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Renault: « réunion extraordinaire » du CA jeudi soir

AFP

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Les administrateurs du constructeur automobile Renault ont été convoqués pour une « réunion extraordinaire » jeudi à partir de 18H00 au siège du groupe français à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), a-t-on appris auprès de la CGT, confirmant une information du Figaro.

La convocation reçue par l’administrateur salarié CGT « ne précise pas l’ordre du jour » de cette réunion, a indiqué à l’AFP Fabien Gâche, délégué syndical central CGT du groupe Renault, dont le PDG Carlos Ghosn est détenu depuis plus de 50 jours au Japon pour des soupçons de malversations.

Selon Le Figaro, « il ne s’agit pas tout à fait d’une réunion officielle du conseil mais plutôt d’une rencontre entre les administrateurs, comme il s’en organise régulièrement depuis le début de la garde à vue de Carlos Ghosn au Japon, le 19 novembre dernier ». Cette réunion aura lieu quelques heures après une réunion au Japon du conseil d’administration de Nissan, allié de Renault, ajoute le journal.

Arrêté le 19 novembre au Japon, M. Ghosn a été mis en examen le 10 décembre pour dissimulation de revenus aux autorités boursières. Il est en outre accusé d’abus de confiance et pourrait être inculpé pour ce motif vendredi, date à laquelle prend fin sa garde à vue.

Mardi, le patron de Renault a fermement plaidé son innocence au cours d’une audience exceptionnelle au tribunal à Tokyo. Sans surprise, le tribunal a rejeté mercredi une demande de fin de détention du PDG, en invoquant le risque de fuite et d’altération des preuves.

Parallèlement à sa garde à vue, M. Ghosn est sous le coup d’une détention provisoire qui a débuté le 10 décembre pour deux mois et qui peut être renouvelée par période d’un mois. Cette incarcération est consécutive à une mise en examen concernant la minoration de ses revenus dans des rapports boursiers de Nissan sur la période 2010-2015.

Vendredi, le bureau des procureurs de Tokyo pourrait décider d’inculper une deuxième fois M. Ghosn pour les faits d’abus de confiance dont il est soupçonné (motif de sa garde à vue actuelle), auquel cas s’enclencherait une autre période parallèle de détention provisoire. Il risque également d’être mis en examen pour les minorations de revenus dont il est soupçonné sur une autre période (2015-2018).

Toujours PDG de Renault, M. Ghosn a été démis au début de l’affaire de ses fonctions à la tête des constructeurs automobiles japonais Nissan et Mitsubishi.

NOTE: Dans le but d’élargir son champ d’action, LaminuteInfo s’ouvre au journalisme citoyen. L’objectif de la politique éditoriale est d’essayer  désormais de publier des actualités concernant des événements ou faits objectifs, vérifiables et autant que possible inédits. Si vous avez des informations à partager avec les autres, alors soumettez les pour publication ICI

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Renault: jour J pour la succession de Carlos Ghosn

AFP

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Le tandem composé de Thierry Bolloré, adjoint et dauphin désigné de Carlos Ghosn, et de Jean-Dominique Senard, patron de Michelin, devrait être intronisé officiellement jeudi à la tête du constructeur automobile Renault, dans un contexte riche en défis pour le groupe au losange.

A l’issue du conseil d’administration qui se tient jeudi à partir de 10h00 (09H00 GMT) à Boulogne-Billancourt (sud-ouest de Paris), les deux hommes devraient se partager les fonctions de l’ancien dirigeant du groupe, à la tête de Renault depuis 2005 mais incarcéré au Japon depuis plus de de deux mois.

M. Ghosn est soupçonné d’avoir omis de déclarer aux autorités boursières entre 2010 et 2015 une grande partie de ses revenus au titre de ses fonctions chez Nissan. Son procès, lors duquel il risque jusqu’à 15 ans de prison, n’aura pas lieu avant des mois.

Thierry Bolloré, Breton de 55 ans, devrait être chargé de la direction générale, tandis que Jean-Dominique Senard, patron de Michelin qui fêtera ses 66 ans en mars, deviendrait président du conseil d’administration.

  • Qui à la tête de l’alliance? –

M. Senard, qui jouit d’une image de patron social, a les faveurs du gouvernement français alors que l’Etat est premier actionnaire de Renault avec 15% du capital et quelque 22% des droits de vote. Il avait prévu de passer la main en mai à la tête de Michelin et y a déjà mis sa succession en bon ordre.

Quant à Thierry Bolloré, il assurait l’intérim depuis fin novembre, et représente la continuité au sein du groupe qu’il a rejoint en 2012, en provenance de l’équipementier Faurecia. Il est fin connaisseur de l’Asie et du Japon, un vrai plus à l’heure où les rapports futurs entre Nissan et Renault interrogent jusqu’en interne.

Car si le directeur général de Nissan, Hiroto Saikawa, martèle que l’alliance entre Renault et Nissan, bâtie par Carlos Ghosn, n’est « absolument pas en danger », les interrogations restent importantes.

Qui, par exemple, va présider cette alliance, numéro un mondial de l’automobile en 2017 avec 10,6 millions de véhicules vendus, dont 3,76 millions pour Renault et 5,81 millions pour Nissan? La succession s’annonce comme un casse-tête, même si les statuts prévoient que le PDG de l’entité enregistrée aux Pays-Bas soit nommé par Renault, alors que Nissan choisit le vice-président.

Renault détient 43% de Nissan, qui lui-même possède 15% de Renault (mais sans droit de vote) et 34% de Mitsubishi, et juridiquement, le pouvoir est bien aux mains de Renault.

Mais Nissan pèse près de deux fois plus que Renault en Bourse, et la situation génère des ranc?urs au Japon. Même si le groupe au losange a sauvé le constructeur japonais de la faillite en 1999, certains y estiment que la structure actuelle de l’alliance ne traduit pas le véritable poids de leur entreprise.

  • Perte d’influence? –

Une remise à plat de cet édifice subtil, dont Carlos Ghosn était la clef de voûte, pourrait signifier une perte d’influence de Renault.

« Un des enjeux récents était de s’intégrer davantage » pour rendre plus visible les bénéfices de l’alliance, estimait fin novembre Tommaso Pardi, directeur adjoint du Groupe d’étude et de recherche permanent sur l’industrie et les salariés de l’automobile (Gerpisa). Mais l’affaire Ghosn, montre, selon lui, que « le fait d’aller plus loin était peut-être plus compliqué qu’on l’avait pensé ».

Dimanche dernier, le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire a en tout cas démenti avec vigueur des informations de médias japonais selon lesquels des représentants de l’Etat français auraient plaidé pour une fusion entre Renault et Nissan. Un scénario qui « n’est pas sur la table ».

« Le rôle du prochain président, c’est de renforcer l’Alliance, de renforcer ce géant industriel qui est aujourd’hui le premier constructeur automobile mondial. Ca c’est la responsabilité première du prochain président », a-il aussi estimé sur BFMTV, tandis que le directeur général aura à gérer « le fonctionnement opérationnel ».

Le défi est donc de taille pour le tandem qui doit prendre les rênes du groupe français jeudi, même si Carlos Ghosn leur lègue une entreprise en bonne santé financière, dont il aura augmenté le volume des ventes mondiales de plus de 50% à près de 4 millions de véhicules (hors Nissan et Mitsubishi), en développant notamment le créneau du low-cost avec les marques Dacia et Lada.

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À cause du Brexit, Sony transfère son siège aux Pays-Bas

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Le fleuron japonais de l’électronique Sony a décidé de déménager son siège européen depuis la Grande-Bretagne vers les Pays-Bas, dans la perspective de la sortie du Royaume-Uni de l’UE, prévue le 29 mars.

« Nous allons transférer la localisation administrative de notre siège européen à Amsterdam » d’ici à fin mars, a indiqué mercredi à l’AFP un porte-parole de la compagnie, Takashi Iida. L’objectif est d’éviter de lourdes procédures douanières, a-t-il précisé.

Sony Europe va donc passer sous la coupe d’une nouvelle filiale créée aux Pays-Bas, restant ainsi sous les règles de l’Union Européenne après le Brexit. Mais l’entité britannique continuera à gérer les importations et les ventes du groupe dans la région, et ses effectifs seront maintenus sur place. « Le seul changement que nous faisons est de changer l’endroit où est enregistré Sony Europe », a insisté M. Iida.

Cette démarche vise à éviter la multitude de contrôles douaniers et réglementaires en cas de Brexit sans accord, une possibilité accrue par le rejet la semaine dernière du plan négocié avec Bruxelles par la Première ministre Theresa May.

Son compatriote Panasonic avait pris une décision similaire l’année précédente, en raison d’inquiétudes fiscales. Plusieurs institutions financières, comme Mitsubishi UFJ Financial Group (MUFG), Nomura Holdings, Daiwa Securities et Sumitomo Mitsui Financial Group (SMFG) ont aussi annoncé leur souhait de quitter Londres comme quartier général de leurs activités européennes.

Les sociétés japonaises ont investi plus de 60 milliards de dollars en Grande-Bretagne, selon des statistiques de 2018. Elles y sont au nombre de 879, parmi lesquelles les géants automobiles Honda, Nissan et Toyota, et y emploient 142.000 personnes.

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe, en visite en Europe début janvier, a mis en garde contre les conséquences du Brexit sur ces nombreux groupes. « Notre pays estime que, pour minimiser cet impact, il est indispensable de garantir une stabilité juridique en mettant en place une période de transition, avec transparence et prévisibilité », avait-il souligné.

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Renault: Carlos Ghosn va laisser un groupe solide et mondialisé

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Carlos Ghosn, qui doit être officiellement démis de ses fonctions de PDG de Renault dans les prochains jours, va léguer une entreprise en bonne santé financière, dont le succès à l’international fondé sur le « low cost » aura toutefois peu profité aux sites français.

Lorsqu’il est nommé à la tête du constructeur en 2005, Renault vend 2,5 millions de voitures dans le monde et enregistre 1,3 milliard d’euros de bénéfice net. Quatorze ans plus tard, le groupe écoule près de 4 millions de véhicules et sa rentabilité à plus que doublé avec un bénéfice net à 1,9 milliard… sur six mois.

Le dirigeant franco-libano-brésilien, actuellement incarcéré au Japon, a réussi à faire sortir Renault de ses frontières. Il vend désormais plus d’un véhicule sur deux hors d’Europe, contre un sur quatre à son arrivée.

Carlos Ghosn laisse « un groupe en bonne santé, avec des résultats commerciaux et financiers d’excellente facture, un constructeur aujourd’hui armé pour affronter les défis du futur », c’est-à-dire l’électrification et les voitures autonomes, estime Flavien Neuvy, directeur de l’Observatoire Cetelem de l’automobile.

L’Alliance avec ses partenaires Nissan et Mitsubishi s’est hissée en 2017 au premier rang mondial, avec 10,6 millions de véhicules vendus et une répartition équilibrée sur les différents marchés mondiaux, de quoi dégager d’importantes économies d’échelle.

« Quand M. Ghosn a pris les rênes, Renault était performant et profitable sur un seul segment de voiture, la (berline moyenne) Megane et (son dérivé monospace) Scenic, et une seule région, l’Europe », souligne Bruno Azière, délégué syndical central CFE CGC, premier syndicat du groupe en France.

« Si on avait connu une crise sur ce segment et cette région, on était par terre », explique-t-il, jugeant le groupe « plus solide aujourd’hui ».

  • Moins d’emplois en France –

L’internationalisation du constructeur français s’est faite essentiellement grâce à la réussite des véhicules « low cost » développés par la filiale roumaine Dacia.

« Dacia est la marque qui a connu le plus de croissance en Europe occidentale depuis 2005, c’est un succès extraordinaire et quelque chose d’unique, car il n’y a pratiquement pas de concurrent » à ce niveau de prix et les ventes sont très rentables, commente Tommaso Pardi, directeur adjoint du Groupe d’études et de recherche permanent sur l’industrie et les salariés de l’automobile (Gerpisa).

Ces véhicules conçus et fabriqués en Roumanie, mais également assemblés et distribués dans de nombreux pays émergents (Brésil, Russie, Maroc…) « ont permis à la fois de gagner des parts de marché en Europe et de toucher les classes moyennes des pays en développement », explique M. Neuvy.

« Le problème, c’est qu’aucun de ces véhicules n’est produit en France », nuance pourtant M. Pardi. Selon cet expert, « les années Ghosn en France ont été des années de restructuration, de pertes importantes de volumes de production et d’emplois ».

En 14 ans, les effectifs des sites français sont passés de 70.000 à moins de 50.000 personnes et la production nationale à perdu près d’un demi-million de véhicules, des volumes transférés vers la Roumanie, la Turquie ou l’Afrique du Nord.

M. Pardi souligne aussi que la marque Renault a été « affaiblie » par la concurrence de Dacia et qu’elle n’a pas réussi à percer dans le haut de gamme avec sa berline Talisman ou avec la dernière version de son grand monospace Espace. Il regrette aussi que Renault commence tout juste à se développer en Chine, au moment où le marché se tasse, alors que ce pays a longtemps été la chasse gardée du partenaire Nissan au sein de l’Alliance.

Les experts s’accordent cependant sur le caractère visionnaire de Carlos Ghosn dans le véhicule électrique, une technologie qu’il a défendue dès 2009 et sur laquelle il a positionné Renault en leader européen, au prix de milliards d’euros d’investissements. « Il est parti dessus à un moment où personne n’y croyait. Aujourd’hui, tous les constructeurs y vont », note Flavien Neuvy.

Finalement, l’un des principaux reproches faits à Carlos Ghosn est de ne pas avoir préparé sa succession et l’avenir de l’Alliance qui reposait sur sa personne. La crise actuelle montre qu’entre Français et Japonais « les conflits internes n’ont pas été résolus », selon M. Pardi.

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