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RD Congo

RDC: une longue crise politique émaillée de violences

AFP

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La République démocratique du Congo, où le candidat de l’opposition Félix Tshisekedi a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle historique, est minée depuis plusieurs années par une crise politique qui s’est aggravée avec le maintien au pouvoir de Joseph Kabila après l’expiration de son deuxième et dernier mandat constitutionnel fin 2016.

  • Elections controversées –

Joseph Kabila est investi président en janvier 2001, après l’assassinat de son père Laurent-Désiré Kabila.

Le 29 octobre 2006, il est élu face à Jean-Pierre Bemba, du Mouvement de libération du Congo (MLC, opposition), lors des premières élections libres depuis l’indépendance, après un entre-deux-tours émaillé de violences.

En mars 2007, des combats entre l’armée et la garde rapprochée de Jean-Pierre Bemba font plus de 300 morts. Bemba quitte la RDC.

Le 28 novembre 2011, M. Kabila est réélu lors d’élections marquées par des violences et entachées d’irrégularités. L’opposant Etienne Tshisekedi rejette les résultats.

A partir de janvier 2015, des manifestations contre un possible maintien au pouvoir de Kabila après la fin de son dernier mandat fin 2016 font des dizaines de morts.

  • Accord sous l’égide de l’épiscopat –

Le 31 décembre 2016, pouvoir et opposition signent un accord sous l’égide de l’épiscopat autorisant M. Kabila à rester jusqu’à “fin 2017”, en contrepartie de la création d’un Conseil national de suivi de l’accord et la nomination d’un Premier ministre issu de l’opposition.

Le 7 avril 2017, Bruno Tshibala est nommé Premier ministre, poste que briguait Félix Tshisekedi, fils d’Étienne Tshisekedi décédé en février.

  • Kabila au pouvoir jusqu’au début 2019 –

Le 5 novembre 2017, la Commission électorale annonce plusieurs scrutins, dont la présidentielle, pour le 23 décembre 2018. M. Kabila restera jusqu’en janvier 2019. L’opposition exige son départ dès fin 2017.

L’épiscopat déplore “l’usage disproportionné de la force” par la police, citant “au moins” 56 morts dans des manifestations entre avril et octobre 2017.

Fin 2017 et début 2018, plusieurs marches interdites de catholiques contre le maintien au pouvoir de Kabila sont réprimées et font plusieurs morts. La communauté internationale durcit le ton contre Kinshasa.

  • Dauphin et opposition divisée –

Le 8 juin 2018, la Cour pénale internationale (CPI) acquitte en appel l’ancien chef de guerre Jean-Pierre Bemba, arrêté en 2008 et condamné en première instance à 18 ans de prison pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité en Centrafrique.

Le 8 août 2018, Kabila désigne l’ex-ministre de l’Intérieur Emmanuel Ramazani Shadary comme son dauphin à la présidentielle, s’engageant “à quitter le pouvoir”.

Le 19 septembre, la commission électorale publie la liste des 21 candidats à la présidentielle, excluant Jean-Pierre Bemba et l’opposant en exil Moïse Katumbi.

Le 11 novembre, sept ténors de l’opposition choisissent un candidat unique, Martin Fayulu. Le lendemain Félix Tshisekedi et le président de l’UNC Vital Kamerhe se retirent de l’accord. Kamerhe se rallie à Tshisekedi pour former “un ticket”.

  • Elections encore reportées –

Le 20 décembre, trois jours avant le scrutin, celui-ci est repoussé pour la troisième fois, au 30 décembre.

Le 26 décembre, les élections sont reportées en mars dans deux zones touchées par une épidémie d’Ebola et des tueries, Béni-Butembo (est) et Yumbi (ouest).

La veille du scrutin Martin Fayulu et Félix Tshisekedi refusent de signer un document rejetant toute violence, parce qu’il n’intégrait par leurs amendements en faveur de la transparence des opérations de vote et de dépouillement.

  • Les résultats des élections tardent –

Le 31 décembre, au lendemain des élections, internet est suspendu. L’Eglise relève des anomalies dans le comptage des voix.

Le 2 janvier 2019, Kinshasa retire son accréditation à la correspondante de RFI et coupe le signal de cette radio très écoutée.

Les appels de la communauté internationale à respecter le choix des électeurs se multiplient.

Le 5 janvier, la publication des résultats provisoires, prévue le 6, est reportée.

NOTE: Dans le but d’élargir son champ d’action, LaminuteInfo s’ouvre au journalisme citoyen. L’objectif de la politique éditoriale est d’essayer  désormais de publier des actualités concernant des événements ou faits objectifs, vérifiables et autant que possible inédits. Si vous avez des informations à partager avec les autres, alors soumettez les pour publication ICI

RD Congo

Meurtre d’un médecin camerounais anti-Ebola en RDC: onze arrestations

AFP

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Les autorités congolaises ont annoncé jeudi l’arrestation de onze responsables présumés du meurtre vendredi d’un médecin camerounais déployé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour lutter contre l’épidémie Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo.

“Dans ce lot, il y a quatre présumés auteurs moraux et trois présumés auteurs matériels, c’est à dire des personnes qui avaient tiré sur l’épidémiologiste camerounais aux cliniques universitaires catholiques du Graben (à Butembo)”, a déclaré à la presse le colonel Kumbu Ngoma, magistrat à la cour militaire du Nord-Kivu.

“Nous espérons qu’avec ces multiples arrestations, les forces de l’ordre arriveront à identifier et traduire en justice toutes les personnes qui sont impliquées dans ces violences contre le personnel médical et les infrastructures sanitaires à Butembo, ainsi que celles qui instrumentalisent les délinquants contre la riposte”, a réagi le ministère de la Santé dans un communiqué.

Rumeurs et défiance entravent le travail des personnels de santé dans la région, où une partie des habitants de la région sont dans un déni de la maladie, qui prend parfois des formes violentes.

Mercredi, des dizaines de médecins et infirmiers en blouses blanches ont manifesté contre l’insécurité à Butembo, où s’est déplacé l’épicentre de l’épidémie de fièvre hémorragique Ebola déclarée le 1er août à Mangina près de Beni.

Les personnels soignants ont donné aux autorités “une semaine pour nous sécuriser” a déclaré un de leur porte-parole, le docteur Adelart Kalima.

“Si cela n’est pas fait, nous allons décréter une grève sèche la première semaine de mai. On va se réunir pour évaluer la situation”, a-t-il ajouté.

Les Centre de traitements d’Ebola (CTE) de Katwa (à huit km de Butembo) puis de Butembo ont été attaqués fin février et début mars. Au moins un policier a été tué à Butembo.

L’ONG Médecins sans frontière (MSF) avait indiqué qu’elle “suspendait” ses activités après ces attaques, laissant l’OMS et le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) en première ligne avec le ministère de la Santé.

Les décès sont repartis à la hausse après ces attaques. “Au total, il y a eu 885 décès (819 confirmés et 66 probables)”, a indiqué le ministère de la Santé dans son dernier bulletin mercredi soir.

Il s’agit de la plus grave des dix épidémies d’Ebola enregistrées sur le sol congolais depuis 1976 et de la deuxième la plus grave après celle en Afrique de l’ouest en 2014 (plus de 11.000 morts en Guinée, Sierra Leone et au Liberia principalement).

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RD Congo

RDC: l’ONU s’engage vers une stratégie de retrait progressif

AFP

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L’ONU a entrepris d’élaborer une stratégie de retrait progressif de Casques bleus de République démocratique du Congo, qui pourrait se traduire à moyen terme par de premiers ajustements et changements de priorités.

Après l’élection d’un président, une ouverture de l’espace politique et une amélioration de la situation sécuritaire dans plusieurs régions, “nous allons ajuster progressivement la Monusco, tant dans sa taille que dans sa mission et sa présence”, indique un responsable de l’ONU sous couvert d’anonymat.

Les Nations unies sont présentes en RDC depuis une vingtaine d’années et la Monusco, avec ses quelque 16.000 Casques bleus, représente l’une de ses missions actuelles les plus importantes et les plus coûteuses.

“Nous regardons comment l’ajuster” au nouveau contexte dans le pays “et probablement la réduire. Le processus et les modalités restent à définir”, ajoute le même responsable. A moyen terme, “la Monusco peut être réduite dans des proportions relativement modestes”, précise-t-il.

“Nous devons travailler avec les Congolais sur un processus conduisant à une stratégie de sortie progressive”, résume ce responsable.

A la différence de l’ex-président Joseph Kabila qui réclamait régulièrement le départ de la Monusco, le nouveau chef d’Etat Félix Tshisekedi a plutôt montré jusqu’à présent de bonnes dispositions à l’égard de l’ONU.

“Il a indiqué vouloir garder la Monusco et sortir de la relation conflictuelle” entretenue jusqu’alors avec l’ancien président, indique un diplomate.

En conséquence, le Conseil de sécurité pourrait être amené fin mars, à l’échéance du mandat de la Monusco, à la prolonger de sept mois sans grands changements fondamentaux. En juin, lors de la renégociation annuelle du budget des opérations de paix de l’ONU, l’enveloppe consacrée à la RDCongo (1,11 milliard de dollars par an) ne serait fixée que pour six mois.

Ces échéances permettraient de donner du temps aux nouvelles autorités congolaises et à l’ONU pour définir l’avenir de la Monusco, indique le diplomate.

Dans plusieurs régions, l’ONU a constaté un intérêt croissant de groupes armés à déposer les armes et à rejoindre un processus de réintégration, notamment dans le Kasai ou en Ituri, selon le responsable de l’ONU.

Les violences continuent en revanche dans le Kivu (est) et l’ONU devra probablement renforcer à terme ses contingents dans cette partie du territoire alors qu’elle allégera sa présence dans l’ouest, selon une source proche du dossier.

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RD Congo

La riposte à Ebola en RDC “ne parvient pas à maîtriser” l’épidémie, selon MSF

AFP

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La riposte à Ebola en RDC “ne parvient pas à maîtriser” l’épidémie, a affirmé jeudi l’ONG Médecins Sans Frontières, imputant cet échec à la militarisation de la réponse et au manque de confiance des communautés affectées.

“Sept mois après le début de la plus importante épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, et dans un climat de méfiance croissante de la part de la communauté, la riposte ne parvient pas à prendre le dessus” et à “maitriser l’épidémie”, a indiqué MSF dans un communiqué.

Près de 900 cas ont été enregistrés, dont 563 décès, selon les autorités. Depuis le début de l’année, plus de 40% des nouveaux cas sont des personnes décédées d’Ebola chez elles, dans les communautés.

“Cela signifie que nous ne pouvons pas les atteindre et qu’elles n’ont pas cherché des soins”, a déclaré la présidente de MSF, Joanne Liu, lors d’une conférence de presse à Genève.

“Nous sommes face à une contradiction frappante: d’un côté, une réponse rapide et importante grâce à de nouveaux outils médicaux comme les vaccins et les traitements qui donnent des résultats prometteurs quand les patients arrivent tôt, de l’autre, des personnes infectées par Ebola qui meurent dans leurs communautés et qui n’ont pas suffisamment confiance en la réponse pour venir se faire soigner”, a-t-elle relevé, dans le communiqué.



La dixième épidémie d’Ebola a été déclarée le 1er août 2018 dans la province du Nord-Kivu avant de toucher quelques jours plus tard la province voisine de l’Ituri (nord-est).

Les activités de riposte contre l’épidémie ont, à plusieurs reprises, été perturbées par des attaques dans cette région de la RDC, en proie à des conflits.

La semaine dernière, MSF a suspendu ses activités de lutte contre Ebola à Katwa et Butembo, dans la province du Nord-Kivu, à la suite d’attaques successives sur deux centres de traitement.

Durant le mois de février uniquement, des dizaines d’incidents sécuritaires ont eu lieu à l’encontre de l’ensemble des activités Ebola, selon MSF.

“Une série de problèmes a conduit à ces tensions”, dont “le déploiement massif de ressources financières centré seulement sur Ebola”, ainsi que “le report officiel des élections en raison de l’épidémie Ebola, exacerbant les soupçons selon lesquels Ebola serait une manigance politique”, a-t-elle poursuivi.

L’ONG déplore aussi l’utilisation de la police et des forces armées pour “imposer aux gens des mesures sanitaires”, car cela conduit les communautés locales “à se mettre davantage à l’écart”, ce qui est “contreproductif”.

“La force ne doit pas être utilisée comme un outil pour tracer et traiter les patients, contraindre à des enterrements sécurisés ou décontaminer les maisons”, a insisté MSF.

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