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Nigeria

Présidentielle au Nigeria: les deux camps clament déjà victoire

AFP

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Le comptage des voix entre les deux favoris de la présidentielle, le chef de l’Etat sortant Muhammadu Buhari et l’opposant Atiku Abubakar, se poursuivait dimanche au Nigeria, sans qu’aucun résultat officiel ne soit annoncé, même si les deux camps se proclamaient déjà vainqueurs d’un scrutin généralement calme, mais désorganisé.

Les données recueillies dans les quelque 120.000 bureaux de vote des 36 Etats seront centralisés à partir de 18H00 (17H00 GMT) dimanche vers la capitale, Abuja, où le président de la Commission électorale (INEC), Mahmood Yakubu, devrait annoncer des résultats définitifs dans les jours viennent.

Il a rappelé que « seule l’INEC pouvait publier des chiffres, avancer les résultats et proclamer un vainqueur », tandis que les deux partis principaux multipliaient déjà des annonces provocatrices.

« Bonjour chers Nigérians et merci encore d’avoir voté pour le président Buhari hier » (samedi), a écrit sur Twitter son conseiller en communication, Bashir Ahmad (Congrès des progressistes, APC). « Les résultats arrivent un à un et ils sont époustouflants. Le président a remporté la majorité et #BuhariIsWinning! (Buhari est en train de gagner) ».

De son côté, le Parti populaire démocratique (PDP) a demandé « à la Commission électorale indépendante d’annoncer les résultats tels qu’ils ont été livrés par les bureaux de vote et de déclarer le candidat du peuple, Atiku Abubakar, vainqueur de l’élection présidentielle ».

« Notre position est basée sur des résultats clairs et vérifiables », a assuré son équipe.

– Défi colossal –

Pour être élu dès le premier tour, le vainqueur doit obtenir, outre la majorité des suffrages exprimés, au moins 25% des voix dans les deux tiers des 36 Etats auxquels s’ajoute le territoire de la capitale, Abuja. Sinon un second tour devrait avoir lieu dans une semaine.

Outre leur président, les Nigérians étaient appelés à désigner 360 députés et 109 sénateurs.

Le président de l’INEC a félicité les Nigérians qui ont fait preuve « d’une résilience extraordinaire et d’une confiance dans le processus démocratique ».

Il a déploré toutefois de nombreux incidents sécuritaires, dont la mort d’un agent, tué par balles, et l’enlèvement de plusieurs autres (libérés quelques heures plus tard) dans l’Etat de Rivers (sud-est).

C’est dans cet Etat qu’ont été recensés le plus grand nombres de personnes tuées dans des violences électorales.

Le groupe de la société civile Situation Room a recensé 16 morts samedi soir, mais aucun chiffre officiel n’a été annoncé officiellement.

Entre octobre et le jour du scrutin, les violences électorales avaient déjà fait 233 morts, selon le cabinet de surveillance SBM Intelligence.

Bien que les opérations n’aient pu se dérouler dans 8.500 bureaux de vote (sur 120.000), l’INEC s’est déclarée « généralement satisfaite » samedi du déroulement du scrutin, dans ce pays de 190 millions d’habitants, aux infrastructures défaillantes et à la corruption généralisée.

Mais ce sentiment n’était pas partagé par les observateurs de la société civile, qui se sont dits « déçus » des manquements logistiques.

Retards d’ouvertures des bureaux de votes, problèmes avec les lecteurs de cartes électroniques, achats de voix, bureaux de vote saccagés ou brûlés : « Les informations qui nous sont parvenues des quatre coins du pays indiquent un nombre inquiétant de problèmes qui méritent l’attention de l’INEC », note Situation Room.

Le président de l’INEC a reconnu dimanche des « problèmes », et s’est engagé à « faire le point une fois que les élections seront finies pour améliorer le processus électoral ».

– Détérioration –

De son côté, Idayat Hassan, directrice du Centre pour la démocratie et le développement (CDD) juge que ces élections « n’ont pas rempli les conditions nécessaires d’un vote libre, crédible et transparent ».

L’INEC avait décidé d’un report d’une semaine des opérations électorales initialement prévues le 16 février, pour des raisons logistiques.

Ce report a marqué un tournant clair dans la campagne, les deux camps s’accusant mutuellement d’avoir « saboté » le vote à des fins électorales et d’avoir organisé des fraudes.

En 2015, le président sortant Goodluck Jonathan avait accepté sa défaite aussitôt les résultats officiels proclamés par le Commission, laissant place pour la première fois au candidat de l’opposition, Muhammadu Buhari, élu sur la promesse de lutter contre la corruption et Boko Haram.

Le vainqueur de ce nouveau scrutin aura la lourde tâche de redynamiser une économie en berne et sécuriser de nombreuses régions du pays, en proie aux groupes armés ou gangs criminels, notamment dans le nord-est ravagé depuis dix ans par les opérations du groupe islamiste Boko Haram.

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Nigeria

Nigeria: manifestation après la suspension du processus électoral à Rivers

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Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées lundi pour protester contre la suspension du processus électoral dans l’Etat de Rivers, dans le sud du Nigeria, à la suite de violences et d’irrégularités.

Le Nigeria a voté samedi pour élire les gouverneurs et les représentants des assemblées locales dans 29 des 36 Etats de la fédération nigériane.

Mais la Commission électorale nationale indépendante (INEC) a suspendu le dépouillement dans Rivers dimanche, faisant état de violences dans les bureaux de vote, d’enlèvements de personnel ou encore de confiscation et de destruction de résultats.

Les partisans du Congrès des progressistes (APC, au pouvoir) se sont réunis à Port Harcourt, la capitale de l’État, pour demander que les résultats soient publiés.

« Nous ne sommes pas heureux que ce processus ait été interrompu à mi-parcours », a déclaré à l’AFP Victoria Nyeche, organisatrice de la manifestation et membre du parlement de l’Etat de Rivers. « Ce que l’INEC a fait est illégal et constitue une invitation à la crise ».

« S’il y a recours, le tribunal électoral est là pour les résoudre », a-t-elle ajouté.

L’atmosphère était tendue, avec des soldats postés à des checkpoints dans toute la ville, ont constaté des journalistes de l’AFP sur place.

L’APC du président Muhammadu Buhari n’avait aucun candidat au poste de gouverneur à la suite d’un litige pendant ses primaires pour l’Etat de Rivers, mais il soutenait le candidat d’un petit parti.

Les manifestants scandaient des slogans hostiles au gouverneur sortant, Nyesom Wike, du principal parti d’opposition, le Parti démocratique du peuple (PDP).

Le PDP a de son côté qualifié la suspension du vote d' »agression déguisée (…) s’apparentant à un coup d’État ».

« L’armée, la police et l’INEC travaillent avec l’APC pour subvertir la volonté du peuple de Rivers », a également accusé le gouverneur Wike.

La décision de l’INEC est intervenue après l’irruption dimanche en milieu de journée de l’armée à son siège régional où étaient centralisés tous les résultats des législatives et des gouvernatoriales pour l’Etat de Rivers.

L’armée a toutefois nié dimanche sa responsabilité, assurant que des voyous à la solde de politiciens avaient usurpé des uniformes et des équipements militaires – dont des véhicules blindés – pour la discréditer.

– « Défaillances systémiques » –

Situation Room, un groupe de plus de 70 organisations de la société civile, a réclamé dimanche une enquête indépendante sur l’ensemble du processus électoral et a recensé au total 58 morts depuis fin février.

M. Buhari a été réélu fin février à la tête du géant ouest-africain avec 56% des voix à l’issue d’un scrutin marqué par un faible taux de participation (35%). Son principal rival Atiku Abubakar (PDP) a annoncé qu’il contesterait les résultats en justice, dénonçant des tricheries.

L’APC, qui contrôlait jusque-là 22 des 36 Etats de la fédération espère conforter sa mainmise territoriale avec les élections des gouverneurs et des représetants des assemblées locales.

Les observateurs de l’Union européenne ont souligné lundi la forte abstention et les violences qui ont marqué les deux scrutins.

L’observatrice en chef de la mission de l’UE, Maria Arena, s’est dit « profondément troublée » par les violences, affirmant que certains observateurs s’étaient retrouvés bloqués dans des centres de collecte de résultats, apparemment par des soldats.

« À Rivers, il ne fait aucun doute que le processus électoral (…) a été sérieusement compromis », a-t-elle ajouté au cours d’une conférence de presse.

« Les défaillances systémiques et les problèmes sécuritaires » indiquent qu’il existe « un réel besoin de réformes » électorales au Nigeria, a conclut la cheffe de mission.

L’International Republican Institute(IRI) et le National Democratic Institute, deux ONG américaines ayant également déployé des observateurs, ont estimé dans un communiqué conjoint que « la forte présence militaire, les achats de voix dans certains endroits, ainsi que des irrégularités dans le processus de dépouillement et de compilation des votes ont porté atteinte à l’intégrité des élections ».

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Nigeria

Les Nigérians entre indifférence et résignation après la victoire de Buhari

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Il avait été accueilli comme le « messie » il y a quatre ans, dans un Nigeria plein d’espoir, lors de la première alternance démocratique de son histoire. Le président Muhammadu Buhari vient d’être réélu dans l’indifférence quasi générale, de nombreux Nigérians se rendant mercredi au travail comme si rien ne s’était passé.

« Regardez les visages des gens. La dernière fois ils ont cru que c’était le messie mais le messie les a roulés », s’énervait Ade Monday, un habitant de Lagos, la capitale économique de 20 millions d’habitants. « Les gens ne sont pas contents ».

Dans le quartier populaire d’Obalende, où même des chevaux s’étaient mêlés à la fête en 2015, se cabrant au milieu de foules en liesse, le contraste était saisissant.

Cette fois-ci, ni embrassades, ni coups de klaxons… C’est à peine si on s’intéressait aux Unes de journaux étalées sur le trottoir, alors que l’annonce de la victoire du président sortant est tombée en pleine nuit.

« Les gens ont d’autres préoccupations: ils ont faim, tout est tellement cher, ils souffrent », affirmait Emmanuel Asiekwu, commerçant, en mangeant du poisson séché accompagné de riz blanc comme petit-déjeuner, sur un trottoir sale d’Obalende.

Si Buhari a gagné samedi avec une confortable marge nationale de près de 4 millions de voix sur son rival de l’opposition, Atiku Abubakar – soit un plus grand écart qu’en 2015 -, le chiffre le plus marquant de cette présidentielle restera le taux de participation, qui dépasse à peine les 35% selon les estimations.

Le report du scrutin initialement prévu le 16 février, à quelques heures de l’ouverture des bureaux de vote, a pu favoriser l’abstention alors que des dizaines de milliers d’électeurs avaient dû voyager dans leur région d’origine pour voter.

Mais pour beaucoup, surtout dans le Sud majoritairement chrétien, voter pour l’un des principaux candidats à la présidentielle, tous deux des septuagénaires rodés aux arcanes du pouvoir, issus du Nord et musulmans, c’était un peu comme « choisir entre la peste et le choléra », entendait-on souvent durant la campagne.

– ‘Election truquée’ –

L’ancien vice-président Abubakar était perçu comme le candidat pro-business, mais son image est sérieusement entachée par les multiples allégations de détournements de fonds qui ont fait scandale lorsqu’il était aux affaires entre 1999 et 2007.

Quant à l’austère Buhari, malgré ses promesses, il n’aura pas mis un terme à la corruption généralisée. Il lui est aussi – et surtout – reproché d’avoir mal géré la récession économique et l’inflation qui ont appauvri des millions de Nigérians vivant déjà dans la misère.

Le chômage frappe près de la moitié de la population nigériane, et 87 millions d’habitants vivent avec moins de 2 dollars par jour.

Même à Kano, son fief du grand Nord, où les gens étaient sortis par dizaines de milliers pour célébrer sa première victoire, il a fallu attendre la fin de la matinée pour voir quelques centaines de partisans défiler dans les rues en brandissant des portraits de « Baba », comme il est surnommé au Nigeria.

« La plupart d’entre nous n’ont pas dormi (…) On attendait le discours de Buhari, j’ai écouté la radio toute la nuit », explique Yusuf Abdulaziz Baba, 28 ans, devant le QG local du parti au pouvoir (APC, Congrès des progressistes). « Les célébrations n’ont pas encore commencé parce que les résultats sont tombés à l’aube ».

Dans cet Etat-clé qui constitue l’un des plus gros réservoirs de voix du pays, la population a plébiscité Buhari à 77% mais il a toutefois perdu plus de 430.000 voix par rapport à 2015.

L’opposition a déjà crié à la manipulation et annoncé son intention de contester les résultats devant la justice. Dans ses bastions du Sud-Est, comme dans la ville pétrolière de Port-Harcourt, les sièges des deux principaux partis étaient quasiment déserts et dans les rues, on ne voulait pas croire aux scores annoncés dans la nuit par la commission électorale.

« Buhari n’aurait jamais pu gagner si l’élection avait été libre et juste », dénonçait Stephen Woju, un commerçant de 56 ans. « L’APC s’est servi des forces de sécurité pour truquer l’élection en sa faveur ».

A ses côtés, Festus Goodwill, un chômeur de 25 ans, appelait au contraire au calme: « Le PDP (Parti populaire démocratique, opposition) devrait concéder sa défaite pour préserver la paix », disait-il.

cl-eak-joa-abu/cl/spb/sd

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Nigeria

Présidentielle au Nigeria: l’opposition dénonce « une parodie d’élection » et va en justice 

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L’opposant nigérian Atiku Abubakar a dénoncé mercredi une « parodie d’élection » après l’annonce de la victoire du président sortant Muhammadu Buhari et annoncé qu’il allait saisir la justice pour contester le résultat.

« Si j’avais perdu dans des élections libres et justes, j’aurais appelé le vainqueur dans la seconde », a déclaré le candidat du Parti populaire démocratique (PDP) dans un communiqué. « Non seulement je lui aurais adressé mes félicitations mais j’aurais aussi proposé mes services pour contribuer à unir le Nigeria. »

Mais « je rejette les résultats de la parodie d’élection du 23 février 2019 et contesterai ses résultats en justice », a ajouté l’ancien vice-président.

Dans la nuit de mardi à mercredi la Commission électorale indépendante (INEC) a mis fin à trois jours de compilation des résultats, annonçant la victoire du chef de l’Etat sortant avec une avance de près de 4 millions de voix sur son rival, soit 56% des suffrages contre 41%.

Quelques heures plus tôt, l’opposition avait déjà demandé aux Nigérians de ne pas tenir compte des résultats, dénonçant des fraudes massives dans l’organisation du scrutin, entaché selon elle par de graves manquements logistiques et endeuillé par des dizaines de morts dans les violences électorales.

Les observateurs locaux et ceux de l’Union européenne avaient noté de sérieux problèmes dans l’organisation du vote, qui avait déjà été retardé d’une semaine, quelques heures avant son ouverture prévue le 16 février.

Retards à l’ouverture des bureaux de vote, intimidations d’électeurs, destruction de matériel électoral: la société civile et les observateurs ont dénoncé de nombreuses irrégularités et recensé au moins 53 morts dans des violences électorales.

« Situation Room appelle les partis politiques et les candidats qui ont des griefs avec le processus électoral à utiliser les recours légaux pour le faire », avait déclaré le groupe de surveillance de la société civile dans un communiqué mardi soir.

En 2011, les violences post-électorales, attisées par les divisions religieuses entre musulmans et chrétiens, avaient fait un millier de morts.

En 2015 en revanche, le chef de l’Etat sortant, Goodluck Jonathan avait aussitôt appelé Muhammadu Buhari pour le féliciter de sa victoire marquant la première alternance au Nigeria, un pays qui était sorti des dictatures militaires en 1999.

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