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Aubervilliers : des quartiers en devenir au-delà du périphérique

Le Grand Paris est un chantier titanesque qui bouleverse la physionomie de la capitale. Aiguillonnés par les délais impartis pour accueillir les Jeux olympiques de 2024, et par l’arrivée du métro Grand Paris Express, tous les acteurs de l’immobilier s’activent. Sur le tracé et autour des gares des futures lignes, de nouveaux quartiers naissent, en premier lieu sur la commune d’Aubervilliers.

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Les acteurs politiques et administratifs du Grand Paris (l’État, la Région, les collectivités locales et la Métropole du Grand Paris, l’instance élue) ont passé le relais aux opérateurs qui ont la haute main sur les travaux d’aménagement et de construction. Aux côtés des acteurs économiques, dans le giron de la Chambre de commerce et d’Industrie, de la Société du Grand Paris (qui pilote et finance les travaux des nouvelles lignes de métro Grand Paris Express – 200 km de réseau, prolongement des lignes 11 et 14, quatre nouvelles lignes, 68 gares), de l’Établissement Public Île-de-France (l’opérateur public foncier des collectivités franciliennes), Grand Paris Aménagement conduit les opérations d’aménagement urbain.

Les futures gares du Grand Paris Express

Parmi les communes situées au-delà du périphérique où de nouveaux quartiers verront le jour sous la houlette de Grand Paris Aménagement, Aubervilliers est en bonne place, aux portes nord de Paris. Clef de ce renouveau, la construction des gares de Mairie d’Aubervilliers et de Fort d’Aubervilliers (1), deux gares sur la future ligne 15 Est (tronçon entre Saint-Denis Pleyel et Champigny-sur-Marne qui desservira 12 communes de Seine–Saint-Denis et du Val-de-Marne).

L’emplacement de la gare Fort d’Aubervilliers (en correspondance avec la ligne 7 et la future ligne15 Est), sous l’emprise de la gare routière actuelle, a été choisi avec les collectivités locales pour renforcer l’écoquartier du Fort d’Aubervilliers, friche urbaine de 36 ha qui va se transformer en un quartier mixte accueillant logements, services et espaces culturels et dont les contours sont encore en discussion. Les réunions entre État et élus locaux portent notamment sur la question cruciale de la place de la voiture dans la réhabilitation de cette ancienne place forte militaire (2)

La gare Mairie d’Aubervilliers quant à elle (en correspondance avec la ligne 12 et la future ligne 15 Est) est implantée à proximité de nouveaux pôles d’activités : le grand centre commercial Le Millénaire et le campus Condorcet, appelé à devenir une référence internationale en sciences humaines et sociales. La première pierre de ce campus, dont la réalisation est pilotée par Vinci Construction, a été posée le 23 avril 2018 pour une livraison à partir de juin 2019 (3). La gare Aimé Césaire, sur la ligne 12 prolongée jusqu’à Mairie d’Aubervilliers, contribuera en outre à la reconquête des berges du Canal Saint-Denis : en perspective, un espace gratuit, partagé et ouvert, avec pistes cyclables et cheminements piétons, faisant le lien entre Saint-Denis, Aubervilliers et Paris. Réalisés avec le cabinet d’architectes et de paysagistes Gautier-Conquet, les travaux d’aménagement débuteront au 1er semestre 2017 et s’achèveront au second semestre 2018 (4).

Remodeler l’espace urbain

Les aménageurs de la Société du Grand Paris, principal opérateur d’aménagement urbain pour la Métropole du Grand Paris, font des efforts pour réinventer l’espace public. Avec l’AMIF (association des maires d’Île-de-France) et Île-de-France Mobilités, ils ont fait un appel à projets afin de transformer la vie autour des gares du nouveau métro. Champigny-Centre, Clichy-Montfermeil, Chevilly Trois-Communes (L’Haÿ-les-Roses), Le Blanc-Mesnil, Massy Opéra : cinq sites vont servir de terrain d’expérimentation. Plusieurs thématiques sont mises en avant : le végétal, les revêtements innovants, le mobilier urbain, la lumière en ville et la bienveillance. Lancé en avril 2018 au salon de l’AMIF, cet appel à projets permettra de développer des solutions qui amélioreront le cadre de vie autour des futures gares en produisant un espace public adapté aux besoins de demain.

Conséquence logique de la construction du réseau du Grand Paris Express et des aménagements connexes, les programmes immobiliers de logement s’y multiplient. Les grands noms de la promotion-construction s’y retrouvent, tels que Bouygues Immobilier, BPD Marignan, Crédit Agricole Immobilier, Cogedim, Edelis, Icade, Interconstruction, Les nouveaux constructeurs, Paris Ouest, ou Pierre Invest…

Et certains d’entre eux innovent. C’est le cas notamment d’Interconstruction, groupe de promotion présidé par Marc Villand. Ce promoteur indépendant, déjà réputé pour la qualité de ses réalisations en Île-de-France, s’est vu nominé aux Pyramides d’argents remises par la FPI Île-de-France (Fédération des promoteurs immobiliers) pour son programme à Aubervilliers « les Allées Nature » : cinquante-huit logements dans six bâtiments qui seront livrés fin 2018 et dont la nouveauté réside dans une structure en bois. « L’avantage principal est que le bâtiment bois peut être monté deux fois plus rapidement qu’un bâtiment classique… Et pour le monter, on dépense quatre à cinq fois moins d’énergie », explique Marc Villand, président d’Interconstruction (5). Cette résidence d’Interconstruction, labelisée NF HQE (haute qualité environnementale) et conçue dans un esprit de village, fait partie de ces projets emblématiques qui attirent de nouveaux acquéreurs, surtout des couples et des familles qui, désormais, sont prêts à investir au-delà du périphérique parisien.

Selon les données publiées en mars 2018 par les notaires franciliens, en 2017, plus de 220 000 logements neufs et anciens ont été commercialisés dans la région. Une grosse moitié (55 %) a été achetée à deux. Et les notaires franciliens de conclure : « Lorsque l’on achète seul, on choisit la centralité, un petit logement et un budget plus serré. Alors qu’à deux, et sans doute encore davantage en famille, on préfère s’éloigner du centre de Paris » (6).

Désormais Aubervilliers profite pleinement de cet élan.

(1) http://www.aubervilliers.fr/Ligne-15-deux-stations-pour-Aubervilliers-en-2025
(2) https://www.lesechos.fr/pme-regions/actualite-des-marches-publics/0301489101582-fort-daubervilliers-les-elus-et-letat-cherchent-un-accord-2168027.php (3) https://www.lemoniteur.fr/article/le-campus-condorcet-ouvrira-ses-portes-a-aubervilliers-en-2019.1967014
(4) http://www.gautierconquet.fr/fr/projet/amenagement-des-berges-du-canal-saint-denis-entre-le-pont-de-stains/
(5) http://www.interconstruction.fr/marc-villand-nouveau-president-de-fpi-idf-defis-de-promotion-immobiliere-ile-de-france/
(6) https://www.lemonde.fr/argent/article/2018/04/04/immobilier-en-ile-de-france-les-acheteurs-franchissent-plus-facilement-le-peripherique-a-deux_5280567_1657007.html

NOTE: Dans le but d’élargir son champ d’action, LaminuteInfo s’ouvre au journalisme citoyen. L’objectif de la politique éditoriale est d’essayer  désormais de publier des actualités concernant des événements ou faits objectifs, vérifiables et autant que possible inédits. Si vous avez des informations à partager avec les autres, alors soumettez les pour publication ICI

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Les Français débattent, la sortie encore inconnue

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Paris (AFP) – « Succès incontestable » pour le gouvernement, « campagne électorale déguisée » pour les oppositions: le grand débat lancé il y a un mois par Emmanuel Macron entre dans sa deuxième phase et l’exécutif va devoir lui trouver une sortie à la hauteur des attentes des Français.

Un débat jusque ici porté par les interventions-marathons du chef de l’État devant les maires, les jeunes, quelques « gilets jaunes » ou de simples citoyens.

  • Parenthèse inédite –

Dans une actualité dominée par les violences sociales, « policières » ou encore à l’encontre des élus, le débat a ouvert une parenthèse inédite pour tenter de trouver une issue à la crise des « gilets jaunes ».

Près de 6.500 réunions, dont la moitié a déjà eu lieu, ont été programmées dans toute la France et 210.000 personnes ont déposé un total de 900.000 contributions en ligne, selon les chiffres du collège des « garants ».

La fiscalité, les dépenses publiques et le pouvoir d’achat concentrent un tiers des propositions formulées sur le site officiel (34%), devant la transition écologique (25%), l’organisation de l’État et des services publics (21%) et les questions de « démocratie et citoyenneté » (19%).

Les débats ont jusqu’à présent surtout eu lieu en milieu rural, avec un public souvent composé de retraités et de gens déjà engagés dans la vie publique, malgré les tentatives de rajeunir l’audience.

  • Fracture villes/campagnes –

Emmanuel Macron a su mobiliser les maires qui jouent globalement le jeu, organisent les réunions et font remonter les attentes des habitants.

L’inégalité devant l’impôt, l’accès aux services public, à la santé, à l’emploi, à internet, à la téléphonie mobile, sont revenus en boucle lors des débats. « Les Français veulent savoir ce qu’on fait de leur argent », martèlent les élus reçus régulièrement au ministère de la Cohésion des territoires.

Fortes demandes également pour l’instauration du Référendum d’initiative citoyenne (RIC), la restauration de l’ISF ou l’abandon de la limitation de la vitesse à 80 km/h.

Les débats révèlent en fait une fracture entre une France des villes où la population dispose de l’essentiel et une France rurale qui se considère abandonnée. Ils ont mis en avant la profonde détresse de retraités, de familles monoparentales et de populations fragilisées. L’immigration est en revanche restée un sujet marginal et les quartiers défavorisés sont largement indifférents au débat.

  • Quelle sortie ? –

Que faire de cette masse de propositions parfois contradictoires, avec une demande de plus de protection, de services publics, et de baisse des taxes ?

Le gouvernement a précisé mercredi les modalités de restitution des débats. Des conférences nationales sur chacun des quatre thèmes retenus – avec les organisations syndicales, patronales, des élus… – seront organisées dans la première quinzaine de mars.

Les réunions elles-mêmes se poursuivront jusqu’à mi-mars et 18 Conférences citoyennes régionales se tiendront ensuite en métropole et outremer avec la participation de citoyens tirés au sort.

Les données recueillies seront alors analysées jusqu’à mi-avril. « Certes il y a un défi, la masse de données est impressionnante, mais il y a un savoir-faire pour les traiter », estime Pascal Perrineau, membre du collège des « garants ».

L’institut OpinionWay analysera les contributions en ligne et devra faire émerger les « 15 ou 18 thèmes que les Français ont en tête » ainsi que les pistes qu’ils ont ébauchées, précise le politologue.

  • Exposition médiatique –

Emmanuel Macron assure vouloir tirer « des conséquences profondes » du débat. L’idée d’un référendum organisé le même jour que les élections européennes, le 26 mai, a circulé, mais l’exécutif a renvoyé toute décision à l’issue de la consultation.

« Entendons bien les sujets qui sont sur la table. Je ne crois pas que ce soit la réforme constitutionnelle », prévient Thibaut Guignard, élu des Côtes-d’Amor, qui incite comme ses collègues le gouvernement à ne pas de tromper dans la réponse qu’il apportera aux Français.

Le chef de l’État enchaîne quant à lui les débats en province. Une exposition médiatique dénoncée par les oppositions qui y voient un président en campagne pour les européennes. Critique partagée par 66% des Français qui estiment qu’il profite du débat pour faire campagne, selon un sondage Odoxa diffusé jeudi.

Effet grand débat ? Après la dégringolade de décembre, la popularité d’Emmanuel Macron est repartie à la hausse, de 2 à 6 points, dans les dernières enquêtes.

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A la surprise générale, Alain Juppé va rejoindre le Conseil constitutionnel

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Paris (AFP) – Surprise de taille, l’ancien Premier ministre Alain Juppé est en passe de succéder à Lionel Jospin au Conseil constitutionnel, où il rejoindra les sénateurs Jacques Mézard et François Pillet.

Le nom de M. Juppé, qui a dans la foulée fait part de sa « profonde émotion » de quitter ses fonctions de maire de Bordeaux, a été proposé mercredi par le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand.

« C’est une très bonne nouvelle pour la République », a réagi le Premier ministre Edouard Philippe en saluant la « densité » et la « hauteur de vue » de celui qui a été son « mentor » en politique.

La surprise est d’autant plus grande que, depuis plusieurs semaines, c’est le Premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, qui semblait tenir la corde pour devenir « sage » au sein de la juridiction suprême.

Ancien Premier ministre de Jacques Chirac (1995-1997), fondateur de l’UMP, Alain Juppé, 73 ans, avait connu un sévère échec lors de la primaire de la droite de 2016 pour l’élection présidentielle, en s’inclinant face à François Fillon.

Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, il s’est montré bienveillant, voire laudateur, à l’endroit du président de la République, en étant l’un des artisans d’une liste de rassemblement pro-Europe pour les élections européennes de mai, au-delà de la seule République en marche.

Autrefois réputé sévère et austère, l’ancien patron du RPR a cultivé au fur et à mesure des années une image de grand modéré, à l’opposé de la ligne incarnée par Laurent Wauquiez chez Les Républicains, parti que M. Juppé a fini par quitter il y a quelques semaines.

Mercredi, Richard Ferrand – qui appartenait au PS avant de rejoindre En Marche! en 2016 – a loué « un homme d’État ». Désormais promu « sage », M. Juppé sera astreint à un strict devoir de réserve.

Avec cette nomination, la Macronie envoie un signe évident à la droite modérée. Mais elle empêche également à M. Juppé d’apporter un clair soutien au président en vue des Européennes.

La majorité a d’ailleurs salué sans tarder la nomination – « une très bonne nouvelle » pour la garde des Sceaux, Nicole Belloubet -, alors que la droite s’est voulue loyale: « Je le félicite pour sa nomination au Conseil et lui dit mon respect, malgré mon profond désaccord sur son soutien au pouvoir macronien », a tweeté le député LR Éric Ciotti.

Le député Insoumis Alexis Corbière a toutefois rappelé qu’Alain Juppé avait été condamné en 2004 à 14 mois d’emprisonnement avec sursis dans le dossier des emplois fictifs de la mairie de Paris: « Je suis surpris: je crois que le Conseil constitutionnel doit au moins être vierge de toute condamnation », a-t-il asséné.

  • Fabius et Jospin –

L’entrée de l’ancien Premier ministre au Palais-Royal ouvre une séquence d’incertitude à la mairie de Bordeaux, que M. Juppé avait conquise en 1995.

« J’ai décidé, il y a plusieurs mois, de ne pas me représenter à l’élection municipale de mars 2020. Je comptais annoncer cette décision au lendemain des élections européennes fin mai prochain. Ma nomination bouleversera ce calendrier », a indiqué dans un communiqué M. Juppé, alors que sa première adjointe, Virginie Calmels, n’a jamais caché ses ambitions de succession.

De manière moins spectaculaire, l’ancien ministre Jacques Mézard a été proposé par le président de la République pour intégrer le Conseil constitutionnel.

Élu du Cantal, radical de gauche, M. Mézard, 71 ans, avait soutenu Emmanuel Macron dès le lancement de son mouvement En Marche !, devenant avec les socialistes Gérard Collomb et Nicole Bricq l’un des principaux relais du futur président au Sénat.

Il avait finalement été écarté du gouvernement lors du remaniement d’octobre.

Le président du Sénat, Gérard Larcher, a pour sa part proposé le sénateur (DVD) du Cher François Pillet, un ancien avocat de 68 ans, réputé discret mais respecté.

Les trois nominations doivent encore être validées par les commissions des Lois de l’Assemblée nationale et du Sénat.

Face à ce trio masculin, l’ancienne ministre de l’Environnement d’Alain Juppé, Corinne Lepage, a lancé une pique acide: « Un Conseil constitutionnel féminisé et rajeuni. Chic ! Et très écolo… », a-t-elle ironisé sur Twitter.

Le Conseil constitutionnel, renouvelés par tiers tous les trois ans, compte neuf membres dont quatre femmes.

Avant Alain Juppé, deux ex-Premiers ministres ont été nommés membres de cette « cour suprême » qui veille à la conformité des lois avec la Constitution: Lionel Jospin (qui y siège depuis 2015) et Laurent Fabius, qui en est le président depuis 2016 et dont la mandat court jusqu’en 2025.

Un autre ancien Premier ministre, Jacques Chirac, en est également membre, mais en tant qu’ancien président de la République.

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« Gilets jaunes »: le « boxeur » Christophe Dettinger condamné à un an ferme

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Paris (AFP) – L’ex-boxeur Christophe Dettinger a été condamné mercredi à un an de prison ferme, aménageable en semi-liberté, et 18 mois de sursis avec mise à l’épreuve pour avoir violemment frappé deux gendarmes le 5 janvier lors de l’acte 8 des « gilets jaunes ».

Le procureur avait requis trois ans dont un de sursis avec mise à l’épreuve et demandé le maintien en détention du prévenu, pour un geste d’une « violence inouïe » contre deux gendarmes, dont l’un s’est vu prescrire 2 jours d’ITT et l’autre n’a toujours pas repris le travail, après 40 jours.

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