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Asie

Iran : une économie exsangue, source des émeutes

Présentée comme une république honorable avec laquelle il est de bon ton de faire quelques grosses affaires, la république islamique n’endosse l’habit de cet eldorado commercial que pour la photo.

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Sur de nombreux plans, le régime iranien est loin de l’image portée par les commerciaux politiques et autres experts en marketing géopolitique. Entre la répression des manifestations de 1981, le massacre de l’été 1988 et les droits humains continuellement bafoués, il n’y a de modération dans ce régime que dans l’art de présenter la recette économique. Dans le monde réel, les Iraniens se soulèvent partout dans le pays. Depuis plus d’un an maintenant, toutes les villes et toutes les corporations expriment leur volonté déterminée à changer de régime. Fini les vaches maigres pour le peuple. Finis les salaires à 1,1 dollar de l’heure pendant que les pasdarans plongent allègrement dans la gabegie la plus outrancière.

Le budget de l’état, c’est le budget de la guerre

Après les annonces de Barack Obama levant une partie des sanctions contre l’Iran en vue d’un accord sur son programme nucléaire, les entreprises occidentales ont de nouveau afflué en Iran. BNP Paribas, PSA, Bouygues et autres ont très vite repris leurs habitudes. Si bien que l’argent a afflué dans les caisses de l’état (et dans les poches des pasdarans). Mais sitôt fut-il entré qu’il fut dépensé. Non pas pour apaiser les malheurs d’un peuple aux abois. Mais bien pour financer encore et toujours guerre et terrorisme. L’Iran entretient environ 80 000 hommes en Syrie et ne cesse de recruter des ‘gardiens de la paix’ en interne. La forte militarisation de la police n’est pas pour délivrer les signes d’un bonheur futur.

Le régime Iranien a toujours eu 2 principales préoccupation, jusqu’à les inscrire dans sa constitution ; la répression nationale de toute idée politique alternative émergeante ou clairement dissidente et l’exportation de l’intégrisme religieux. De fait, les derniers rapports, dont celui de M. Stevenson (ancien eurodéputé écossais), démontre le soutien logistique et financier de l’état iranien à de nombreux groupes extrémistes justement choisis pour leurs capacités à déstabiliser un pays. Petit à petit, grâce à ces multitudes de groupes et groupuscules, l’idée d’un islam extrême creuse son sillon dans la région. La théocratie n’a plus ensuite qu’à attendre tranquillement que l’arbre pousse dans ce sillon pour en récolter les fruits murs. Une entreprise de longue haleine, qui implique un soutien sans faille au terrorisme islamiste.

Le peuple fait irruption dans la logique politique des mollahs

Mais le fait est que l’entretien d’un pareil arsenal de déstabilisation et de prise de contrôle coûte cher. Et même si l’on sait que la Force Qods, présente en Syrie, est exclusivement constituée de soldats étrangers pour le plus souvent exploités, une armée, un corps des gardiens de la révolution islamique, des répressions violentes et nombreuses au sein du pays, des prisons remplies en permanence d’opposants politiques, des groupes terroristes à entretenir… ça coûte même très cher. C’est d’ailleurs à cela que l’on voit les réelles ambitions du régime de Téhéran. La plus grande partie du budget de l’état est attribuée à la guerre. Alors même que l’Iran n’est agressé militairement par aucune puissance du monde ! Comment justifier cela ? Surtout quand une grande partie des travailleurs iraniens ne sont même plus payés, faute de moyens financiers. 

Après la levée des sanctions, il restait encore quelques personnes pour penser sincèrement que les dirigeants de la révolution allaient profiter de cette manne pour réinvestir dans son système scolaire, hospitalier, social, juridique… Maintenant que les caisses sont aussi vides que les lacs asséchés par une gestion de l’eau calamiteuse, le régime a laissé passer sa dernière chance. Les rues s’éveillent et chantent les louanges d’une nouvelle ère. Le régime théocratique doit cesser et laisser la place à la démocratie. La peur change de camp. D’autant plus que le CNRI, organe regroupant toutes les oppositions aux mollahs, est définitivement prêt pour assumer le rôle de gouvernement transitoire, le temps de l’écriture avec le peuple d’une nouvelle constitution et de la mise en place d’élections réellement libres.

D’ailleurs, le 8 février prochain, à Paris, nous pourrons voir défiler un grand nombre de ces exilés politiques, Lors ou Baloutches, Kurdes ou Azéris, Arabes ou Persans, accompagnés de nombreuses associations internationales pour les droits humains et de quelques élus de la république Française. Le 8 février, cela fera tout juste 40 ans que le Shah d’Iran aura abdiqué. A l’époque, un espoir naissait après des années de lutte. Un espoir déçu et trompé. Il est désormais temps de redonner ses lettres de noblesse à cet espoir déchu.

Par Hamid Enayat

NOTE: Dans le but d’élargir son champ d’action, LaminuteInfo s’ouvre au journalisme citoyen. L’objectif de la politique éditoriale est d’essayer  désormais de publier des actualités concernant des événements ou faits objectifs, vérifiables et autant que possible inédits. Si vous avez des informations à partager avec les autres, alors soumettez les pour publication ICI

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2 Comments

2 Comments

  1. omidi

    5 février 2019 Le 15 h 20 min

    Merci pour l’élairage.

    • Robert Hays

      5 février 2019 Le 16 h 37 min

      40 ans après l’insurrection en Iran contre la dictature du Chah, le peuple iranien contre la dictature des mollahs. Une grande manifestation aura lieu à Paris le 8 février à 14h depuis Denfert-Rochereau, en soutien aux protestations réprimées en Iran

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Asie

Attentat au Cachemire: l’Inde promet « le prix fort » aux responsables

AFP

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New Delhi (AFP) – Le gouvernement indien a juré vendredi de « faire payer le prix fort » aux responsables de l’attentat qui a tué la veille au moins 41 paramilitaires au Cachemire, attaque la plus meurtrière depuis le début de l’insurrection dans cette région disputée avec le Pakistan.

« Je veux dire aux groupes terroristes et à leurs maîtres qu’ils ont commis une grosse erreur. Ils vont devoir payer le prix fort », a déclaré le Premier ministre indien Narendra Modi à l’issue d’une réunion d’urgence de son gouvernement dans la matinée.

Un attentat-suicide, revendiqué par un groupe islamiste basé au Pakistan, a frappé jeudi après-midi un convoi de 78 véhicules transportant quelque 2.500 paramilitaires de la Central Reserve Police Force (CRPF) de retour de congés. La scène s’est déroulée sur une autoroute à une vingtaine de kilomètres de la grande ville de Srinagar.

La puissante déflagration a été entendue à des kilomètres à la ronde et a plus particulièrement touché deux bus, avec chacun environ 35 personnes à bord. Des images diffusées par les médias montraient la charpie de métal d’au moins un véhicule au milieu de la route.

Le dernier bilan officiel en date fait état de 41 mort, chiffre susceptible de s’alourdir encore. « Personne du premier bus n’a survécu », a déclaré à l’AFP un haut responsable de la police.

Une insurrection séparatiste meurtrière secoue le Cachemire indien depuis 1989. L’Inde accuse le Pakistan de soutenir en sous-main les infiltrations et la rébellion armée, ce qu’Islamabad a toujours démenti.

  • ‘Frappes chirurgicales’ –

Région himalayenne revendiquée par les deux nations depuis la fin de la colonisation britannique en 1947, le Cachemire est divisé de facto entre ces frères ennemis d’Asie du Sud. Les forces indiennes dans la partie sous contrôle de New Delhi sont estimées à un demi-million d’hommes, ce qui en fait l’une des zones les plus militarisées du monde.

Le groupe islamiste Jaish-e-Mohammed, basé au Pakistan, a revendiqué l’attentat de jeudi et indiqué qu’il a été perpétré par un jeune homme de 20 ans originaire de la vallée de Srinagar.

Le Pakistan a aussitôt démenti toute implication. « Nous rejetons fermement toute insinuation par des éléments des médias et du gouvernement indien qui tentent de relier l’attaque au Pakistan sans qu’il y ait eu enquête », a déclaré le ministère pakistanais des Affaires étrangères.

Cet attentat intervient à un moment délicat pour le gouvernement Modi, qui administre directement l’État du Jammu-et-Cachemire après avoir provoqué la chute du gouvernement local en rompant son alliance avec un parti régional, et doit bientôt affronter les urnes à l’occasion des élections législatives indiennes attendues pour avril-mai.

« Si notre pays voisin pense qu’il réussira à créer de l’instabilité à travers de tels actes et conspirations, il devrait arrêter de rêver », a lancé le dirigeant nationaliste hindou.

En 2016, en représailles à l’attaque meurtrière d’une base militaire indienne par un commando islamiste, le Premier ministre avait ordonné une série de raids commandos le long de la ligne de cessez-le-feu au Cachemire.

Ces « frappes chirurgicales » avaient été volontairement très médiatisées. Elles sont régulièrement mises en avant par le gouvernement nationaliste hindou pour ériger Narendra Modi en homme fort de l’Inde. Elles ont même fait l’objet d’un film, sorti au cinéma ces dernières semaines.

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Asie

Iran: 20 morts dans un attentat contre les Gardiens de la révolution

AFP

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Téhéran (AFP) – Au moins 20 personnes ont été tuées mercredi dans un attentat suicide contre un bus des Gardiens de la révolution, l’armée d’élite du régime en Iran, dans le sud-est du pays, a indiqué l’agence de presse officielle Irna.

L’attaque a visé un bus transportant des membres des Gardiens de la Révolution sur la route entre les localités de Khash et Zahedan dans la province du Sistan-Balouchistan, a précisé Irna, en citant une « source informée » non identifiée.

Selon l’agence, au moins 20 personnes ont péri dans l’attentat.

Dans un communiqué, les Gardiens de la Révolution ont confirmé une « attaque suicide » contre un bus qui ramenait des membres de ce corps d’élite de la frontière avec le Pakistan, en faisant état d’un nombre indéterminé de victimes.

« Une voiture bourrée d’explosifs a explosé près du bus transportant une unité des forces terrestres des Gardiens », ont-ils ajouté.

Frontalière du Pakistan et de l’Afghanistan, la région iranienne du Sistan-Balouchistan est régulièrement le théâtre d’accrochages meurtriers entre les forces de l’ordre et des séparatistes baloutches ou des groupes jihadistes que Téhéran accuse Islamabad et Ryad de soutenir.

Cette province compte une large communauté de musulmans sunnites d’ethnie baloutche dans un pays à grande majorité chiite.

Ces derniers mois, les forces de sécurité iraniennes et les Gardiens de la révolution ont été la cible de plusieurs attaques dans cette même province.

Le dernier attentat particulièrement meurtrier en Iran remonte au 22 septembre 2018: 24 personnes avaient été tuées par un commando de cinq assaillants qui avaient ouvert le feu à l’arme automatique sur un défilé militaire à Ahvaz, capitale de la province iranienne du Khouzestan. L’attentat avait été revendiqué par le groupe jihadiste Etat islamique (EI) et un groupe séparatiste arabe au nom de la « Résistance nationale d’Ahvaz ».

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Asie

Inde: 17 morts dans l’incendie d’un hôtel à New Delhi

AFP

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Au moins 17 personnes sont mortes mardi avant l’aube dans un incendie qui s’est déclaré dans un hôtel du centre de New Delhi, ont annoncé à l’AFP les pompiers de la capitale indienne.

Le feu s’est déclaré à l’hôtel Hotel Arpit Palace, situé dans un quartier dense et central de la mégapole, et a ravagé tout le dernier étage.

« Nous avons confirmé avec les autorités hospitalières, le bilan est maintenant de 17 (morts) dont un enfant », a déclaré à l’AFP Sunil Choudhary, un responsable des pompiers.

L’incendie a été maîtrisé après plusieurs heures et 35 personnes ont été secourues par les pompiers. Selon la presse locale, une femme et un enfant sont morts lorsqu’ils ont essayé de se sauver en sautant par la fenêtre.

« Il y avait des panneaux en bois dans les couloirs, à cause de quoi les gens n’ont pas pu utiliser les couloirs pour évacuer », a indiqué un autre responsable des pompiers à la presse.

Les incendies accidentels sont fréquents en Inde en raison d’une règlementation laxiste et du non-respect fréquent des normes de sécurité.

En décembre, huit personnes ont péri et plus d’une centaine ont été blessées dans un incendie qui s’était déclaré dans un hôpital public de Bombay (ouest).

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