les géants du Web ont créé, en 2017, un Forum mondial de l’internet contre le terrorisme (GIFTC) afin d’agir contre les contenus de ce type.

« La semaine dernière –près de deux ans après la création du GIFTC–, un terroriste a exploité vos plateformes pour diffuser dans le monde entier une horrible vidéo », a déclaré M. Thompson dans une lettre, dont une copie a été fournie aux médias.

« Je dois souligner l’importance capitale pour vous de faire de la suppression de ce contenu sensible et violent une priorité », a-t-il ajouté.

Le massacre vendredi dans une mosquée de Nouvelle-Zélande, qui a fait 50 victimes, a été diffusé en direct sur Facebook par son auteur durant 17 minutes, avant que le réseau social ne supprime le compte de cet extrémiste australien. On l’y voit se rendre en voiture jusqu’à une mosquée et tirer sur des fidèles à bout portant.

Le livestream (diffusion en direct) n’a lui-même été vu que 200 fois, mais la vidéo s’est ensuite propagée sur diverses plateformes, sans que ces dernières puissent empêcher qu’elle soit largement visionnée. Facebook dit avoir retiré 1,5 million de vidéos de ce massacre.

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