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France

A Bourges, des « gilets jaunes » en masse loin des tensions parisiennes

AFP

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« On nous met sur la paille! »: avec plus de 6.000 personnes de toute la France, Bourges est devenue un nouvel épicentre de la contestation des « gilets jaunes » samedi, avec une mobilisation sans précédent, émaillée de quelques incidents dans le centre.

Une participation imprévisible et des forces de l’ordre sur le qui-vive avec de longues files de camionnettes de police à l’entrée du centre: Bourges se réveille sous haute surveillance samedi matin.

Alors que des sources policières attendent 2.000 à 3.000 personnes, ils sont 6.300 en milieu d’après-midi, selon un décompte de la préfecture du Cher, à manifester au « centre de la France » en réponse à un appel national lancé sur Facebook.

« Bien que sans-dents croquons Macron », « Macron dégage », « La France en colère », peut-on lire sur les pancartes des manifestants.

« Vercingétorix », 74 ans, déguisé en gaulois et « réfractaire depuis longtemps », dit être venu pour les vieux. « Je vis avec 1.200 euros par mois, mon bas de laine disparaît tous les jours avec les taxes. On nous met sur la paille », déclare cet archéologue à la retraite.

Le cortège, parti de la place Séraucourt avec seulement 1.200 personnes, ne cesse de grossir et se scinde en deux vers 14h00. Plus de 5.000 manifestants empruntent toujours le parcours officiel, suivis par 400 militants de la CGT.

Mais un autre groupe brave dès 14h00 l’interdit et se dirige vers le centre. Ils sont plus de 600 et vers 15 heures un premier affrontement éclate quand ce groupe défie les forces de l’ordre dans la rue commerçante du centre historique, interdit à toute manifestation par la préfète Catherine Fourrier.

Pendant une vingtaine de minutes les forces de l’ordre répliquent avec des grenades lacrymogènes aux jets de projectiles des manifestants, avant de charger pour les faire reculer. De nouveaux heurts éclatent vers 16h00 boulevard de la République, mais en épargnant toujours vitrines et mobilier urbain, loin des images choc des manifestations parisiennes, a constaté un journaliste de l’AFP.

Dans le cortège « officiel » qui tourne autour de la ville, l’ambiance bon enfant est par intermittence perturbée par un petit groupe de manifestants qui tente à plusieurs reprises d’aller au contact des forces de l’ordre, provoquant des tirs de grenades lacrymogènes, a constaté un journaliste de l’AFP.

Vers 15h00, 18 personnes avaient été interpellées, dont 15 préventivement.

  • « Les casseurs ce n’est pas nous » –

Vendredi la ville s’était préparée au pire. Les bâtiments et jardins publics ont été fermés par la mairie et dans la nuit les commerçants ont protégé leurs vitrines de panneaux de bois, comme l’avaient fait les banques avant eux.

Dès 9 heures, alors que la cathédrale sortait de la brume, les premiers « gilets jaunes » ont investi la place Séraucourt, leur lieu de rendez-vous officiel, avec stands de café et brioche pour les nouveaux arrivants. Des cahiers de doléances ont été mis à disposition des participants sur l’esplanade.

« Bourges ça permet à tout le monde de faire moins de trajet. Paris c’est symbolique, c’est sûr, mais les autres villes sont importantes aussi », estime Carole Rigobert, 59 ans, auxiliaire de vie qui a fait 300 km en voiture depuis le Jura avec son mari. Le couple « attend des mesures concrètes ».

« Les annonces de Macron, ce sont des miettes payées par les contribuables. Il parle de faire des efforts, mais c’est à eux d’en faire. Il y a tellement d’abus de privilèges chez les élus. Macron, Griveaux, Castaner, il faut qu’ils arrêtent de mettre de l’huile sur le feu, les casseurs ce n’est pas nous », lâche cette femme. « Pendant longtemps le pouvoir a acheté la paix sociale, mais aujourd’hui c’est terminé, le peuple se révolte », explique son mari Pascal, 57 ans, employé communal, 1.450 euros par mois.

Alors que les manifestants continuent d’affluer, l’atmosphère se tend quand des groupes de manifestants, masqués et gantés, traversent à plusieurs reprises la place. Une équipe de la chaîne BFMTV est pressée de quitter les lieux par certains de ces manifestants, constate un journaliste de l’AFP.

La défiance à l’égard du gouvernement et du président Emmanuel Macron est dans toutes les bouches.

NOTE: Dans le but d’élargir son champ d’action, LaminuteInfo s’ouvre au journalisme citoyen. L’objectif de la politique éditoriale est d’essayer  désormais de publier des actualités concernant des événements ou faits objectifs, vérifiables et autant que possible inédits. Si vous avez des informations à partager avec les autres, alors soumettez les pour publication ICI

France

Prison de Condé-sur-Sarthe: les grévistes de se prononcent mercredi sur le blocage

AFP

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Les surveillants qui bloquent depuis deux semaines la prison de Condé-sur-Sarthe/Alençon se prononceront mercredi matin sur des propositions faites mardi par la direction de l’administration pénitentiaire (DAP), selon FO.

Les grévistes de cette prison où deux surveillants ont été grièvement blessés le 5 mars par un détenu radicalisé « décideront mercredi matin des suites à donner » à plusieurs heures de discussions mardi entre le directeur de l’administration pénitentiaire, Stéphane Bredin, et des représentants locaux des personnels, a indiqué à l’AFP un délégué national FO, Emmanuel Guimaraes.

« C’est la première fois » depuis le début du blocage que M. Bredin « se rend » à Condé, avait indiqué vers 19h la DAP. Son but était « d’entendre les demandes et les revendications des agents » selon la même source.

Selon FO, M. Bredin est arrivé vers 15h30/16h à la prison et l’entretien s’est achevé peu après 22H.

Les surveillants sont « toujours aussi déterminés », avait déclaré dans une vidéo diffusée mardi matin en direct sur Facebook Allasan Sall, délégué FO de Condé. « Nous voulons travailler dans des conditions de sécurité », avait-il ajouté. « Nous sommes aux alentours de 80 (surveillants à bloquer, ndlr), voire plus », avait indiqué le syndicaliste.

L’Observatoire international des prisons (OIP) a affirmé mardi que la prison était « au bord de l’explosion » en raison du mouvement social qui a, selon l’OIP, « des conséquences dramatiques pour les personnes incarcérées ». « Les poubelles ne sont plus évacuées. L’odeur devient insupportable », ajoute l’Observatoire.



Selon la DAP, « la situation niveau personnel à Condé s’est sensiblement améliorée depuis lundi, avec une soixantaine d’agents sur place ». « Les effectifs étant plus conséquents, deux repas chauds seront assurés ce jour (mardi) (…) La distribution de la cantine tabac a également été reprise », précise la direction.

Le tribunal administratif de Caen doit examiner mercredi à 13h30 un recours de l’association des avocats pour la défense des droits des détenus (A3D) pour que l’Etat « rétablisse » les modes habituels d’échanges entre détenus et avocats à Condé, selon le greffe.

Depuis le début du blocage, les forces de l’ordre interviennent chaque jour ponctuellement, le temps de faire rentrer le personnel non gréviste et des vivres. Mais le barrage se reforme aussitôt.

Au lendemain de l’attaque de Condé-sur-Sarthe, un mouvement social avait touché de nombreuses prisons. Mais depuis vendredi, seule Condé demeure bloquée. Jeudi, la ministre de la Justice Nicole Belloubet avait reçu une délégation syndicale.

« Des groupes des travail et une augmentation de 7 euros brut à l’horizon 2020. C’est rien. C’est du mépris », avait estimé M. Sall, évoquant les propositions de la ministre.

Dans le cadre d’un mouvement social national, tous secteurs confondus, la DAP a recensé mardi des rassemblements devant une quinzaine de prisons en France.

Radicalisé en prison, Michaël Chiolo, 27 ans, avait poignardé deux surveillants le 5 mars avant de se retrancher avec sa compagne pendant près de dix heures dans l’unité de vie familiale de la prison. Après négociations, le RAID avait lancé l’assaut, interpellant le détenu et tuant sa compagne.

Dans cette prison qui accueille des détenus particulièrement dangereux, radicalisés ou posant des problèmes de discipline, le taux d’occupation était au 1er février de 56% (110 personnes pour 195 places).

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France

Le pape refuse la démission de Barbarin, qui se met en retrait

AFP

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Le Pape François a refusé la démission du cardinal Philippe Barbarin, invoquant « la présomption d’innocence », a annoncé mardi le prélat français dans un communiqué, en précisant qu’il se mettrait « quelque temps » en retrait de son diocèse de Lyon.

« Lundi matin, j’ai remis ma mission entre les mains du Saint Père. En invoquant la présomption d’innocence, il n’a pas voulu accepter cette démission », a annoncé Mgr Barbarin.

Philippe Barbarin reste donc archevêque de Lyon en attendant son procès en appel, mais il a annoncé qu’il se mettait « en retrait pour quelque temps ».

Il laissera « la conduite du diocèse au vicaire général modérateur, le père Yves Baumgarten », sur « suggestion » du pape « et parce que l’Église de Lyon souffre depuis » qu’a éclaté voici trois ans le scandale de pédophilie du diocèse de Lyon.

A Rome, le Vatican a confirmé par communiqué que « le Saint-Père n’a pas accepté la démission présentée par le Cardinal Philippe Barbarin ».

« Conscient, cependant, des difficultés que connaît actuellement l’archidiocèse, le Saint-Père a laissé le cardinal Barbarin libre de prendre la décision la plus appropriée pour son diocèse », ajoute le texte.



Archevêque de Lyon depuis 2002, cardinal depuis 2003, primat des Gaules (titre honorifique conféré à l’archevêque de Lyon depuis le XIe siècle), Mgr Philippe Barbarin est considéré à 68 ans comme le plus haut dignitaire de l’Eglise de France.

A l’issue d’un procès devenu symbole de la crise de l’Eglise face aux actes pédophiles, il a été condamné le 7 mars à six mois de prison avec sursis pour ne pas avoir dénoncé à la justice les agressions pédophiles imputées par des scouts au père Bernard Preynat dans les années 1980/1990 et dont il avait été informé par une victime en 2014.

Le cardinal a martelé durant le procès n’avoir « jamais cherché à cacher, encore moins à couvrir ces faits horribles ». Mais le jugement considère qu’il a choisi de ne rien dire aux autorités françaises « pour préserver l’institution » de l’Eglise, empêchant ainsi « la découverte de très nombreuses victimes d’abus sexuels par la justice ».

Ses avocats ont fait appel et il faudra donc attendre le jugement de ce second procès pour connaître le sort définitif du prélat.

Réputé proche de Mgr Barbarin, le pape argentin a longtemps pris personnellement la défense du cardinal français. Lorsque l’affaire avait éclaté en 2016, il avait déjà rejeté une démission du prélat, jugeant qu’elle serait « un contresens, une imprudence », avant l’issue de son procès.

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France

« Gilets jaunes »: grand ménage à la tête de la préfecture de police de Paris

AFP

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Après le nouveau saccage des Champs-Elysées lors de l’acte 18 des « gilets jaunes », la réponse sécuritaire de l’exécutif dans cette crise sans précédent s’accompagne d’un grand ménage à la tête de la puissante préfecture de police.

Les sanctions continuent de tomber au sein de la « PP », institution souvent considérée comme un « Etat dans l’Etat ». Le limogeage du préfet Michel Delpuech officialisé lundi par Edouard Philippe a été suivi mardi matin d’autres sanctions, avec le départ annoncé de deux grands cadres de la préfecture de police.

Pierre Gaudin, le directeur de cabinet du préfet de police et Frédéric Dupuch, le directeur de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne, dans l’oeil du cyclone depuis les scènes de violences samedi, vont être démis de leurs fonctions, ont affirmé à l’AFP des sources gouvernementales et proches du dossier.

Le sort du premier devrait être officialisé dès mercredi à l’issue du conseil des ministres.

La haute hiérarchie de la « PP » avait été épargnée cet été lorsqu’a éclaté l’affaire Benalla. Elle a cette fois été sanctionnée par l’exécutif pour « des dysfonctionnements » qui auraient fait dérailler la nouvelle stratégie du maintien de l’ordre décidée par Beauvau après les violences du 1er décembre 2018 dans la capitale, lors de l’acte 3 des « gilets jaunes ».

« Des consignes inappropriées ont été passées pour réduire l’usage » des lanceurs de balles de défense (LBD), a déploré lundi Edouard Philippe.

Parmi les griefs, le choix d’adopter une munition d’une portée réduite et de limiter le nombre de LBD, une arme controversée accusée d’avoir provoqué de graves blessures chez des manifestants, octroyés aux unités chargés d’interpeller les casseurs.

Regrettant une « inhibition » des forces de l’ordre et une stratégie du maintien de l’ordre « pas mise en œuvre », le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a également affirmé que « des décisions, des instructions ont échappé » au préfet de police.

– « Bonne chance » –



Sous le feu des critiques de l’opposition, l’exécutif a décidé d’assumer une stratégie plus musclée, symbolisée par la nomination de Didier Lallement comme préfet de police, décrit comme un homme « à poigne ». Il « doit remettre de l’ordre là où c’est nécessaire », a résumé M. Castaner, lui-même visé par des appels à la démission de LR et du RN. « S’il le faut, nous interpellerons massivement », a déclaré le secrétaire d’Etat Laurent Nuñez à l’Assemblée.

En jouant la carte des « fusibles » au sein de la haute fonction publique, des sources policières font valoir que l’exécutif se donne temporairement de l’oxygène mais prend le risque de s’exposer encore davantage en cas de nouveaux débordements dans le maintien de l’ordre lors de prochaines manifestations des « gilets jaunes ».

« Changer toutes les têtes en pleine crise n’est jamais bon. S’il y a eu des instructions contraires à la stratégie ministérielle, il faut que les gens assument mais je souhaite +bonne chance+ aux nouveaux qui vont avoir rapidement les mains sur les manettes », estime David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN-Unsa).

« Quels que soient les hommes, il faut donner les moyens pour être efficaces », souligne Frédéric Lagache, secrétaire général adjoint d’Alliance, syndicat majoritaire chez les gardiens de la paix.

Outre la future loi anti-casseurs qui va devoir passer par le Conseil constitutionnel, Matignon a renforcé l’arsenal répressif en promettant des interdictions de manifester et en « donnant une plus grande autonomie aux forces sur le terrain » et des moyens nouveaux, tels les drones ou des produits destinés à marquer physiquement les fauteurs de troubles.

Certains syndicats policiers demeurent dubitatifs sur l’efficacité des interdictions de manifester. « Tout le monde sait que si on interdit un quartier ciblé, ils vont aller ailleurs », juge ainsi M. Lagache, pas convaincu par l’augmentation du prix (à 135 euros) de la contravention sanctionnant l’infraction.

« On demande de transformer cette contravention en délit. Il faut pouvoir interpeller avant que les manifestations ne puissent grossir », estime M. Lagache.

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